SCENE m
Lc& Précédents , DUROZEAU.
DUROZEAU.
AiR : de la légère.
Du spectacle. • . (b/s.) J'arrive non sans obstacle ;
Pour paraître
II faut être , Dans vinet endroits
A la fois.
De pcuc d'»voir un air fier , H a fallu que je fusse Saluer ce duc et pair Cheï qui je dînais hier ; Pui.s qu'ensuite je courusse Galamment offrir la main A cette comtesse russe Chez qui je dine demain.
Du spectacle , etc.
Mais enfin , me voilà ; je vois que vous n'êtes pas encore prêtes , je recevrai pour vous . ( à Mad. de Saint-Clair. ) à propos, madame, j'ai passé au Père de famille, pour cet assortiment de soie que vous attendez. . on vous l'apportera demain, avec la tapisserie... les fleurs sont bien nuancées... je crois que vous en serez contente.
Mad. DE ROSEI.LE.
Et moi, M. Durozeau. . . . vous avez oublié ma petite commission ?
DUROZEAU, tirant un écrin de sa poche.
Je m'en serais bien gardé, belle dame. . voici le collier d'émeraudes que vous avez choisi. • . Franchet vous enverra la facture.
Mad. DE ROSELLE.
Il est fort joli.
Mad. DE SAIKT-CLAIR.
Il me semble , ma chère Mathilde , que tu dépenses bien de l'argent.
Mad. DE ROSELLE , oufiMUt son Secrétaire , et serrant Vècrin.
Dutout, ma tante. . je fne suis donné cet hiver, un troisième cachemire. . et il me reste encore cent louis d'économie. . . voyez plutôt les beaux billets.
Elle montre ses billets de banque.
DUROZEAU.
Je sais bien pourquoi . . c'est que vous ne jouez jamais. .. hier , chez madame de Plinville , on a perdu un argent fou... il y avait une ardeur . . . tenez , notre jeune avocat , M. Léon y était. . . savez-vous qu'il va très-bien!
Mad. DE ROSELLE , riant d'une manière forcée.
Comment ! M. Léon.
DUROZEAU.
Oui. . . il a perdu une vingtaine de louis . . . avec un sang froid..
DUPARC, vhement.
Je crois bien ... ce n'était pas son argent : c'était le mien.
Mad. DE SAIÎST-CLAIR.
A vous , monsieur !
DUPARC
Oui... Je voulais savoir ce que c'était que l'écarté. . . ce jeu-là devient si fort à la mode , qu'on commence à en parler dans le Poitou. Alors, j'avais prié mon neveu de risquer pour moi quelques louis.
DUROZEAU.
Je me rappelle , en effet , avoir vu monsieur , parmi les parieurs. Eh! bien, n'est-ce pas? c'était amusant. . il y avait là, surtout M. Florvac , le petit agent de change, qui tenait tous les paris... voilà les gens qu'il faut, pour échauffer une partie .
Air : vaud. de Vécu de six francs.
Oui, ces messieurs ont la main large.
Ce sont les Crésus de nos jours; Et souvent , pour payer leur charge , L'e'carté fut d 'un grand secours ; Ce jeu , du pactole est la source , Ije hasard qu'il offre est si grand , Que l'agent de change souvent Peut se croire encore à la Bourse.
Mad. DE SAINT-CLAIR.
Allons donc, ma nièce. . et la toilettîe .''. . Mad. DE ROSELLE , à Durozeait.
Mon cher Durozeau , veuillex tout disposer. . . donner des ordres; et surtout , tenir compagnie à monsieur.
AiR: de la Gazza ladra.
Je vous laisse , et serai bientôt prête Aux parures. . . moi je tiens fort peu ,
Sans adieu , sans adieu , Dans l'instant je reviens en ce lieu.
DUPARC
Hâtez-vous , ou je vous crois coquette.
Mad. DE ROSELLE.
Est-ce un tort si digne de courroux ?
En pensant , messieurs , à la toilette , N'est-ce pas encor penser à vous ?
( lo)
ENSEMBLE
Macl. UE ROSELLK,
Je VOUS laisse, et serai bienlôt pi-^lc ; Aux parures , moi , je tiens fort peu ;
Sans adieu , sans adieu.
Dans l'instant je reviens en ce lieu.
Mad. de st. clair.
Je suis loin de blâmer la toilette , Aux parures , moi je tiens un peu.
DUnOZEAU ET DUPARC.
Qu'avei-vous besoin de toilette ? | Vos attraits en tiendront toujours lieu.