I-A DUCHESSE
Hui!... une passion de jeune fille! on juro un amour éternel, i ! . *ix m. :s pins tard, on en aime un autre... Je connais ça.., Mais, qu’a ver- vous donc, Mathilde?
JULIETTE
C’est vrai, jo te trouve pâle...
MATHILDE
Moi, je n’ai rien... jo vous !c jure.
LA DUCHESSE, bas.
Fllejnro... l’osliu’ell. a^ielciunchwc. (/ta ut.) Mes entann, n. chez -vous de votre cceur, de voire tète sut tout!
mathi: de.
Mais, madame...
LA DUCHESSE
Mon Dieu, je sais bien que voua ét« incapables de faillir... inai> quelquefois, on est triste, on s'ennuie, sans savoir pourquoi : on s© du : tiens, je vais fair© dcsco jur-n -ries h momiuur un id. En tout bien tout honneur, bien c.iluidu ; cl gculem ni pour passer 1© temps. — Je connais ça. — Un dresse scs bat, ries; on commence, pour voir si ça pi cadra... cl Ça prend... {Changeant de ton.) Ça prend ton jours ; aussi ça paraît drôle, « ,i amuse, on continue; et, du roqiielteri< s en coquetteries, on i il tout étonnée un beau jour de sèire affublée d’un amant.
MATHILDE
D’un amant!...
LA DUCHESSE
D’un amant, ma chère! P' tard , le mari<découvre tout... Il nous trompe, j our se vcn«-r, on le lui rend, par dépit... il recommence, on recommence... et ça n’en Uuii plus.
i-’U.ii. LLF DF Fi-.VJ.WtS.
DAilIlLPS.
Vos suppositions...
I A DUCHESSE
Aussi, j’ai P<ril sur vous... J'ciiiFnds quo mort expérience vous protüc... cl si jamais je m'apercevais do la mcirulra chose....
JIXIRTTI
M«i e , ma taille, en vérité, vous feriez croire...
LA DUCHESSE
Dame, mes enfants, qnaud on a des maris comme les vîUtcs, l'amour... e- fra-; est dans les choses vr.*i>emb!«Mi* ..
mais jo suis lit... (Sfritw*etncnt.) et si j’ai pu... lâcher M. le dii". d langeais, qui était h 1 r ies bel hom.no do son t'rnp'... jo v ux qua vous soyez (Hèles b vos maris... qui sont parfaite' ni nt bi ts.
matiiilde.
Mais je n'ai jamais fun^c...
LA DUCHESSE
De cetto façon, du moitié, vous serez heureuses, considérée'... ri vos cheveux blancs ru* ronn.il Iront pas les remords... Oh! Dieu! les remords’... ça gâte le teint et ça cerne les yeux... — Je connais ça! [Elle soupire , ... après un temps.) Comment, vous riez?
Non, ma tante ; mais c'est b manière dont...
LA DUCHESSE
Ah ! dame, moi, io parle connue on faisait de mon temps. — Maintenant, Maihilil", en attendant b retour des voyageais, faites-moi porter dans votre boudoir, un biscuit, deux verres do Lordeaux, dos pautoufll s et lo journal des Débats
JULIETTE
Je no vous quitte pas, ma tante.
LA DUCHESSE
Comme vous voudrez ; mais ne vous gén> z pas.
us DOMfSTiQCE, entiant, à Ma'.kilde.
Madame, un postillon est là qui dernoude à vous parler sur lo champ.
Mathilde, tressaillant.
Un postillon! [J part.) L’imprudent. [A la duchesse.) Vous permettez, madame?
LA DUCHESSE
Certainement. [Le domestique sort, à Julie le.) Décidément elle a quelque chose; je saurai ce que c’est. (Elle sort par h droite avec Jullitlte.)
àCti.NE I II.
MATHILDE, — pim JANVIER.
matiiilde , très-agitée.
Qui lui a permis do revenir!
janvier, (titrant brusquement.
Pardon! excuse, madame, «-'est fait, lo petit est casé... nous n'avons plus à nous occuper que do moi...
Vous dites?...
iantip.r.
Qu'osl-ce que nous allons faire do moi?
MATHILDE
M. ls jo no peux rien, monsieur.
JANVIER
* lors si les humains me refusent la tablo ot le logement, j’irai
partager avec les poissons.
MATHILDE
Vous tuer! monsieur I mais c'est uno impiété, et jo vous le 'ends!
barbkzieux, du dehors Par ici, mon enfant ! p-r ii 1 !
MATIIILDE.
Mou mari !
JANVIER
Le fêlé de ce matin ! Da d.i la la da da !
SCL.AH A V.
Les Mêmes, BARBEZlEUX, MADELEINE.
bakbezieux, entrant.
Ah ! roilîi mon épouse, voila ma conjointe. ( ,4 Mathilde.) Figure-toi que le «rand gaillard. [D se retourne cl te mure ne: h nez arec Janvier.) Que vois-je? 'ui ici? toi ici? Mo direz-vous, madame, cc quo viennent faire ces grosses bottes?
UATUU.DE.
Mais, monsieur mbnr/nçait aoiio accident, lorsque j'ai en-
n votre voix dans iW *; *.
barblzieux.
*. tit possibl ' ; nuis, comme co poli-sou u’a que faire ici, vous : j pi rmutuoz do io flanquer à ’.a porto, et tout de suite. MATI1ILD8.
Vous êtes le mallro.
JANVIER
Ah çb, mais...
BARRrZIEtlX. x
ïu entend', paltoquet; jo lo flanque à la porto et ma femnii ubiempèfoà Ion exclusion.
janvier.
Mais, monsieur, j’atten ls mon ami Christ...
tUTIItlDR, bas.
Tmcz-vous et prenez ceci. [Elle lui donne une 6our*e.; janvier.
Do l’or ! Da da la la da da.
sci r.x: v.
Lf.* Mêmes CHRISTOPHE. {Il est rn fashionable de nus jours : lorgnon, sikh, etc.)
Christophe, entrant en se dandinant .
Mister Baibauzioux, if) ou pb a«o.
MATIIILDF, à part.
Quo vois-je?
MADELEINE, ù part .
Lui!
JANVIER
Tiens, c’est Christophe...
MATIIILDE.
Chut!
Ah!
JANVIER
BARBEZnCX.
Que désire monsieur?...
CHRISTOPHE
Mister Barbauzieux, if you phase, sir?...
BARBEZlEUX.
Pardon; R.ubezicov, s’il vous plaît, Baibczicui!... CUUISTOrilB.
Yes ; Ibrbau/ieux.
BARBEZlEUX.
Barbezicux, c’est moi.
christoprr, lui serrant la i nain.
Oh! monsieur Bîrbauziesix, bonpjour; et, ceci, madaii: 1 Bmbnizieox? bonrjour. [Jl lut serre ta main.) Kl, ceci, mad< moi selle Unrbauzieux? bonei utr. Il lui serre la main et lui d f tout 6a*.) Pas un mol. (//oui.) I a u v ry content, rny dea-, luousieur, j’étais dans le... rcjouU« ; monldo conloiupler... vo..
BARBEZlEUX.
Je suis ceilainemont flatte... mais puis-je du moins savoir à qui j'ai fit nnuur...
CHRISTOPHE
Oh!... vous rcconnabse/. mûa!... Oh! si... si... j’étais cer- ; ii.o quo mon nom il ost dans votre bec...
BARBEZlEUX.
Mon bec!... mon boc!...
Christophe, touchant In bouche de Earlczieux. Comment vous appelez cetto grande chose ?
BARBKZIBUX.
Ceci... jolio bouche, monsieur, Jolie boucho.
CMBISTOrBB.
Oh ! cetlo chose, en Angleterre, c'clait... vilain boucho.
BARBEZlEUX.
Mais tout ça no me dit pas...
Quo j’étais la pmiie Augfai'û qiifwô attendez?
MATIIILDE.
Quo dit-il?
Lui !
Madeleine.
BARBEZlEUX.
Attendez... vous vous appelez... sir Arthur Stanley?...
L’ECU LLLE DE
CHRISTOPHE
Stanley., d’ jus«o... j'étais sir Arihur Stanley, yès, vcry mouche I vcry mouche!
BARBEZIEUX
Pardon, mon jeune «mi; mais je croyais que lo Ois Stanley pu hit français comme vous et moi... et il djo semble...
CIMISTOPilR.
Oli l jo écrivais le français très-bien... mais jo avais encore un tout petit accent dons le parlement.
Tout polit est joli! ça se paiera, mon ami; je causerai sou-
nt arec vous; ma femmo aussi... Jo vous montrerai ma langue, ma temme aussi... non!... Dans peu do temps, vous serez liés -fort, et vous parlerez français comme un Turc! n’est-ce pas, Mathilde?
hathildb, avec embarras.
Sans doute.
BARBEZIEUX
El depuis quand êtes-vous arrivé V
Cil R! STOP fl 8.
Depuis cotte matin... j’avais d< jh visité votro faskion... je trové tous vos j- unes genilciiico... très-ken... si'iiloui'ul ils portaient le steack comme ccci... cl il fallait lo porter comme ©cia.
BARBEZIEUX
Comme cela!.*.
cnnisTOPite.
Ils tenaient le lorgnon do cette façonn... et il fallait le coller décrite manner... (Il agite son stcack et se promène le lorgnon à l'œil.) Voyez... c’éi a t plus commode pour admirer les yoimg petites ladies. (Il r a de Madeleine à Mathilde en Ui Lrgnant.)
Oh l vory bello ! vcry jolie !
MADRIF.1XB, à part.
Je n’en reviens pas.
MATHILDR, bas.
Mais, monsieur... comment so fait-il?...
Christophe, bas, montrant son habit.
rouvai"-jc mieux employer Tardent de monsieur E’Iacin? (/faut.) Mais, pardon, dans celte contrée, vd aborde?, \»V.. pas bien. Les gentlemen ils se saluaient comme ça. (// ôte son chapeau )
BARBEZIEUX
Oui!
Christophe.
En Angleterre, ils so saluaient ronimo ça. (/I lui secoue violemmenl le bras.)
BAnnrzsRi x, se délirant.
Oh! c’cst mieux, c’est bien mieux I
CHRISTOPHE
Et comment vô abordez les dames?
BARBEZIEUX
Les dames? tenez L.. (Prenant la main de Mathilde.) Madame!
(// la salue et lui baise la main.)
eu ristop h B, prenant rautremain de Mathilde.)
Oh! en Angleterre, c’était jamais celte choso {il lui baise ia main); c’était toujours cette chose. (Il lui baise la joue.)
MATHILDR.
Monsieur 1
MADELEINE
Eh bien?...
C’est mieux! c'est beaucoup mieux!... il est charmant! janvier, faisant des grâces.
Il est charmant! ma parole d’honneur!
rarrezjeix, « Janvier.
Comment, tu es encore lh, loi?
JANVIER
Je croyais avoir oublié mon parapluie.
BARBEZIEUX
A la porte, animal I
JANVIER
Ah çfc, mais.... ( Sur «n geste de Mathilde.) On s’en va! (A Mathilde, ) Madame, mes devoirs... (./ Zfurèézieuj-.) Mis devoirs...
BARBEZIEUX
11 m'agaco!...
janvier, à Juliette qui parait à ta porte de droite.