PIERRE VALDAGNE
César Pouyabère avait soixante ans.
C'était un haut vieillard robuste, aux cheveux taillés en brosse sur un front étroit. Un grand feutre gris ombrageait son visage rasé, au profil romain.
Il tenait aux doigts un fouet de chasse à manche recourbé dont il se servait, à cheval, en tontes saisons, bien qu'il ne chassât plus depuis cinq ou six ans. Mais il craignait la gueule des lahrù * farouches, pour les jarrets de sa bote, quand il parcourait la lande ou les bois.
Chaque matin, à la pointe de Taube, il avait accoutumé de monter une jument grise, d'espèce