‹ L'Écho de la jeune FranceChapitre 78 sur 120 · SCÈNE XIV · texte numérisé non relu

SCÈNE XIV

Les précédexs ; CROMWELL , déguise eu sentinelle ; Lord PEMBROKE , Lord MONTAGLE, Lord DE>KIGH , CARR , cinq autres Membres de la Chnmhre des communes , savoir : sir Jou.\ COKE , sir Walter EARL, sir John HOLLAND , sir James HARRI\r.TO\, et le Major-Général BROUWÎS ; puis, un instant après, LE ROI, suifi d'ASBLR>HAM, et précédé par BUTLER, qui fait l'office de Hérault d'armes.

BUTLER, annonçant.

Le Roi , iVïessieurs !

(A ces mots, tous, excepté Carr, se découvrent , et lord Perabroke, qui doit porter la parole , fait quelques pas au-devant du Roi , qui va s'asseoir près de la table où il était précédemment.

CARR , bas à hn-ménie.

Chacun devant lui télé nue , Adorant le veau d'or, celle idole déchue : Vils Babyloniens î

LE ROI , se découvrant.

Messieurs, excusez-nous , Si nous n'avons plus lot fixé ce rendez-vous : Cerie, en quittant Oxford nous n'imaginions guère Nous voir jamais réduit â ce point de misère , Qu'il nous faudrait sous peu , grâce à la trahison , Recevoir nos sujets au fond d'une prison.... Nous avions , j'en conviens , fondé plus d'espérance Dans le peuple écossais et dans son alliance, Et nous ne pensions pas que sa cupidité Dût un jour à l'encan melire la royauté.

CROMWELL , « part.

On lui paie assez cher : quatre cent mille livres !

LE ROI

O fatale grandeur ! combien lu nous enivres ! Ils me mettaient à prix , que je doutais encor ! Qu'ils me vendent , disais je , où prendront-ils deTor ? Quel est l'homme assez vil dans toute l'Angleierre Pour répondre à la voix proclamant mon enchère ? Crédule que j'étais! cet homme il s'est irouvél

CROxMWELL , à part.

Que dit-il ?

LE ROI

Fourbe adroit, dans la ruse élevé, Comme un ligre altéré de sang et de rapine, Il a flairé de loin mon sceptre et ma ruine.... Ce n'était pas assez , pour premier attentat , D'avoir jeté le trouble au sein de notre état; Ce n'était pas assez de vaincre pour sa gloire , Il fallait m'atleler à son char de victoire ; Et des impôts du peuple achetant ma rançon , Il m'enviait encor l'oubli de ma prison !

BUTLER, bas à Leslexj.

Ce pauvre ami Cromwell , comme à tort il s'absente !

LESLEY , de même à Butler.

Pour son histoire un jour quelle page sanglante !

LE ROI

Mais à quoi bon. Messieurs, d'aussi tristes tableaux? Pardonnez , si d'abord je vous ai peint mes maux : Abandonné des uns, acheté par les autres , Je voulais vous montrer quels soucis sont les nôtres. J'ai dit... Si j'ai parle franchement , sans détour, D'un si noble langage usez à voire tour;

2oi LA JEUNE FRANCE.

Parlez , ne craignez point de me faire connaître A quel titre dans Londre on veut me voir paraître ; Et si le peuple anglais est diirne encore de moi , Wilhe-Hall, je le jure, aura bientôt un roi....

CARR , à part , tirant une Bible de dessous son manteau.

Un roi ! Saducéen ! lis donc Ion Lévilique , Tu verras qu'Israël était en république.,..

LORD PEMBROKE, remettant au Roi l'adresse du parlement.

Sire , voici les vœux que dans vos intérêts , Aussi bien que dans ceux de v^s nombreux sujets, Le parlement ang:lais , de l'aveu des deux chambres, Vous transmet aujourd'hui par moi , l'un de ses membres.... (Le Roi prend le papier et le lit attentivement. Carr, ne pouvant plus se contenir, s'avance jusque derrière lui, toujours le chapeau sur la tête.)

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