‹ L'Écho de la jeune France (volume 5)Chapitre 21 sur 129 · STATISTIQUE · texte numérisé non relu

STATISTIQUE

PHYSIQUE , COMMERCIALE ET INTELLECTUELLE DE L'eUROPE.

Voici des détails extrêmement curieux sur la statistique physique , commerciate et intellectuelle de l'Europe , puisés dans l'ouvrage d'un Allemand , M. Jean Schœn , renommé par ce genre de travaux , et rapportés par la Bibliothèque contemporaine.

L'auteur a divisé ses recherches en six classHications différentes , dont chacune aboutit à une branche spéciale de civilisation :

i°. La nature physique de l'homme;

2''. L'économie dans ses branches diverses ;

5**. La culture de l'esprit ;

4". La vie civile et politique ;

5^ Les croyances relifjieuses ;

6" Les mœurs.

Nature 2)hysique de l'homme.

Après avoir présenté des aperças sommaires sur la nature de l'homme et la configuration du globe, M. Schœn s'occupe de la consîitution physique de l'Européen, (jui doit élre classé parmi les mieux conformés de la te;re. Les maladies sont moius nombreuses et moins destructives en Europe que dans aucune partie du monde. Les infirmités propres au sol sont la surdité et le mutisme réunis , maladie dont '/is^g est affecté en général , et Viooo dans la Suisse ; la mélancolie ou le spleen , dont souffrent Viooo en Angleterre , Vsoo dans le pays de Galles , '/^3 en Ecosse , V.soo en France , '/.ooo dans les Pays-Bas , '/sso en Norwège, 7aooo en Silésie ; le goitre , qui se fait plus )»articuiièremt;nt reraanjuer chez les habilans des montagnes; la pierre , dont , depuis 19 ans , 278 individus se sont trouvés atteints sur le territoire de Venise, 791 dans le gouvernement de Milan, et i06 dans la Bohème; enfin, une infirmité plus spécialement propre au sol d'Europe, est la cécité j qui afflige en Prusse '/laai de la population de ce pays.

L'art des médecins s'est rendu maître de ia plupart des maladies de l'Europe; aussi la durée de la vie humaine s'est-elle accrue dans une proportion remarquable. Sulmilch , savant Allemand établissait que , sur 25 à 50 hommes , il devait en mourir 1 dans les villes , et 4 , sur 34 à 40 dans les campagnes des pays de plaine. Aujourd'hui , la mortalité est patout moins considérable. Si autrefois elle était de 5 p. 0/0 , elle n'est plus malmenant que de 2 '/a p. 0/0. Aussi peut-on admettre présentement que »Vioo d'hommes atteignent l'âge de GO ans , tandis que , naguère , 'Vioo seulement pouvaient se flatter d'y parvenir. En France , depuis 1712 jusqu'à 1780, la durée moyenne de la vie était' fixée à 28 ans; tandis que, d'après les calculs les plus récens, elle peut être évaluée à 56 ans et au-delà.

Dans le rapport général des travaux du conseil de salubrité de Paris pour 482.9, rapport adressé à l'Académie des sciences, et lu dans la séance du -1'^'" septembre dernier, on a remarqué les résultats suivans sur linKX't alité de Paris : si l'on examine les maladies qui ont été les causes les plus fréquen-tes des- décès , on trouve en première ligne la phtysie pulmonaire, qui a fait pérà- M 48 individus du sexe masculin, et 4448 du sexe féminin. C'est particulièrement de 10 à celui de 50 ans que cette maladie exerce sa funeste influence. Ainsi , le nombre des décès du sexe féminin est d'un quart plus élevé que celui des décès du sexe masculin , et cette proportion est même plus forte pour les années 1827 et 4828. Les décès produits par le catarrhe pulmonaire , qui peut être regarde comme la phiysie des vieillards , ont été au nombre de 935 pour le sexe masculn , et de 4452 pour le sexe féminin. Les anévrismes du cœur ont fait périr 494 hommes seulement , tandis que 593 femmes en sont mortes. Cette différence est attribuée eu grande partie , par le conseil de salubrité , à ia fâcheuse pression du corset.

72 LA JEUNE FPxANCE ,

Le squirre a fait périr 419 femmes, et seulement 105 hommes. La gaslrite , l'entérite et l'inflammation du poumon sont , après la phtysie et le catarrhe , les maladies qui ont produit le plus grand nomhre de décès , et cela dans les rapports suivans : gastrite, 840 du sexe mascuHn , 4108 du sexe féminin; entérite \\7\ masculin, 4 i05 féminin. C'est dans la période de trois mois à sept ans que ces maladies ont fait le plus de victimes. A ces maladies pourraient 'être rapportés aussi les décès produits par les convulsions : 664 garçons et 746 filles ont succombé à cette affection , et c'est particulièrement depuis la naissance jusqu'à l'âge de cinq ans que les décès ont eu lieu. L'inflammation du poumon a fait périr 863 individus du sexe mascuUn , et 872 du sexe féminin ; c'est de la naissance à 6 ans et de 43 à 73 ans qu'elle a fait le plus de victimes. L'apoplexie compte 342 décès masculins , et 424 féminins , presque tous de 30 ans à 83 ans ; la péritonite a donné lieu à 409 décès parmi les femmes particulièrement de 20 ans à 53, et à 423 décès seulement parmi les hommes , de 25 à 43 ans. La raison de cette différence dans le nombre des décès des deux sexes , comme dans l'époque de la vie où ils ont lieu , se trouve dans les fonctions dévolues à la maternité, qui dispose les femmes aux inflammations du péritoine.

Les expériences concernant la ijropagation de l'espèce humaine ont démontré qu'il naissait V21 pl"s de garçons que de iilles. Dans plusieurs pays cependant le nombre des femmes est supérieur à celui des hommes. En Saxe , on compte 725,737 femmes , et seulement 678,329 hommes ; de sorte que la proportion entre ces derniers et les premières est comme de 42 à 43.

Depuis quelques années , le nombre des mariages a considérablement diminué en Europe. Susmilch comptait un mariage par an sur 408 à 4 43 personnes; mais, en 4833, on ne pouvait admettre qu'un mariage par an sur 440 à 460 personnes. Toutefois, le nombre relatif des naissances n'a que faiblement décliné; de '/»? [qu'il était, il n'est tombé qu'à '/so.

Il faut compter en Europe 4500 habitans par mille carré ; mais la distribution de la population offre de grands contrastes. Il est des contrées où l'on ne compte pas 70 hommes par mille, il en est d'autres où il s'en trouve plus de 6000. Les ressources propres à l'entretien de l'homme agissent en double sens sur le mouvement de la population : ou elles influent sur la mortalité, ou elles modifient le nombre des naissances. La mortalité augmente ou diminue suivant le degré d'aisance ou de gène des habitans d'un pays. Ainsi, elle n'est que de '/ss dans les quartiers aisés de Paris , tandis qu'elle est de 7*0 dans les quartiers habités par les classes pauvres.

Le nombre d'enfans est plus considérables chez les pauvres que chez les riches. A Paris , les naissances dans les quartiers les plus aisés ne sont que de '/s, > tandis qu'elles s'élèvent à 7^6 dans les quartiers pauvres. En revanche , la pauvreté fait mourir un plus grand nombre d'enfans dans les premières années.

D'après l'accroissement actuel des populations , elles paraissent devoir doubler : en Prusse , dans l'espace de ... • 26 ans.

en Angleterre 42

en Sicile 63

en Autriche 60

en France 4 00

La civilisation influe d'une manière remarquable sur la force de l'homme et la durée de sa vie. Aussi il est constaté que la taille des jeunes gens des classes aisées est supérieure de deux à trois centimètres à celle des jeunes gens des basses classes. Quant à la durée de la vie de l'homme , nous avons montré plus haut qu'elle avait subi lui notable accroissement , dont la cause doit être attribuée aux améliorations hygiéniques , résultat du bienêtre.

Jules FORFELIER.

IMrillMERIt; DE FÉLIX LOCQUIN, ULE N.-U.-DES-VICTOIUES , 46.

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