‹ L'EcarteurChapitre 3 sur 22 · PRÉFACE IX · texte numérisé non relu

PRÉFACE IX

Personne ne connaissait Delbousquet.

Le livreparut. La critique^ un peu surprise, dressa Voreillc, Elle se sentait en présence d'un écrivain de race et d' un grand artiste. Cène fut pas néanmoins le coup de foudre. Il eut fallu d'autres trompettes !

Toutefois le livre avait fait impression et le nom de celui qui l'avait écrit s'était imposé du premier coup.

Dès lors une correspondance se poursuivit entre Delbousquet et moi.

Je savais maintenant qu'il avait 28 ans^ qu'il vivait retiré dans son domaine de Sos^ en Albret, qu'il ne quittait guère son pays dont la beauté sévère et la poésie le pénétraient profondément et dont il devait devenir le peintre incomparable.

Il passait son temps à cheval parm,i les hautes pinèdes où à travers les landes sablonneuses ; il chassait à courre ; il aimait les paysans dont il comprenait profondément Vâme ; il avait l'horreur du bruit et du mouvement des villes. L'atmosphère d'hypocrisie et de facticité quon y respire l'en détournait invinciblement.

Je l'invitais à venir à Paris^ à s'y faille des amis, à s'y créer des relations^ Il ne put jamais s'y décider. Il préférait la société de ceux dont il avait fait les héros du Mazareilh, dont il allait faire les héros de TEcarteur, de Miquette de Gante Cigale, de /'Incendiaire ; il préférait ses livres, ses bétes et sa solitude baignée de tant de sérénité.

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