‹ L'Écho de la jeune France (volume 5)Chapitre 52 sur 129 · SCIENCES NATURELLES · texte numérisé non relu

SCIENCES NATURELLES

Mai. — Une série de cônes volcaniques, couverts de cendres, a été découverte par M. Saint-John dans la Basse-Nubie, au fond du désert, à trois lieues de Dakké, sur le ÎNil;puis, sur la rive orientale , dans la vallée d'Enfer, près d'Abusambol, il a encore trouvé une coulée de la^>e enclavée dans un terrain de grès, qui renferme, en outre, des bois fossiles. — A huit lieues de Saint- Jean-Pied-de-Port , dans les Basses-Pyrénées, il s'est ouvert, au milieu d'un champ, un gouffre de deux cents pieds de circonférence, sur trente de profondeur.

Jlin. — M. Pujades d'Arles a été témoin d'accidens occasionnés par les ejfeis délétères d£ s feuilles du Rtdoul sur les bêles à laine et sur les chèvres. — Vies voyageurs ont annoncé, dans une lettre arrivée de New-York, en juin, la chute de la table de Roche sur laquelle on pouvait s'avancer pour observer le saut du Niagara; déjà , il y a deux ans, la moitié de cette roche avait été emportée. — On a beaucoup parlé du blé, froment de soixante-dix jours : il paraît que les essais fait sur ce blé ont parfaitement réussi dans les départemens du Nord. Si cette céréale nouvelle s'acclimate, on pourra jouir sur un même champ de deux ou trois récolles annuelles, puisqu'il vient, dil-oa, aussi bien dans toutes les s.iisons. — Depuis quelque temps, on manquait au muséum d'histoire naturelle de paire de plusieurs animaux ; pour remplir en partie ce viJc, M. Dussumier, négociant de 6ordeaux, lui a adressé vivans et bien portans le dziguetai ou humionne, cheval sauvage de l'Asie centrale, que l'on n'avait jamais possédé en France, un ours jongleur, un sanglier de l'Inde, un mouton de race pure asiatique, un cerf des A\is, et plusieurs singes.

VOYAGES ET ARCHEOLOGIE.

Le capitaine Pctter Dillon, auquel on doit les premières notions sur le li.u oli Lapcyrouse avait du faire naufrage, a annoncé, dans une Ultrc datée du port Sidney, dans la Nouvelle-Galle du Sud, qu'on lui a donné un instrument d'un usage inconnu, venant de l'île de Maniculo ou de Vanikoro de M. dUrville, et ayant appartenu à l'un des bàtimens de Lapcyrouse : le capitaine Dillon ajoute, en outre, qu'il sait où bientôt il pourra retrouver un vieux Chinois qui se trouvait sur l'un de ces bAtimens à l'instant de leur nau

frage. — Hanneger, architecte, professeur d'archéologie, et résidant actuellement à Tunis, annonce que, par suite d'inscriptions latines qu'il a découvertes, il a reconnu l'ancienne Tcmisa, sous la petite ville de Thémuhka, à trois cents milles de Tunis. — Le savant professeur prussien Zahn vient d'écrire que les fouilles de Fompe'i, oii il se trouve actuellement, ont fourni des découvertes précieuses : ainsi, dans une maison de peu d'apparence, située dans la Strada di Mercurio, en face de celle de Méléagre, on a trouvé quatorze vases, enrichis de bas-reliefs et de riches fresques, parmi lesquelles surtout était unEudymion et un Narcisse de la plus grande beauté. — On a découvert à Cuzac, près Narbonne, une figure de Fénus en brome, très bien conservée, et semblable à la Vénus de Médicis, si ce n'est qu'elle porte sur la tète un diadème. — Une assez grande quantité de deniers et demi-deniers d'argent des XII« et XIII^ siècles ont été trouvés dans un vase en terre enfoui dans un champ de Chap-des-Beaufort, département du Puy-de-Dôme. — On a également découvert, à Saint-Germain-Laprades, près Le Puy, environ huit cents médailles romaines, formant la série de cinquante-un ans, depuis l'année 284 jusqu'à 337. —Enfin, trois squelettes humains de taille gigantesque ont été trouvés, à quatre ou cinq pieds de profondeur, dans les fonderaens d'une maison de Ferrière-la-Grande, département du Nord ; le long de la cuisse de l'un d'eux était une longue épée à deux tranchans, longue de cinq pieds six pouces. On a aussi trouvé, dans le même endroit, une hache, un coutelas ou poignard , une dague triangulaire et une lance assez étroite; objets que l'observateur d'Avesne attribue à quelque chef romain, et qui paraissent avoir plutôt appartenu à quelques-uns de ces guerriers à force herculéenne, qu'on voyait en France se servir de ce genre d'épée , du YII'^ au XI"^ siècle.

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