PARIS. — IMPRIMERIE DE BÉTHUNE ET PLON, RUE DE YAUGIRARD
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1" édition. — Tome y. — 1er décembre 1 2,^. ] 6
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DE
SOMMAIRE
Leilre de Madamo, diicbcsso do Berry ; Apoiliéose de Mr.rlc-AntoiiKlte. —Charles X, par M. le vicomte Walsfi. — Jeanne d'Albrct,par M. Léon de Jo/u-ewc/. — Piopriclc LiUéraire, par 31. llenncqmn, dêpulé. — Comme on aimait autrefois: Comme on aime anjourd'iuii , nouvelle, par M. le vicomte Wntsh. — Cervantes et Molière considérés commo médecins, par J/. A. de Puibasque. — Poétes-Romancicrs de la France au movcn-âgc ; Cvclc breton, par .V Tli y — Mémoires de Lucien Bonaparte, par .1/. a. de P. — Lettre à M'. le vicomte Walsh sur la condamnation prononcée à Home contre deux ouvrages de M. de Lamartine et de M. de Lamennais par .W. .1. Nettement. — Lais inédits des Xlb et XIIL siècles, par ***, — Curonioi e de Paris' — Académie française. — Académie des Sciences. — Aradémic rovale de musique — Tiieâtre Italien. — Nouvelles diverses, par M. .Xavier de Moraldi, — Pievuo des Ihéùires.
APOTHÉOSE DE MAIIIE-AXTOIXETTE.
A qui donnera-t-on avec plus de convenance les images des martvrs, qu\aux exilés? A personne ; car les martyrs , arrhes à Ventrée (ht ciel, prouvent aux bannis que toutes les douleurs dignement endurées obtiennent leur récompense.
Aussi , l'administration de 17ic/^o de la Jeune France s-est-elie empressée d'adresser à la nièce de Marie Antoinette , à Madame duchesse DE Berry, la belle gravure de l'apothéose de la reine de France, de la veuve de Louis XVI.
Ce respectueux hommage, ofTcrt au nom de la Jeune France , a été reçu avec émotion par l'auguste princesse exilée, et cV^st avec bonheur et orgueil que nous donnons aujourd'hui à nos amis la lettre que S. A. R. Madame a bien voulu adresser à "SI. Léon de Jouvenel et à M. le vicomte Walsh.
1"^ àlition. — Tome v. — !<;' décembre 183G. 16
Semblable lettre doit porter bonheur h l^Écho , nous ne voulons pas retarder d'une ligne de plus la douce émotion qu'elle va donner à nos lecteurs. La voici telle que nous l'avons reçue.
Gralz, 20 octobre 183G.
(( L'hommage que M. de Jouvencl et vous, Monsieur , m'adressez » au nom de VËcho de la Jeune France est depuis quelques jours )) sous mes yeux, et réveille dans mon esprit de tristes, mais religieuses y> pensées. Les deux martyrs dont vous m'offrez l'image sont pour » moi les objets d'un véritable culte dans lequel la vénération s'unit )) aux sentimens les plus chers.
)) La vue de ces apothéoses me rappelle avant tout les sublimes » instructions que les deux saints ont laissées à leurs successeurs sur le )) tronc. Leurs paroles sublimes , écrites à l'entrée du ciel, sont de- )) venues l'héritage de mon fils et contiennent pour lui les plus hauts » enseignemens de sagesse. Le cœur de Henri-Dieudonné comprend . )) ces divines leçons.
)) Depuis long-temps, je connais et j'apprécie les bons sentimens qui )) président à la rédaction de VËcho de la Jeune France^ et je trouve )) toujours bonheur à lire ce recueil distingué.
» Les bons principes qu'il soutient avec constance et talent lui ont )) valu mes sympathies, et doivent lui valoir celles des cœurs élevés. )) h^Echo, en ravivant les gloires dupasse, en répétant les nobles voix )) du présent, prépare à l'avenir d'autres illustrations.
)) Les souvenirs de France que m'apporte VEcho sont la plus douce )) distraction de toutes les heures de l'exil ; je vous remercie donc en )) commun , vous et M. de Jouvenel, de m'avoir envoyé vos publica- )) tions si dignes d'être connues.
)) Je souhaite bien vivement que vous obteniez tous les succès que )) doivent vous assurer vos talens et le noble but auquel vous les con 7) sacrez.
)) Croyez bfc^ricTtotftctiloîi' estime et affection.
)) INLVRIE CAROLINE,
P. S. »Vous Savez l'intérêt que je prends k la Mode et vous ne douiez )) pas de celui que je porte à VEcho, Ainsi, je saurai gré aux personnes
» qui encourageront ces publications, et je serai toujours charmée Je )) savoir qu'elles sont très-répandues. »
Tout n'est pas roses, tout n'est pas plaisir dans l'administration et la rédaction d'un journal , ce travail a ses épines et ses'préoccupations ; mais quelle peine ne serait pas plus que payée par une lettre comme celle que l'on vient de lire?
Si loin de la France la fille de France en écoute VEcIio avec une sorte de bonheur. Elle prête l'oreille avec plaisir aux paroles qu'il répète Et nous nous tairions! oh non, bien loin de la ! nous et nos
collaborateurs nous redoublerons de zèle. Nous avons plus que nous n'espérions, nous voulions porter l'instruction et les bonnes doctrines aux jeunes hommes de notre pays , et voilà que nos pages ont passé la frontière, ont été lues ai>ec bonlieur par la royale exilée, par la mère cVun jeune Français de plus l
Nos publications, les Apothéoses de Louis XVI et de Marie Antoinette^ ont fait naître dans la grande ame de Madame de tristes et religieuses réflexions. Elle s'en servira pour les enseignemens qu'elle donnera à son fils.