A MM. LES MEMBRES CORRESPOXOANS , SOCIÉTAIRES ET ABONNES
Des personnes jalouses de nos succès , d'autres mécontentes ou de ne pouvoir réussir dans des entreprises rivales à la nôtre , ou de n'y avoir aucun intérêt , ont répandu et cherchent à accréditer le bruit que la société de la Jeune France est exploitée par une compagnie de spéculateurs : c'est une calomnie.
Vous connaissez le but de notre entreprise , vous savez comment elle a été fondée ; vous savez aussi que c'est la bonne direction que tous ensemble nous avons choisie pour l'atteindre , qui a lait son {jrand succès ; sa fortune morale a été l'avant-courrière de sa fortune matérielle ; celle-ci a été le résultat nécessaire de l'autre. Est-ce à dire que nous nous soyons livrés à une spéculation? Us spéculent donc aussi avec nous , tous ces fjrands noms qui se sont inscrits les premiers en lète de notre société? Mais s'il est vrai qu'aujourd'hui la <Socié/é de la Jeune France promette de si grands avantages, à qui le doit-on? à nos consians et communs efîorts, et à l'argent que j'ai semé partout , depuis deux ans, pour l'établir sur une base solide, et l'étendre successivement à tout ce qui pourrait assurer su vie et son succès.
Je n'aime pas à parler de moi , et , quoique fondateur de la Société de la Jeune France, on ne m'a jamais entendu m'atiribuer le mérite du bien qu'elle a produit, comme on ne peut s'empêcher de le reconnaître. Cependant je dois dire ici que quand il s'est agi de faire des dépenses considérables pour la fonder , je ne me suis adressé à personne. On m'a environné, il est vrai, d'une haute protection ; mais de l'argent pour subvenir à tous les liais de premier établissement , pour laire imprimer et distribuer plusde deux cent mdie prospectus, pour payer dix mille francs d'annonces, etc. , qui m'en a fourni? Personne. Aujourd'hui que mes elVorls sont couronnés de succès, que voici le moment de recuediir le double prix de 1104 travaux et de mes sacrifices, j'ai entendu prononcer ce mot , spécnlaieurs !
Ainsi , parce que tant d'exemples prouvent tant de spéculations , il n'y auraii plus d'entreprise généreuse. Vous ne le croirez pas, vous tous (jue nous avons aopeiés dans celle-ci ; et vous le croirez d'autant moins, qu'aujourd'hui que mes julentions ont été suspectées , je réalise le projet d'intéresser moralement et matériellement tous les royalistes dans \ix Société de la Jeune France,
Il s'agit. Messieurs, d'une grande allaire qui va tlevenir ainsi une propriété commune, d'une affaire où le premier venu , attiié par les avantages qu'elle promet, peut se présenter pour l^ire l'acquisition d'actions. — J'ai assez de conliance en vous tous, pour croire que vous vous empresserez de vous réunir à moi, alin de ne pas la laisser aller dans des mains étrangères.
C'est dans cette conliance cpie j'ai pris la résolution de ne délivrer des actions qu'à vous, et d'en refuser a quiconque ne verrait, en s'associant à nous, (pi'un moyen de placer son argent à gros intérêts.
Jules Forfelier.
Nota, L'acte de la société est déposé en l'étude de M" Royer, notaire a Paris;
FRANCE, 'l^^ UÉCEMliRE \%oU, NUMl'lllO 9. 2° ANNEE. \G
2()â tA JEUNE FRANCE.
le fonds social , y compris pins de 50,000 fr. de recouvremeiis et Tarj^ent en caisse, niaiériel, propriété , ouvra(;es, etc. , est de 100,000 ir. représeniés par deux cents actions de ^00 iV. , ou deux nriille coupons de aO tV. donnant droit à l'intérêt lé^fal , à une part proportionnelle dans le fonds social et dans ses produits. Ce capital , d'après le tal>leau de la situation actuelle de la société , promet pour l'année prochaine un dividende de !20 à 70 p. 7o » c^^^t chacun de messieurs les actionnaires pourra faire tel emploi qu'il avisera.
La Sociéié de la Jeune France est établie dans la forme civile ; mais nul n'a le droit de contracter en son nom des obligations. Toutes ses affaires se font au comptant , de telle sorte que jamais elle ne peut avoir de dettes. S'il en était créé par l'administrateur , elles resteraient à sa cliarge personnelle , car il aurait fait ce qu'il n'avait pas pouvoir de faire.
Le but de la Société est 1**, de continuer toutes les publications de la Jeune France, et de faire toutes celles que les circonstances rendront utiles ;
î2° D'établir un dépôt central des productions reli{;ieuses, morales et utiles de la littérature et des beaux-arts , tant de Paris que de la province ;
e^" De fonder un système général de colportage des ouvrages, gravures, dessins, images destinés à toutes les classes.
Jj'administrateur de la Société peut être révoqué et remplacé à la volonté des actionnaires.
La rédaction est surveillée par un conseil.
Ij'administration est sous l'inspection d'un comité d'actionnaires.
Chaque année , au mois d'avril , les bénéfices sont constatés : une -partie sert à rembourser des actions désignées publiquenieni par le sort. Les actionnaires remboursés conservent néanmoins tous leurs dioits aux bénéfices futurs et au capital social.
Le surplus est immédiatement réparti.
L'assemblée générale des actionnaires nomme chaque année l'administrateur, le conseil de rédaction et le comité de surveillance.
p]lle peut même modifier les statuts sociaux.
La Société est constituée pour dix ans , à compter du l*""" septembre 1854. Son siège est a Paris.
M. Jules Forfelier est nommé administrateur.
On peut s'adresser à M*' Royer , notaire de la Société , rue Vivien ne , n** 22 ;
A Ar Félix Huet , avoué de la Société , rue de la Bourse et des Colonnes , n°8;
Et au Bureau central de la Jeune France, pour les renseignemens .
A partir d'aujourd'hui, on reçoit les souscriptions pour les actions et les coupons.
Première liste : Berner fils, député; Nettement , Arthur Berryer, Jules Forfelier.— 50 actions.
PHILOSOPHIE DE L'HISTOIRE