TRADUCTION
Monsieur le comte,
Vous aboadez tellemeDt en gracieusetés pour moi, homme de trcs-peu de me'rite, que je ne sais comment vous remercier. Je goûte infiniment, et j'admire les beaux vers dont il vous a plu de m'honorer j s'ils ont le de'faut de dire des choses trop magnifiques pour moi , en compensation , ils attestent dans l'auteur une ame élevée et chaude de généreux sentimens; et cela est un grand mérite qui me les rend plus chers. Je regarde comme ma plus heureuse fortune d'avoir éveillé de la sympathie en vous j Monsieur, qui professez tant d'amour pour la vérité et la justice, qui dèslors abhorrez les impiétés hypocrites de l'égoïsme , mais aimez les hommes qui aspirent sincèrement à la vertu. Il est vrai, Monsieur, les divers étendarts élevés ça et là d'après la diversité des circonstances, peuvent presque tous avoir des suivans respectables : je dis presque parce qu'il faut en exclure tout drapeau manifestement arboré par des gens perfides , bien que dans le temps j'ai cru possible une coïncidence de faits qui eût délivré la nation italienne de la domination étrangère, je ne fus jamais pour les tentatives sacrilèges des ennemis de l'ordre. A présent, je ne m'occupe plus de politique, et je trouve plus simple d'abandonner le soin des peuples à Dieu. Il sait, lui, quand il doit les affliger, les diviser , les réunir et les relever j et parfois ces peuples qui brillent le moins par la puissance, ne sont pour cela ni les plus méprisés, ni les plus malheureux.
Dieu se sert des infortunes humaines comme de la prospérité pour l'avantage de ceux qui tâchent de s'améliorer, de ceux qui le cherchent lui-même.
Je ne veux pas dire en cela , qu'il faille être indifférent au triomphe des bons ou des méchans , mais quand un homme n'est pas en position de pouvoir concourir sagement au salut d'un navire peu favorisé par les vents , il doit se résoudre à ne pas augmenter par une vaine agitation , le désordre parmi les mariniers , il doit se borner à prier Dieu , et à rendre s'il le peut, quelque services au prochain.
Vous dites, Monsieur, que toute votre famille m'est affectionnée; veuillez exprimer ma gratitude et mon respect aux dignes personnes qui la composent. Rien n'est aussi doux que d'être aime par des âmes nobles, et d'en connaître quelquefois de nouvelles; cela embellit la vie.
Je liens pour ce qu'il y a de plus précieux les aimables vers, et l'estime dont vous m'honorez, Monsieur; et je me fais gloire de me déclarer, avec la plus haute considération , de vous ,
iMonsicur le Comte, le tics-humble et très-obligé serviteur,
Su, VIO l*Ki,i.i(;().
Turin, le 3o mai i833.