MÉLANGES POLITIQUES ET LITTÉRAIRES. — CAUSERIES. — REVELATIONS
Depuis quinze jours, qu'est-ce qui a occupé les salons de Paris, si toutefois il y a encore des salons ouverts à Paris? car en cette saison de l'année, tout le monde est aux champs ou veut par bon ion avoir l'air d'y être.
En repassant dans notre pensée les bruits vagues que nous avons entendus , nous nous souvenons d'abord de la stupeur quia suivi la promulgation de la loi sur la presse, et comme on ne pouvait plus tout écrire^ on se permettait, quand on était bien assuré d'être entre soi , de tout dire , de dire tout ce l'on pensait des lois nouvelles.
Le Réformateur j lui, ne s'est pas contenté déparier^ il a e'crit^ et un jugement prononcé contre lui a prouvé qu'il fallait trouver la nouvelle loi, bonne, large et pleine de berlé : nous ne dirons donc pas le contraire.
Ensuite on s'est un peu occupé des nouveaux ambassadeurs; on a dit que si le ministère avait jeté une couronne d'épines à la presse, il venait de distribuer des couronnes de roses à ses amis , et l'on nous a montré M. de Barante coiffé de ce chaperon de fleurs partant pour St-Pétersbourg.... D'autres personnes qui se croient bien informées prétendent que le nouvel ambassadeur ne partira pas immédiatement pour la Russie; que sa nomination n'est qu'une promotion de forme, et que l'ami de 31. Guizot ne se mettra eu route pour St-Pétersbourg que lorsque le comte de Palhen montera en voiture pour venir à Paris, ce qui pourrait bien tarder. Dans certains salons on est triste , c'est de n'avoir pas un représentant à Kalish ; deinièrement un jeune homme qui s'ennuie et que l'on voulait distraire par un camp et des manœuvres , s'est écrié en bâillant et en tendant les bras... Eh bien! oui, un camp ! des manœuvres! ce serait beau auprès du camp et des manœuvres de là bas !
Ce jeune homme avait raison, qu'aurait-on pu lui donner pour l'amuser, 20 ou .30,000 hommes tout au plus, et qu'aurait-ce été auprès de ce grand camp du nord , où des armées ressemblant à des nations de soldats se meuvent toutes entières, marchent, défilent devant un état-major d'empereurs et de rois : armées qui ont encore des idées d'amour et de respect pour les princes, et des croyances religeuses ; armées qui tombent à genoux tous les «oirs dans l'immensité de leur camp, pour adorer avec leurs chefs couronnés le Dieu des rois et des empereurs.
Des voyageurs arrivés de Kalish assurent que rien n'est beau comme cette prière du soir, annoncée non par les cloches , mais par une puissante salve de canons , et continuée aux sons d'une grande et suave harmonie.... Tous ces peuples armés prosternés, priant ensemble ; tous les drapeaux , tous les étendards , tous les guidons , toutes les bannières s'inclinant devant la croix et s'agitant à la brise de la nuit... Toutes ces choses prouvent qu'il y a encore de la religion quelque part ; là où elle se trouve, la poésie et les nobles émotions ce peuvent manquer.
Si l'on prie au nord on se tue dans le midi ; si de suaves harmonies se font entendre au camp de Kalish, des cris de désespoir, des cris d'enfans , de femmes, de vieillards, de moines, de prêtres que l'on massacre , retentissent haut en Espagne....
A Kalish , des régimens entiers font les uns contre les autres des charges de cavalerie comme chez Franconi : là les armes brillent, mais le sang ne coule pas. En Espagne , le sang ne cesse de rougir le pavé des villes et le sol des champs.
Il est bien à ceux qui ont la puissance , de reconnaître une puissance au-dessus de k leur ; il est bien aux rois et aux empereurs de s'agenouiller et de prier ensemble, mais est'il bieB à eux de laisser une poble et vaillrnte natioa comme J'Espagne, s'entre-déçMpôp, g'eatpe-tuec, qu4a4 ua miot de leur bouche , uo geste ds leur main pourraieî^l
Don Carlos ne compte pas sur le secours étranger, et il a raison. Lui , roi très-catholique, met son année sous la protection de la Yierse Marie ; l'étendart qui porte l'image de la Vierge des douleurs , vraie patronne des rois d'aujourd'hui , a fait rire tous nos esprits forts de France : à eux permis ! ces gens-là auraient ri de même de l'oriflamme que nos pères allaient prendre à Saint-Denis , et du drapeau de Jeanne d'Arc qui délivrait la France !
Après avoir parlé des grandes scènes poétiques du noïd et des scènes sanglantes de l'Espagne , après avoir dit quelques mots des Anglais battus par les carlistes et le colonel Evans fuyant devant Charles V, les Parisiens se sont un peu occupés de la nouvelle four» née de Pairs , mais ce qu'on en a dit n'a pas eu de lendemain. Là où il n'y a rien , la parole perd son droit.
On assure que tous les nouveaux élus k la pairie siégeront au procès de Fieschi : c'est dans l'ordre, il faut qu'ils gagnent leurs manteaux hermines et qu'ils fassent un peu de repos aux pairs qui ont siégé dans le procès monstre. Au Luxembourg comme ailleurs, à chacun sa part de peine- La semaine dernière , M. Gisquet est un peu sorti de son guignon ; le fameux M. Pépin a été retrouvé , et si l'on en croit les rumeurs du parquet , cette réarrestation est de la plus haute importance.
Ce qui a encore signalé l'autre semaine , c'est l'acquittement du loyal vicomte de Conny. M. Plougoulm ordinairement se signale par sa violence et son emportement; dernièrement il a fait preuve de finesse et d'adresse , M. Plougoulm a été embrassé par M. Persil.
M. Thicrs s'arrache assez souvent aux délices de sa villa Orsini pour venir causer ^\cc le corse Fieschi ; celui-ci disait avant-hier à un de ses gardiens : J'aime bien mieux m' entretenir avec le baron Fasquier; maigre sa longue gaucherie ^ il a les manières ci un homme comme il faut , mais le petit ministre ressemble trop à Monsieur son père, je n'ai aucune confiance en lui.
]\o«s avons dit que M. Gisquet était enfin sorti de sa veine de malheur ; nous voudrions pouvoir annoncer qu'il est également sorti de sou indiOférence pour les choses saintes. Grâces à ses agents, les étalages des marchands de gravures ne montrent plus de ces portraits que l'on aimait à regarder comme on aime à contempler la vertu, la force et l'innocence; ni de ces caricatures qui parfois faisaient rire. Le zèle de M. Gisquet s'est arrêté là ; il a déjà à\{ respect à Louis-Philippe , iln'a pas encore dit respect à Dieu. Ainsi , gravures impies , images indécentes se voient à tout coin de rue. Qu'est-ce que cela fait aux gens de la police , est-ce que la religion et la morale sont de leur ressort?
Eh non sans doute , Dieu n'est pas plus là que dans le code , cl pourquoi la police ne serait-elle pas athée comme la loi?
Dans la Grande Bretagne , O'Connel fait ce que faisait M. de la Fayette un an avant la révolution de 1830, il s'en va récoltant les mécontentemens pour les] jeter à la tète du gouvcrncmcnl établi. Le Journal des Débats s'effraie assez de cette tournée du démocrate irlandais, et dans les hôtels ministériels on en parle beaucoup depuis quelques jours.
Le dernier événement qui ait le plus occupé Paris , c'est la mort du célèbre compositeur Bellini ; encore une belle lyre de brisée ! Ce jeune homme vient de succomber à 29 ans à une maladie aiguë; son grand et beau talent ne manquera pas de louanges, mais sur une tombe il y a quelque chose de mieux à redire , de plus consolant à écouter que des éloges donnés au talent. C'est une parole qui révèle une vertu, une bonne action ; les talents, les morts ne les emportent pas dans l'autre monde , tandis qu'ils y passent avec leurs vertus.... C'est donc les vertus qu'il faut citer pour rassurer les amis qui restent.
Bellini était fils excellent , tendre et respectueux. Dès son bas âge , il aidait sa mère..... Sa mère qui lui survit, et qui n'avait d'existence qiîc celle que lui assurait la tendresse filiale.
Nos artistes vont rendre à la mémoire du grand compositeur d'éclatans hommages; service funèbre, splendide, statue par Dantan , apothéose à l'Opéra , rien ne lui manquera; ïnais le pain manquera peut-être à sa mère. Y»* Walsh.
Il n'est pas un de ces pouvoirs qui ont passé cependant si rapidement sur notre pays, la convention, le directoire, l'empire, qui n'ait su lui donner ces deux grandes cho' SCS pour lesquelles surtout se passionnent les peuples, la gloire et la liberté. Pendant qu'elle nous opprimait au-dedans, la république marchait au-dcliors à la conquùtc delà Hollande et de l'Italie; l'empire nous donnait, lui , pour nos libertés qu'il foulait aux pieds, des compensations plus riches encore.
C'est par souvenir sans doute de ce respect qu'on avait toujours gardé pour elle, qu'à peine les trois lois doctrinaires avaient-elles paru enregistrées au bulletin des lois, la France s'est tournée vers ses frontières , et que, laissant la pairie s'aller reposer des fatigues de ses votes au pas de course , la majorité du Palais-Bourbon régler ses comptes avec le ministère, elle a semblé se demander ce que devenaient les révolutions à Tentour d'elle et de quel CJté la gloire pourrait lui venir... Suivons donc la tendance qui s'est fait jour dans la presse pendant les trois dernières semaines qui viennent de s'écouler, efforçonsnous de jeter un coup d'œil rapide sur l'Europe , telle que cinq années d'agitations nous l'ont faite.
Vous connaissez cette ballade si fortement empreinte des couleurs de la poésie germanique, cette ballade qui nous montre un chevalier tout bardé de fer, emportant par une nuit sombre au travers de pays inconnus Lénore, sa fiancée infidèle, placée derrière lui sur la croupe de son coursier noirj et tous trois franchissant les plaines et les montagnes avec une effrayante rapidité; et Lénore tremblante de demander : « oii allons nous M, et le chevalier de lui répondre toujours : '■' les morts vont vite, les morts vont vite, » jusqu'à ce qu'enfin tous trois s'aillent perdre sous la pierre d'un tombeau.
Ainsi font les révolutions pour les peuples qui se laissent emporter par elles, et pour qui veut les suivre par la pensée dans leurs mouvements impétueux. Croiriez-vous qu'il y a cinq années à peine, cette Europe, si profondément remuée au midi, et dans les trois royaumes que la mer sépare du continent, que cette] Europe qui vers le nord s'assemble en congrès et s'entoure de bayonnettes , vivait calme et heureuse, attentive à la voix de ses poètes et de ses orateurs , se renvoyant de l'Angleterre à la France et de la France à rAUemagne, les noms de Byron , de Chateaubriand et de Goethe, agitée seulement de temps à autre par quelques dissentimens que lui avaient légués les guerres de l'empire ?
Comme la Franco surtout était prospère et se faisait puissante ! comme elle avait foi dans les hommes et dans les institutions ! comme elle savait dans l'espace de vingt jours venger un affront et s'assurer une conquête !
Mais voici qu'une révolution vient d'éclater en France ; après la France, c'est la Belgique qui s'émeut ; bientôt c'est la malheureuse Pologne qui va se jeter tète baissée contre les innombrables bataillons de l'empire moscowile : toute couverte du sang de la Pologne , la révolution marchera cependant vers le Portugal , traînant à sa suite des bandes de mercenaires , elle se précipitera sur l'Espagne , tenant à la main le testament d'un roi. Et maintenant voyez l'orage révolutionnaire qui va fondre sur l'Angleterre ; entendez le gronder dans la voix d'O'Gonnell. Quelle rapidité fatale: et partout oii les révolutions s'arrêtent, que de ruines, de sang, de désastres I comme les lois sociales s'ébranlent , comme le dégoût s'empare de l'humanité j ce n'est pas seulement dans leur marche à travers l'Europe que les révolutions vont vite : elles vont vite aussi dans le mouvement qu'elles impriment aux peuples, vers l'anarchie, vers le despotisme, vers leur décadence qui peuvent apparaître au terme de la course comme le tombeau de la ballade allemande.
Mais c'est sur l'Espagne et sur l'Angleterre qu'il faut surtout fixer notre attention : il y a là une révolution qui finit ; ici au contraire une révolution qui commence.
En Espagne , on n'avait pas compris que porter atteinte, pour une ambition de femme, aux lois fondamentales du pays, c'était compromettre ses destinées : on n'avait pas compris que l'usurpation était un fondement aussi peu solide pour un trône que pour (\C3 institutions républicaines: on n'avait pas compris enfin que pour résisier au lor eut, c'était mal débuter que de se laisser entnùner par ses flots. Eucoiuvg.'e par l'origine du gou-
vernement et par ses actes, la révolution en est venue k lever plus haut la tête ; elle a massacré des capitaines-généraux , pillé des couvents, organisé des juntes qui n'ont pas tardé à envahir toute l'Espagne de Christine : c'est en vain que la quasi-légitimité espagnole s'est efforcée de dissoudre ces assemblées en les proclamant illégales et usurpatrices au nom de son usurpation ; les juntes sont demeurées inébranlables. Peu inporte aussi que M. Mendizabal arrive de Londres pour s'user à une œuvre impossible, comme ont déjà fait Zéa et Torreno. Divisée en lambeaux par ses gouvernemens révolutionnaires, qui les uns demandent la constitution de 1812 , les autres les Gortès de 1823 ; dominée à Madrid par un pouvoir sans force morale, l'Espagne verrait s'anéantir dans ces convulsions l'unité que lui a donnée le principe monarchique, si la glorieuse épée de Charles V, qui naguère remportait en deux jours les deux victoires de Saint Sebastien et de Los Arcos, si la glorieuse épée de Charles V ne s'empressait pas de l'arracher aux mains tremblantes de Christine, comme aux mains sanglantes de la révolution.
En Angleterre aussi, la révolution semble disposée à marcher à grands pas : il y a trois semaines, la chambre des lords et la chambre des communes paraissaient s'unir dans une grande transaction législative : aujourd'hui, voyez les populations de Manchester, d'Edimbourg, de Glascow, qui s'empressent sur les pas d'O' Connell : écoutez ses harangues qui retentissent dans de tumultueux banquets ; c'est la première fois que l'antique aristocratie anglaise se voit attaquée de front par la démocratie. Mais, disons-le en passant, c'est justice après tout que cette crise qui commence pour la chambre des lords ; ces fiers gouvernans de la Grande-Bretagne n'ont-ils pas donné à l'Europe l'exemple des révolutions religieuses et politiques ? n'ont-ils pas passé un demi-siècle de leur histoire suscitant des agitations à toutes les nations européennes pour s'enrichir de leurs dépouilles? Naguère encore, le ministère qui s'appelait conservateur, n'envoyait-il pas des armes à l'usurpation espagnole ?
C'est justice, répétons-le, que la révolution traverse les mers pour menacer ces lords de l'Angleterre, et pour leur apprendre que toutes choses se lient dans la destinée des gouvernemens , et qu'il ne leur est pas plus donné de maintenir l'ordre à l'intérieur en fomentant des agitations au-dehors, qu'il ne leur est donné non plus de dompter les révolutions après qu'ils ont courbé la tête sous leurs lois. Qu'on parle donc de manières diverses de l'éloquence d'O'Connell, des invectives qu'il prodigue à la pairie : pour nous le tribun de l'Irlande se grandit de tous les souvenirs historiques auxquels nous semble remonter sa mission de destruction. Nous croyons voir derrière avec lui ces échafauds d'Henri VIII que l'aristocratie anglaise laissa s'élever, les deux billots sur lesquels roulèrent plus tard deux tctes royales ; nous croyons voir derrière lui l'ombre sanglante de la reine Marie et la pâle figure de Charles-Stuart ; et n'est-il pas utile que les pouvoirs et les peuples sachent bien que les droits de la providence contre les crimes sont imprescriptibles, et qu'à des siècles de distance elle sait leur désigner des vengeurs.
Mais pendant que les choses vont ainsi pour l'Espagne, pour l'Angleterre, qu'advenaitil de ces nations du nord de l'Europe, qui opposent à tant de désastres et d'agitations l'imposant spectacle de leur congrès. La Prusse fortifiait son industrie par un système de douanes rigoureux , qui pour les commerces de France et d'Angleterre est comme une sorte de déclaration de guerre. L'Autriche se laissait vivre doucement sous le sceptre paternel de ses empereurs. La Russie s'avançait sur cette route de Constanlinople que lui a montrée Catherine : le sultan ne rend-il pas presque foi et hommage au czar? Le Bosphore n'est-il pas devenu un lac russe, oti les vaisseaux français obtiennent la permission de pénétrer sous la condition qu'ils n'en useront pas? Si Méhémet-Ali présente au sultan le rapport sur l'état de son gouvernement, s'il consent même à payer le tribut qu'il a longtemps refusé , c'est qu'aux armées de l'Egypte a succédé la redoutable protection de la Russie ; c'est que les soldats russes ont remplacé les janissaires dans la garde du sérail ; el comment ne pas faire ici un triste retour sur le rôle qu'a joué notre gouvernement danij \Q\}\c^ cfis jrraveg çircopetanoçs?
En d'autres temps, nous qui imposions surtout à la Turquie par les souvenirs des croisades , par la place qu'avait tenue noire drapeau dans ces nobles guerres , en d'autres temps nous aurions pu saisir ou partager du moins avec la Russie cette grande mission de pacification et de prépondérance dans l'Orient.
Or, bien loin qu'il ait pu prétendre à d'aussi lointaines entreprises, le ministère doctrinaire ne peut même pas au-delà des Pyrénées soutenir le trône de Christine qui s'écroule entre les juntes , et les succès des armées de Charles V. Récemment encore, ne disait-on pas, non dans quelque réunion du congrès de Kalisch , mais dans la chambre des communes d'Angleterre , que le gouvernement britannique, cet allié fidèle des doctrin^iires, ne voudrait pas soufifrir qu'un soldat français mît le pied sur le sol espagnol?
Il est facile d'apercevoir que le traite de la quadruple alliance est déchiré à la fois par les victoires de Charles V et par l'audace des exaltados, par l'impuissance du ministère français et par l'insatiable et mesquine ambition de l'Angleterre. L'Anglelerre'.n'a songe qu'à s'inféoder l'Espagne comme elle a déjà fait du Portugal, qu'à s'assurer, en dernier lieu, en jetant M. de Mendizabal au ministère , une triste influence sur les derniers restes du gouvernement de Christine. Aussi remarquez quelle attitude nous essayons de prendre vis-à-vis des gouvernemens du IS'ord : M. Bresson, l'ambassadeur de France en Prusse, va profiter, dit-on, pour se rendre au congrès, d'un usage qui autorise tout ambassadeur à suivre le souverain près duquel il est accrédite. Il s'avancera noblement vers Tœplitz dans les bagages du monarque prussien ; et cette fois, du moins, ce sera aux portes mêmes du congrès que la France de Louis XIY et de l'empire, la France d'Alger, la France qui donnait jadis l'impulsion à toute celle masse européenne, ce sera, disons-nous, aux portes du congrès que le gouvernement de la France pourra venir entendre ce qui se délibérera dans son sein. *
Que si maintenant vous nous demandiez, en terminant, quels résultats peuvent surgir de cette réunion de souverains qui se prépare à Tœplitz, nous répondrions que les délibérations du congrès nous importent peu : près des enseignemens que la Providence sait donner aux nations, que viendraient faire les décisions des hommes! Jetez les yeux sur l'Europe, et vous verrez le repos et la gloire là seulement où la révolution n'a pas su pénétrer ; jetez les yeux sur la France, et dites-nous de quel côté la gloire lui arrive pour compenser les rigoureuses exigencesde la domination doctrinaire. J.
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