REVUE DES THEATRES
Rien ne manque aux illustrations de la France, dans les arts comme dans la guerre , dans les sciences comme dans l'industrie , le théâtre, ou, par une généralité plus exacte, la littérature dramatique a été aussi pour notre patrie une source abondante de gloire.
Le théâtre tient une large place chez une nation comme la nôtre , toute éprise des plaisirs de l'esprit et du triomphe de la vanité. Quinze salles de spectacle ouvertes chaque soir dans les murs de la capitale (i) , toutes les grandes cités du royaume possédant au moins deux théâtres, et presque toutes les villes du second ordre ayant un amphithéâtre dramatique, attestent le goût des Français pour l'art ou les diverlissemens de la scène.
A la vérité les établissemens départementaux sont alimentés principalement par la grande fabrique de Paris. L'année i833 n'a pas vu éclore dans la capitale moins de '21 5 pièces de théâtre (2). Il y en avait eu 258 en i832, et -27 i en i83i. Malgré la différence en moins qui existe entre la dernière et la première de ces trois époques, il ne faut pas encore se plaindre du petit nombre de nouveautés dramatiques. Elles sont dues à la verve de i48 poètes. Ce serait environ une pièce et demie par auteur. Sur cette quantité, M. Scribe en a quatorze pour sa part. M. An-
(4) Académie royale de musique. — Comédie- française. — Opéra-Comiqne. — Opéra Italien. — Gymnase. — F'audewille. — P^ariétés. — Palais- Royal. — Porte-St-Murtin. — Ambigu-Comique. — Giiàé. — Cirque-Olympùjue. — Folie-i-Dnimatiques. — Molière. — Panthéon^ «t non compris le Théâtre de M. Comte, celui d« Joly , et le Théâtre JYautique dont on annonce rourerture procliaino.
(2) Siivoir : Acadéinir royale de miKsiquc , 4. — Conitdie-Franvaisc , IS. — Op<'ra-<-omiquo, H . — Op<^Ta Iialirn , { . — Gymnasr, 19. — Vaiidevillo, 22. — Vari<:t(:-8, 23. — Palais-Uoyal, 2!». — Poric-.Sl-M:irtin, 1,1. — AiiiLigii-Comu|ur, 28.
Gaîté, 12. — (iiiquc-DIvtnpiqui", 4. — Foiirsl)r.T>nalu|ii»''i. 9. — Moli^rr. 23.
^£ Panth(<on, 'J.
i/k< HO m. LA JKUiNK FRANCE. 49.^
relot et M. Mélesville, cLacun neuf; M. Paulin Duport, huit ; M. Saintine et M. Alexis Combcmusse, chacun sept ; toutes les relations de productions
proportionnelles sont ainsi rompues (i).
Ce qu'il importe do remarquer d'abord , c'est qu'aucun des auteurs de l'époque imjeiiale ne figure dans le catalogue de ceux qui ont travaillé
(<) Liste alphabétique des auteurs qui ont produit des ouvrages dramatiques dans le cours de rannée 1833.
MM. Alboise. — Alexandre. — Alhoy (Maurice). — Alfred. — Adolphe.
Achille. — Alphonse. — Ancclot. — Anicet-Bourgeois. — Antier (Benjamin).
Arago (Emmanuel). — Araj^o (Etienne). — Arnould. — Auger. — Aycart (Marie).
MM. Barthélémy. — Basset. — Bavard. — Bérard. — Boullé. — Brazier — Bréant. — Brunswick.
MM. Casimir-Delavigne. — Casimir-Bonjour. — Calvimonf. — Camille. — Carmouche. — Ces de Caupenne. — Chabot. — Champeaux. — Charrin. — Cogniard (Théodore). — Cogniard (Hippolyte). — Comberousse (Alexis). — Comberousse (Hyacinthe. — Cormon. — Courcy (Frédéric de). — Custine. — Cergy.
MM. Dartois (Armand) Dartois (Achille). — Danois (Théodore). — Dravrecmirt. — Desforges. — Delaboullaye. — Décour (Eugène). — Deslandes.
— Dëpagny. — Després. — Devigny. — Daubigny. — Dhoudetot. — Desmares (Victor). — Didier. — Dinaux. Desnoyers (Charles). — Desvergers. — Dekock. — Dncange. — Dumanoir. — Dupin (Henri). — Duport (Paulin). — Diipeuty. — Duvert. — Dumersan. — Dumas (Alexandre). — Du val (Eugène).
MM. Eugène. — Edouard.
5Dr. Féréol. — Ferdinand-Langlë. — Foucher (Paul). — Francis. — Francisque jeune. — Fontan. — Fnlgence.
MM. Gabriel. — Gailiardet (Frédéric). — Gustave Robiliard.
M>[. Henri (Tully). — Hugo (Victor).
MM. Jaime. — Jules.
MM. Lagran;je (.\ugustin).^ Laurency. — Lausanne. — Laurencin (Louis-D...).
— Laya (Léon). — Léon-Halévy. — Leuven. — Leroux (Hippolyte). — Léonce.
— Ijivrv (Charles de). — Lepeintre jeune. — Lockroi. — Longpré (Alexandre de).
— Lesguillon. — Leroy. — Lebeau. — Lhcrie. — Lnbis. — Lurieux. — Lurine. MM. Maillan. — Maréchalle. — Massou. — Mélesville. — Mcrville. — Monnie.
(Edouard).
MM. ÎSézel (Théodore). — Nicolle.
MM. Parisot. — Paul. — Petit. — Planard (Eugène). — Pixérécourt (Guilbert).
— Potier (Charles). — Poujol fils. — Prosper (St-Almc).
MM. Rembauli. — Riquier. — Robert (Chapelle). — Roche. — liochefort. — Rosier. — Rontin (Sauvage). — Rongement.
MM. Sainiine (Xavier). — Saint-Aure (Jules). — Saint-Georges (Jules). — Sainte- Steubcn. — Sauvage. — Scribe. — Sewrin. — Simonnin. — Surgy.
MM. Taglioni. — Théaulon. — Tournemine.
MM. Varez. — Varin. — Valieude. — Vanderburch. — Vanréal. — Varner. — Vial. — Villeneuve.
Compositeurs. — MM. Auber. — Fcullérold. — Caraffa. — Adolphe Adam. — Prosper Géne.siel. — Desprén'u. — Halévv. — ^Vogh. — Leborne. — Labarre.
— Gnmis.
/l'>4 l'écho de la jeune FRANCE,
pour le tbëâtre l'année dernière , si Ton en excepte M. Guilbert de Pixe'reVourt, M. The'aulon, M. Brazier, M. Vial, M. Planard, M. Dumcrsan otMM. Dartois qui, par la nature de leurs ouvrages, n'ont jamais donné, à aucune e'poque, un e'ian, une allure, une supériorité' quelconque à la littélatnre dramatique. Mais de ceux qui, jadis, sous l'empire et dans les premières années de la restauration, exerçaient quelque influencesurle théâtre, on n'en voit plus un seulj ni M. Arnault (père) , ni M. Arnault (Lucien), ni M. Duval, ni M. Baour-Lormian, ni M. de Jouy, ni M. Bouilly, ni M. Viennct, ni M. Etienne, ni M. Delrieu, etc., etc., etc. MM. Soumet et Al. Guiraud, plus jeunes, et qu'à aucun égard il ne faudrait confondre avec les autres, se sont retirés de la lice, non, sans doute, par caducité ou impuissance, mais par d'honorables motifs que les amis de toutes bonnes doctrines ne sauraient blâmer.
Cliaque peuple a son tour a brilla» sur la terre.
Cette sentence vollairienne n'est pas moins applicable au peuple-auteur qu'aux nations qui ont successivement occupé la scène du monde. Chaque génération produit ses hommes d'esprit, de talent, d'adresse, d'activité' qui la représentent, qui reçoivent son action et qui lui donnent la leur. Après le bouleversement politique de 1790 à 1800. lequel n'avait pas moins affecté la littérature dramatique que les autres parties de l'ordre intellectuel, on vit le e;oiit public se reporter vers les délicatesses du théâtre. Mais qui donc pouvait, au renouvellement du siècle, donner à la scène française uue impulsion qui fût celle de cette époque, qui lui fût propre, naturelle qui fût l'expression d'une société labourée et retournée dans ses idées, dans ses mœurs, dans ses institutions, et qui tendait, sous la conduite d'un chef despotique , au rétablissement de toutes les choses monarchiques? il aurait fallu alors de jeunes hommes, aux idées hardies, à la passion de la gloire, aux sentimens énergiques, purs de toutes les influences , soit de l'ancien régime, soit du régime révolutionnaire. Ils existaient bien ces hommes jeunes, et s'ils eussent pu demeurer daas leurs foyers, si le fait et l'ardeur de leur âge ne les eût pas entraînés au loin, si de longues années de paix leur eussent donné le temps d'appliquer les facultés de leur ame et de leur esprit aux succès du théâtre, ils y auraient brillé, sans aucrm doute, et auraient amené sur la scène des productions neuves, fraîches, saillantes, empreintes de vigueur et d'originalité.
Mais ce n'est pas au théâtre que Napoléon leur permit de dépenser leur jeunesse, leur énergie, leurs propres idées, leur génie peut-être. Il recrutait tout cela pour son armée et pour son administration. Tout ce qui est ^^iinp a besoin de mouvement et de célébrité. On força les jeunes hommes à voir la gloire dans les camps j ils n'eurent pas l'idée de celle du théâtre
l'écho DK la JEUNF, FRANCE. 4'.>;>
OÙ ils aurarcnt cp]icndant trouve dos combats et des lauriers. Alors la scène fut abandoDnce, ou aux auteurs des temps pre'cedens, ou à une jeunesse qui ne portait pas, en elle, cette flamme qui fait faire des prodiges en face des ennemis ou du parterre, qui, en bravant les canons ou les sifflets, s'ouvre le chemin de la victoire, ou des hardiesses dramatiques. Nous eûmes des sous-licutcnans, des capitaines, des colonels, et même des sous-prefets admirables ; mais nous avions des litte'rateurs usés , timides, appauvris, cacochymes, bons tout au plus à imiter ceux d'entre eux qui s'étaient élevés jusqu'à en imiter d'autres. 11 y avait de la nouveauté, du génie à la guerre, de la force et de l'ingéniosité dans l'adrainislration; il n'y avait que de la couardise, de la langueur, de la vieillerie au théâtre. Encore un pas, et si l'empire eût duré, M. C. Delavigne serait peut-être devenu un préfet, M. Scribe, un receveur-général, M. Ancelot, un commissaire des guerres, M. Mazères, un colonel ; mais nous n'aurions eu ni les Enfans d' Edouard , ni le Mariage d'Argent^ ni Louis IX, ni le Jeune Mari ; el nous étions, dans ce teraps-la , au régime dramatique des tragédies de MM. Arnault et Deirieu , des comédies de M. Duval, dei opéra-comiques de M. de Jouy et des vaudevilles de M. Bouilly.
Quelques hommes plus jeunes les escortaient, mais plongés comme eux dans la routine de l'imitation; et quelle imitation! c'était bien Corseilie, Racine, Molière qu'on invoquait; mais c'était Voltaire qu'on imitait; et, dans cette voie, on ne faisait ni mieux ni pire que Marmontel , et surtout on ne faisait pas autrement. C'étaient toutes les idées de l'école philosophique qui dominaient alors le théâtre dans la tragédie et dans la comédie, quelque chose de nul dans l'invention, de sophistique dans les sentimcns , de conventionnel et de faux dans les faits et dans les caractères. Si l'on excepte le Mariage de Figaro , qui touche plutôt a l'ordre politique qu'à l'ordre dramatique , depuis 1 780 jusqu'en 1 8iio à peu près, le théâtre ne produisit rien d'original dans sa plus grande comme dans sa plus légère expression. Les Etourdis, de M. Andrieux , et les Deux Gendres, de M. Etienne, méritent cependant une mention particulière; les uns par l'élégance et la facilité du style, qui tient plus peut-être de l'épître que de la comédie; les autres, par un ton général de franchi.sc et de naturel qui rappelle la manière du dix-septième siècle auquel l'auteur emprunta une partie des caractères et du langage de Conaxa.
Mais enfin cette génération, dernier produit de l'école philosophique au théâtre, elle est passée, éteinte, silencieuse au moins, et c'est tout ce qu'il faut : elle a fait son temps. Ses destinées sont accomplies. Elle a elle-même signé son acte mortuaire en i833, car elle n'a donné aucun signe de vie dans le cours de celle période. Requiescat in pace. Elle n'est pas morte pour ressusciter, «-lie; tout est enterré dans ïon tombeau.
42(> l'écho de L'A JILNt: FRANCK.
Quelques pièces, encore soutenues pai' le jou des comédiens dont imk partie les a établies au tlicàtre, apparaissent çà et là sur la scène comique et lyrique, comme derniers vestiges de la manière et des procèdes de cette fausse e'cole. Chaque jour en fait justice . et peu d'années , quelques mois peut-être , suffiront pour la faire disparaître tout à fait du sol dramatique. La jeune France, monarchique, religieuse, toute forte de ses convictions politiques, n'a plus rien de commun avec cette génération, amalgame bizarre et ridicule, quant aux doctrines littéraires, de l'ancien régime, de la république et de l'empire, sans vérité dans la peinture des caractères, sans naturel dans les sentiracns, sans couleui dans l'expression.
En effet, tous les auteurs, tant admirés de la dernière période, qu'ontils fait de la naïve énergie do Cornedle , du style de Racine, de la hardiesse et de la réalité de Molière? Ils .se sont bornés à l'admiration méritée de ces grands hommes. Incapables, apparennnrnt, de sentir que ces hommes avaient été grands, parce qu'ils avaient été eux mêmes, les auteurs dont nous parlons ont fait des pièces d'après Ips autres , avec les préjugés de leur temps, les idées banales d'une mauvaise philosophie, et avec une grande satisfaction d'eux-mêmes lorsqu'ds étaient fort servilement restés, non pas dans l'imitation des beautés, mais dans l'absence des défauts de leurs prédécesseurs. Ainsi des disputes, dignes des scoliastes du bas-empire s'étaient élevées sur l'unité de lieu et de temps, ou sur des expressions hasardées ou sur des intrigues trop nues de Racine, de Corneille, de Molière; alors nos gens se réjouissaient et se glorifiaient de ce que, dans leurs ouvrages, ils étaient encore plus unitaires que Corneille et Racine , plus intrigués et moins bas que Molière. En effet, il n'y avait pas de défauts à reprocher à leurs œuvres selon les règles aristotéliennes ou grammaticales, seulement ils s'y étaient si bien pris qu'on n'y trouvait rien de neuf, d'original, de vivant. C'est que ces hommes-là ne portaient en eux rien de la flamme , de la force , de la hardiesse qui sont nécessaires, ou pour faire avancer l'art dramatique dans la voie déjà tracée, ou pour lui donner une impulsion nouvelle. La révolution et Napoléon n'avaient laissé à l'intérieur qu'une .société décolorée et rabougrie. Le génie était autre part. On faisait bien des vers alors, comme si c'était seulement de vers qu'il s'agit au théâtre! Ducis faisait bien des scènes, comme si c'étaient seulement des scènes qui pussent remplir tout l'espace dramatique I mais aucune œuvre ne saillissait qui portât l'empreinte d'une manière dramatique nouvelle, d'un esprit particulier, d'un trait caractéristique de cette époque, <ni plul(»t toutes les d-uvres de cette période étaient couvertes de cette pâleur imi- --^aatricc qui constatait bien l'absence de la force, ou au moins d'une ingéniosité originale.
l'écho dk la jeune rU.VNCE. /^'jl
Les tlispiilcs si vives qui se sont clcvc'es sur le classique et le romaiiti(\iie n'étaient au fond que le combat des auteurs , occupant le théâtre et l'académie, et deïendanl, sous le nom sacre des grands hommes du dix-seplième siècle, leurs œuvres bâtardes, contre de jeunes auteurs qui voulaient occuper à leur tour l'académie et le théâtre, mais qui ne vou laicnt pas être obligés de faire des tragédies comme MM. Arnault, Jouy et Viennet, ou des comédies comme MM. Duval et Bouilly. La restauration , avec l'élan qu'elle avait donné à toutes les idées, avec la paix (pi'elle j)rocurait au monde, laissait à l'intérieur toute une génération jeune, ardente, ingénieuse, et qui cherchait à répandre son esprit et son activité dans les arts , comme la jeunesse de l'époque précédente avait été appelée à répandre la sienne dans les camps. En ce moment, nous faisons plutôt ici le métier de rapporteurs de faits, que nous ne remplissons l'emploi de juges. Nous constatons l'état actuel de la littérature dramatKjue en i834, en rappelant d'abord les diverses phases qui l'ont précédée, plutôt que nous n'apprécions les productions nouvelles, t'ans un précédent article dohs avons dessiné quelques traits du théâtre moderne. Dans un ou plusieurs articles fabriqués nous continuerons cette tâche de. la critique. Aujourd'hui nous établissons les faits.
Les hommes sages qui assistaient au combat des classiques et des romantiques , et qui ne se trompaient pas sur le fond des choses; ceux-là qui , fatigués et dégoûtés du mauvais théâtre de l'école philosophique , dési raient vivement que la littérature dramatique sortît des mains et du mono pôle des auteurs impériaux, mais qui en même temps ne voulaient pas que le théâtre s'égarât dans des voies mauvaises quoique nouA'elles ; ceuxlà , disons-nous, criaient à tous b^s autres ■• « ne vous battez pas; produisez, chacun dans votre nature, et nous verrons. Les unités de temps et de lieu sont dépendantes des sujets que l'on traite et du génie qui travaille. Ces règles-là n'ont point gêné Corneille qui a fait le Cid oîi l'on ne trouve aucune unité de lieu et de temps. Elles n'ont point gêné Racine qui a fait ylthalic où ces règles se trouvent complètement observé, s. Elles n'ont point gêné Molière qui a fait le AJisanthrope et Tartuffe, dans le même salon et dans la même journée, et qui en même temps a fait le Festin de Pierre et les Fourberies de Scapin, deux autres chefs-d'œuvre où il serait impossible de rencontrer la moindre observation des règles et delà convenance théâtrale. Ainsi, ces exemples di^'ers et imposans, sont la pi cuve que le génie fait ce qu'il veut, que les règles ne sont point obligatoires, et qu'il n'y a d'obligation au théâtre que celle de plaire selon le temps , les mœurs , le style et la vraisemblance , ou en d'autres termes , Tuiiité d'action , seul mobile du véritable intérêt dramatique, et qui n'est point une règle; c'est-à-diic quelque chose de llcxibic et d'une variation
42S l'kcHO DF. la jeune KIIA>CI,.
])0ssiblc, mais un principe , c'cst-à-diro quelque chose <ie fondamental et de nécessaire. »
Le îemps qui marche toujours et qui use les iacultes des uns à mesure qu'il de'veloppe les faculte's des autres , le temps qui finit par mettre chaque chose à sa place et qui ouvre le tombeau d'une génération en même temps qu'il découvre le berceau d'une nouvelle société, le temps enfin est venu décider des hommes et des questions. La jeunesse dramatique faisait tous les jours une poussée , si on peut le dire , contre les auteurs et le théâtre du philosophisme et de l'empire. Par la force des choses elle s'emparait des positions , et à force de produire, selon ses moyens et ses idées , elle est arrivée à la possession exclusive de la littérature dramatique. Elle a triomphé, par le fait, de ses adversaires, de leurs ouvrages et de leurs doctrines. C'est ce qu'il importait de constater. L'année 1 834 a "^11 l'accomplissement de ce long démêlé. Les auteurs de la république et de Napoléon ont disparu du champ de bataille. Les unités de temps et de lieu ne sont plus l'objet d'aucune controverse. On ne s'en occupe plus. La jeune génération dramatique règne seule. La tragédie ridiculement classique de MM. Arnaultct Delrieu est profondément enterrée. La comédie philosophique et fausse de M. Duval est à bout de voie. Je^ tez les yeux sur le tableau que nous avons produit en tète de cet article , et vous en verrez la preuve : ni auteur, ni ouvrage du temps précédent ; cela est clair. Mainteuaut, qu'est-ce que la nouvelle génération théâtrale a fait de sa liberté, de sa victoire , de son empire et du bénéfice du temps qui la chassera à son tour? Quel estle signe distinctif de la nouvelle école? A-t-clle au moins , elle , un trait particulier , un genre à part , une manière qui lui soit propre, qui ne soit pas , comme recelé impériale , celle de ses devanciers? Qu'y a-t-il à prendre, qu'y a-t-il à laisser, qu'y a-t-il à honnir, qu'y a t-il à louer dans la manière, dans les procédés, dans l'esprit, dans les productions de ccltenouvelle littérature dramatique? — Plus tard et successivement nous examinerons ces diverses questions. A. D. L.
— On lit dans la Quotidienne du 1 février :
«La médaille de la Jeune France, si long-temps et si impatiemment attendue , a été présentée à ceux de MW. le membres du conseil supérieur de Y Écho de la Jeune France qui sont présens à Paris. Elle représente un génie debout sur un globe, et gravant sur une table d'airain, appuyé à un faisceau ces mots :
c'kst a nous ql'api'autii.m- l'avenir!!
« A l'exergue: Association de la Jeune France; au revers, dans une ,j<j^uronnc de chêne et de laurier, on lit: Christianisme , franchises nationales ; sur la tranche, on place le nom de la persomic à qui clic est
l'écho DK la jeune FRANCE. 4^9
(Icslincc, avec un numéro d'ordre; une des médailles .« etc ofrerte au (lorgc de France, en la personne do Mgr. rarchcvcque de Paris. A partir de ce jour , pour être membre de la Société de la Jeune France , il faut nécessairement en posséder le titre, et ce titre est, nous pouvons le due, une magnifique médaille en bronze, la plus belle qui ait paru depuis long-temps. »
I-iste des membres-correspondans auxquels la Médaille a été décernée. Le défaut d^ espace nous force à remettre en tête du numéro prochain cette liste qui s'élève aujourd'hui à 250.