‹ L'ÉCHEC du SYSTÈME 'ADMINISTRATIF' d'INTERNEMENT des ALIÉNÉS: Etude critique de la condition juridique des étrangers et des garanties de la liberté individuelleChapitre 42 sur 349 · RÉGRESSION DU NOMBRE DES ALIÉNÉS EN PÉRIODE DE RESTRICTIONS · texte numérisé non relu

RÉGRESSION DU NOMBRE DES ALIÉNÉS EN PÉRIODE DE RESTRICTIONS

Pendant les 2 guerres mondiales, on a enregistré une régression sensible du nombre des internements. Si les restrictions apportées à la consommation de l’alcool n’en sont pas la seule cause, elles expliquent cependant cette régression dans une large mesure.

a) Pendant la guerre 1911-1918.

Sur le plan national: les chiffres fournis par l’Institut de la Statistique nous indiquent que le nombre de cas de folie alcoolique est descendu de 10.037 en 1912 à 8.952 en 1920 et a repris aussitôt un accroissement régulier d’année en année ;

Sur le plan régional : le nombre des entrées pour alcoolisme à Lesvellec, passe de 24,60 en 1914 à 6,19 Z en 1919. Durant la même période, dans un asile parisien, le pourcentage baisse de 20% à

b) Pendant la 2° guerre mondiale (1939-1945).

Des restrictions sévères ont été apportées tant à la fabrication de l’alcool (loi 23 août 1940) qu’à sa consommation (loi 24 septembre 1941). L'effet fut immédiat.

(7) GC f.M.J. Pierrard, op. cit., p. 55.

25 - (1) Cf. Loiseau, « Régime du nombre des psychoses alcooliques dans le Morbihan, sous l’influence des restrictions en boissons alcoolisées », thèse méd. Paris 1944, p. 20.

EAN ES +

Sur le plan national : le nombre de cas de folie lcoolique indiqué par l’Institut de la Statistique passe de 10.415 en 1939 à 6.433 en 1942 (le tableau s’arrête là) ; le professeur PERRIN établit que le pourcentage des alcooliques internés, pour 100.000 habitants, passe de 8,7 en 1939 à 2,1 en 1942 (2).

Sur le plan régional: un compte rendu d’une séance de l’Académie de médecine, en date du 17 mars 1942, indique que dans le pavillon d’agités d’un grand hôpital parisien où passent environ 500 Malades par an, la proportion des délirants alcooliques était à la veille de la guerre, de 60 % pour les hommes et 22 % pour les femmes. En 1941, elle était réduite à 24 % pour les hommes et à 8 % pour les femmes (3).

A l'infirmerie spéciale de la Préfecture de Police, le nombre d’alcooliques aliénés passe de 487 en 1939 (25,70 Z%) à 42 en 1942 (10,31 %) (4).

Les statistiques font apparaître que la régression des internements d’alcooliques est très nette, dans la région parisienne dès 1941, alors qu’en province elle n’est très sensible qu’en 1942. Un auteur nous explique cette différence par le fait que les restrictions ont été ressenties plas rapidement à Paris qu’en Province (5).

Pour l’Ouest, nous empruntons à la thèse de Mlle PIERRARD les statistiques qui nous permettent d'établir le tableau suivant (6).

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