‹ L'Échinococcose secondaire bronchogène de F. Dévé en pathologie humaineChapitre 16 sur 32 · ANATOMIE PATHOLOGIQUE · texte numérisé non relu

ANATOMIE PATHOLOGIQUE

Les données expérimentales que nous venons de rappeler succinctement sont, en grande partie, applicables à la pathologie humaine.

Sans doute, pour établir le présent chapitre, ne pourrons-nous tabler encore que sur un nombre infime de faits anatomo-pathologiques humains vraiment probants. Ceux-ci, en effet, se réduisent à trois (cas Lamas, Meersseman, Calvo). Mais ces trois cas permettent de vérifier que les caractères anatomiques généraux offerts par les kystes hydatiques secondaires bronchogènes chez l'homme sont tout à fait semblables, ou pour le moins très analogues, à ceux dont les pièces expérimentales ont apporté

la démonstration irréfutable.

MurTiIPLIGITÉ DES Kystes. — Un premier caractère, sur lequel nous tenons à insister, consiste dans l’2abituelle multiplicité des kystes. Reprenant nos observations, nous voyons que les kystes étaient au nombre de 9 dans le cas de Botreau, de 14 dans celui d’Airale, de 16 ou 17 dans celui de Calvo, de 27 ou 28 dans

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celui de di Barbazza, de 40 à 50 dans celui de Meersseman. Dans son observation, Lamas parlait d’une «énorme quantité de kystes »..

Le caractère de multiplicité des kystes, lorsqu'il atteint une pareille importance, acquiert une très grande valeur et plaide immédiatement, à lui seul, en faveur de la nature secondaire des kystes (nous ne disons pas : en faveur de leur nature forcément « bronchogène »).

En effet, si, dans le poumon comme dans le foie, on peut observer des kystes hydatiques multiples qui soient tous primitifs, de tels kystes se montrent toujours en petit nombre: au nombre de 2 ou 3, très rarement 4.

Ce n’est que dans les cas exceptionnels relevant de la forme que M. Dévé a décrite sous le nom d’ « échinococcose primitive viscérale massive », qu'on pourrait voir un chiffre plus élevé. Encore n’en connaissons-nous qu’un seul exemple : celui de Entz, que M. Dévé a fait connaître (1). En reprenant les faits de cet ordre, nous voyons, en effet, que dans da cas de Errique Nogueras Coronas,comportant 29kys. tes viscéraux primitifs, le chiffre des kystes pulmonaires était seulement de 3. Il tait de 3 également dans un cas de Abadie, qui comportait 67 kystes viscéraux primitifs. Par contre, les kystes pulmonaires atteignaient le nombre de 16 sur 67 kystes

1, F. Dévé, « Échinococcose primitive avec envahissement viscéral massif chez l’homme ». C R. de la Soc. de Biologie, 19 avril 1913, t. LXXIV, p. 78r.

viscéraux primitifs dans le cas de Entz. Or, en pareille occurrence, il est une constatation dont M; Dévé a fait une véritable loi : « En cas de kystes primitifs multiples chez un même sujet, les deux tters des kystes siègent dans le foie », De là, ajoutait notre maître, on peut tirer cette déduction que « lorsque, chez un individu atteint de kystes hydatiques multiples, le nombre des kystes extra-hépatiques dépasse notablement la proportion de un tiers, il y a lieu de soupconner a priori l'intervention du processus de l'échinococcose secondaire » (1).

Contrairement à cette règle, le poumon n'est pas. seulement le viscère le plus atteint, dans les cas que nous avons en vue : il s’y est montré le seul à contenir des kystes, et notamment à l’exclusion du foie (2). |

Est:ce à dire que les kystes secondaires bronchogènes soient toujours multiples? Cela ne semble rulléementobligatoire. M. Dévé a insisté récemment sur ce point et nous né pouvons mieux faire que de réproduire son argulnentation :

« Pas plus que la greffé hydatiqué péritonéale,; la greffe hydatique bronchopulmônairé n’est hétessairement multiple et confluente. On à vu combien ést

1. F. Dévé, « Lés kystes hydatiques primitifs multiples chez l’homme ». C. À. de la Soc, de Biologie, 24 novembre 1917, p. 859. é | à, On conçoit bien, d’ailleurs, qu'üne échinococcôse bronchogène consécutive à la rupture bronchique d’un kyste hydatique du poutiôn puissé, éventuellement, coexister avéc quelqües autres kystes primitifs, du foie, de la rate, du-rein, etc.

ie énorme —— conformément à la grande loi naturelle — Je déchet parmi les germes parasitaires ensemencés dans le poumon par la vomique. De même qu'il existe une pseudo-tuberculose hydatique (de guérison) du péritoine, il y a une pseudo-tuberculose hydatique (de guérison) du poumon. Il ne faut pas perdre de vue, d’autre part, qu’à l’époque où de tels malades arrivent à l’observation du médecin ou du radiologiste — c’est-à-dire après qu'une série de petits kystes parabronchiques auront pu s'éliminer dans les bronches, — l’échinococcose bron-chogène pourra se trouver limitée à un tout petit nombre de kystes pulmonaires poursuivant leur évolution : à deux ou trois kystes, Voire mème, on peut l’imaginer, à un seul» (1).

RÉPARTITION DES KYSTES. — Lorsque les kystes sont accumulés, nombreux, dans un seul poumon (cas de Botreau) et même dans un seul lobe (cas de Lamas), une telle distribution plaide, & priori, en faveur de la nature secondaire bronchogène de cette échinococcose pulmonaire. L'hypothèse deviendra encore plus probable si l’on constate, à l’écran radioscopique ou sur la table d’autopsie, la coexistence d’une cavité plus ou moins rétractée (ou même cicatrisée) dans le poumon correspondant. Nous reviendrons plus loin sur ce point.

Mais on imagine bien que le réensemencement

1. F. Dévé, « L’échinococcose secondaire bronchogène du poumon ». Annales d’ Anatomie pathologique, décembre 1931.

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hydatique bronchopulmonaire puisse se faire également dans l'autre poumon : car « l’inondation hyda tique » n'est jamais strictement unilatérale. C’est ce que démontre bien l’expérimentation.

Immédiatement après ses injections intra-trachéales de liquide hydatique scolicifère, M. Dévé inclinait ses animaux sur le côté gauche et il les laissait dix minutes dans cette position. A l’autopsie, les lésions se montraient toujours manifestement prédominantes du côté plus spécialement « inondé ». Mais presque toujours aussi, on trouvaitdes lésions, plus discrètes, dans le poumon opposé. C’est ainsi que, dans une expérience de 8 mois 1/2 de durée, on constatait ur kyste dans le poumon droit tandis qu’on en comptait une douzaine dans le gauche.

En fait, dans le cas de Botreau, le poumon correspondant au kyste primitif évacué contenait 8 kystes et le poumon opposé 1 seul. Par contre, les cas de Meersseman et d’Airale démontrent que la répartition des kystes secondaires bronchogènes peut être bilatérale et à peu près égale. S'il avait été élucidé, le cas de Da Passano et Di Barbazza aurait pu être également invoqué à cet égard. Le cas de Calvo est presque paradoxal en ce qu'il montre 6 kystes secondaires du côté correspondant à la poche primitive et 10 ou 11 du côté opposé.

LOGALISATION CENTRALE OU PÉRIPHÉRIQUE, — Les observations de Botreau, de Meersseman, d’Airale et de Melendro autorisent à penser qu’on retrouvera

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ne

chez l’homme les deux grandes modalités topographiques de kystes bronchogènes observés en pathologie expérimentale (Dévé) : la localisation centro-pulmonaire parabronchique et la localisation cortico-pulmonaire sous-pleurale. Nullement exclusives l’une de l’autre, elles pourront se trouver associées dans le même poumon.

Dans l’observation de Botreau, cette double localisation semble se vérifier par. trois ordres d’arguments : radiologiques (ombres parahilaires coexistant avec d’autres ombres corticales), cliniques (kystes centraux s'étant spontanément évacués dans les bronches par vomique), enfin opératoires (constatation ‘opératoire de kystes corticaux accompagnés d'adhérences pleurales). |

Dans le cas de Meersseman l'étude microscopique a pu mettre en évidence la localisation parabronchique tout à fait tÿpique d'au moins deux petits | kystes centraux intéressés sur une même coupe (G£. la fig. 18 du mémoire de M. Dévé). Réciproquement, dans le cas de Gaivo, l'examen des coupes microscopiqués adressées par l’auteur nous a permis de constater, avec M. Dévé, la présence d’un groupe de trois petits kystes développés à quelques

millimètres de la plèvre,

Tauzce. — Si l’on ne savait combien est variable la rapidité d'accroissement dés différents kystes | hydatiqués ayant même âge êet se développant chez un même individu, on aurait pu supposer que tous

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