‹ L'échelle de femmes comédievaudeville en deux actesChapitre 21 sur 33 · I-A DUCHESSE · texte numérisé non relu

I-A DUCHESSE

Hui!... une passion de jeune fille! on juro un amour éternel, i ! . *ix m. :s pins tard, on en aime un autre... Je connais ça.., Mais, qu’a ver- vous donc, Mathilde?

JULIETTE

C’est vrai, jo te trouve pâle...

MATHILDE

Moi, je n’ai rien... jo vous !c jure.

LA DUCHESSE, bas.

Fllejnro... l’osliu’ell. a^ielciunchwc. (/ta ut.) Mes entann, n. chez -vous de votre cceur, de voire tète sut tout!

mathi: de.

Mais, madame...

LA DUCHESSE

Mon Dieu, je sais bien que voua ét« incapables de faillir... inai> quelquefois, on est triste, on s'ennuie, sans savoir pourquoi : on s© du : tiens, je vais fair© dcsco jur-n -ries h momiuur un id. En tout bien tout honneur, bien c.iluidu ; cl gculem ni pour passer 1© temps. — Je connais ça. — Un dresse scs bat, ries; on commence, pour voir si ça pi cadra... cl Ça prend... {Changeant de ton.) Ça prend ton jours ; aussi ça paraît drôle, « ,i amuse, on continue; et, du roqiielteri< s en coquetteries, on i il tout étonnée un beau jour de sèire affublée d’un amant.

MATHILDE

D’un amant!...

LA DUCHESSE

D’un amant, ma chère! P' tard , le mari<découvre tout... Il nous trompe, j our se vcn«-r, on le lui rend, par dépit... il recommence, on recommence... et ça n’en Uuii plus.

i-’U.ii. LLF DF Fi-.VJ.WtS.

DAilIlLPS.

Vos suppositions...

I A DUCHESSE

Aussi, j’ai P<ril sur vous... J'ciiiFnds quo mort expérience vous protüc... cl si jamais je m'apercevais do la mcirulra chose....

JIXIRTTI

M«i e , ma taille, en vérité, vous feriez croire...

LA DUCHESSE

Dame, mes enfants, qnaud on a des maris comme les vîUtcs, l'amour... e- fra-; est dans les choses vr.*i>emb!«Mi* ..

mais jo suis lit... (Sfritw*etncnt.) et si j’ai pu... lâcher M. le dii". d langeais, qui était h 1 r ies bel hom.no do son t'rnp'... jo v ux qua vous soyez (Hèles b vos maris... qui sont parfaite' ni nt bi ts.

matiiilde.

Mais je n'ai jamais fun^c...

LA DUCHESSE

De cetto façon, du moitié, vous serez heureuses, considérée'... ri vos cheveux blancs ru* ronn.il Iront pas les remords... Oh! Dieu! les remords’... ça gâte le teint et ça cerne les yeux... — Je connais ça! [Elle soupire , ... après un temps.) Comment, vous riez?

Non, ma tante ; mais c'est b manière dont...

LA DUCHESSE

Ah ! dame, moi, io parle connue on faisait de mon temps. — Maintenant, Maihilil", en attendant b retour des voyageais, faites-moi porter dans votre boudoir, un biscuit, deux verres do Lordeaux, dos pautoufll s et lo journal des Débats

JULIETTE

Je no vous quitte pas, ma tante.

LA DUCHESSE

Comme vous voudrez ; mais ne vous gén> z pas.

us DOMfSTiQCE, entiant, à Ma'.kilde.

Madame, un postillon est là qui dernoude à vous parler sur lo champ.

Mathilde, tressaillant.

Un postillon! [J part.) L’imprudent. [A la duchesse.) Vous permettez, madame?

LA DUCHESSE

Certainement. [Le domestique sort, à Julie le.) Décidément elle a quelque chose; je saurai ce que c’est. (Elle sort par h droite avec Jullitlte.)

àCti.NE I II.

MATHILDE, — pim JANVIER.

matiiilde , très-agitée.

Qui lui a permis do revenir!

janvier, (titrant brusquement.

Pardon! excuse, madame, «-'est fait, lo petit est casé... nous n'avons plus à nous occuper que do moi...

Vous dites?...

iantip.r.

Qu'osl-ce que nous allons faire do moi?

MATHILDE

M. ls jo no peux rien, monsieur.

JANVIER

* lors si les humains me refusent la tablo ot le logement, j’irai

partager avec les poissons.

MATHILDE

Vous tuer! monsieur I mais c'est uno impiété, et jo vous le 'ends!

barbkzieux, du dehors Par ici, mon enfant ! p-r ii 1 !

MATIIILDE.

Mou mari !

JANVIER

Le fêlé de ce matin ! Da d.i la la da da !

SCL.AH A V.

Les Mêmes, BARBEZlEUX, MADELEINE.

bakbezieux, entrant.

Ah ! roilîi mon épouse, voila ma conjointe. ( ,4 Mathilde.) Figure-toi que le «rand gaillard. [D se retourne cl te mure ne: h nez arec Janvier.) Que vois-je? 'ui ici? toi ici? Mo direz-vous, madame, cc quo viennent faire ces grosses bottes?

UATUU.DE.

Mais, monsieur mbnr/nçait aoiio accident, lorsque j'ai en-

n votre voix dans iW *; *.

barblzieux.

*. tit possibl ' ; nuis, comme co poli-sou u’a que faire ici, vous : j pi rmutuoz do io flanquer à ’.a porto, et tout de suite. MATI1ILD8.

Vous êtes le mallro.

JANVIER

Ah çb, mais...

BARRrZIEtlX. x

ïu entend', paltoquet; jo lo flanque à la porto et ma femnii ubiempèfoà Ion exclusion.

janvier.

Mais, monsieur, j’atten ls mon ami Christ...

tUTIItlDR, bas.

Tmcz-vous et prenez ceci. [Elle lui donne une 6our*e.; janvier.

Do l’or ! Da da la la da da.

sci r.x: v.

Lf.* Mêmes CHRISTOPHE. {Il est rn fashionable de nus jours : lorgnon, sikh, etc.)

Christophe, entrant en se dandinant .

Mister Baibauzioux, if) ou pb a«o.

MATIIILDF, à part.

Quo vois-je?

MADELEINE, ù part .

Lui!

JANVIER

Tiens, c’est Christophe...

MATIIILDE.

Chut!

Ah!

JANVIER

BARBEZnCX.

Que désire monsieur?...

CHRISTOPHE

Mister Barbauzieux, if you phase, sir?...

BARBEZlEUX.

Pardon; R.ubezicov, s’il vous plaît, Baibczicui!... CUUISTOrilB.

Yes ; Ibrbau/ieux.

BARBEZlEUX.

Barbezicux, c’est moi.

christoprr, lui serrant la i nain.

Oh! monsieur Bîrbauziesix, bonpjour; et, ceci, madaii: 1 Bmbnizieox? bonrjour. [Jl lut serre ta main.) Kl, ceci, mad< moi selle Unrbauzieux? bonei utr. Il lui serre la main et lui d f tout 6a*.) Pas un mol. (//oui.) I a u v ry content, rny dea-, luousieur, j’étais dans le... rcjouU« ; monldo conloiupler... vo..

BARBEZlEUX.

Je suis ceilainemont flatte... mais puis-je du moins savoir à qui j'ai fit nnuur...

CHRISTOPHE

Oh!... vous rcconnabse/. mûa!... Oh! si... si... j’étais cer- ; ii.o quo mon nom il ost dans votre bec...

BARBEZlEUX.

Mon bec!... mon boc!...

Christophe, touchant In bouche de Earlczieux. Comment vous appelez cetto grande chose ?

BARBKZIBUX.

Ceci... jolio bouche, monsieur, Jolie boucho.

CMBISTOrBB.

Oh ! cetlo chose, en Angleterre, c'clait... vilain boucho.

BARBEZlEUX.

Mais tout ça no me dit pas...

Quo j’étais la pmiie Augfai'û qiifwô attendez?

MATIIILDE.

Quo dit-il?

Lui !

Madeleine.

BARBEZlEUX.

Attendez... vous vous appelez... sir Arthur Stanley?...

L’ECU LLLE DE

CHRISTOPHE

Stanley., d’ jus«o... j'étais sir Arihur Stanley, yès, vcry mouche I vcry mouche!

BARBEZIEUX

Pardon, mon jeune «mi; mais je croyais que lo Ois Stanley pu hit français comme vous et moi... et il djo semble...

CIMISTOPilR.

Oli l jo écrivais le français très-bien... mais jo avais encore un tout petit accent dons le parlement.

Tout polit est joli! ça se paiera, mon ami; je causerai sou-

nt arec vous; ma femmo aussi... Jo vous montrerai ma langue, ma temme aussi... non!... Dans peu do temps, vous serez liés -fort, et vous parlerez français comme un Turc! n’est-ce pas, Mathilde?

hathildb, avec embarras.

Sans doute.

BARBEZIEUX

El depuis quand êtes-vous arrivé V

Cil R! STOP fl 8.

Depuis cotte matin... j’avais d< jh visité votro faskion... je trové tous vos j- unes genilciiico... très-ken... si'iiloui'ul ils portaient le steack comme ccci... cl il fallait lo porter comme ©cia.

BARBEZIEUX

Comme cela!.*.

cnnisTOPite.

Ils tenaient le lorgnon do cette façonn... et il fallait le coller décrite manner... (Il agite son stcack et se promène le lorgnon à l'œil.) Voyez... c’éi a t plus commode pour admirer les yoimg petites ladies. (Il r a de Madeleine à Mathilde en Ui Lrgnant.)

Oh l vory bello ! vcry jolie !

MADRIF.1XB, à part.

Je n’en reviens pas.

MATHILDR, bas.

Mais, monsieur... comment so fait-il?...

Christophe, bas, montrant son habit.

rouvai"-jc mieux employer Tardent de monsieur E’Iacin? (/faut.) Mais, pardon, dans celte contrée, vd aborde?, \»V.. pas bien. Les gentlemen ils se saluaient comme ça. (// ôte son chapeau )

BARBEZIEUX

Oui!

Christophe.

En Angleterre, ils so saluaient ronimo ça. (/I lui secoue violemmenl le bras.)

BAnnrzsRi x, se délirant.

Oh! c’cst mieux, c’est bien mieux I

CHRISTOPHE

Et comment vô abordez les dames?

BARBEZIEUX

Les dames? tenez L.. (Prenant la main de Mathilde.) Madame!

(// la salue et lui baise la main.)

eu ristop h B, prenant rautremain de Mathilde.)

Oh! en Angleterre, c’était jamais celte choso {il lui baise ia main); c’était toujours cette chose. (Il lui baise la joue.)

MATHILDR.

Monsieur 1

MADELEINE

Eh bien?...

C’est mieux! c'est beaucoup mieux!... il est charmant! janvier, faisant des grâces.

Il est charmant! ma parole d’honneur!

rarrezjeix, « Janvier.

Comment, tu es encore lh, loi?

JANVIER

Je croyais avoir oublié mon parapluie.

BARBEZIEUX

A la porte, animal I

JANVIER

Ah çfc, mais.... ( Sur «n geste de Mathilde.) On s’en va! (A Mathilde, ) Madame, mes devoirs... (./ Zfurèézieuj-.) Mis devoirs...

BARBEZIEUX

11 m'agaco!...

janvier, à Juliette qui parait à ta porte de droite.

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