gesse m'abandonnât. Et je ne refusai à mes
yeux rien de ce qu'ils souhaitèrent, je n'interdis à mon cœur aucune joie. «Après tout, me disais-je, je ne fais que jouir de ce que j'ai gagné par mon travail ; ces plaisirs sont la récompense des peines que je me suis données. »
Puis m'étant mis à considérer les œu- ii.
vres de mes mains et les travaux auxquels je m'étais livré, je reconnus que tout est vanité et pâture de vent, que rien n'est profit solide sous le soleil.
[Troisième expérience. Le sage et le fou ont la même fin. Inutilité des grands succès. Jouir doucement de ce qu'on a gagné.]
Je me pris alors à étudier quelle dif- n, 12. férence il peut y avoir entre la sagesse d'une part, la folie et la sottise de l'autre. « Car,
lOi L'ECCLÉSIASTE.
me disais-je, quel homme venant après un roi, peut refaire les expériences qu'il a faites? »
13. Je crus d'abord que la supériorité de la sagesse sur la sottise est comme la supériorité de la lumière sur les ténèbres.