SCENE I
MATHILDE , puis JANVIER.
Mathilde, assise sur le devant.
Duel événement.!, et combien j'ai eu tort de m’intéresser à cet enfant !... Qui m’eût dit quo la tharité mémo avait de si grands dangers !... ( Un domestique ouvre ou fond, introduit Janvier et ferme la porte.)
janvier, entrant.
C’est moi, madame...
Mathilde, se retournant.
Un postillon !... Que me voulez-vous î
janvier.
C’est des nouvelles que jo vous apporte...
MATHILDE
Des nouvelles?
janvier.
Do monsieur voire mari...
MATHILDE
De mon mari... Est -ce qu’il lui serait arrivé quelque accident? est ce qu’on l’aurait versé comme moi...
janvier.
Versé! jamais!... c’ost moi que jo conduisais!... Son. ..icut, il est un peu fêlé monsieur votre mari...
MATHILDE
Expliquez-vous !
JANVIER
V’ii’i ce que c'est : Figurez vous, madamo, qu’à dix minutes de la ferme, je rencontre Jérôme qui conduisait un Anglais!..
— Ton monsieur n’est pas bien gras que j‘ lui dis... — Ça vaut mieux que d’être laid comme le tien , qui m’ dit. — * Il est maigre comme un hareng et pâle comme un navet, que j’y dis.
— Elle lien a l’air d’un homard, qui m' dit... — Ah ! tu mécanises ma pratique, que j'y dis: attend» un peu... et jo lui allonge un coup do fouet, qui va s'égarer sur le nez de sou Anglais. — Ah t c'est comme ça , qu’il fait!... Ah! tu lape» mon bourgeois?... Vlan ! vlan !... El il se met à taper sur lo mien... Jo m’échauffe, il s'échauffe ; il lapo mon mdsieu, jo tape son mésieu; il relape sur le mien, je relape sur le sien ; et nous no nous avons arrêté, que quand nous n’en avons plus pu !... Da da la la da da !
MATniLDE.
Mais, mon mari ?
JANVIER
Coblllc mien... On lui a collé un emplâtre de vétérmniro mif, et ça l'a calmé... V va mieux, je vous remercie... Mats à cY h<‘ ?e, v*lh qtm je suis sans plac 1 ! Qu'csl-co que jo vas dt venir, hein, madame?
Mathilde.
Quo sais-je, moi... n’avez-vous pas d’amis, de parents?
JANVIER
Mes parents? ils sont an paradis... quant aux ami», j’ai Chris- 4nphe; mais le voilà sur le mémo pavé qun moi... à cY heure qu'il vous a versée, il n'osera jamais retourner h la ferme... Il x ous a joliment versée, pas vrai, madame?
MATHILDE
C'est sa faute... pourquoi so reiournail-il à chaque instant...
Il dit, pour vous voir!
MATHILDE
Ah ! il vous a dit...
JANVIER
Pour vous voir! {.Ira sentiment.) Il est bien mafheure ux ! Il paraît qu’à force do tourner la loto, la têt© lui n tourné, et au t ornant do la Uroix-Ulancho... patatras, la chaise s'est assise sur la grande roui©, ©t vous avez fait comme la chaise... sur d s gerbes do blé...
matiui.de, tùewenf.
Oui, jo me suis évanouie!
janvier, èi pari.
Parbleu I... ( Haut. ) Kl... en revenant à vous, il par di que vous étiez si colère contre lui, que dans son disi>poir, il parle do nous aller nayer dans la m u e aux canards 1
MATHILDE
Se noyer I
JANVIER
Nous nayer, oui, madame t
mathilde, circulent.
.Vais jo no le veux pas ! mais... [Se calmant.) Mais que puis-je faire pour lui?
JANVIER
Tout, voilà tout...
A quoi pourrail-ou l'employer ?
janvier.
Mai? il est bon b bien drs polîtes choses... Il dit qu’il ferait un fameux secrétaire pour mosicur votro mari...
MATHILDE
Secrétaire, lui !... w
janvier.
Mais oui... il sait le latin : /toisa: la musc; musa : la rose...
MAI hii.de.
Ku ce cas, il pourrait cntu r au séminaire... Qu’il aitlo trouver, do ma pari, monsieur Kli uiii, pb»e • Saint-Sidpice, numéro quai e... c'est un humus© charitable qui li i servira de guide, et qui pourvoira à ses premiers b> soins...
JANVIER
J - crois qu'il aimerait mieux la pîjcu do voir* mai... non, de vol' mari...
MATHILDE
Imposable...
JANVIER
liarbezitux ne peul pourtant pa> tout faire à lui seul !
MATHILDE
Impossible, vous dis-je, nous altcndoos sir Arthur Stanley, lo fils d'un correspondant de mon mari...
JANVIER
Un Kuglish t un Albionnals! ali l
Allez, mon ami, et rccommandez-hii d’ètro sage...
janvier, rcmontanl.
Oui, madame... Mais jo ne crois pas qu’il morde au rabat... (Jl sort par le fond.)