‹ L'Ecclésiastique accompliChapitre 5 sur 42 · AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT

Le plan d'une vie vraiment sacerdotale n'a point été tracé pour ces anges terrestres qui, depuis leur entrée dans le Sanctuaire , s'en sont constamment montrés l'ornement : leur vie fut une règle vivante ; et , pour saisir les traits qui rendent un ministre du Seigneur accompli, il vous cùl suffi de fixer vos regards sur leur noble carrière.

Pour qui donc avons-nous eu dessein de travailler ? Pour nous d'abord , sans doute , et puis pour les disciples de l'Agneau , qui ont de justes et d'alarmants reproches à se faire , sur le peu de conformité que l'on trouve entre leur auguste état et la plupart de leurs œuvres. Hélas! ce sont ces déplorables victimes des passions humaines, ces prêtres infortunés qui ont fléchi honteusement le genou devant Baal , que nous avons eu principalement en vue, dans le court exposé de principes dont la fidèle observance conduit à la perfection évangélique.

Nous avons cru qu'il nous serait permis de présenter d'abord nos vœux les plus tendres au divin Chef de la milice sainte, pour qu'il daigne protéger, d'une bienveillance spéciale , les Eglises catholiques de France et d'Angleterre; rappeler dans leur sein les beaux jours, les jours d'or où vécurent ces illustres personnages, dignes héritiers de l'esprit apostolique, et qui firent la

gloire du Christianisme j enmitenous oserons adresser la parole à ces ecclésiastiques que la vue du monde, ses attraits séduisants, son langage enchanteur, ses dangereuses promesses auraient jeté dans une tiédeur coupable, et bientôt, hélas! dans l'oubli de leurs devoirs sacrés : nojis parlerons donc à ces prêtres tout profanes qui n'ont plus rien des mœurs sacerdotales, auxquels le siècle a tout ravi, hors ce caractère ineffaçable, qui, après leur funeste naufrage, n'est plus un signe d'honneur , mais un signe d'ignominie : oui , nous vous parlerons , frères si chéris, si regrettés, si pleures par notre ministère. Oh! loin de nous d'employer, pour vos personnes, aucune qualilication qui puisse vous être odieuse : c'est de cœur, c'est du fond du cœur que nous nous énonçons : daignez nous lire avec complaisance ; daignez donner un mouienl à nos réflexions ; pardonnez-nous de les dénommer ces réflexions affectueuses, d'un titre familier, il est vrai, mais nullement offensant, et plutôt si propre à rendre nos tendres sentiments envers vous. Vous ne nous entendrez point vous appelant comme de la chaire d'un docteur : prosternés à vos pieds , embrassant vos genoux , les mouillant de nos larmes, nous né nous permettrons qu'avec une frayeur profonde , qu'à travers nos gémissements, nos sanglots , de soulever devant vous le voile d'une éternité délicieuse ou désolante ; d'une éternité de joies indicibles ou de tourments affreux.

A cette adresse, nous joindrons trois tableaux dont l'ensemble est fait pour produire

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