‹ L'EcarteurChapitre 4 sur 22 · X PREFACE · texte numérisé non relu

X PREFACE

Quelques temps après Delbousquet nienvoija le manuscrit de /'Ecarieur.

Cest le roman que Von va lire.., ou relire.

C'est par lui que la Librairie Ollendorff commence la nouvelle édition des œ'ivres de Delbousquet sous la direction de Mademoiselle Germaine Emmanuel Delbousquet^ sa fille ^ grand poète elle-même d'un talent pur, pénétrant et sensible et dont l'âme d'artiste devait si bien comprendre l'âme profonde de Vécrivain disparu,

Z'Ecarteur est, au moins, d'une beauté égale à celle de Mazareilh avec plus de mouvement^ peut-être^ et plus d'éclat.

Là encore nous sommes dans les Landes et les hé^ ros du livre sont des paysans de Gascogne,

Toute la souplesse de cette race sarrazine mêlée de sang latin, sa noblesse ancestrale, sa vivacité^ son goût du risque, son courage, Delbousquet nous le rend, ici en des pages pleines de couleur et de vivacité. Nous y respirons V odeur des pins et de la résine y nous nous y baignons de soleil, nous sommes gagnés comme l'écarteur Simonnet Lugat^ par cette fièvre du grand a jeu landais » ces courses de vaches aussi dangereuses que les corridas espagnoles et qui exigent une vigueur et une témérité pareilles.

Scènes d'un pittoresque achevé, tableaux parfaits, ramassés, éclatants et dont chacun est un chef-d'œuvre digne de nos anthologies, images somptueuses, intransigeante sincérité.

l'REFACB Xi

Et partout i amour !

Emmanuel Delbousquet est un admirable peintre de Vamour. Lamour est présent dans toutes ses œuvres ; il s'insinue^ éclate, domine. Il estsuperbe^ sain, irrésistible et d'une telle siinpUcité souveraine qu'il se revêt toujours, même au milieu de ses pires violences, de la noblesse des grands gestes éternels de V humanité,

Emmanuel Delbousquet est mort à 35 ans. Je ne Vai jamais vu. Ce fut pour les lettres françaises une perte immense. Les livres qu'il nous laisse, ceux que je viens de dire, avec Miguette de Gante Cigale, /'Incendiaire et un volume de vers « Le Ghanl de la Race )) sont de purs chefs d'œuvre qui sont en voie de gagner peu à peu à son nom la grande gloire — celle qui compte,,. Celle, hélas ! qui vient toujours trop tard,

H a laissé^ avec son admirable fille qui veille si pieusement sur sa mémoire et dont, je le répèle, le talent s'apparente si bien au sien, de fidèles amis: Marc Lafargue, Jean Viollis, Maurice Magre, Jouis Merlet. Deux autres encore V aimaient et V admiraient : Emile Pouvillon et Laurent Tailhade qui ont disparu,

Emmanuel Delbousquet appartenait, on le voit, à la grande famille de nos écrivains.

Son nom déjà célèbre, ne peut que grandir encore. Ses œuvres qu'on réédite, vont soulever parmi les jeunes générations qui montent et qui les ignorent

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