‹ L'Écho de la jeune France (volume 4)Chapitre 17 sur 75 · DIVERSES · texte numérisé non relu

DIVERSES

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(2* article.)

Tous les peuples de l'antiquité et des temps modernes ont eu leuis époques mythologiques et symboliques, avant que chacun d'eux se créât une physionomie qui lui fut propre. Toujours l'humanité est partie du symbole en droit , en religion , en histoire : et c'est parce que nous avons oublié l'interprétation de celte langue sacrée dans un long repos où tout se désigne par des quantités positives et déterminées, que les époques primitives disparaissent h nos yeux sous d'obscurs nuages , et que nous avons substitué à la vérité les brillans mensonge de notre esprit. Ainsi toutes les traditions annoncent que la civilisation nous est venue de l'Orient ; mais dans quel ordre les migrations asiatiques en Europe ont-elles eu lieu?... Quelle place chaque peuple occupe-t-il dans l'échelle du progrés parmi tous ces peuples presque inconnus ?.. . Le génie a perdu la parole 5 les vers sacrés de la sibylle tourbillonnent au hasard, confondus et muets.

Nous avons considéré la Grèce comme étant arrivée la première entre les nations européennes à un haut degré de civilisation. C'est l'opinion générale ; cependant, au milieu des ténèbres qui couvrent l'histoire de ces temps reculés , on trouve des vestiges importans d'une civilisalioji antérieure à celle des Grecs. Les contrées méridionales de l'Italie , l'Espagne même et les Gaules visitées depuis long-temps par les flottes phéniciennes semblent avoir été habitées par des peuples déjà célèbres pendant que le Grec encore barbare attendait le législateur de Samotrace. Cette île sainte a quelque chose de mystérieux , que l'on retrouve dans les poètes grecs et latins. Plalon et les meilleurs mythologues ne parlent des barbares qu'avec un profond respect et une grande vénération. Ces barbares, quels sont-ils? que Pythagore aille s'instruire à l'école des prêtres égyptiens, rien de plus simple , lout nous est venu de l'Orient; mais qu'il vienne chercher la science jusqucs chez les druides, quelle apparence!... et cependant de nombreuses migrations de Phéniciens et de Pélasges surtout avaient eu lieu au pays des Ibères et dans les Gaules. Ces Pélasges se trouvent partout à l'origine des choses, toujours inconnus et apportant toujours avec eux de grandes découvertes dans les arts et dans les sciences. On a cru reconnaître en eux ces peuplades malheureuses forcées d'abandonner leur patrie après la ruine de Troie , la grande ville Pélasgique , qui vinrent apporter aux nations de l'Occident leurs dieux et les souvenirs d'une haute civilisation. N'y aurait-il pas quelque chose de vrai dans la tradition qui fait venir Francus^ fils d'Hector, dans les Gaules ? Toutes ces questions dont l'importance historique est immense sont couvertes d'un voile qui semble impénétrable. Les premiers siècles de Rome ellemême ne sont pas autre chose qu'un roman merveilleusement arrangé par l'imagination peu scrupuleuse des historiens grecs-latins; et les immenses travaux des écrivains modernes relèvent à peine çà et là quelques débris cachés sans espoir de reconstruire le temple si long-temps oublié et méconnu.

Les premiers habitans de l'Italie dont les noms sont venus jusqu'à nous, semblent être les Opisci ou Osci , qui se disaient eux-mêmes autoclhones, aborigènes, et qui sont les mêmes que les Voisques et les Fallisciues, Refoulés dans l'intérieur des terres par les colonies helleniques cl par les populations des Apennins , ils s'établirent dans la Campanie cldanslcLatium. Les montagnes étaient habitées par Xc^Sa-

belH et les Samnites ; de nombreuses tribus , sous les noms de Marsi Marrucini , Sabelll , Lucaniens^ etc., unies par des ligues fédérales, mais difTcrant de lois, de mœurs, de religion, couvraient la contrée où devait un jour s'élever Rome.

Parmi tous ces peuples, ancêtres des Romains, deux surtout ont laissé de puissantes emprcintesdans la constitution et dans les mœurs de Rome. Ces deux peuples dont on ignore l'origine sont les Pélasges et les Étrusques. Les premiers, venus, dit-on, des côtes de l'Asie-Mineure, apportèrent en Italie la pierre du foyer domestique et la pierre des limites, fondement du gouvernement despotique de la famille et du droit de propriété, les deux grandes bases sur lesquelles repose la cité romaine. Ecriture, fables, religion, les Pélasges possédèrent et transmirent aux Romains tous les élémens de la vie sociale. Ils couvrirent l'Italie de monumens gigantesques, appelés Cyclopéens, et qui aujourd'hui même , après tant de siècles et de bouleversemens, sérient de leurs frêles successeurs. Cependant ce peuple qui fut l'aïeul des plus grands conquérans du monde, tant occupé de ses spéculations commerciales et scientifiques , mais inhabile aux entreprises guerrières , fut écrasé en Orient par les Grecs, en Italie par les peuplades héroïques qui l'entouraient , et qui ne virent dans ses arts et dans son culte du feu , père de l'industrie, que des opérations magiques qui les remplissaient de terreur et de haine. Toujours, dans l'enfance des nations, la force brutale et l'orgueil héroïque ont empêché les développemens de la pensée, au profit de la barbarie. Les poètes grecs ont représenté ces Pélasges , adonnés à l'industrie et aux arts, comme des Titans audacieux, comme des Cyclopes, qui, la lampe au front, descendaient dans les entrailles de la terre , pour explorer ses secrets! C'est ainsi qu'ils attachèrent sur un roc du Caucase le titan Prométhée, pour avoir voulu dérober le feu à Jupiter, roi des peuplades héroïques.

Ainsi disparurent de l'Italie les Pélasges, comme ils avaient déjà disparu des côtes de l'Asie-Mineure, de la Macédoine, des îles de la Grèce et du pays des Ibères , sans qu'il soit possible de les retrouver nulle part. Une malédiction terrible semble peser sur eux;... ce peuple n'estil pas un mythe? n'est-il pas le symbole des migrations asiatiques vers les contrées occidentales? ne reprosente-t-il pas la ditlficulto des pre-

miersétablissemenshumains,et lalutte d'une civilisation trop tôtvenue^ écrasée sous les forces brutales de l'Occident.

A ce peuple Cabirique succèdent les Etrusques, dont l'organisation puissante lutta si long-temps contre Rome, et qui imposèrent à leurs vainqueurs leurs lois , leur religion , leur esprit sacerdotal et aristocratique. L'Étrurie était une espèce de république fédérée , composée de^louze tribus et de douze villes , chacune gouvernée par un roi , un Lucumon , prêtre et guerrier à la fois , possesseur et fils du Sol, interprète de la foudre, intermédiaire entre la terre et les dieux. Dieu luimême à l'égard de sa famille et de ses esclaves les Ihopes. L'Etrurie purement aristocratique et sacerdotale fut le modèle de la cité romaine, de l'enceinte sacrée , du Pomœriam , lieu défendu au peuple , exclusivement réservé au patricien. Cette nation étrusque se livre avec ardeur à la navigation et aux arts ; elle élève Farchitccture sur des règles fixes, et donne son nom à l'ordre toscan qui précède l'ordre dorique : elle établit la richesse publique sur la culture de la terre et de la vigne ; l'ordre moral sur le mariage sanctionné par la religion et la loi, l'ordre civil sur la famille, et le droit des gens sur les hérauts d'armes. L'alliance habile du gouvernement et de la religion dont le sénat romain sut tirer tant d'avantage, c'est aux Etrusques qu'il la doit, comme il leur emprunta leur organisation intérieure , leurs armes et l'appareil si important à Rome de leurs triomphes.

Voilà les deux grands ancêtres des Romains. Sur les bords marécageux du Tibre , dans ces lieux qu'habitèrent autrefois l'arcadien Evandre. Hercule avec les Grecs, Enée avec ses Troyens , allait s'élever la grande ville qui devait réunir toutes les nations sous sa main de fer. Un aventurier célèbre , fils d'un Dieu et nourrisson d'une louve, double symbole de leternité de Rome et des mœurs farouches de ses habitans, appelle à lui les bandits et les malheureux auxquels il offre un asile et l'espoir du pillage. Il trace la ville sainte, la citadelle sa demeure et celle de ses pairs sur un mont, et Vasile, l'habitation du peuple audessous. Romulus, comme tous les rois qui lui ont succédé, semble n'être qu'un symbole : c'est un Hercule, un Thésée, un fondateur de ville , qui tue son frère , c'est-à-dire le peuple , et se crée patricien : c est le droit du fort et en même temps le principe mystérieux de la hiérarchie religieuse et civile.

J>a pierre c!u foyer domestique et la pierre des limites forment la

base (Je la socictc romninc. Dans rintérieur de sa maison le père est le génie actif, dieu tyran et farouche pour ses eiifans et pour ses esclaves. Il est seul; autour de lui , fename , enfans, cliens , n'existent que par lui. Le liis est la chose du père; il peut le vendre jusqu'à trois fois, et l'arracher même de la tribune aux harangues ou de sa chaise curule pour lui donner la mort sans autre motif qu'un caprice. Hors de l'anceinte sacrée, la gens , les cliens ne sont plus rien , puisqu'ils ne sont plus sous la protection du vieux génie de la famille. On peut les tuer sans encourir la vengeance des lois.

De la réunion des pères de famille se forme le sénat, la cité nrislocratique qui exerce sur les masses la même influence que le chef dans l'intérieur de sa maison. Son droit repose sur la propriété de la terre , du champ sacré, sur les aïeux, sur l'interprétation des lois et des augures dont lui seul a la science. Le peuple était une race sans dieux , sans aïeux , sans intelligence et ne pouvant prétendre au privilège de la parole. Le sénat réunit dans son sein tous les droits et tous les privilèges, et ne laissa aux brutes de l'asile que celui de se faire tuer pour eux sur les champs de bataille. Le Gapitole, assis sur un mont, ressemble à l'Olympe, du haut duquel Jupiter d'un signe de ses veux remuait le monde.

Il était à craindre que cette organisation aristocratique si puissante n'arrêtât les destinées de Rome; mais ce qui la sauva de ce danger, ce fut de pouvoir opposer aux patriciens une plèbe énergique et guerrière. Pendant qu'elle envahit et enchaîne les nations voisines, la lutte incessante des deux ordres crée les mœurs politiques de Rome et amène tous les jours de nouveaux progrès. Peu à peu l'esprit militaire remplace l'esprit sacerdotal si exclusif dès le commencement; et sans doute des hommes égaux sur le champ de bataille devaient bientôt le devenir dans les luttes ardentes de la tribune. La guerre fut toujours un puissant moyen d^émancipation pour des peuples esclaves. Au retour de ses conquêtes, le peuple demandait sans cesse le partage des terres ; et quand il eut acquis le droit de propriété^ il marcha à grands pas vers la liberté; bientôt il acquiert la parole par la création des tribuns ; il arrache au sénat l'interprétation de la loi : les transactions pécuniaires succèdent aux formes religieuses. Dès ce moment une immense révolution s'est opérée dans P.ome. Le peuple parvient au consulat, et, pour combler la mesure de sa puissance, il obtient quatre

places de pontifes et cinq d'augures. C'était le dernier retranchement de l'ai islocratie romaine : les portes du temple se brisent , le peuple y entre de toutes parts. La loi des douze tables, arrachée au sénat, commence l'émancipation du peuple ; la mort de Virginie , comme celle de Lucrèce , devient le signal d'une ère nouvelle.

Cependant toutes ces innovations ne se faisaient que lentement et selon les besoins rigoureux des temps. Le sénat n'accordait que ce qu'il ne pouvait plus refuser, et quoique déjà la constitution de l'État fût presque entièrement changée , les Romains gardaient toujours un profond respect du droit établi et de la coutume. Les révolutions étaient préparées long-temps avant de se traduire par des faits. Mais quand le peuple fut devenu maître, il troubla l'État par son excessive prépondérance. Les conquêtes répandirent dans son sein l'or , le luxe et les vices des peuples vaincus. Les vieilles mœurs romaines , si austères et si vigoureuses, s'altérèrent. A la lutte des patriciens et des plébéiens succédèrent les guerres civiles organisées sur une vaste échelle , et déjà long-temps avant l'empire on pouvait dire que les vieilles mœurs républicaines avaient disparu.

Cependant Rome avançait à pas de géant à la conquête du monde. Après avoir mis trois siècles à réduire les tribus belliqueuses qui l'entouraient , elle étendait déjà sa puissance sur presque toute l'Italie et se disposait à déployer ses ailes lorsqu'on entendit dans Rome le bruit que faisaient les Gaulois sur le bord du Tibre. A la vue duBrenn barbare qui le menace , le brave Romain a peur. Il s'enferme dans la citadelle, il offre des sacrifices aux dieux, et du haut du capitole où il se cache il peut voir les guerriers aux yeux bleus brûler la ville sainte.

Échappée comme par miracle aux Gaulois , Rome peut tout oser. La conquête de l'Italie centrale et la terrible guerre des Samnites ne sont qu'un acheminement à de nouvelles conquêtes. La Grèce et Rome se sont déjà rencontrées sur un champ de bataille ; voici venir Carihage avec sa toute -puissance : et Carthage , comme la Grèce , est forcée de courber le front devant le génie invincible de sa rivale. Dès ce moment les farouches Romains se répandent , comme un torrent débordé, sur toutes les parties du monde. Durant le sixième siècle , ils prennent Syracuse et pénètrent en Orient ; bientôt Corinthe leur livre ses chefs-d'œuvre, la Grèce entière ses rhéteurs et ses arts, Carthage

ses richesses et le commerce du monde. Alors commence celte protection insolente que Rome s'arroge sur tous les rois, ce despotisme sanglant et rapace dont on ne trouve nulle part l'exemple, et que les patriciens anglais singent aujourd'hui avec un orgueil et un machiavélisme sans nom. Les mêmes causes qui perdirent Rome, le trop grand développement de son principe, perdront sans doute la moderne Carthage. Le fil dont elle a entouré le monde, replié sur elle-même , servira à enchaîner le monstre.

L'esprit militaire et la soif intarissable des conquêtes qui ont élevé Rome si haut vont produire leurs inévitables résultats. A force d'entasser peuples et rois vaincus dans son sein, elle perd son unité et sa physionomie. Il lui fallut reconnaître pour citoyens les barbares qu'elle avait vaincus. Les titres d'allié de la république et de citoyen romain, qui eurent d'abord une si grande valeur, tombèrent dans le mépris à force d'être prostitués à tous les partis, à toutes les villes que l'ambition des chefs entraînait à des entreprises particulières. A peine devenue maîtresse du monde, il ne fut plus question que de savoir qui de ses chefs hériterait de sa toute-puissance. Le vieux sénat avait été renouvelé; les vieilles et rigides mœurs avaient disparu avec les traditions, et le pouvoir avec elles; on sentait déjà que ce grand corps ne pourrait bientôt plus se mouvoir par lui-même et qu'il lui fdlait un chef. Marius et Scylla jouent au despotisme et trouvent déjà le peuple mûr pour leurs projets. L'or et les arts avaient corrompu les mœurs et altéré la législation ; la vénalité et la corruption se sont assises au milieu de Rome. Le respect des Romains pour leur ville, leur amour pour la liberté qui leur fît entreprendre de si grandes choses , l'unité civile et politique, l'organisation de la cité sur la puissance des pères^ surtout l'homogénéité de ses citoyens n'ayant tous qu'un même intérêt, qu'un même but, la conquête: tout cela disparaissait peu à peu. Les habitans de Rome ne méritaient plus leur nom de Romains. Le fier Gaulois s'en vint bientôt , au grand étonnement des vieilles ombres romaines, protectrices de la cité, déposer ses sandales au milieu du sénat et revêtir la toge brillante des patriciens. Le rhéteur grec fît entendre son éloquence menteuse et pleine de malice dans ces mêmes lieux encore émus des simples et mâles paroles des Gincinnatus et des tribuns populaikes. Tous les peuples du monde

venaient en pèlerinage à Rome et lui laissaient pour héritage leurs vices et leurs malédictions.

Je n'appelle plus Rome un enclos de murailles Que ses proscriptions comblent de funérailles: Ces murs , dont le destin fut autrefois si beau , N'en sont que la prison ou plutôt le tombeau.

Rome n^est plus dans Rome , elle est toute où je suis.

Dès ce moment c'en était fait de la liberté et de la grandeur des Romains; car Rome, c'était bien le Gapitole , le mont Aventin et tout ce qui rappelait à ses habitans leurs mâles vertus et les élémens qui leur avaient fait conquérir le monde ; mais que pouvait désormais la vue de ces lieux vénérés sur des cœurs lâches et flétris qui demandaient un maître.

Aux sanglantes querelles et aux proscriptions de Marins et de Scylla succèdent les guerres civiles des deux rivaux prétendans à l'empire^ Pompée et César, qui font bientôt place à Antoine et à Octave. Sous les pas de ces hommes , les nations se précipitent les unes sur les autres à Pharsale et à Actium. L'Europe, l'Afrique et l'Asie combattent pour assouvir l'ambition de deux ambitieux. Dans ce choc terrible qu'est devenue l'humanité ? Du sang, partout du sang ! des nuées de proconsuls s'abattent, comme des oiseaux de proie, sur les malheureuses provinces et se gorgent de la substance des peuples. Partout de puissantes villes réduites en cendre, des royaumes croulans, des peuples réduits à l'esclavage et un deuil immense couvrant la terre. La dignité de rhomme méconnue dans son essence est écrasée sous la brutalité (les faits, et la pauvre humanité , gémissante , se couvre la tête et vient mourir dans la vaste et sanglante arène du cirque. Telle fut la corruption et l'effroyable désordre que la conquête du monde jeta dans le sein de Rome , qu'un événement dans l'ordre divin dût être mis dans la balance en opposition au mal qui travaillait la terre.

Un ancien oracle étrusque avait prédit que l'Etrurie devait durer dix siècles pour faire place ensuite à un autre ordre de choses. A la ccmètc observée aux funérailles de César , l'aruspice Vulealius disait ({u'cllc annonçait le commencement du dixième siècle. Les devins toscans , consultés sur des cris aigus et lugubres qu'on entendait dans un ciel serein , prédisaient un nouvel âge qui changerait la face du

monde. Les plus anciennes traditions désignaient un mal profond , une grande tristesse parmi les hommes; c'était le sentiment d'une flétrissure mystérieuse transmise de race en race et qui semblait frapper d'un secret opprobre la reproduction de l'homme. C'est pour cela qu'on avait établi dans toutes les anciennes religions le sacrifice expiatoire du sang. Mais à côté de cette croyance universelle à un mal originel , partout s'étendait la croyance d'un rédempteur. Vers la fin de la république romaine des bruits vagues annonçaient dans les bourgades et dans les villes que les temps approchaient. Virgile parlait d'un enfant qui ferait les délices de la terre; Platon , long-temps avant , attendait l'arrivée du suprême instituteur, et les Indiens avaient prédit, comme les prophètes juifs, qu'il naîtrait d'une mère vierge sous la tente d'un berger ; les druides élevaient des autels à la ^^lerge qui doit enfanter^ et Rome , pour la seconde fois, ferme les portes de Janus par respect pour l'enfant qui va naîlre au fond d'une petite ville de la Judée pour renouveler la face de la terre. B. Maury.

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