‹ L'Écho de la jeune France (volume 5)Chapitre 42 sur 129 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Il faut renoncer à rien comprendre à riiistoire, si Ton ne veut considérer l'humanité comme un être réel, vivant la vie que Dieu lui a donnée, dépositaire d'une mission qu'elle est chargée d'accomplir, obligée de marcher dans une voie, ayant ses époques de force et ses momens de faiblesse ; tantôt progressant, tantôt stationnant, quelquefois même rétrogradant comme Tindividu. Comme tous les êtres créés par un Dieu bon, l'humanité a sa vocation de perfection à laquelle elle doit tendre, mais elle a aussi son libre arbitre. Elle aussi a été remise entre les mains de son conseil. Engagée dans la bonne voie elle peut changer brusquement de direction. Et cela explique les révolutions politiques et morales qui s'opèrent dans les sociétés humaines, et qui semblent rejeter l'humanité hors de la voie du progrès. Et réellement cela a lieu pour un temps : mais la force dos choses, ou, pour parler plus exactement, la Providence qui veille sur les destinées sociales, la ramène dans le chemin du perfectionnement qui n'est possible que par l'ordre et la foi.

Cela ainsi conçu, et l'humanité entière étant considérée comme un seul homme, on n'a pas de peine à expliquer comment aux diverses périodes sociales, diverses aptitudes se manifestent en elle. On comprend les chants joyeux, les

(1) Voir aux Annonces.

jouîssances simples, l'enjouement, les fleurs de son printemps. On s'explique comment la poésie, la foi naïve et crédule, les terreurs superstitieuses, l'amour du merveilleux ont partout été le caractère des premiers âges. Puis cet enfant si frais, si innocent, s'éprend tout-à-coup de goûts belliqueux ; les travaux, les fatigues de la guerre ont des attraits pour lui ; le bruit des armes peut seul flatter son oreille : la société n'est plus qu'un vaste camp. JMais quel changement soudain î Ces campagnes engraissées de sang répandu, ces cités où le fer heurtait continuellement le fer, deviennent solitaires ; les déserts ouvrent leurs rochers et leurs abris sauvages à un peuple nouveau, à des hommes qui ne vivent plus que par l'ame. La prière exhalée vers le ciel est la seule langue qui soit entendue dans ces républiques plus parfaites que celle qu'avait rêvée le divin Platon. Et après avoir préparé leur ame par un commerce iutJiie avec Dieu, ces ouvriers se répandent avec ardeur dans le champ des lettres divines et humaines, le fertilisent de leurs sueurs, et dans leurs retraites profondes élèvent de prodigieux monumens de science. Telles sont, quoique bien faiblement décrites, quelques-unes des phases de l'histoire de l'humanité. Océan immense, qui a ses flux et ses reflux connus de Dieu, mais qu'il ne sera pas donné à l'homme de mesurer et de prédire. Ses formidables bouillonnemens effrayent quelquefois les plus hardis ; ses tempêtes font souvent pâlir les plus courageux et les plus expérimentés. Mais celui que la foi éclaire sait qu'il y a là^ sur la rive, un grain de sable, contre lequel viendront se briser ses fureurs.

Maintenant si nous recherchons à quelle période l'humanité est arrivée de nos jours, et quelle est l'aptitude spéciale que Dieu lui a donnée sous le rapport de la science : l'examen attentif du mouvement intellectuel dont nous sommes témoins, nous amènera à croire que notre époque est appelée à analyser, a résumer, à faire des applications. Cette faculté d'analyse, ne nous y trompons pas, n'arrive que lorsque la puissance de production est tarie. Un siècle crée et lègue à celui qui le suit la tâche de coordonner ses créations. Cette distinction du génie créateur et du talent analytique se retrouve dans les individus comme dans les peuples. Le siècle qui sent défaillir en soi la puissance créatrice, s empare de l'analyse. Ainsi l'industriel ^qui désespère de s'enrichir davantage, fait le relevé de ses trésors. Il en fut ainsi du dix-huitième siècle, siècle incrédule, et par son incrédulité condamné à la stérilité. Il succédait à un siècle croyant et créateur. Ne pouvant l'égaler sous ce rapport, il voulut au moins élever un monument grandiose d'analyse, et il commença V Encyclopédie.

Avant d'aller plus loin, remarquons que la destination légitime de l'Encyclopédie, et son seul but convenable furent manques dès le principe. Les philosophes ne voulurent pas faire du Dictionnaire Encyclopédique un résumé de la science antérieure acquise par les travaux du génie éclairé par la foi. Au contraire, ils voulurent s'en servir pour donner un démenti à ce génie et à cette foi ; ils voulurent en faire la Babel de la pensée humaine ; et cette fois encore, comme dans les anciens jours, les langues de ces imprudens ouvriers ontf été confondues. Ce fut bien là évidemment le vice radical de V Encyclopédie, celui qui, à lui seul, a plus contribué à en faire une œuvre détestable, que tous les vices d'exécution si énergiquement peints par Diderot. Car, qui dit Encyclopédie , dit toutes les sciences renfermées dans un cncle. Mais comment façonner ce cercle puissant sans un centre auquel convergent tous les rayons ; sans lafoi^ la vérité,

la pensée de Dieu révélée à riiomine ? Peusce humaine I tu as voulu te iaiic contre : vois les ruines qui se sont amoncelées autour de toi I

Et c'est ce défaut de centre d'unité, cette absence de foi, qui a frappé et continuera de frapper d'impuissance toutes les reproductions de r Encyclopédie du.» dernier siècle, que le nôtre voit paraître sous différentes formes. Jamais l'éclectisme n'a rien fondé: sa nature le condamne à une éternelle stérilité; la foi seule est féconde. Et c'est cette conviction qui repose profondément au dedans de nous, que t Encyclopédie véritable ne peut se faire qu'avec la foi, qui nous a déterminé à entreprendre cette œuvre immense bien disproportionnée à nos forces individuelles^ et même , nous pourrions ajouter, aux forces de tous les hommes, même les plus éminens. Mais comment ne pas prendre courage , quand on peut se dire : je fais l'œuvre de la vérité I

Nous allons maintenant exposer le plan de notre travail. Tout se tient, tout s'enchahie dans la création. Un ordre admirable unit tous les êtres; et l'miiversalité des choses se résume en Dieu dans une vaste unité. Du sein de sa gloire, Dieu contemple au dedans de lui les choses créées, il les voit accomplissant constamment leur mission, sa volonté. Cette harmonie des mondes, que Pythagore avait pressentie, et à laquelle il disait que Dieu était attentif comme à un concert, rend hommage aux perfections divines. Mais hélas I frêles créatures conçues dans l'iniquité, pourquoi élever nos yeux vers cette région sid^hme de l'ordre immuable, de la paix sans fin, condamnées que nous sommes à nous agiter vainement sur cette terre de trouble ! Cette grande lumière qui est en Dieu et qui éclaire toute la création est soustraite à nos yeux malades, et nous sommes condamnés à errer dans ce monde de merveilles, comme im aveugle au milieu d'im palais, qui cherche à assurer sa marche avec son bâton, mais dont l'œil ne contemplera jamais les beautés qui l'environnent. Pourtant , que cette infirmité de notre intelhgence ne nous afflige pas outre mesure. Ne soyons pas inconsolables de ne pouvoir comprendre l'infini, enfaus du néant et de la poussière I L'ordre universel et essentiel des choses nous sera toujours soustrait tant que nous serons de cette terre. Mais Dieu n'a pas voulu nous laisser sans connaissance de son œuvre, et en voilant à nos faibles yeux l'ordre absolu, il nous permet d'entrevoir l'ordre relatif. Jamais nous ne connaîtrons l'essence des choses ; mais il nous est permis , que dis-je ? il nous est prescrit d'étudier sans cesse les rapports des choses avec nous. Là est toute la science : car c'est pour riiomme que tout a été fait. Roi et pontife, selon l'admirable expression de saint Pierre, il est au milieu de la création comme dans son empire, et il offre à Dieu les prières et les supplications de cette nature qui gémit dans l'angoisse ; sublime prérogative de son sacerdoce I

Ainsi tout se rapporte à l'homme. La science n'est autre chose que l'ensemble de ses rapports avec l'universalité des êtres. Or, ces rapi)orts sont au nombre de quatre. 1° Rapports avec Dieu. 2« Rapports avec lui-même. 3" Rapports avec la société. 4« Rapports avec la nature. Dans ces quatre catégories nous renfermons toutes les sciences humaines.

§!'■'. Rapports de l'homme arec Dieu.

Les rapports ^c l'homme avec Dieu sont de deux sortes. Ou il adhère par son

esprit à la vérité révélée de Dieu , ou il fait à Dieu rho.ninagc de ses actions Le premier de ces rapports s appelle la Foi, le second s'appelle le Culte

La foi comprend tous les dogmes renfermés dans la doctrine de l'Écdise catho lique. La science de ces dogmes s'appelle Théologie.

^ Le culte comprend la forme d'adoration que Dieu lui-même a prescrite- il s'appelle Liturgie. '

Dogme et Culte, Théologie et Liturgie, voiU l'ensemble de tous les rapports vrais de l'homme avec Dieu.

Mais l'homme qui a été créé libre peut fausser ces rapports et substituer au vrai dogme, à la saine théologie, un dogme erronné, une théologie infect -e. De là les Théogonies païennes , les Mjlhologies, les systèmes des philosophes, les Hérésies les Schismes, noms divers qui tous n'expriment qu'ime seule chose , la pensée d ' rhomme livrée à elle-même sans règle et sans frein.

Et après avoir faussé les rapports de son intelligence avec Dieu . l'homme ne s'arnitera pas là. Il pervertira aussi le culte légitime , expression de sa foi et il se fera un culte analogue à ses croyances. Les théogonies et les mvthoWies païennes donneront naissance à V Idolâtrie, aux Superstitions , à la Macrie • les systèmes philosophiques et là plupart des hérésies mèneront à V Impiété ou au refus lait à Dieu d'un culte destiné à l'honorer.

Cette partie, la plus importante de toutes, parce qu'elle tient à ce que l'homme a de plus noble, sera traitée dans V Eucyelopcdie avec une grande étendue. Les divers systèmes religieux et philosophiques seront exposés ; leur influence sur la société sera appréciée. INous suivrons la pensée humaine dans les plus aventureuses excursions ; et lui présentant le flambeau de la foi, nous lui montrerons qu'^e s'est égarée toutes les fois qu'elle a négligé de marcher à sa lumière

Il est dans cette partie de la science des travaux récens immenses , que nous ferons passer sous les yeux de nos lecteurs. La Société Asiatique de Calcutta a com mencé à nous faire connaître les théologies et les philosophies de l'Inde • les doctnnes^e Confucius commencent à être connues ; et les sciences dont Héliopol lis était le sanctuaire ne sont plus couvertes d'un mystère impénétrable. D'autre part , les antiquités Etrusques , Italiques et Helléniques , rapprochées des traditions Orientales, s'éclairent mutuellement, et nous font espérer que tôt ou tard le voile qui couvre l'ancien monde et le commencement des choses sera levé Dans cette partie vraiment neuve , V Encyclopédie renfermera des travaux irapor^ tans, qui par leur réunion pourront former l'histoire complète de la pensée.

§ II. Rapports de V homme ai>ec lui-même.

Mais l'homme n'est pas borné à des rapports avec Dieu. L'ascétisme et Fextase ne sont malheureusement pas la vocation exclusive de l'homme. Il a aussi des rapports avec lui-même , avec ses semblables, et avec la nature extérieure àon ame lui a été donnée pour étudier le mystère, et elle est elle-même un mystere incompréhensible , objet d'une science subtile et difficile. Cette science de ame se compose de trois parties. La première a rapport à la connaissance de essence de 1 ame, et s'appelle Pneumatologie ou Psycologie. La seconde traite des moyens de diriger ses opérations et de former son jugement ; elle s'appelle Logique on Dialectique. La troisième règle sa conduite, traite des devoirs, des vertus et des vices , et s'appelle Morale ou Étique.

Si riioinine était uiie puie intelligence, là se bornerait l'étude de sou être ; mais l'homme est un être composé. Il est intelligence , mais inieUigence sentie par des organes, selon la belle définition de M. Bonald. De cette connexion naissent des rapports de l'ame avec ses organes , et la première science , c'est celle de leur union , d'où résulte la vie, c'est l'objet de la Physiologie. Déplus, l'intelligence étant chargée d'un corps , a des devoirs à remplir envers lui ; elle doit veiller à sa conservation par Y Hygiène; connaître ses maladies et les guérir : double objet de la Pathologie et de la T/iérapeutique. IMais pour bien régir ce corps, elle doit connaître sa structure ; de là \Anatomie,

Observons ici, avant d'aller plus loin , qu'à chacune de ces divisions des sciences se rattache un ordre de vertus à pratiquer, de vices à corriger. La morale n'est pas une partie isolée de la science de l'homme, elle est l'esprit de vie qui doit pénétrer toute chose. Il y a plus : elle est le seul et vrai but de la création : la science n'est qu'un moyen. Disons-le donc avec la sage antiquité : O toi qui veux pénétrer dans le temple de la science, et qui aspires à soulever u^ coin du triple voile qui couvre la mystérieuse Isis , la nature : purifie ton cœur, rectifie tes voies , et rends-toi digne du commerce que tu aspires à her avec l'auteur des choses.

§ III. Rapports de l'homme a^ec la société.

La société fut instituée dès le principe. Loin donc de s'être élevé peu à peu , d'un prétendu état de pure nature, à l'état social, l'homme n'eut pu naître et se conserver hors de la société. Ses facultés ne peuvent s'exercer hors de la société ; sa faiblesse même, comparée à la force individuelle des animaux, est une nouvelle preuve de cette vérité , que c'est à l'mtelligence unie à l'inteUigence qu'appartient le sceptre du monde.

Or, la société repose sur trois bases principales : 1° sur le droit qui fait régner la justice et réprime l'injustice : c'est l'objet de la Jurisprudence, qui se divise en Droit public. Droit des gens, Droit cii^il et criminel, selon ses diverses applications, et àl'aquelle se rattache V Économie politique; 2° elle repose encore sur l'échange des produits, par le Commerce et Yix Navigation ; 3" enfin , sur la communication des pensées. Cette dernière partie contient elle-même trois subdivisions relatives aux moyens de communication , qui sont: la parole, de là les Langues: les sons, dont la science s'appelle Musique, le dessin qui se compose de la Graç^ure, de\tiPeinture,àe \^Sculpture,deVArchitecture,àeV Écriture et de VImprimerie. Ces deux derniers articles qui par leurs procédés appartiennent aux arts du dessm , rentreraient plus logiquement dans la catégorie des langues et de la parole, qu'ds sont employés à fixer. Par l'écriture, et surtout par l'imprimerie, l'homme étend sa vie danstous les sens, il écoute le passé elparleà l'avenir. L'imperfection de ses organes semblait condamner l'homme à ne vivre que peu de jours , à n'exercer d'action que sur un petit nombre de personnes , à n'avoir que des communications fugitives et restreintes. Mais l'écriture a fixé la parole et lui a donné un corps impérissable. Maintenant que la loi de mort portée contre toute la nature humaine s'accomplisse , qu'elle frappe cette tête qui fut le temple du génie ; ses coups n'atteindront quela plus vile partie de l'homme : son ame, sa pensée subsisteront. Ainsi c'est à l'écriture que nous devons V Histoire, qui nous met en rapport avec ceux qui ne sont plus. Elle est littéraire , quand elle se consacie à retracer la

marche de la pensée humaine. EWc est sacrée et ecclésiastique ^ quand elle suit le développement de la pensée religieuse. Elle est archéologique , cpiand elle raconte la vie des peuples par les monumens qu'ils ont laissés de leur passar^c sur la terre. Elle s'appelle Biographie, quand elle se contente de dire les actions d'un seul personnage , et Chronologie , quand elle se borne à fixer les temps et les époques.

De nos jours , l'histoire a acquis une importance immense à cause des découvertes qui ont été faites , surtout en ce qui touche aux origines des peuples. Bien des systèmes ont été hasardés , tendant à donner la formule historique. La saine critique fera la part des illusions de l'esprit et des découvertes réelles.

§ IV. Des rapports de l'homme a^ec la nature.

Cette dernière catégorie qui renferme la science de la nature , a été dans ces derniers siècles étudiée avec un grand succès. Ici la supériorité de notre temps sur les temps anciens est incontestable. Crédule et naïve , l'antiquité avait vu la nature comme un enfant la voit par une belle matinée de printemps ; sa science n'était que de l'admiration , ses études se formulaient en hymnes. De nos jours au contraire , les divers phénomènes de la création ont été approfondis et analysés. Il suffit de nommer les Linnée , les Lavoisier, les Fourcroy, les Bertholet , les Ciivier , les Geoffroi-Saint-Hilaire pour rappeler les plus beaux résultats de l'étude moderne.

Et , chose admirable I à mesure que la science a été plus approfondie , on à vu s'évanouir les difficultés élevées par le demi-savoir contre la religion ; de sorte que la science naturelle est de nos jours de toutes les sciences la moins hostile au christianisme.

L'objet de la science naturelle est la connaissance des corps et de leurs propriétés. De là , dans cette science trois parties ; la première , qui traite des propriétés générales des corps ; la seconde, qui traite de l'essence constitutive de chacun d'eux et de leurs phénomènes généraux; la troisième, qui examine la nature particulière des diverses modifications delà matière , et les lois qui les régissent.

La première de ces parties se compose des Mathématiques, à savoir de V arithmétique, de Y Algèbre et du Calcul différentiel et intégral, qui traitent des nombres ; de la Géométrie et de la Trigonométrie, qui traitent de l'étendue, et de la Mécanique, qui traite des forces ou puissances.

La seconde partie renferme la Chimie, qui analyse les corps et fait connaître leurs élémens , et la Physique, qui traite des phénomènes généraux de la nature, tels que le Magnétisme , l'Electricité , le Calorique, la Lumière , etc.

La troisième partie, qui a retenu le nom d'//ii'foirewaf?frc//e, fait connaître la nature particulière de chacune des modifications de la matière qui remplissent l'univers, et les lois en vertu desquelles elles existent. L'ordre logique exige que l'on commence cette étude par les êtres qui paraissent le plus étrangers à toute organisation ; et qu'on s'élève graduellement jusqu'à ceux qui , doués de vie , offrent le plus de ressemblance avec cette portion de matière qui a été associée à notre intelligence pour la mettre en rapport avec le monde des corps.

Et d'abord , se présente V Astronomie, qui nous fait connaître ces corps placés à des distances incalculables, au-dessus de nos tètes, et dontrinflucnce est pourtant si immédiate sur tous les objets de la création. Ensuite vient la Mctéorologic, qui

jious fait connaître cette enveloppe gazeuse qui entoure notre globe , et que nous appelons atmosphère. L' Hydrologie traite des eaux, la Géologie explique la terre et ses couches constitutives , la Géographie nous décrit sa surface extérieure, et la Minéralogie enscign: la nature des corps qu'elle renferme dans son sein.

Ici se trouve un commencement d'organisation qui devient plus sensible quand l'on passe au règne végétal, objet de la Botanique et de V A griculture qui est une sorte de botanique pratique. La transition du règne végétal au règne animal est marquée par les Zoophytes, puis dans le règne animal, les Crustacés^ les Insectes^ les Mollusques, les Poissons, les Oiseaux, les Reptiles, enfin les Mammifères, qui couronnent l'échelle de l'organisation. C'est à la fin de l'étude de tous les êtres organises que trouve sa place VAnatomie comparée créée par le génie de Cuvier.

Enfin l'honDiic, après avoir connu la nature , la force à servir à ses besoins ; de la les Arts et les Métiers, qui i^rennent différens noms suivant les diverses matières qu'ils mettent en usage, ou suivant la manière dont ils procèdent.

Tel est le système complet de toutes les sciences humaines, bien préférable à tous égards à l'obscur et irrationnel tableau, que d'Alembert a mis en tête du Dictionnaire encyclopédique. Et nous ne craignons pas de donner cet éloge à ce que 1 on a pu regarder comme notre travail. Ce système n'est pas de nous , nous en sommes redevables à la précieuse bienveillance du savant et modeste auteur de / Homme connu par la réç^élation, M. l'abbé Frère. Les changpmens que nous y avons faits sont peu nombreux et de peu d'importance : c'est un bonheur pour nous de pouvoir consigner, en tête de notre Encyclopédie, ce témoignage de notre profonde estime pour un prêtre dont la science honore l'Eglise, et qui, lui aussi, a tressailli de joie à l'annonce de notre oeuvre. Mouttet.

SYSTEAIE DES COAIVAISSAACES IIUMALXES

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