‹ L'Écho de la jeune France (volume 3)Chapitre 74 sur 99 · PAU LE VICOMTE WALSU · texte numérisé non relu

PAU LE VICOMTE WALSU

Ui! volume iii-8', 5 fr.;clicz Ilyvcrt, libraire , quai des Augustins.

Chaleur de cœur, courage politique, loyauté de sentimens, noblesse de pensée , ce sont-là les meilleures sources d'inspirations auxquelles les écrivains puissent aller puiser 5 c'est à celle-là que M. Walsh a trempé sa plume pour écrire son Fqyage à Prague et à Léohen.

C'est une belle chose que le culte du malheur I II jette je ne sais qu'elle poésie sur les idées et sur le style, il environne d'un prestige aimable tout ce qu'il touche , il y a tant de force dans une conviction consciencieuse , qu'elle intéresse tout le monde; il y a tant de noblesse dans cette qualité de courtisan de l'exil , que des adversaires mêmes- la respectent et l'honorent I

Le Forage à Prague de M. Walsh , remue de manière à intéresser toutes les classes de lecteurs les mélancoliques idées qui se présentent en foule derrière ce titre. Celte correspondance est écrite d'inspiration , les pensées et les sentimens se succèdent avec une rapidité singulière. On dirait que l'auteur ouvre son arae à ceux qui le lisent, et Ton entend battre son cœur à chaque phrase, à chaque ligne. Il vous entraîne avec lui, vous fait avec lui passer la fjontière, vous conduit dans cette grande allée de pommiers, véritable chemin de Normandie, qui forme la galerie verdoyante du château de lluschtirhad, vous fait monter avtc lui le grand

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escalier qui mcnc aux appartcmcns . vous met de moitié dans ses cmotions en présence de celte famille , derrière laquelle il y a comme un long corte'ge de rois: puis, mêlant les souvenirs de deux gloires, en face de ce jeune et noble rejeton de la race de Louis XIV fleurissant sur la terre de l'exil, il évoque l'ombre triste et pâle de ce jeune César qui s'est endormi sur l'oreiller de la mort , en rêvant aux victoires de son père. Viennent aussi les souvenirs des illustrations locales ; cette maison, c'est celle de Paracelse; voici la chambre où Mozard mourut en croyant entendi-e les concerts des anges qui , plus d'une fois , avaient e'tc révélés à son génie. Oui, sans doute, l'Allemagne a ses gloires; mais elles pâlissent à côté de celles qui lui sont arrivées du dehors. C'est à peine si elle a assez de place, quoiqu'elle soit large et grande, pour donner un asile àla maison deLouisXIV, et un tombeau à la race de Napoléon.

C'est ce qu'a pensé M. Walsh sans doute j car , dans son Voyage à Prague , presque toutes les pages sont remplies de souvenirs nationaux. Son cœur va sans cesse de la France à l'exil , et de l'exil à la France. Il voyagea peu près comme ces valeureux croisés qui marchaientles yeux fixés sur le tombeau de Jésus-Christ qu'ils venaient adorer de l'autre bout du monde, et il y a dans son itinéraire cette verve de croyance et cette inspiration nécessaires à la plume de l'écrivain comme à la dague du chevalier.

— \EnT ET blAkc est un joli recueil de liuératurc contemporaine par plusieurs de nos amis, ce qui nous empêche d'en faire l'éloge. Il renferme une foule de morceaux choisis. On y remarque les pages de M. Francis INettemcnt, frère de l'auteur des RnwES, sur la mort d'un ange terrestre (1), dont nous dirons,

Elle était de ce monde, oîi les plus belles choses

Ont le pire destin ; Et rose, elle vécut ce que vivent les roses ,

L'espace d'un matin. »

Cclivrc,qui commence par une Prière touchante deM. JulesdeRessêguicr, est terminé par un morceau de poésie plein d'éloquence, où respire l'ame jeune et noble d'un de nos maîtres , Alexandre Guiraud.

CHÉNEDOLLÉ.

La mort frappe sur tous nos genres d'illustrations, des coups si rapides etsi multipliés, qu'on dirait que la France se dépeuple chaque jour d'imc de ses gloires; à la perte si douloureuse de Cuvier et d'Andricux vient de

(1) Mademoiselle de Polignac.

3'JO l'écho dk la jeun F. FKAiSrj:.

succéder celle de ClicDedolle' , long temps inspccteur-ge'nëral de l'universite, ancien «imi de Chateaubriand et de Fontanes, et l'un des hommes dont s'honorent le plus les belles-lettres françaises. Notre ce'lèbre Delille touchait au déclin de sa longue vie , lorsque l'auteur du Génie de l'homme, couunc pour nous consoler d'avance , fit entendre ces accens touchans cl fiers, philosophiques et inspires, mélodieux et sévères, qui nous révélèrent son ame , et transportèrent dans le domaine de la poésie toutes les richesses littéraires et scientifiques du siècle qui commençait ; soit , que devenu l'émule de nos fameux géologues , il explorât avec eux les ténèbres du globe, et ressuscitât un monde à l'aide de quelques ossemens pétrifiés; soit, que perdu sur les pas d'Herschell , il racontât les merveilles étincelantes que la muse venait de contempler dans son voyage de l'infini j soit que se repliant sm* lui-même , afin de sonder d'autres abîmes , il remuât les misères de nos cœurs, comme sur les débris de Memphis et de Thèbcs , il avait remué la poussière des empires ; il sut toujours élever le langage poétique à la hauteur des sujets qu'il osa choisir; toujours sa pensée fut grande et sérieuse : il ne voulut chanter que sur la lyre; et celle que la mort fit tomber de ses mains , résonnait encore de l'hymne des Prophètes, et promettait à notre attente une épopée religieuse, rivale peutêtre de l'immortel poème des Martyrs.

Chénedollé n'est plus; et comme le dit si éloqucmmcnt un de nos jeunes poètes :

Il laisse paimi nous sa famille éplorée ,

Trois fils, appui touchant d'une veuve honorée

Dont il était l'orgueil :

Trois filles , beaux lys blancs , sa plus chère espérance , Frais rameaux, pur trésor d'un Milton de la France,

Penchés sur un cercueil.

C'était un de ces cœurs philosophes austères , De ces vastes esprits, de ces beaux caractères

Trop rares dans ce temps.

Un de ces aigles fiers dont la race est choisie Pour lavir au soleil ses feux de poésie

Et fendre les autans.

, Quand du dernier départ la cloclic annonça l'iieui e , Un peuple le suivit à sa triste demeure ,

Se pressant à l'enlour :

Les Polonais aussi, ces braves sans victoire... Car toujours le malheur sait comprendre la gloire

(h\\. Ihonore à son tour.

(îet éloge trouvera un éclio dans tous les rœni s qui sont i ncnre animes,

LKCIIO DK LA JF.UiNK KRANt;E. 3;M

comiiic celui du [ioctc que nous pleurons, par In passion de tout ce qui est grand et beau ; la mort , en l'arrachant du milieu de nous , n'a fait que le rendre plus cher à noire mémoire, et c'est avec une l)ien ])rofondc douleur, que je viens déposer cet hommage sur la tombe de celui qui fut mon maître et mon ami, et qui joignit à un admirable talent, des vertus dignes de la même admiration.

Al?.xandre Soumet.

HlSTOir.E POLITIQUE, MORALE, RELIGIEUSE ET PITTORESQUE DE LA FRANCE (1).

— La première livraison de Y Histoire de France vient de paraître : elle contient une analyse raisonne'e des annales des Gaules primitives. Remontant aussi haut que les monuraens historiques de l'antiquité' la plus reculée le permettent , elle prend les Gaulois au moment où ils sortent de ces ombres qui environnent le berceau de tous les peuples , et elle commence par peindre à grands traits les émigrations qui eurent lieu dans les anciens temps.

Ces colonies aventurières qui se ruèrent , soit vers l'Italie, oii elles ruinèrent la domination étrusque, soit sur la lisière delà Grèce, où elles s'établirent, doivent tout d'abord attirer les regards, parce qu'elles sont les premières qui aient mis les Gaules en contact avec les nations policées , les premières, par conséquent, sur lesquelles on puisse étudier le génie," le caractère et les mœurs des Gaulois.

Bellovese etSigovese, les deux chefs des grandes invasions, la prise de Rome, et long-temps après , le siège du temple de Delphes , la fondation de la Gaule cisalpine, l'un des plus belliqueux champions de la liberté italique contre l'ambition romaine : les mercenaires gaulois, en Asie, faisant et défaisant les rois , en Sicile et en Afrique, venant vendre leur épée à Rome et à Carthage , tels sont les principaux épisodes de ce premier tableau qui, partant du premier anneau que l'on puisse apercevoir dans les ténèbres des temps , traverse la seconde guerre punique, oii le courage gaulois marche un moment à la suite du génie d'Annibal , et doit se terminer enfin à l'époque où la Cisalpine étant totalement subjuguée et réduite en province romaine, le sénat déclara l'Italie fermée aux Gaulois.

— Nous nous félicitons d'annoncer qu'un de nos collaborateurs, qu'une longue expérience, des vues saines et des succès nombreux recommandent il la confiance des familles, continue son enseignement préparatoire au bac-

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35?. l'écko de la jf.une fkance.

calaurëat ès-lettros pour compléter ou réparer des e'tudes négligées. Cet enseignement comprend, outre l'explication des auteurs grecs et latins, le développement des questions de rhétorique, de philosophie, d'histoire, de mathématiques et de physique comprises au programme et exigées pour l'examen; s'adresser à M. Deleuze, rue Sorbonnc, n. 5-

Sous presse , pour paraître dans le mois de janvier ,

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