‹ L'Écho de la jeune FranceChapitre 68 sur 120 · EXPLICATION DEVENUE NECESSAIRE · texte numérisé non relu

EXPLICATION DEVENUE NECESSAIRE

Uentreprise de Ja Jeune France n'est pas exploitée par une compagnie de spéculateurs ; j'en avais eu la première idée , et je rédigeai un projet que je soumis aux hommes illustres dont les noms ont été imprimés dans l'Echo de la Jeune France. Non-seulement ces Messieurs l'approuvèrent à i'unanimilé, mais ils m'offrirent d'en favoriser l'exécution par des secours de toute nature et par leur protection. Je ne demandai que la protection de ces 3Ies?ieurs, leurs conseils, et les articles qu'il leur plairait de faire insérer dans les publications de la Jeune France. Quant aux fonds, il n'était pas dans mes habitudes de spéculer avec l'argent d'autrui ; et d'ailleurs l'entreprise pouvait faillir au lieu de prospérer ; je n'aurais pas voulu exposer l'argent des autres. Je pris donc seul la responsabilité morale et matérielle de l'entreprise de la Jeune France ; je quittai la carrière du barreau où j'étais engagé depuis six ans ; je réunis mes amis ; nous nous assurâmes de la coopération des hommes de lettres qui partageaient nos principes , et nous nous mîmes à l'œuvre. L'œuvre a réussi, comme on en a la preuve ; elle prend chaque jour un plus grand développement ; mais plus elle se développe , plus il y a de gens qui disent : ( Il m'en est revenu quelques propos) Cette affaire est encore une spéculation. Or, je suis toujours seul responsable moralement et matériellement ; seul j*ai avancé les fonds ; j'ai abandonné ma carrière pour courir les risques de l'entreprise : on ne peut me reprocher aucun antécédent. Agé de vingt-sept ans, orphelin d'un père qui avait été destiné aux ordres sacrés, et qui n'a échappé que par miracle au couteau révolutionnaire ( il avait été condamné pour son opinion sous la République ) , j'ai été élevé sous le toit paternel, dans les principes que mes anivres et ma conduite n'ont jamais démentis. Il m'est pénible de savoir qu'on pense que cette entreprise soit une œuvre de spéculateurs. Pour détruire celle pensée, je déclare que, de l'avis de mes amis et collaborateurs, j'ai résolu d'intéresser moralement et matériellement tous les royalistes catholiques dans la Jeune France, en les appelant à prendre des actions au porteur, de 3 fr. , 10 fr. , 25 fr. , 50 fr. , tOO fr. , 200 fr. , et 500 fr. , dans la société en commandite, dont l'objet sera la publication de l'Echo de la Jeune France, et des ouvrages, gravures, dessins, lithographies, en un mot, de toutes les productions qui seront jugées utiles. Les actionnaires se réuniront tous les ans en assemblée générale , fixeront les dividendes, les primes, toucheront l'intérêt de l'argent qu'ils auront avancé, et feront tel usage qu'il leur conviendra des bénéfices. A celte fin, il sera publié incessamment un prospectus , dans lequel la position financière de la Jeune France sera établie. Dès ce jour je puis déclarer qu'il n'y aura pas de passif. Jules Forfelier.

— Le bureau correspondant de Grenoble, dans lequel figurent MM. de Monval, Dubois, ancien magistrat, Henri de Pizancon, Vielle, avocat, Revillon , l'abbé de Taxsi , Gariel, Casimir de Ventarou et E.PsicolIet, jaloux de concourir activement à la propagation des publications de la Jeune France, vient de répandre dans le département de l'Isère la circulaire suivante :

Monsieur ,

La Jeune France poursuit le cours de ses publications. Paris lui a donné le premier essor , les provinces sont appelées à lui procurer des élémens de vie et de durée. Celte entreprise s'est enorgueillie , dès le principe, des plus illustres patronages: MM. de Chateaubriand, de Bonald, Lamartine, Berryer, Janvier, Ballanciie, etc.

Au milieu de cette anarchie morale et religieuse qui dévore notre patrie , c'est une utile entreprise pour la jeunesse, que cette bannière qui s'élève afin de la réunir en faisceau autour de chefs si dignes d'elle. D'après l'avis du bureau central de la Jeune France , chaque département est invité à former un bureau correspondant qui coopérera à ses travaux , en cherchant à propager les œuvres lUiles , à réveiller même dans les populations les plus reculées l'amour de la religion , de la science , des arts et de la vraie liberté. Nous ne vivons pas dans ce i'!'' siècle où l'autorité des traditions et du génie s'étendait tutélaire el puissante sur la jeunesse. Le pliilosophisme nous presse , le doute nous assiège, toute autorité est méconnue , chacun de nous est sans cesse appelé à déployer sa puissance intellectuelle dans des combats de chaque jour. La société tout entière semble être engagée dans une lutte corps à corps. IMettons-nous donc en état de rendre compte à tout venant de nos convictions religieuses et politiques; apportons chacun notre pierre pour construire l'avenir. C'est à la jeunesse française que cette gloire est réservée 3 â elle le travail, à elle les épreuves , à elle aussi la reconnaissance de la patri e , etc.

Cet exemple, imité des bureaux de Moniauban et de Toulouse, sera suivi , nous n'en doutons pas , dans toutes les principales communes de France.

Nouveaux Correspondans. — Sont agréés comme membres correspondans de la Jeune France, M. A. de Tremauze de la Roussière, à Saint-Flour; M. Ach. Boyer, ancien conseiller-avocat, à Condat, par Murât; 31. Château et M. 3Ienet, propriétaire, rue du Jardin des Plantes, à Angers.

— Cri de détresse. Les principaux propriétaires de l'arrondissement de Nîmes viennent de faire imprimer un rapport alarmant sur la situation des agriculteurs : ce rapport est suivi d'une pétition aux chaml)res , terminée par la phrase suivante :

<i Déclarant en outre, les pétitionnaires , que leur situation est telle qu'il leur deviendra » bienlôt impossible de payer l'impôt, à moins que des mesures énergiques ne viennent » proniplement donner au commerce de leurs produits le mouvement et l'activité qui l^ur » manquent. »

Après celii , que penser de Ja prospérité toujours croissante de la France? (Discours du gouvernement, session de 1834.)

— Corruption. On parle d'établir à Marseille un lieu où l'on pourrait sous la protection des lois se livrer à toutes les infamies du jeu de la bourse : espérons que l'énergique protestation des bons Marseillais empêchera la réalisation d'un pareil projet, il y a assez de corruplion en France.

— Lithographies. La Iiuitiêmc livraison renfermera deux belles lithographies représentant le joli CHATEAU DE MAISONS SOUS Louîs XIV ct la TOUR DU TEMPLE, par Arnoult.

Jl-les FORFELIER.

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