MALADIES SOCIALES
OU
CAUSES DES PROGRES DE L ESPRIT RÉVOLUTIOXXAIRE E\ EUROPE, ET MOYE\S DE LES ARRÊTER.
Nota. La Jeu'i}e France ne saurait être trop fîère des résultats du dernier concours. Si la queslion proposée était g:rande et difficile, en revanclie les concurrens ont été nombreux et forts. On ne saurait croire le nombre de belles paîes que nous avons reçues et que nous avons admirées en regretlanl de ne pouvoir les couronner. Nous avons enire autres un nvtrceau qui est certainement l'œuvre d'un homme de génie (I) ; le génie éclate à chaque ligne , et bien certainement c'est celui-là que nous aurions couronné si nous faisions un journal de luxe et une œuvre de vanité ; mais nous nous somirics souvenus que ceci était une œuvre d'utilité publique , et non pas d'amour propre personnel ; une œuvre d'enseignement, et non pas un ouvrage de plaisir. Nous avons donc préféré le raisonnement à l'éloquence, et le simple bon sens d'un homme qui sait écrire, aux plus hardis mouvemens d'une haute pensée ; nous avons donné la preférejicc à l'auteur du morceau qu'on va lire. Il était impossible de mieux entrer dans nos vues, de mieux comprend e notre pensée , tt tle trouver, du moins à notre sens, des remèiies plu> efficaces contre les miux de noire époque. Mais c'est surtout quand l'auteur parie de la presse , quand il désii^jie la presse comme la grande rai«<on de tout bien et de tout mal, quand il ap[»elle l'attention publique contre cette arme trancharite qui blesse lorsqii'elle ne protège pas, que nous nous sommes sentis entraînés vers lui de toute la force de nos symp.ithies. Au reste, il n'a fait que prouver la nécessité de ipetlre à exécution le grand projet que nous avons sur le gouvernement de la presse, et dont cet article devait être le préambule.
Au Rédacteur de la Jeune France.
3I0NSIELR ,
Vous avez adressé une (grande question aux jeunes intelligences de la France , quand vous les avez invitées à chercher avec vous les causes clés prog^rès de l'esprit révolutionnaire, et par conséquent, le remède à cette redoutable maladie. Moi qui ne suis pas encore un écrivain, moi qui suis un homme jeune et pourtant un homme de sang-iVoid, permettez-moi d'entrer dans le concours que vous avez ouvert. Que sait-on? J'ai peut-être d'autant plus de chances à arriver le pi'emicr au but que je serai arrivé le dernier au concours; d'autaiit plus que je suis armé a la légère et déjjagfé de tout le pesant ba{ja{]e des grandes phrases, des redondantes périodes, des brillantes antithèses dont on ne manquera pas de vous gratifier î
Pour entrer dans votre question aussi avant qu'on y peut entier, il me semble qu'il est utile de bien définir la société actuelle, ou plutôt de la diviser en deux catégories bien distinctes, les pauvres et les riches, ceux qui ont etceuxqui n'ont rien,
(1) Cet article a pour signature : traasfixus, sed non mortlis.