‹ L'Ecclésiaste: avec une étude sur l'âge et le caractère du livreChapitre 28 sur 40 · En mettant de la prolixité dans les formules de vœux · texte numérisé non relu

En mettant de la prolixité dans les formules de vœux

lie L'ECCLÉSIASTE.

[Vanité de la fortune en argent.]

V, 7. Si tu vois dans la province le pauvre opprimé et la rapine prendre la place de la justice et du jugement, ne t'en étonne pas ; c'est que les grands sont surveillés par des grands et qu'au-dessus d'eux il y a des grands en-

8. core *. L'excellence de la terre se montre en tout ; le roi même est soumis aux champs.

9. Celui qui aime l'argent est insatiable d'argent ; celui qui aime l'opulence n'en goûte pas toujours les fruits. Quelle vanité encore !

iO. Quand s'augmente la fortune, se multiplient ceux qui la grugent, et le propriétaire n'en

on risquait de contracter, sans y penser, des engagements dont on se repentirait ensuite.

i. La féodalité parait à l'auteur la cause principale de la mauvaise administration de son temps.

tire d'autre avantage que de voir la chose de ses yeux. Doux est le sommeil du laboureur, ii qu'il mange peu ou beaucoup, tandis que la satiété ne permet pas au riche de dormir.

[Folie de thésauriser pour ses héritiers.]

Il y a un travers bizarre que j'ai vu sous v, 12 le soleil : c'est la richesse qu'un possesseur jaloux garde soigneusement pour son héritier. Que cette richesse vienne à périr 13. par quelque accident, et le fils qu'il a mis au monde a les mains vides.

Quant à lui, sorti nu du sein de sa mère, 14. il s'en va tel qu'il était venu, et il n'est pas une parcelle du fruit de son travail qu'il puisse emporter dans sa main. Oui, c'est là 15. un travers bizarre. De la même façon qu'il est

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venu, il s'en ira... Quel profit lui revient-il ic. d'avoir travaillé pour le vent? Tous ses jours se sont passés sombres et tristes ; il a énormément peiné; sa vie n'a été qu'impa-

17. tience. Mon avis est donc que le meilleur parti pour l'homme est de manger, de boire et de jouir du fruit des peines qu'il s'est données sous le soleil, durant le nombre de jours que Dieu lui a compté. Voilà

18. son vrai lot. Toutes les fois que Dieu accorde à un homme des richesses, des trésors, et qu'il lui permet d'en goûter, d'en prendre sa part, de se réjouir du fruit de son travail, il faut regarder cela comme un

i9. don de Dieu. L'homme, en effet, cesse de penser à la brièveté des jours de sa vie tout le temps que Dieu tient son cœur en joie.

L'BCCLÉSIASTE. 119

[Vanité de la richesse dont on ne jouit pas.]

ff

Encore un mal que j'ai vu sous le soleil, vi, i et qui pèse lourdement sur l'humanité.

C'est le cas d'un homme à qui Dieu a donné 2. richesse, trésors, honneurs, qui ne manque de rien de ce qu'il désire, et à qui Dieu ne permet pas de jouir de sa fortune, si bien qu'un étranger mange le tout à sa place. Voilà une vanité et un abus 3.

étrange ! Quand même un homme donnerait le jour à cent fils, et qu'il vécût des années aussi nombreuses que Ton voudra, s'il ne goûte aucun plaisir, et qu'après sa mort il n'ait pas de sépulture, je dis que le sort de l'avorton vaut mieux que le sien. L'avorton est venu dans le vide, 4.

il s'en va dans les ténèbres, son nom est recouvert à jamais par la nuit; il n'a pas

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