‹ L'éclairage a ParisChapitre 52 sur 109 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

(suite)

Secteur de la place Glichj : (a) Physionomie générale et système de distribution : ib} Usine de la rue des Dames. — Secteur de la Compagnie Parisienne de l'air comprimé : {a) Physionomie générale et système de distribution; {b) Usine du boulevard Richard- LenQir;(c) Usine de Saint-Fargeau ; (d) Station de transformateurs de la rue Saint- Roch. ; {e) Sous-stations d'accumulateurs ; {f) Usines de la rue des Jeûneurs^ de la Hourse du Commerce et du Retiro. — Secteur des Champs-Elysées : (a) Physionomie générale et système de distribution ; (b) Usine de Levallois. — Secteur de la Rive gaucho. — Réseau Municipal et Usine des Halles. — Prix de revient de l'électricité dans les stations centrales.

Annej.^es, — Tableau récapitulatif et statistique des secteurs électriques et stations centrales.

Secteur de la place Clichy. — {a) Physionomie générale et système de distribution. — Le secteur de la place Clichy est délimité :

an nord^ par les fortifications ;

à Vest^ par Tavenue de Saint-Ouen, l'avenue de Clichy, la rue de Clichy, la riit^ de la Chaussée d'Antin ;

au se/rf, par les grands boulevards, la rue Royale, le faubourg Saint- Honoro ;

il Vouest^ par la rue deMiromesnil, l'avenue de Messine, le parc Monceau, et la vue de Prony*.

La zone ainsi délimitée comprend surtout des maisons de rapport et des

Le réseau n'est alimenté que par une seule usine située rue des Dames n^ Ï)'S. Les courants employés sont des courants continus. Mais, comme il

' Voir, Ogure 66, la carte des secteurs.

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SECTEURS ÉLECTRIQUES ET STATIONS CENTRALES {suÙé) 217

existe plus de 2^,500, en ligne droite, entre Tusine et les points extrêmes du réseau, il a fallu adopter un système de distribution spécial, afin de réduire les pertes de charge.

Ce système est celui dit à 5 fils, qui permet d'exploiter des courants à 440 volts. Il comporte un réseau de distribution composé de cinq câbles

entre lesquels on maintient une différence de potentiel de 110 volts. Entre le premier et le dernier, il existe ainsi une différence de potentiel dé 440 volts.

Pour alimenter ce réseau on aurait pu, par analogie avec le système à 3 fils, former les feeders de 5 câbles et adopter pour la production du courant 4 machines en série de 110 volts (fig. 89). Mais un tel procédé aurait compliqué beaucoup l'installation en même temps qu'il eût conduit à des dépenses de canalisation exagérées. On a trouvé plus avantageux d'employer des dynamos à 440 volts et de former les feeders de deux câbles seulement, venant se brancher sur les câbles extrêmes du réseau de distribution.

Ce système ne va pas cependant sans une certaine difficulté. Comment arriver en effet, à répartir exactement la tension entre les quatre ponts de la distribution? Si le nombre des lampes en service était constamment le même sur chaque pont la difficulté n'existerait évidemment plus. Mais, quel que soit le soin avec lequel se fait la répartition des appareils lumineux,

comme 9 en somme, les abonnés allument leurs lampes absolument à leur guise, on ne peut obtenir constamment un équilibre parfait.

On a résolu le problème à l'aide de dynamos régulatrices, placées sur les circuits, après les feeders, comme l'indique la figure 90. Ces dynamos, identiques, sont montées sur un arbre commun et peuvent aussi bien fonctionner comme génératrices que comme réceptrices. L'excitation provient d'une dérivation EF ; elle ne dépend que de la tension totale de la distribution (440 volts) et crée un champ magnétique constant.

Lorsque les ponts sont également chargés, les dynamos se comportent comme 4 réceptrices en série sur une tension de 440 volts. Elles tournent à une certaine vitesse, absorbant une petite quantité de courant qui est utilisée à vaincre les résistances passives et les frottements (5 ampères).

Figure 90.

Secteur de la place Clichy. — Distribution à 5 fils et dynamos régulatrices.

Mais, lorsque Ton vient à éteindre des lampes sur Tun des ponts, la dynamo intercalée sur ce pont reçoit davantage de courant. Elle tourne plus vite, entraînant les autres dynamos qui fonctionnent comme génératrices.

Appliquons à Texemple de la figure 90. Cherchons d'abord l'intensité du coiiraut I que doit fournir l'usine. On peut, comparativement à la grande quantité d'électricité distribuée, négliger la petite quantité d'énergie absorbée par les résistances passives des dynamos.

Un peut admettre aussi, puisqu'elles sont identiques, qu'elles ont un même rendement, soit comme génératrices, soit comme réceptrices.

Supposons que chaque lampe absorbe n ampères. On aura :

440 X I = 40.n.H0 -+- 20.n.H0 -f- lO.n.HO -+- 30.n.H0.

D'où

, n.H0(40-h20^-10+30) n.lOO

On voit alors que, sur le pont NP, le courant de 25n se divise en 2 parties : une première, 20n, alimentera les lampes en service; une deuxième 5n passera dans la dynamo qui travaillera en réceptrice.

Sur le pont PQ un courant égal à lOn va devenir disponible. Il s'ajoutera aux S/i du pont NP ce qui donnera 15w sur la dynamo C qui travaillera Mussi en réceptrice. On pourra engendrer ainsi un courant de 20n, avec \u\v chute de 110 volts, qui se décomposera en 15n sur le conducteur M et *>// i^ur le conducteur Q. De cette façon toutes les lampes seront convenablement alimentées.

Dans l'état actuel du réseau 7 stations de régulatrices * suffisent pour assurer une répartition convenable (à 2 ou 3 volts près) de la tension entre les quatre ponts de la distribution.

Ces stations possèdent chacune deux groupes de machines régulatrices dont un de réserve. On peut si cela est nécessaire faire travailler les deux groupes simultanément au réglage du courant.

IMusieurs stations disposent, en outre, d'un second système de réglage. Co sont des batteries d'accumulateurs placées en dérivation sur chaque pont v\ constituées chacune par 52 éléments de 65 kilogr. Ces batteries sont clcirfjées à saturation. Dans cette situation, elles agissent bien différemment t[iii* lorsqu'elles sont soumises à des alternatives de charge et de décharge. [Jles se laissent traverser sur chaque pont par la quantité d'électricité qui devient disponible, en opposant au passage de l'électricité une force contre-

' Ces stations sont situées : Rue Boissy-d'Anglas n^ 1 ; Boulevard Malesherbes n^ i03 ; Huu Saint-Lazare, n* 101 ; rue Boudreau n« 13 ; rue d'Amsterdam, n* 100; rueClairaut n* 5 eL me Jouffroy n» 68 bis.

SECTEURS ÉLECTRIQUES ET STATIONS CENTRALES [suite) 219

électro-motrice constante ; elles absorbent ainsi l'excès de tension qui peut se produire sur chaque pont.

Contrairement à ce qui se passe avec les dynamos régulatrices qui transforment en énergie l'électricité qui les traversent, les batteries régulatrices ab-

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Figare 91.

de la placi

Distribution à 5 fils et batleries régulatrices.

Secteur de la place Glichy.

et ba *

sorbent inutilement le courant en excès sur chaque pont. Elles constituent aussi un mode de réglage moins avantageux que les dynamos. Mais, comme elles peuvent fonctionner sans surveillance et que d'autre part elles consomment peu lorsque la distribution ne subit que de légères variations, elles sont d'un emploi très pratique pendant une bonne partie de la journée et vers la fin de la nuit. On ne se sert en réalité des dynamos qu'aux heures de grande consommation.

Dans chaque station régulatrice un homme suffit pour le graissage et la surveillance des machines. Il est nécessaire que ce service soit fait avec beaucoup de soin. On s'assure qu'il en est ainsi par de fréquentes tournées de contrôle. En outre, toutes les stations sont reliées téléphoniquement à l'usine.

{b) Usine de la rue des Dames. — Dispositiojis générales, — L'usine comprend un bâtiment pour l'Administration, en façade sur la rue des Dames^ et un vaste hall de 57 mètres de longueur sur 26 mètres de largeur, dans lequel sont installées les chaudières et les machines.

Les massifs de fondation des machines reposent sur un très fort plancher que supportent huit murs longitudinaux absolument indépendants des murs mitoyens. On atténue notablement, de cette façon, la transmission des vibrations.

Les chaudières sont en sous-sol. Cette disposition facilite beaucoup la manutention des charbons et des escarbilles.

SECTEURS ÉLECTRIQUES ET STATIONS CENTRALES (suite) 221

Voici quelle est la succession des opérations, telle qu*elle a été indiquée par M. Soubeyran dans le Génie Civil du 26 novembre 1892 : les voitures chargées de charbon entrent à reculons sur le pont à bascule placé à côté de la loge du concierge ; la pesée faite, le charbon est versé dans le sous-sol par une trappe située en arrière. Là, il est chargé dans des wagonnets et amené des deux côtés de la salle des chaudières par des voies ferrées installées dans deux couloirs latéraux. Les escarbilles prennent le chemin inverse. Mais à son arrivée sous la bascule, le wagonnet chargé est élevé au moyen d'un monte-charge hydraulique à hauteur de Tentresol et vidé dans trois trémies plongeant au-dessus de la bascule. Chacune de ces trois trémies contient la charge d'un tombereau; il suffit de faire basculer une trappe de fond pour les vider dans la voiture placée au-dessous. Les mêmes tombereaux qui apportent le charbon emportent les escarbilles contenues dans les trémies. La cheminée qui a 3 mètres de diamètre intérieur et 48 mètres de hauteur s'élève entre les chaudières et les machines. Elle renferme une deuxième cheminée en tôle dans laquelle se fait l'échappement de la vapeur.

Dynamos. — L'usine de la rue des Dames contient deux groupes de dynamos.

Le premier est constitué par 4 belles et grandes machines de 700 ampères et 500 volts tournant à 64 tours par minute et actionnées chacune directement par un moteur de 500 chevaux.

Le deuxième comporte 6 dynamos à inducteurs verticaux et induits Siemens reliées deux à deux en série et pouvant produire chacune 200 ampères et 250 volts, à la vitesse de 380 tours.

Les machines de 700 ampères sont réellement remarquables. Il faut insister en particulier sur leur vitesse de rotation excessivement réduite, vitesse audessous de laquelle on n'est encore descendu dans aucun des secteurs de Paris et qui a permis d'employer des moteurs à allure lente. Ce résultat a été obtenu en donnant à l'induit un grand diamètre et en plaçant le collecteur sur l'induit même.

Cet induit possède un enroulement Gramme. Mais, en raison du grand débit, les bobines sont constituées non par des fils de cuivre mais par des barrettes rectangulaires. C'est la surface extérieure de l'anneau qui sert de collecteur.

Le corps de l'anneau est formé par des feuilles de tôle isolées, normales aux barrettes et serrées par des boulons en fer. A l'une de leurs extrémités ces boulons viennent se fixer aux bras d'une étoile clavetée sur Tarbre moteur. L'anneau forme ainsi un grand disque de 3"*, 109 de diamètre et de 0",55 de largeur, en porte-à-faux sur les bras de Tétoile.

L'inducteur est intérieur à l'anneau. 11 consiste dans 8 électro-aimants,

disposés normalement à Taxe suivant les rayoDis d'un octogone régulier. Ces électro-aimants sont fixes. Ils sont boulonnés sur une pièce en fonte octogonale, faisant corps avec Tune des chaises-supports de Tarbre moteur.

Fig. 93.

Usine de la rue des Dames. ^ Elévation d*uQ moteur yertical de 500 chevaux et coupe d'une dynamo de 700 ampères.

Les balais, au nombre de huit, sont supportés par une étoile à huit bras permettant, soit de les déplacer simultanément, soit de les mettre en contact tous en même temps avec le collecteur. Cette manœuvre peut être faite très rapidement et très sûrement par un seul homme.

Le poids de chaque induit y compris Tétoile qui le supporte est de 10 tonnes.

Le rendement électrique des dynamos est de 96 7© î l^^r rendement industriel de 92 •/o.

Ces superbes machines ont été construites par la Société Alsacienne de Constructions mécaniques y de Belfort.

Les dynamos de 200 ampères sont moins intéressantes. Il est d'ailleurs question de les éliminer successivement, au fur et à mesure que Ton établira de nouvelles dynamos de 700 ampères. Le collecteur ofTre une disposition particulière. Il se compose de deux séries de barrettes, les unes en bronze, les autres en acier. Les premières sont isolées et fixées sur une couronne en

SECTEURS ÉLECTRIQUES ET STATIONS CENTRALES {suUé) 223

bronze calée sur larbre de Tinduit; c'est à ces barrettes que viennent se souder les fils de la bobine induite. Les barrettes en acier sont fixées en porte-à-faux par deux vis aux barrettes en bronze ; elles forment ainsi un prolongement extérieur du collecteur, les barrettes n'étant plus isolées que par la couche d'air qui les sépare. C'est sur ce collecteur extérieur que reposent les balais. On évite ainsi les courts-circuits qui peuvent se former sur les collecteurs ordinaires; en même temps on obtient un collecteur facile à réparer et d'une dureté exceptionnelle.

Ces dynamos sont toujours mises en mouvement par groupe de deux, ce qui est motivé par ce fait qu'elles sont montées en série par deux. Chaque groupe est actionné à l'aide d'une courroie par un moteur de 150 chevaux.

Le rendement est sensiblement le môme que celui des dynamos de 700 ampères.

Moteurs, — Les moteurs qui actionnent les dynamos de 700 ampères sont, pour trois d'entre elles, des machines horizontales à un seul cylindre, système Corliss, de la force de 500 chevaux et, pour la quatrième, une machine verticale Compound à deux cylindres égaux de 500 chevaux. Ces machines tournent toutes à la même vitesse que les dynamos (64 tours par minute), ce qui explique comment celles-ci ont pu être clavetées sur les arbres mêmes des manivelles.

Les moteurs qui actionnent chaque groupe de 2 dynamos de 200 ampères sont des machines Armington et Sims de 160 chevaux tournant à 240 tours par minute.

Toutes ces machines fonctionnent à échappement libre. Cette situation est évidemment critiquable; mais il convient défaire remarquer que, là où est située l'usine, il eût été difficile de se procurer de l'eau, à l'aide d'un forage, sans descendre à d'énormes profondeurs. Le débit des puits forés est d'ailleurs assez aléatoire. Le secteur se trouvait donc en présence de cette alternative : ou prendre de l'eau dans les conduites de la Ville, ou marcher à échappement libre. La deuxième solution a dû lui sembler plus économique.

Les machines horizontales de 300 chevaux sont munies chacune d'un volant de 20.000 kilogr. Cet organe est nécessaire pour corriger les variations de vitesse qui se produisent lors du passage du piston aux deux points morts du cylindre. Un engrenage ménagé le long de la jante, et que l'on peut embrayer avec un petit moteur spécial, permet d'amener le piston au point voulu pour la mise en marche. Le cylindre a 0^,70 de diamètre et 1™,60 de longueur. Il est entouré d'une enveloppe de vapeur à la pression des chaudières. L'arbre moteur est en acier; trois forts paliers le supportent. Entre les deux premiers tourne le volant ; la dynamo correspondante est placée entre les deux autres.

La machine verticale de 500 chevaux a été préférée à une machine horizontale de même puissance, parce qu'elle tient moins de place et que Ton veut se réserver la possibilité de monter de nouvelles machines \ Les deux cylindres ont 0",60 de diamètre et {""jOO de hauteur. Leurs manivelles sont calées à 90*^ ce qui régularise la vitesse. Un volant est encore nécessaire mais

Fig. 94.

Usine de la rue des Dames. — Vue d'un moteur horizonlal de 500 chevaux et de la dynamo de 700 ampères qu'il commande.

il ne pèse que 16.000 kilogrammes, au lieu de 20.000 kilogrammes, poids du volant des machines horizontales. Les paliers sont au nombre de quatre. Entre les deux du centre tournent les manivelles ; le volant d'une part, la dynamo d'autre part tournent entre les paliers extrêmes et les deux paliers précédents.

Les moteurs Ârmington et Sims sont à deux cylindres, avec manivelles calées à 90"". Ces machines dont la vitesse est excessive (240 tours par minute) consomment évidemment beaucoup de vapeur. Elles sont destinées à disparaître.

Chaudières, — Les chaudières sont multitubulaires, du type de Naeyer. Chaque chaudière contient 12 rangées de 12 tubes en fer ayant 4",50 de lon-

* Deux nouvelles machines sont commandées. Elles seront montées à bref délai. La figure 92 indique, en plan, les emplacements qui leur sont réservés.

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gueur el 0,111 de diamètre intérieur. Ces Hubes sont reliés deux à deux par des chapeaux en fonte; le joint se fait avec des bagues en fer à double cône.

La vapeur produite dans les tubes se rassemble dans un réservoir supérieur et, de là, se rend dans un collecteur double de 350 millimètres de diamètre intérieur qui Tamène sous les machines. Elle a ainsi toujours tendance à monter, ce qui empêche les entraînements d'eau.

La pression initiale est de Skilogr. par centimètre carré. Chaque chaudière peut produire 2.500 kilogr. de vapeur à Theure pour une surface de chauffe de 245 mètres carrés, et une surface de grille de 5 mètres carrés.

Les chaudières sont alimentées par des pompes à vapeur à double effet. On dispose aussi, comme réserve, d'injecteurs Giffard. Avant d'arriver aux chaudières l'eau circule dans des tubes en fer léchés par la vapeur d'échappement.

L'eau d'alimentation, provient des conduites publiques (eau de rivière). En raison de sa nature, elle nécessite une épuration qui se fait dans un grand cylindre où on la traite par des procédés chimiques. Les frais d'épuration ne s'élèvent qu'à un demi-centime par mètre cube *.

Tableau de distribution, — Le tableau de distribution se compose d'un grand panneau de 9^,50 de largeur el de 5°* de hauteur, divisé en deux étages. L'étage inférieur est réservé au réglage des dynamos et à leur groupement en quantité. A l'étage supérieur se fait la manœuvre des feeders. Chaque étage est muni d'un balcon accessible par un escalier en fer.

Le groupement des dynamos en quantité s'effectue sur deux barres en cuivre d'une section de 3.000 millimètres carrés. A cet effet les balais de chaque dynamo sont reliés à ces deux barres par des câbles que commandent des interrupteurs I à double contact (figure 95). Un voltmètre V donne la tension aux bornes; l'ampèremètre A indique le débit.

Les machines sont excitées en dérivation; le circuit d'excitation est relié, d'une part au balai positif de la dynamo, d'autre part à la barre — du tableau. Pour éviter la formation d'extra-courants, lors dô la fermeture ou de l'ouverture du circuit, on a disposé, à côté d'un interrupteur à double

< L'épurateur employé est du système Dervaux. Il comprend principalement un saturateur et un décanteur.

Le saturateur a la forme d*un cône renversé II contient à sa partie inférieure de la chaux que traverse, de bas en haut, une certaine proportion de l'eau d'alimentation. Celleci, à sa sortie de TappareiLest complètement saturée de chaux.

Elle se mélange dans le décanteur avec le reste de Teau d'alimentation. SousTiniluence de la chaux, le bicarbonate en dissolution donne du carbonate de chaux insoluble qui tombe ainsi que les matières vaseuses dans le fond du cylindre. Pour laciliter la décantation on fait passer l'eau â travers une série de cônes superposés dont les surfaces sont sufflsamment inclinées pour que les dépôts ne puissent s'y maintenir.

contact ii, un interrupteur à charbon U. S'il s'agit de fermer le circuit on commence par manœuvrer l'interrupteur tt, puis l'interrupteur ù. L'interrupteur ts crée ainsi une résistance décroissante et, en admettant même qu'il jaillisse une étincelle, elle n'a d'action que sur la pièce de charbon, pièce

Barres ât dépaH des Feeders

^^ Barres de Groupement d d excitation

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Figure 95.

Usine de la rue des Dames. -^ Tableau de distribu lion.

qu'il est bien facile de remplacer. Pour l'ouverture du circuit on manœuvre d'abord ii, puis it.

Le réglage de l'excitation se fait au moyen d'un rhéostat R. Chaque dynamo a son rhéostat, que l'on peut manœuvrer du tableau avec une manivelle à touche. Au besoin, on peut régler tous les rhéostats simultanément, à l'aide d'une vis sans fin actionnant les manivelles. Ces rhéostats chauffent passablement. Aussi a-t-on pris la précaution de les enfermer dans un local spécial, aéré par un ventilateur électrique.

L'insertion d'une dynamo sur les barres du tableau se fait avec une

SECTEURS ÉLECTRIQUES ET STATIONS CENTRALES [SUitc) 227

grande facilité. On commence par la faire tourner et par Texciter. On observe la tension aux bornes et la tension au tableau. On amène la première à atteindre la seconde en agissant sur le rhéostat. Quand les tensions sont égales on ferme le circuit. Pour arrêter une dynamo on agit sur le rhéostat de manière à annuler le courant. On peut alors ouvrir les interrupteurs puis couper Texcitalion. .

L'étage supérieur du tableau présente aussi deux barres générales de 3.000 millimètres carrés, reliées par des câbles souples aux barres collectrices de Tétage inférieur. C'est de là que partent les feeders. Chacun est commandé par deux interrupteurs à double contact (un pour chaque câble).

Un ampèremètres indique le débit. Un voltmètre v donne la tension aux points d'attache des feeders avec le réseau de distribution. Jusqu'à ce moment, en raison du gros diamètre des feeders et de la faible perte de charge qu'occasionnaient ces conducteurs on ne s'était pas préoccupé de maintenir une tension identique à l'extrémité de tous les feeders. On s'était seulement astreint à donner aux barres de départ une tension suffisante pour qu'à l'extrémité du feeder le plus chargé on eût toujours un voltage suffisamment élevé. L'augmentation de la consommation rend désormais le réglage des feeders nécessaire. On y procédera à l'aide de rhéostats, comme pour le système à trois fils. (Usine Trudaine.)

Accumulateurs. — Si Ton jette les yeux sur la courbe journalière de débit de l'usine du secteur de la place Clichy, par exemple sur celle qui correspond à une journée de décembre (figure 96), on peut voir qu'il existe une différence énorme entre la consommation constatée de midi à minuit et celle qui se rapporte à la période s'étendant de minuit à midi.

Aussi a-t-on admis au secteur de la place Clichy, afin de ne pas faire travailler les machines dans des conditions peu compatibles avec un bon rendement, que, de minuit à midi, le service serait exclusivement assuré par des accumulateurs. De midi à minuit, au contraire, on marche avec les machines. Cette règle offre, par surcroît, les avantages suivants : possibilité de n'employer qu'une seule équipe d'ouvriers et de contre-maîtres ; suppression des accidents qui se produisent assez fréquemment la nuit, lorsque le personnel est fatigué et peu vigilant; grandes facilités pour le nettoyage et les réparations, les machines et les générateurs étant à l'arrêt pendant 12 heures consécutives.

Il faut remarquer, toutefois, que, de midi à quatre heures, la consommation est beaucoup trop faible pour absorber tout le débit des grosses unités. Mais c'est justement à ce moment que l'on charge les accumulateurs. Inversement, si, vers cinq ou six heures, la consommation vient à dépasser quelque peu le débit des machines, on demande l'appoint aux accumulateurs.

Les balleiies qui pei mettent d'effectuer ce service, sont: !• deux batteries de 2.000 ampères-heure chacune (2 X 250 éléments de la Société pour le travail électrique des métaux);

2** une batterie de 3.000 ampères-heure (260 éléments Tudor contenant chacun 600 kilogr. de plomb). La décharge normale de cette batterie se fait en quatre

Pifzure 96.

Usine de la rue des Dames. — Débit moyen journalier en décembre (2« quinzaine).

heures ; la charge à raison de 432 ampères. Dans ces conditions le rendement doit être de 75 "/o.

Ces trois batteries sont montées en dérivation sur les barres de départ des feeders. On ne dispose donc, pour les charger, que de la tension existant sur ces barres soit 4S0 à 500 volts. Or, comme vers la fin de la charge une tension d'au moins 600 volts est nécessaire, on ne pourrait évidemment pas mènera bien cette opération sans un artifice. On opère comme dans la sous-station de la rue Saint-Georges (secteur Edison) ; c'est-à-dire que Ton porte la tension du courant de charge de 450 ou 500 volts à 600 volts à Taide d'un survolteur ou transformateur mécanique qui n*est autre qu'une réceptrice ac-

SECTEURS ÉLECTRIQUES ET STATIONS CENTRALES (suite) 229

tionnant une dynamo en série sur le courant de charge (figure 97). Cette dynamo peut fournir de 80 à 150 volts. Elle est reliée à la réceptrice par un plateau Raifard; l'ensemble du groupe tourne à la vitesse de 840 tours ; son rendement industriel est d'environ 80 7o- Cette solution est préférable, à tous égards, à celle qui aurait consisté à remplacer la réceptrice par une machine à vapeur.

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Figure 97.

Usine de la rue des Daines. — Charge et décharge des accumulateurs.

lorsque le réseau est exclusivement alimenté par des accumulateurs, il faut grouper les éléments de manière à obtenir dans les barres du tableau la tension nécessitée par le débit des feeders. De même, pendant la charge, il faut retirer du circuit les éléments qui, n'ayant que peu travaillé, sont plus vite chargés que les autres. Ces opérations se font à Taide d'un réducteur. Nous ne reviendrons pas sur cet appareil dont le fonctionnement a été longuement expliqué lorsqu'il a été question des usines de la Société anonyme d'éclairage et de force. Disons seulement qu'au secteur de la place Clichy le réducteur est placé près des batteries mômes et qu'il est manœuvré du tableau, à l'aide d'un petit moteur électrique.

Aux batteries d'accumulateurs déjà citées nous devons ajouter une quatrième batterie de 2.000 ampères-heure, montée depuis longtemps déjà dans l'usine. Mais cette batterie pourrait tout aussi bien être placée ailleurs. Elle ne sert en effet qu'à répartir la tension entre les différents ponts du réseau de distribution au même titre qu'une batterie de sous-station régulatrice.

Secteur de la Compagnie Parisienne de l'air comprimé. —

{a) PysioDomie générale et système de distribution. — Le secteur de la Compagnie Parisienne de Tair comprimé a pour limites à Vest les fortifications ; au sud la Seine ; à Vouest la place de la Concorde et la rue Royale ; au nord la ligne des grands Boulevards, jusqu'à la place de la République puis les rues du Faubourg du Temple et de Belleville*.

C'est le plus étendu de tous les secteurs. Il comprend, entre la place de la Concorde et le Boulevard Richard-Lenoir, une zone excessivement dense, dans laquelle se rencontrent de nombreux éléments de consommation. Toutefois, c'est dans cette partie que se trouve également l'usine municipale des Halles dont les canalisations, comme nous le verrons plus loin, desservent un certain nombre de rues.

La partie du secteur située à l'Est du boulevard Richard-Lenoir est beaucoup moins avantageuse; La Compagnie n'y a encore que fort peu d'abonnés. Le secteur de la Compagnie Parisienne de l'air comprimé a subi, au point de vue de la distribution électrique, bien des vicissitudes.

Il avait été d'abord question de créer plusieurs grandes usines marchant par Tair comprimé et envoyant du courant continu à 2.400 volts dans des sous-stations de distribution, qui auraient abaissé la tension à HO volts. Les appareils transformateurs devaient être des accumulateurs et un appareil nouveau nommé onduleur. Quant à l'air comprimé, il eût été fourni par les deux usines de Saint-Fargeau et du quai de la Gare spécialement construites pour la distribution de l'air comprimé dans Paris.

Une telle combinaison était forcément peu économique. Elle conduisait, en effet, à l'emploi de deux sortes de moteurs : les uns pour comprimer de l'air; les autres pour transformer la force élastique de l'air comprimé en travail mécanique. On n'y eût finalement gagné qu'un intermédiaire de plus.

On dut renoncer à l'emploi général de l'air comprimé et l'on se décida à construire, rue Saint-Fargeau n°* 8 et 10 et boulevard Richard-Lenoir n** 35, deux usines marchant exclusivement à la vapeur.

Les sous-stations furent aussi modifiées. On reconnut que Ton avait escompté un peu trop vite les services du nouvel onduleur et l'on prit le parti de ne conserver que des batteries d'accumulateurs. Dans chaque sousstation deux batteries de 67 éléments furent installées; l'une pour la charge, l'autre pour la décharge et vice-versa. Au moment du grand éclairage les deux batteries étaient couplées en quantité et travaillaient ensemble sur le réseau. Celui-ci était formé, d'ailleurs, d'une série de petits réseaux locaux correspondant à chaque sous-station. La distribution se faisait à HO volts, soit en dérivation et à deux fils, soit par circuit en boucle.

* Voir, figure 66, la carte des secteurs.

SECTEURS ÉLECTRIQUES ET STATIONS CENTRALES [suité) 231

Ces sous-stations étaient récemment encore au nombre de vingt-trois. Elles étaient, pour la charge, placées en série, c'est-à-dire que le courant de charge, après avoir traversé l'une des sous-stations, se rendait dans une deuxième, puis dans une troisième et ainsi de suite. Les circuits de charge, au nombre de deux, correspondaient Tun à l'usine Saint-Fargeau, l'autre à l'usine du boulevard Richard-Lenoir. Plusieurs stations étaient à cheval sur l'un et l'autre circuit et pouvaient, à volonté, être alimentées par l'une ou l'autre usine. Dans chaque circuit de charge le courant était lancé avec une intensité constante (250 ampères) et une tension variable avec le nombre des batteries en série, mais qui ne dépassait pas 2.400 volts.

Un tel système avait, comme premier inconvénient, celui de faire passer toute l'électricité distribuée par des accumulateurs; de ce fait, on subissait une perte d'énergie considérable. En deuxième lieu, il était impossible d'utiliser le matériel des usines de charge, lorsque, dans les sous-stations, les deux batteries étaient à la fois en décharge. Or c'est à ce moment que l'on en aurait eu surtout besoin. Aussi le secteur s'est-il trouvé bientôt à bout de forces et il dut même, sur quelques points, refuser de nouveaux abonnements.

Une pareille situation était évidemment inacceptable et la Compagnie fut mise dans l'obligation d'adopter un nouveau plan de distribution. En voici les grandes lignes :

Les deux usines de Saint-Fargeau et du boulevard Richard-Lenoir seront renforcées et organisées pour pouvoir produire des tensions de 3.000 volts. En quatre points, dont trois sont déjà fixés, on installera des transformateurs mécaniques constitués par des dynamos réceptrices montées en série et actionnant chacune une dynamo à courant continu et à H5 volts. Au réseau actuel de distribution à deux fils et à 110 volts on substituera un réseau à 5 fils formant quatre ponts avec une différence de potentiel de 110 volts sur chaque pont. L'alimentation du réseau se fera non par des feeders à deux câbles et à 440 volts^ comme sur le secteur de la place Clichy, mais par des feeders à cinq câbles. On montera par suite les dynamos productrices de courant par groupes de 4 en série.

Les accumulateurs ne seront pas proscrits des usines. Mais on leur demandera le moins possible, comme par exemple de desservir le réseau, au moment où la consommation sera minima, ou lorsque, pendant la période de grand éclairage, les transformateurs ne pourront plus suffire. Ce sont en somme les transformateurs qui produiront la plus grande partie d'électricité et, comme le rendement de ces appareils est bien supérieur à celui des accumulateurs, on espère avoir un rendement final de 60 ""j^ au lieu du rendement de 25 "^/o auquel on était conduit, dit-on, avec l'ancienne distribution.

L'une des sous-stations de transformateurs est actuellement montée. Elle est située rue Saint-Roch, n* 26. L'autre sera placée rue des Jeûneurs n** 14. Sur cet emplacement il existe déjà une petite usine marchant à Tair comprimé et alimentant un réseau à 3 fils. Ce système de distribution sera provisoirement conservé. La troisième sera installée à la Bourse du Commerce, dans un sous-sol actuellement occupé par une petite usine qui éclaire la Bourse ainsi que quelques rues voisines. La quatrième, qui devra desservir la partie est du centre de Paris, n'est pas encore choisie. Dans cette zone, on continuera, encore pendant quelque temps, à employer des sous-stations d'accumulateurs, avec distribution à deux fils, en renforçant quelques-unes d'entre elles par des transformateurs.

Pour faire connaître complètement la situation du secteur de la Compagnie Parisienne de l'air comprimé^ il nous faut citer une dernière usine. C'est celle du Retiro (rue Boissy-d'Anglas, n** 35). Elle soutient quelques points très chargés du réseau et alimente, par une distribution en série, les lampes à arc de la rue Royale et du boulevard de la Madeleine. Cette usine, dont le réseau se trouve enclavé dans celui de la station Saint-Roch, disparaîtra probablement le jour où cette station aura reçu son plein développement.

{h) Usine du boulevard Richard-Lenoir. — Dispositions générales. — L'usine du boulevard Richard-Lenoir comprend un grand bâtiment en fer pour

Figure 98.

Usine du Boulevard Richard-Lenoir. — Coupe transversale.

les machines, une salle en déblai pour les chaudières et une salle spéciale pour les condenseurs.

Elle prend son eau dans le canal Saint-Martin qui passe en tunnel, comme on le sait, sous le boulevard Richard-Lenoir. Mais cette eau est trop chargée de matières minérales ou vaseuses pour pouvoir être employée telle

SECTEURS ÉLECTRIQUES ET STATIONS CENTRALES [suitc) 233

quelle dans les chaudières. Elle passe, au préalable, dans un épurateur Desrumaux.

La cheminée s'élève dans la salle des chaudières, près de la cloison qui la sépare de la salle des machines. Avant d*y pénétrer, les fumées lèchent toute une série de tubes verticaux dans lesquels circule l'eau d'alimentation. Cette eau peut ainsi se réchauffer et gagner, suivant le nombre de chaudières en marche, de 50 à 70 degrés.

Dynamos, — L'usine du boulevard Richard-Lenoir doit produire un courant d'une intensité constante de 250 ampères et d'une tension pouvant varier dans de grandes limites suivant le nombre des transformateurs en série ou des batteries d'accumulateurs en charge.

Il était par suite tout indiqué de constituer le matériel électrique par des unités de 250 ampères montées en série. On a reconnu, d'autre part, qu'en donnant à chaque unité une force électromotrice de 400 volts, il serait facile d'échelonner convenablement les tensions sur la ligne et que la tension maxima (autrefois 2.400 volts, aujourd'hui 3.000 volts) pourrait être atteinte avec un nombre d'unités assez limité. C'est ce qui explique le choix qui a été fait de dynamos Desroziers de 250 ampères et de 400 volts.

Ces dynamos, au nombre de 10, tournent à 135 tours. Il a été possible par suite, pour plusieurs d'entre elles, de les accoupler directement avec les moteurs par des plateaux Raffard. C'est là la disposition que nous avons rencontrée dans les usines de la Société anonyme d'éclairage et de force. Contrairement à ce qui se passe dans ces dernières usines, les dynamos ont ici chacune leur excitatrice. Il eût été peu commode, en effet, de prendre cette excitation en dérivation sur les barres du tableau, en raison des hautes tensions de la ligne et des variations de la charge.

Ces excitatrices sont 5 dynamos Sautter de 100 ampères et 100 volts tournant à 800 tours par minute et 5 dynamos Thury de 100 ampères et 100 volts tournant aussi à 800 tours par minute.

Moteurs. — Nous rencontrons dans l'usine :

1° quatre machines verticales à triple expansion, de 300 chevaux (Weyher et Richemond), à quatre cylindres et deux manivelles, tournant à 135 tours par minute et actionnant chacune 2 dynamos Desroziers ;

2** une machine horizontale à un seul cylindre et à condensation de 500 chevaux (Duvergier) tournant à 70 tours par minute et mettant en mouvement, par l'intermédiaire de courroies, deux dynamos Desroziers. Cette machine est munie d'un fort volant, qui régularise la vitesse lors du passage du piston aux deux points morts.

On peut se demander pourquoi cette machine est de la force de 500 chevaux, alors qu'une m$^chine verticale de 300 çl^evaux suffit pour faire

l'ÉÇLAIRÂGC à paris

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SECTEURS ÉLECTRIQUES ET STATIONS CENTRALES [suitc)

tourner deux dynamos. C'est que plus tard, la machine devra actionner une dynamo Thury de 250 ampères et 1.100 volts;

3* une machine horizontale à un cylindre et à condensation de 120 chevaux (Duvergier) tournant à 120 tours par minute et actionnant les dix excitatrices.

Les machines horizontales ont leurs condenseurs en sous-sol dans leur voisinage immédiat. La vapeur d'échappement des machines verticales se rend au contraire dans la salle dont il a été parlé plus haut. Elle comporte deux grandes cloches pour Tinjection de Teau et deux pompes à air.

Chaudières. — Les générateurs de vapeur sont constitués par un premier groupe de 4 chaudières Babcok et Wilcox pouvant produire chacune 3.000 kilogr. de vapeur, par heure, à la pression de 12 kilogr. par centimètre carré ; et par un deuxième groupe de deux chaudières Collet pouvant produire chacune 2.500 kilogr. de vapeur, par heure, à la pression de 10 kilogr. par centimètre carré.

Tableau de distribution. — Les manœuvres principales sont les suivantes :

1"* la ligne est en charge et la tension baisse. Il faut mettre en route une

dynamo et l'insérer sur le circuit ;

2** la tension s'élève sur la ligne et il est nécessaire d'arrêter une dynamo.

Ces manœuvres se font très rapidement et avec une grande sécurité. Chaque dynamo a un petit tableau pour ainsi dire placé sur la ligne de charge et sur lequel est fixé un commutateur qui, dans une position Pi, met la ligne en court circuit. Dans la position P2, il ferme le circuit d'excitation de la dynamo. Puis, en glissant sur une série de touches reliées à un rhéostat, il en modifie l'intensité. La mise en circuit de la dynamo s'effectue à l'aide des chevilles de contact Ci et Cs ainsi que Tindique la figure 100. Pour retirer une dynamo du circuit, on diminue jusqu'à zéro l'intensité du champ

Figure 100.

Usine du Boulevard Richard - Lenoir.

Tableau de manœuvre d'une dynamo.

magnétique, on met ensuite le commutateur dans la position Pi et Ton retire les fiches Ci et Cj.

Un tableau spécial contient les appareils de contrôle et de sécurité. Ce sont :

1° une balance ampèremétrique qui fait tinter une sonnerie dès que l'intensité du courant s'écarte en plus ou en moins de 250 ampères ;

2* un interrupteur automatique qui fonctionne dès que le courant s'abaisse à 30 ampères ;

3** un brise- courant à mercure intercalé sur la ligne et qui est formé de deux vases en grès remplis de mercure réunis par un cadre mobile en métal. A cet endroit la ligne est coupée; Tune de ses extrémités plonge dans le pre-

ligwlUA^-'rt

Usine du Boulevard Richard-Lenoir. — Brise-courant à mercure.

mier vase; l'autre dans le second. La continuité du circuit est assurée par le cadre mobile. Or ce cadre est suspendu à un fléau qui se relève dès que la tension s'abaisse à 30 ampères. La figure 101 indique comment peut se produire ce mouvement. L'électro-aimant E est parcouru par le courant à haute tension. Il attire l'armature A tant que l'intensité est supérieure à 30 ampères. Si l'intensité descend au-dessous de ce chiffre l'armature tombe ; elle établit le contact C et fait passer le courant d'excitation dans un électroaimant e qui attire alors l'armature a. Celle-ci dégage le contre-poids P et le fléau bascule autour du point fixe 0, en soulevant le cadre.

(c) Usine de la rue Saint-Fargeau. — L'usine de la rue Saint-Fargeau, n*" 8 et 10, produisait autrefois de l'air comprimé. Elle a subi, il y a deux ans, une transformation radicale; les compresseurs d'air ont été abandonnés et remplacés par des dynamos à courant continu, montées en série, comme à l'usine du boulevard Richard-Lenoir. C'est maintenant une station centrale électrique et la Compagnie ne comprime plus de l'air que dans sa grande usine du quai de la Gare.

SECTEURS ÉLECTRIQUES ET STATIONS CENTRALES [stlite] 237

Naturellement on a cherché à utiliser le plus possible le matériel existant. C'est ainsi que les chaudières et les moteurs à vapeur ont pu être conservés.

L'usine s'étend en longueur sur un vaste terrain. Son emplacement n'est pas très heureux, tant par son éloignement des principaux centres de consommation que par son altitude relativement aux gares d'arrivage du charbon. Ceci explique l'intention que l'on prête à la Compagnie de concentrer toute sa production dans Tusine du boulevard Richard-Lenoir.

Le matériel électrique se compose de 7 dynamos de 2S0 ampères et d'un voltage minimum de 400 volts. Ce sont :

!*• 3 dynamos de la Société alsacienne de comtnictions mécaniques^ de Belfort (250 ampères et 500 volts), tournant à 180 tours par minute. Ces dynamos ont, comme celles du secteur de la place Clichy, leur induit extérieur aux inducteurs ; mais, le collecteur n'est pas formé par Tinduit lui-même, il est ramené sur le côté.

2** 1 dynamo Edison à 8 pôles et 2 balais (250 ampères et 400 volts) tournant à 160 tours par minute.

3* 3 dynamos Thury (250 ampères et 1.090 volts) tournant à 220 tours par minute.

On insère ces dynamos sur la ligne ou on les met hors circuit en manœuvrant de petits tableaux identiques à ceux de l'usine du boulevard Richard- Lenoir. Comme dans cette dernière usine les dynamos prennent leur excitation non pas sur le circuit à haute tension, mais sur un circuit à basse tension alimenté par des dynamos spéciales. Ce sont, ici, 2 dynamos Thury de 40 ampères et 220 volts tournant à 550 tours par minute.

Les moteurs sont constitués par 5 belles machines horizontales à vapeur et à deux cylindres de 500 chevaux (système Cockeril) tournant à 42 tours par minute et actionnant par courroies les dynamos. La première machine commande 2 dynamos de la Société alsacienne ; la deuxième une dynamo de la Société alsacienne et la dynamo Edison; les trois autres chacune une dynamo Thury.

Les excitatrices sont actionnées directement par des moteurs Willans (un par excitatrice) de 28 chevaux, tournant à 550 tours par minute.

Les chaudières sont réunies dans une grande salle parallèle à la salle des machines. Elles sont au nombre de 15, savoir : 10 chaudières Cornwaldt pouvant produire chacune 3.000 kilogr. de vapeur par heure, à la pression de 8 kilogr. par centimètre carré et 5 chaudières Paxman pouvant produire chacune 2.500 kilogr. de vapeur par heure à la pression de 8 kilogr. par centimètre carré. Cette puissante batterie est évidemment plus forte qu'il ne faut pour le service normal de l'usine.

{d) station de transformateurs de la rue Saint-Rocb. — L'usine de la rue Saint-Roch comporte au rez-de-chaussée une vaste salle de 13 mètres de lar-

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Figure i02. Slation de Iransfoinialeurs de la rue SainURoch. — Plan.

geur et de 22 mètres de profondeur divisée en deux travées de 6", 50. C'est dans cette salle que se trouvent les transformateurs Thury constitués, comme nous l'avons dit, par des dynamos réceptrices actionnant des dynamos gêné-

SECTEURS ÉLECTRIQUES ET STATIONS CENTRALES [SuUe)

ratrices. Le tableau de distribution esta l'extrémité de la salle. Il occupe un grand panneau de 12 mètres de largeur. Au centre se trouvent les départs des feeders ; adroite les appareils de manœuvre des transformateurs ; à gauche ceux qui servent pour la charge ou la décharge des accumulateurs.

Dans chaque travée un pont roulant électrique permet de soulever et de déplacer les pièces les plus pesantes. Les accumulateurs sont répartis dans cinq étages auxquels il a fallu donner une résistance exceptionnelle, en raison de la charge à supporter.

Les réceptrices sont au nombre de seize ; il y en a quatre de 40.000 watts et douze de 80.000 watts. A chaque réceptrice correspond une dynamo génératrice. L'accouplement se fait par un plateau Raffard. Les réceptrices de 40.000 watts actionnent des dynamos de 300 ampères et 115 volts; celles de 80.000 watts des dynamos de 600 ampères et 115 volts. On dispose ainsi de 4 transformateurs de 33.000 watts (en chiffre rond) et de 12 autres de 70.000 watts.

Réceptrices et génératrices sont toujours manœuvrées par groupe de quatre. C'est une conséquence du système de distribution à 5 fils. Pour obtenir

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Figure 103.

Station de transformateurs

de la rue Saint-Roch.

Groupement des dynamos.

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Figure 104

Station de transformateurs

de la rue Saint-Roch.

Groupement des batteries d'accumulateurs.

la tension voulue il faut en effet mettre 4 dynamos Di, D2, D3, D^, en série comme l'indique la figure 103. Au secteur de la place Clichy nous avons vu que Ton se contentait d'alimenter les deux câbles extrêmes de la distribution, sauf à répartir bien exactement la tension entre les quatre ponts en intercalant, sur chacun des ponts, une dynamo régulatrice. Ici les dynamos Di, Di, D3, D^ seront à la fois génératrices et régulatrices. Puisqu'elles sont régulatrices on conçoit que Ton puisse combiner les deux systèmes et ajouter par exemple au groupe des quatre dynamos Di, Da, D3,Dv quatre dynamos Ei, E2, E3, E4 montées en série et branchées sur les câbles extrêmes. C'est une telle dis-

es

SECTEURS ÉLECTRIQUES ET STATIONS CENTRALES {Sîlite) 241

position que nous rencontrons rue Saint-Roch. Il axiste quatre groupes identiques à celui de la figure 103. Aux dynamos Ei, Eg, E3, E^ correspondent les dynamos de 600 ampères; aux dynamos D,, D,, D3, Dv, celles de 300 ampères.

Les accumulateurs sont montés d'une façon analogue (figure 104,) Mais deux groupes seulement sont nécessaires. Chaque groupe contient 544 éléments Tudor de 2.000 ampères-heure répartis comme il suit : 260 éléments sur les deux fils extrêmes, 67 éléments sur les deux ponts du milieu et 75 éléments sur les deux autres ponts.

Il s'agit maintenant d'expliquer comment s'effectuent les diverses manœuvres.

Le tableau de distribution comporte cinq barres sur lesquelles les différents groupes doivent être branchés en quantité. D'autre part, pour mettre en mouvement les génératrices ou pour charger les accumulateurs, on dispose d'un circuit à 3.000 volts, dont fait partie une barre de cuivre parallèle aux cinq barres du tableau.

Occupons-nous d'abord des génératrices. Celles-ci sont, comme les dynamos, réunies par groupes de quatre. Elles sont excitées en série sur la haute tension et on peut (figure 105) régler leur excitation à l'aide d'un rhéostat en dérivation sur chaque circuit inducteur. Pendant la marche, ce réglage se fait automatiquement à l'aide d'un régulateur de vitesse qui agit à la fois sur l'excitation de tout un groupe. Soient les génératrices actionnant les dynamos El, E,, E3, E^ à mettre en route. On ferme les interrupteurs I et Ton enlève la cheville de court-circuit C. Même opération pour les génératrices du groupe Dj, Dj, Dj, D^. Ceci ayant été fait, les dynamos se mettent à tourner. Considérons les dynamos Ei, Ei, E3, E^. Comme lemonlre le schéma, elles sont excitées en série sur les deux barres extrêmes du tableau. On ferme l'excitation et, en agissant sur le rhéostat de droite, on amène la tension totale à être exactement celle existant entre les barres extrêmes du tableau. On peut alors fermer le circuit sur les deux barres. Les dynamos Di, Di, Dj, D^ sont au contraire excitées chacune par un circuit spécial branché sur le pont qui leur correspond. Les réceptrices ayant été mises en route, on ferme les quatre excitations et on les règle do manière à obtenir pour chaque dynamo un voltage égal à celui du pont correspondant. On peut alors fermer les dynamos sur le tableau. Il suffit, pour cela, de manœuvrer les interrupteurs qui les commandent.

Pour arrêter les dynamos on effectue pour l'un et l'autre groupe une opération inverse. Ainsi, pour le groupe E,, E2, E3, E^ on diminue l'excitation de manière à annuler le courant produit. On coupe le circuit reliant les dynamos aux barres du tableau et il ne reste plus qu'à arrêter les réceptrices. Ceci se fait en agissant sur l'excitation, puis en remettant en place la cheville de contact et enfin en ouvrant les interrupteurs I.

Pour les accumulateurs nous distinguerons la charge et la décharge. Dans le premier cas il faut insérer chaque batterie sur le circuit à haute tension en prenant bien soin de n'introduire d'abord que quelques éléments. L'appareil qui permet de faire varier le nombre des éléments en charge est un réducteur analogue à ceux que nous avons déjà rencontrés dans bien des usines, mais qui, ici, peut agir sur tous les éléments. Soit la batterie de 260 éléments. Celle-ci est divisée en quatre groupes égaux de soixante-cinq éléments commandés chacun par un réducteur. En poussant le curseur à l'extrémité de sa course, comme l'indique le schéma, on voit que l'on n'aura en série que quatre éléments. On pourra alors fermer sans inconvénient les interrupteurs de charge I.

Cette manœuvre une fois effectuée, on déplacera peu à peu les curseurs et lorsque l'on aura atteint tous les éléments à charger on enlèvera la cheville de court-circuit C. A ce moment tout le courant de charge passera par la batterie. On retirera cette batterie du circuit en effectuant une opération inverse.

La batterie une fois chargée et mise hors circuit, rien n'est plus facile que delà mettre en décharge sur le tableau de distribution. Le réducteur intervient encore et l'on prend autant d'éléments qu'il en faut pour obtenir une tension égale à celle des barres extrêmes du tableau. On ferme ensuite les circuits.

Pour la deuxième batterie les manœuvres sont identiques, sauf qu'à la décharge il faut se régler sur la tension des différents ponts.

Il aurait été évidemment fort encombrant de rassembler les réducteurs sur le tableau, non pas parce qu'ils auraient gêné beaucoup eux-mêmes, mais en raison du nombre énorme de câbles qui les auraient réunis aux batteries. Ces réducteurs sont installés près des batteries mêmes, c'est-à-dire dans les divers élages du bâtiment, et ils sont manœuvres à distance, à l'aide de petits moteurs électriques. On se rappelle que nous avons déjà rencontré une disposition analogue dans l'usine du secteur de la place Clichy.

Il nous reste à parler du départ des feeders. Rien de plus simple. Chaque câble est commandé par un interrupteur, qui se manœuvre, comme tous les appareils analogues. On a jugé inutile d'installer actuellement des rhéostats de réglage sur chacun des feeders. Ceux-ci ont en effet un diamètre considérable et, au moins pendant quelques années, ils n'entraîneront que de faibles pertes de charge. Dès que le débit de l'usine augmentera notablement on procédera au réglage des feeders. Une place a été réservée dans le tableau pour les futurs rhéostats.

L'usine Saint-Roch contient, en dehors des appareils que nous avons cités, les instruments ordinaires de contrôle, démesure et de sécurité que l'on rencontre dans les stations centrales. Nous n'en avons indiqué que quelquesuns sur la figure 105, afin de la rendre plus compréhensible.

SECTEURS ÉLECTRIQUES ET STATIONS CENTRALES (SUite) 243

Dans les projets de la Compagnie Parisienne de l'air comprimé , Tusine Saint- Roch est destinée à devenir un centre de transformation d'une puissance tout à fait exceptionnelle. Elle pourra, plus tard, alimenter jusqu'à 100.000 lampes.

[e) Sous-stations d'accumulateurs. — Il est inutile de nous étendre longuement sur les sous-stations d'accumulateurs encore en service, puisqu'elles sont destinées à disparaître.

Il existe, avons-nous dit, dans chaque sous-station 2 batteries de 67 accumulateurs. Lorsqu'une batterie est en charge, l'autre est en décharge; exceptionnellement, au moment du grand éclairage, les deux batteries sont réunies en quantité et mises à la décharge.

Le seul point qui présente un peu d'intérêt, c'est l'insertion d'une batterie sur la ligne à haute tension. Si Ton faisait passer brusquement le courant total par la batterie, comme chaque élément peut absorber environ 1"°*',8, on produirait un à-coup gênant pour l'usine. Aussi on commence d'abord par insérer graduellement une résistance et on l'amène à absorber à peu près autant de volts que la batterie. On met alors la batterie en dérivation sur la résistance et, en réduisant peu à peu celle-ci à zéro, on finit par n'avoir plus que la batterie sur la ligne. Comme toujours, un réducteur permet de faire varier le nombre des éléments en charge.

Pour retirer une batterie du circuit à haute tension, on met d'abord en dérivation sur la batterie une résistance équivalente. Puis on isole la batterie et l'on diminue peu à peu la résistance jusqu'à zéro.

Nous ne dirons que fort peu de choses de la façon dont se déverse le courant des accumulateurs dans le réseau. C'est toujours le réducteur qui est l'organe essentiel de la manœuvre. Nous en avons déjà parlé bien des fois *.

(/) Usines de la rue des Jeûneurs, de la Bourse du Commerce et du Retire. — Les usines de la rue des Jeûneurs, de la Bourse du Commerce et du Retiro ont ceci de particulier, c'est que tous leurs moteurs marchent avec de l'air comprimé. C'est une anomalie. Tout au plus s'explique-t-on l'emploi de cet intermédiaire onéreux pour les moteurs de la Bourse du Commerce, attendu que le froid intense produit par l'air, en se détendant, sert à refroidir des magasins de conservation installés dans les sous-sols de cet établissement et loués à des commerçants.

* Nous avons eu Toccasion de dire que l*on avait renforcé quelques-unes des sousstalions d*accumulateurs par des transformateurs Thury. Nous jugeons inutile de décrire les dispositions prises à cet efTet, attendu qu'il s'agit d'installations purement provisoires.

Dans Texposé général du secteur nous avons indiqué le rôle de chacune de ces trois usines. Nous n'y reviendrons pas. Voici comment sont organisées ces usines.

1® Usine de la rue des Jeûneurs. — L'usine de la rue des Jeûneurs alimente un réseau à 3 fils formant deux ponts, avec une différence de potentiel de 110 volts sur chaque pont. Le réseau est relié à l'usine par des feeders. Le tableau, très simple, est formé par une couronne de 3 cibles correspondant aux trois fils de la distribution. Le groupement des dynamos se fait suivant la méthode indiquée pour le secteur Edison.

Le matériel électrique comprend :

2 dynamos Thury, de 400 ampères et 125 volts, tournant, l'une à 600 tours par minute, l'autre à 450 tours ;

une dynamo Thury, de 250 ampères et 125 volts, tournant à 575 tours par minute ;

une dynamo Edison, de 240 ampères et 125 volts, tournant à 900 tours par minute ;

Les moteurs sont, pour chaque dynamo Thury de 400 ampères, 1 moteur horizontal à air comprimé et à un cylindre de 75 chevaux tournant à 90 tours par minute et, pour chacune des deux autres dynamos, 1 moteur horizontal à air comprimé et à 2 cylindres de 50 chevaux (Paxman), tournant à 125 tours par minute.

Pour empêcher qu'il ne se forme de la glace dans les tuyaux d'échappement, on fait passer l'air comprimé, avant son admission aux tiroirs, dans des réchauffeurs.

2** Usine de la Bourse du commerce, — Cette usine alimente un petit réseau à 2 fils et à 110 volts. Elle peut aussi venir au secours de la ligne à haute tension et charger quelques sous-stations d'accumulateurs. Dans ce cas on met en mouvement une dynamo Desroziers de 250 ampères et 400 volts.

L'électricité distribuée dans le réseau à 110 volts est produite par 2 dynamos Desroziers de 800 ampères et 125 volts tournant à 160 tours par minute. Ces deux dynamos sont actionnées, l'une par un moteur à air comprimé et à un cylindre de 165 chevaux (Farcot) tournant à 52 tours par minute, l'autre par deux moteurs à air comprimé de 75 chevaux (Farcot) tournant à 70 tours par minute et accouplés sur un même arbre.

La dynamo de 250 ampères et 400 volts est mise en mouvement à l'aide d'un plateau Raffard par un moteur h air comprimé de 150 chevaux (Daix) tournant à la même vitesse qu'elle, soit 160 tours par minute.

11 existe comme à l'usine de la rue des Jeûneurs des réchauffeurs pour l'air comprimé. Mais ils ne fonctionnent que lorsque l'on n'a pas besoin d'air froid dans les chambres frigorifiques.

L'usine de la Bourse du commerce dessert, en dehors de son réseau à

SECTEURS ÉLECTBIQUES ET STATIONS CENTRALES [SUttc) 245

2 fils, un circuit spécial pour lampes à arc. Ces lampes sont placées dans les bâtiments mêmes de la Bourse du commerce et dans un bazar voisin. Elles sont montées en série et alimentées par une machine Thomson-Houston de 7 ampères et 1.500 volts.

Deux batteries d'accumulateurs de 2.100 ampères-heure ont été adjointes à Tusine. Elles se composent chacune de 67 éléments de la Société pour le travail électrique des métaux.

3" Usine du Retiro, — Les dynamos qui servent pour le circuit des lampes à arc sont des dynamos Thomson-Houston de 9 ampères 8 et de 2.500 volts, tournant à 820 tours par minute. Elles sont au nombre de 3 et sont actionnées chacune par un moteur à air comprimé à un cylindre, système Jean et Peyrusson.

Les dynamos de secours sont 3 Rechniewski de 400 ampères et 125 volts tournante 300 tours par minute. Elles sont mises en mouvement par 3 moteurs à air comprimé et à 2 cylindres de 50 chevaux (Paxman), tournant à 125 tours par minute.

Tout Tair comprimé de Tusine circule, avant d'arriver aux machines, dans des réchauffeurs.

Secteur des Ghaxnps-Elirsées. ~ (a) Physionomie générale. — Le Secteur des Champs-Elysées embrasse un vaste triangle dont deux côtés sont formés par la Seine et les fortifications ; le troisième côté est déterminé par le boulevard Malesherbes, la rue Royale et la place de la Concorde. Dans ce périmètre sont compris Auteuil, Passy, le quartier des Champs-Elysées et celui de la plaine Monceau*.

Les maisons de luxe abondent dans ce secteur. Dans le voisinage du Bois de Boulogne on rencontre également de très belles maisons de rapport contenant des clients tout indiqués pour une exploitation électrique. En revanche la population est peu dense, circonstance défavorable, car elle oblige à développer beaucoup la canalisation.

Dès lors, afin de diminuer les pertes de charge, les hautes tensions s'imposaient. On y a trouvé en outre cet avantage : c'est de pouvoir éloigner Tusine productrice d'électricité, de Paris et de s'éviter ainsi les réclamations qu'occasionnent souvent dans les grandes villes, la fumée du charbon brûlé sous les chaudières et les trépidations produites par les machines.

On s'est placé dans le voisinage immédiat de la Seine, à Levallois-Perret. Cette proximité du fleuve devait être recherchée en vue de l'arrivage par bateau des approvisionnements de houille et du puisage direct en rivière de l'eau nécessaire à la condensation de la vapeur.

* Voir, figare 66, la carte des secteurs.

Du moment où l'on abordait les hautes tensions, les courants alternatifs devaient être préférés aux courants continus. Quant à ces tensions ellesmêmes, tout commandait de les prendre aussi hautes que possible, sans cependant atteindre des valeurs n'ayant pas encore reçu la sanction de la pratique. On s'est arrêté à une tension de 3.000 volts. Une tension pareille permet évidemment d'alimenter économiquement les points les plus éloignés du réseau, bien qu'ils soient à 8 kilomètres au moins de l'usine.

Les courants alternatifs à haute tension ne peuvent être distribués directement aux abonnés. Il est nécessaire de les ramener à une tension ne dépassant pas HO volts à l'aide de transformateurs.

La question qui se pose en semblable matière est de savoir si ces transformateurs doivent être placés chez les abonnés ou s'il convient de créer des postes centraux de transformateurs, d'où rayonnent des canalisations à basses tensions.

Le Secteur des Champs-Elysées dont la concession expirera le 13 août 1908 et qui, à cette époque, devra abandonner gratuitement sa canalisation à la Ville de Paris, a trouvé qu'il était plus avantageux pour lui de conduire les hautes tensions jusque chez les abonnés.

La distribution se fait donc à potentiel constant. Des feeders partent de l'usine et aboutissent à certains centres de distribution. Le principal est celui qui est formé par la place de l'Etoile. Les douze grandes avenues qui convergent vers cette superbe place, forment autant de directions secondaires.

Quant à la canalisation, elle est faite en câbles fortement isolés, protégés par une armature et posés directement dans le sol. Pour éviter les effets d'induction sur les masses métalliques ou sur les circuits placés dans le voisinage des câbles, ceux-ci sont doubles. Ils contiennent au centre un premier conducteur et, conccntriquement à celui-ci, une couronne de fils formant le second conducteur. De cette façon, les champs d'induction produits par chacun des câbles se neutralisent à chaque instant.

{b) Usine de Leyallois. — Dispositions générales. — L'usine comprend deux grands bâtiments en briques et fer disposés à peu près parallèlement à la Seine. L'un de 18 mètres de largeur est réservé à la production de la vapeur, l'autre de 14",50 de largeur contient les moteurs et les dynamos. Il est flanqué par un appentis de 3", 50 de largeur dans lequel on a concentré tous les appareils de distribution. Ces bâtiments et l'appentis sont actuellement montés sur une longueur de 50 mètres; ils seront prolongés selon les besoins de l'exploitation.

En avant du bâtiment des chaudières, se trouve une cour de dégagement <5P.rvant pour la manutention des charbons. On y a installé également un

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Ta

épurateur dans lequel les eaux d'alimentation abandonnent leurs sels calcaires avant de pénétrer dans les chaudières.

La prise d'eau se fait directement en Seine à Taide d'un tuyau de 0",70 de diamètre commandé par des pompes centrifuges.

Le voisinage du fleuve a conduit à des travaux de fondation assez dispendieux. On a établi une fondation générale en béton reposant sur des puits au fond desquels des pieux ont été battus et que Ton a ensuite remplis avec du béton. L'ensemble forme une cuvette absolument étanche qui met l'usine à l'abri des inondations.

Malgré cette précaution il eut été imprudent de descendre les chaudières en sous-sol. Le bâtiment qui les contient est de niveau avec la cour. Le plancher de la salle des machines est à 2", 30 au-dessus. Un massif à grand empattement supporte chaque groupe de machines. Les condenseurs sont logés dans les vides existant entre les massifs.

Dynamos, — Les unités adoptées par le secteur des Champs-Elysées sont de grandes et belles dynamos alternatives de 133 ampères et 3.000 volts (soit 400 kilowatts) construites p*irMM. Hillairet et Huguet. Au besoin, la puissance de chaque dynamo alternative, ou alternateur, peut être portée à 455 kilowatts.

Contrairement à ce que l'on rencontre dans la plupart des dynamos, l'inducteur seul est mobile. On a ainsi l'avantage de n'avoir en mouvement que des pièces parcourues par de« courants continus et à faible tension (ceux de l'excitatrice).

Vinducteur est formé par une couronne de 80 bobines montées perpendiculairement à la jante d'un grand volant reposant par un arbre sur deux paliers. Pour créer à l'extrémité de chacune de ces bobines un champ magnétique agissant sur l'induit^ il est nécessaire de les faire traverser par un courant électrique continu. C'est là le rôle des excitatrices. Chaque alternateur a son excitatrice qui est une dynamo Hillairet à courants continus et à 8 pôles de 25 kilowatts tournant à 300 tours. La force électro-motrice de chaque excitatrice varie de 90 à 150 volts. La prise de courant se fait à l'aide de bagues isolées, disposées autour de l'arbre, et reliées, d'une part aux bobines par un conducteur que l'inducteur entraîne dans son mouvement, d'autre part à l'excitatrice par des balais frottant sur les bagues.

Le diamètre extérieur de l'inducteur est de 5", 80.

Vinduit est constitué par une couronne de 80 bobines fortement isolées disposées en regard des bobines de l'inducteur. Chaque bobine est amovible et peut, en cas d'accident^ être remplacée rapidement par une bobine neuve. Les bobines sont montées par 20 en série. L'inducteur doit, par suite, produire dans chacune d'elles une force électro-motrice de 150 volts. L'induit

SECTEURS ÉLECTRIQUES ET STATIONS CENTRALES [Suite) 249

étant fixe, la prise de courant se fait naturellement sans organe mobile, balai ou bague.

La vitesse qu'il est nécessaire de communiquer à Tinducteur, pour qu'il engendre dans chaque bobine de Tinduit, une force électro-motrice de 150 volts est de 60 tours par minute (un tour à la seconde). Cette vitesse est faible

Figure 107.

Usine de Levallois. — Vu« d'un alternateur de 400 kilowatts.

et permet de commander Tarbre des alternateurs directement par les moteurs. Un accouplement élastique, analogue au plateau Raffard, n'est pas nécesaire en raison de la grande masse de l'inducteur. Cette pièce pèse en effet 30 tonnes et forme volant.

L'inducteur, faisant un tour à la seconde, la fréquence ou nombre de périodes du courant alternatif produit pendant une seconde est de 40 *.

Le rendement des dynamos de l'usine de Levallois est de 85,5 **/o. Les pertes se répartissent comme il suit :

Dans l'induit (R.P) 3 V«

Dans l'inducteur (R.P) 3,5

Courants de Foucault, hystérisis, ventilation. . 8

Total 14,57,

Le rendement est, comme on le voit, un peu plus faible que celui de bonnes dynamos à courants continus.

* Dans un courant alternatif la fréquence est le temps qui s'écoule entre deux passages successifs par la même valeur.

Moteurs. — En marche normale chaque dynamo absorbe 600 chevaux. Des moteurs de cette puissance étaient donc tout indiqués. Mais comme, pendant le jour, la marche normale sera difficilement atteinte, attendu que la consommation d'énergie électrique se tiendra, au moins pendant les premières années d'exploitation, bien au-dessous de 400 kilowatts, on a été amené à commander Tune des dynamos par deux moteurs de 300 chevaux pouvant être accouplés avec elle successivement.

Les moteurs sont des machines horizontales à détente et à un seul cylindre tournant, comme nous Tavons vu, à 60 tours et accouplées directement avec les dynamos. Par rapport aux moteurs verticaux à triple expansion, que nous avons rencontrés dans la plupart des autres usines où la place fait défaut, ils présentent les avantages suivants :

Grande commodité de surveillance et d'entretien^ puisque toutes les pièces sont facilement accessibles.

Rendement sensiblement constant lorsque le travail à développer diminue. Avec les moteurs à triple expansion au contraire le rendement n'est satisfaisant que pendant la marche à pleine charge. Cette condition, qui peut être réalisée dans une usine à courants continus, où le travail momentanément disponible sert à charger des accumulateurs, serait en effet difficile à obtenir dans une usine à courants alternatifs, où il ne faut compter que sur la consommation extérieure.

Enfin il n'était pas sans intérêt d'adopter à Levallois des machines à large assiette en raison de la difficulté des fondations.

L'accouplement des moteurs et des dynamos se fait à l'aide d'une bielle ordinaire. Les moteurs de 300 chevaux s'isolent par débiellage. Leurs bielles sont calées à 90^

Quant aux excitatrices, elles sont mises en mouvement par des courroies qu'entraîne une poulie montée sur l'arbre de chaque dynamo.

Les moteurs marchent normalement avec condensation. Mais ils sont également disposés pour un échappement de la vapeur à air libre. A condensation, ils consomment par heure moins de 7 kilogr. de vapeur à 6 atmosphères.

Ils ont été construits par la maison Farcot.

Chaudières. — Les chaudières, du type Galloway*, peuvent donner 3.000 kilogr. de vapeur à 6 atmosphères par heure. La consommation correspondante de charbon est de 1 kilogr. par 9 kilogr. de vapeur produits.

Les chaudières Galloway ont le double avantage de pouvoir être mises assez rapidement en pression et d'emmagasiner un poids considérable de

* Elles proviennent des ateliers de MM. Rénaux fils et Bonpain, à Rouen.

SECTEURS ÉLECTRIQUES ET STATIONS CENTRALES (Suitc) 251

vapeur. La conduite du feu est, pour cette dernière raison, beaucoup plus facile qu'avec des chaudières multitubulaires.

L'eau d'alimentation provient de la Seine. Avant d'être lancée par des pompes dans les chaudières, elle passe dans un épurateur Gaillet où elle abandonne la vase qu'elle tient en suspension et ses sels calcaires, puis dans un économiseur Green. Cet économiseur est très simple. Il se compose de 384 tubes verticaux en fonte disposés dans une grande chambre que traversent les fumées avant de s'échapper par la cheminée. L'eau circule dans les tubes et se réchauffe à leur contact. A la sortie de l'économiseur, sa température est d'environ 100 degrés. On gagne ainsi toute la différence de température existant entre 100 degrés et la température de l'eau dans la Seine. Ce gain se traduit par une économie de charbon de 7,7 pour cent. Toutefois, pour que l'économiseur fonctionne convenablement, il faut éviter que la suie ne se dépose sur les tubes et ne forme, autour d'eux, une couche mauvaise conductrice de la chaleur. C'est là l'office d'une série de raclettes mues par un petit moteur et qui se déplacent, de haut en bas, le long de chaque tube.

La cheminée se trouve au milieu de la ligne des chaudières supposée complète. Elle a 3",20 de diamètre intérieur et 40 mètres de hauteur.

Tableau de distribution. — Le tableau de distribution permet :

1"* de régler le courant d'excitation des alternateurs et par suite leur force électromotrice ;

2** de coupler les alternateurs en parallèle ;

3** d'envoyer le courant dans tel ou tel feeder partant de l'usine ;

Toutes les pièces du tableau sont fixées à un grand panneau en bois supporté par des isolateurs en porcelaine. Le plancher qui règne le long du tableau est lui-même parfaitement isolé en sorte qu'un accident n'est possible que si l'on vient à toucher deux conducteurs de polarité différente. Mais d'abord les surveillants ne doivent jamais effectuer une manœuvre quelconque sans s'être garanti les mains avec des gants en caoutchouc ; ensuite, tous les organes parcourus par des courants à haute tension sont peints en rouge vif, de manière à éveiller l'attention.

L'excitation des alternateurs se règle en modifiant l'excitation des excitatrices. Le courant produit par celles-ci se rend dans deux barres dites d'excitation d'où partent: 1*" les conducteurs d'excitation des alternateurs; 2** les dérivations qui excitent les inducteurs des excitatrices. Les dynamos excitatrices marchent donc en rf^nua/eon. Pour faire varier leur force électromotrice, il suffit d'agir sur un rhéostat intercalé sur chaque dérivation. En outre — et cela est nécessaire pour le réglage de l'excitation quand les alternateurs marchent en parallèle — on dispose d'un rhéostat général d'excitation qui

permet d'agir, à la fois, sur les inducteurs de toutes les excitatrices. La tension dans les barres est indiquée par un voltmètre.

Figure i08.

Usine de Levallois. — Vae d^ensemble du tableau de distribution.

Les circuits reliant les barres d'excitation, d'une part aux alternateurs, d'autre part aux excitatrices sont naturellement commandés chacun par un

TTT

fvi nin n i

JL

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VA

Wl

Figure 109.

Usine de Levailois. — Schéma du tableau de distribution.

interrupteur. Ils sont également munis d'ampèremètres qui indiquent Tintengité du courant employé.

SECTEURS ÉLECTRIQUES ET STATIONS CENTRALES [suite) 253

Le couplage des alternateurs en parallèle se fait d'une façon très simple. Supposons par exemple que la dynamo n* 1 devienne insuffisante et qu'il faille lui adjoindre la dynamo n" 2. La dynamo n** 1 est déjà, par hypothèse, branchée sur les barres de distribution d'où partent les feeders. On met la dynamo n" 2 en route et Ton envoie le courant qu'elle produit dans un puissant rhéostat situé sous le plancher du tableau de distribution, dans un local fermé à clef. Ce rhéostat peut absorber 400 kilowatts. Il comprend en réalité 40 rhéostats de 1 0 kilowatts chacun que l'on insère successivement sur le circuit à l'aide de touches. Quand l'alternateur est à son régime normal on peut le brancher sur les barres de distribution dès que les phases du courant qu'il produit sont en concordance avec celles du courant de l'alternateur n» 1 . L'appareil qui permet de vérifier qu'il y a concordance de phases s'appelle indicateur de phases. Le principe sur lequel il repose est le suivant :

Soient A et B deux circuits parcourus par des courants alternatifs à la même tension. S'il y a concordance de phases le courant qui passera par le

3 ■■- Vw

Figure i\

Usine de Levallois. — Principe de Tindicateur de phases.

conducteur 1 subira les mêmes variations que celui qui circule dans le conducteur 3. De même 2 et 4 seront traversés par des courants identiques. Si donc on réunit par des fils métalliques les câbles 1 et 3 et les câbles 2 et 4 il ne passera dans ces fils aucun courant. Des lampes intercalées sur leur trajet resteront constamment obscures. Elles s'allument au contraire dès que les phases ne coïncident plus.

Pour déterminer le moment où les deux circuits A et B sont en coïncidence de phases et où, par suite, il devient possible de les coupler en parallèle, on n'a donc qu'à les relier comme l'indique la figure. L'accouplement pourra se faire dès que les lampes s'éteindront.

C'est de cette façon que l'on opère avec les alternateurs de l'usine de Levailois ;mais, comme les lampes de l'indicateur ne consomment pas plus de HO volts, on prend le soin de les insérer non pas sur un circuit branché

directement sur les barres à 3.000 volts, mais bien sur un circuit secondaire commandé par un transformateur.

L'accouplement des alternateurs n*** 1 et 2, pris pour exemple, se fait alors comme il suit : A Taide d'un commutateur double, on branche Talternateur n' 2 sur les barres de distribution, tout en le laissant en charge sur les rhéostats. Puis, en agissant successivement sur les 40 touches de ces rhéostats on fait passer dans le réseau, par fraction de 10 kilowatts, les 400 kilowatts de Talternateur n** 2. De cette façon l'accouplement se fait sans le moindre à-coup.

S'il devient nécessaire de retirer un alternateur du circuit, on se sert encore des rhéostats. On les relie successivement à l'alternateur, puis on coupe la communication de celui-ci avec la ligne. On n'a plus alors, pour mettre la machine correspondante au repos, qu'à enlever des résistances, et qu'à annuler progressivement le courant d'excitation en agissant sur le rhéostat de l'excitatrice.

Rien de particulier ne signale la liaison des barres de distribution et des feeders. Notons seulement que l'un d'eux dit feeder de service de jour est connecté de telle façon qu'il peut être branché sur les barres du rhéostat de charge. On s'est réservé, ainsi, la possibilité de nettoyer ou de réparer les barres de distribution et les appareils qui en dépendent, sans être obligé d'interrompre le courant sur la ligne.

La liaison des feeders partant du tableau avec les feeders concentriques du réseau se fait dans une boîte de jonction spéciale dite capot d'usine. Cette boîte est percée de trois ouvertures. L'une sert pour l'entrée du câble ; les deux autres donnent passage à des conducteurs aboutissant au tableau. Dans l'intérieur du capot, le câble est dénudé et relié à l'un des conducteurs par son âme en cuivre, à l'autre par sa couronne annulaire en fils de cuivre. Les jonctions une fois faites, le capot est soigneusement rempli avec de la matière isolante.

Puissance actuelle et future de l'usine, — L'usine ne contienten ce moment que 3 dynamos de 400 kilowatts, 2 moteurs de 300 chevaux accouplés sur l'une des dynamos et 2 moteurs de 600 chevaux actionnant chacun une dynamo.

Les chaudières sont au nombre de cinq.

La force totale de l'usine qui atteint 1.200 kilowatts pourra être facilement portée à 2.800 kilowatts par l'installation de quatre nouvelles dynamos de 400 kilowatts. Les massifs de fondation qui doivent supporter les dynamos et les moteurs de 600 chevaux qui les actionneront sont tout préparés. L'usine pourra alors alimenter 80.000 lampes de 10 bougies.

Si la consommation croît au-delà de ce chiffre il sera aisé, étant donnée la place dont on dispose, de mettre en œuvre de nouveaux moyens d'action.

SECTEURS ÉLECTRIQUES ET STATIONS CENTRALES [suite] 255

Secteur de la rive gauche. — Le secteur de la rive gauche bien que concédé depuis le H décembre 1890 commence seulement à s'organiser.

Il comprend toute la rive gauche de la Seine et en plus, les îles de la Cité et de Saint-Louis.

Sa surface est énorme. Elle renferme quelques parties très avantageuses pour une exploitation électrique comme le boulevard Saint-Michel et le boulevard Saint-Germain, et un nombre considérable d'écoles, de lycées et d'institutions appartenant soit à la Ville, soit à TEtat. Malheureusement tous ces établissements sont fort disséminés. La Compagnie du Secteur de la Rive gauche ne pourra par suite les desservir qu'à l'aide d'une canalisation excessivement développée. Dans ces conditions une distribution de courants à haute tension avec transformateurs est évidemment indiquée.

Dans les projets de la Société une grande usine sera élevée rue Verte, à Ivry, à peu de distance de la Seine. Des unités de 600 chevaux* enverront du courant alternatif à 3.000 volts dans une canalisation primaire desservant un certain nombre de sous-stations de transformateurs. De là rayonneront des circuits secondaires à trois fils servant spécialement pour la distribution et dans lesquels la tension ne sera plus, pour chaque pont, que de HO volts.

En attendant que de telles dispositions soient réalisées le concessionnaire exploite, principalement pour éclairer la Sorbonne, une petite usine, située place Sainte-Geneviève n° 4. Celle-ci comprend :

2 générateurs Collet timbrés à 10 kilogr. et d'une capacité de 2"', 562 ;

3 machines à vapeur Œrlikon de 60 chevaux chacune ;

3 dynamos à courants continus Œrlikon de 300 ampères et 110 volts;

2 batteries de 67 accumulateurs Dujardin d'une capacité de 800 ampèresheure.

Cette usine ne pourra plus évidemment être utilisée (à moins qu'on ne lui fasse faire un service spécial) le jour où l'on distribuera des courants alternatifs.

Réseau municipal et Usine des Halles. — Physionomie générale. — La création de l'usine des Halles a été décidée par un vote du Conseil Municipal du 31 Mars 1888.

A ce moment, un grand mouvement se produisait à Paris, en faveur de l'électricité. Aux yeux du Conseil une usine municipale devait permettre de comparer utilement les divers systèmes de production de l'énergie élec-

* On compte installer 10 machines verticales Compound tournant de i 35 à 140 tours et actionnant chacune par accouplement RafTard une dynamo Zipernowski de 400 kilowatts. Les excitatrices seront mises en mouvement par des courroies montées sur les volants des machines.

trique et de déterminer exactement le prix de revient du nouvel éclairage.

La plus grande variété a présidé, par suite, à la rédaction du programme d'exécution. A côté des courants continus à basse tension on a admis des courants alternatifs à 2.400 volts. La puissance mécanique de Tusine a été partagée en deux groupes à peu près égaux de moteurs horizontaux et de moteurs verticaux. Enfin, on a tenu à ce que Tusine n'éclairât pas exclusivement les halles et leurs sous-sols mais encore à ce qu'elle distribuât le courant électrique aux riverains des rues voisines.

Le réseau municipal n'a pas, comme celui d'un secteur, une délimitation spéciale. En principe, la Ville s'est réservé la possibilité de canaliser toutes les rues de Paris. C'est pour cette raison qu'elle n'accepte pas que les canalisations des Sociétés d'Electricité passent à moins de 1 mètre de distance des façades dans les rues à largeur normale ; même dans les rues les plus étroites elle se réserve, pour y placer au besoin des canalisations, une largeur libre de 60 centimètres.

L'usine des Halles n'éclaire cependant qu'une surface peu étendue. C'est que sa puissance (environ 930 chevaux) n'est pas très considérable. Et, comme elle doit pourvoir d'abord à l'éclairage des Halles qui comprend 234 lampes à arc et 600 lampes à incandescence de 16 bougies, il ne reste guère à la disposition des abonnés — défalcation faite des machines de secours — qu'une puissance de 440 chevaux.

Les courants continus sont réservés aux Halles et à quelques rues avoisinantes (rue des Halles, rue Berger, boulevard Sébastopol, rues du Pont-Neuf et de Rivoli). Les dynamos à haute tension desservent un premier circuit gagnant l'avenue de l'Opéra par la rue des Petits-Champs et se terminant près de la place du Théâtre-Français et deux autres circuits, aboutissant aux magasins de la Belle-Jardinière, qui constituent le plus gros client du réseau.

La distribution se fait à deux fils pour les courants alternatifs, avec transformateurs chez les abonnés abaissant le potentiel de 2.400 à 100 volts et à trois fils avec feeders pour les courants à basse tension. La différence de potentiel dont on dispose sur chaque pont est de 110 volts.

Tous les câbles anciens sont isolés et posés dans des caniveaux en béton. Maintenant on emploie, de préférence, des câbles armés et isolés système Siemens.

L'usine est placée dans le sous-sol du pavillon n" 3 ; elle comprend une salle spéciale pour les chaudières et une salle pour les moteurs et les dynamos. La surface totale dont on dispose est de 4.900 mètres carrés. On n'en utilise en ce moment que les deux tiers. 11 sera donc facile d'agrandir l'usine si la nécessité s'en fait sentir.

Les projets primitifs ne comportaient pas d'accumulateurs. L'usine possède maintenant une batterie de 1.900 ampères-heures que les Ingénieurs de

SECTEURS ÉLECTRIQUES ET STATIONS CENTRALES (suite) 257

la Ville ont fait installer dans le double but de venir en aide aux dynamos, au moment du grand éclairage, et de faire mieux travailler les moteurs pen-

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dant la journée, en utilisant la puissance disponible à la charge des accumulateurs.

Dynamos. — Le matériel électrique de Tusine se compose :

1** de 6 dynamos Edison à courant continu de 333 ampères et 120 volts tournant à 600 tours par minute et formant 3 groupes de deux dynamos commandés chacun par un moteur ;

2"* 4 dynamos Desroziers à courant continu de 250 ampères et 120 à 170 volts servant spécialement à la charge des accumulateurs ;

3^ 3 dynamos Ferranti à courant alternatif de 46 ampères 6 et 2.400 volts, tournant à 530 tours par minute et portant chacune, sur Tabre de Tinduit, une excitatrice.

La manœuvre des dynamos Edison se fait comme dans l'usine du Palais- Royal. L'organe principal est le commutateur-inverseur déjk décrit. Nous renvoyons à ce qui a été dit ainsi qu'aux figures 86 et 87.

Les feeders sont au nombre de huit.

Six de ces feeders alimentent les canalisations publiques. Comme le débit qu'ils doivent fournir varie selon les besoins des abonnés, il est nécessaire de corriger les variations de perte de charge dues aux variations de la consommation. C'est pourquoi les six feeders de la voie publique passent par un tableau de distribution secondaire qui permet de faire varier dans de petites limites la tension de l'électricité distribuée. On arrive à ce résultat en ajoutant ou en retranchant une résistance sur les fils extrêmes des feeders. La manœuvre se fait à la main.

Les deux autres feeders, qui desservent les Halles, n'ont pas besoin de ces corrections.

Nous n'avons rien à dire des dynamos Desroziers qui sont identiques, à la puissance près, à celles que nous avons rencontrées dans les usines de la Compagnie Parisienne de l'air comprimé et de la Société anonyme d'éclairage et de force.

Les dynamos Ferranti sont au contraire les seules machines de ce système fonctionnant à Paris. Leur description se trouve dans tous les traités d'électricité. Rappelons seulement que l'induit est mobile et qu'il est formé par 20 bobines très plates disposées à la périphérie d'un plateau métallique. Ces bobines ont cela de particulier qu'elles sont constituées par un ruban de cuivre isolé et enroulé un très grand nombre de fois autour d'un noyau en bronze. Il n'existe donc pas de fer dans l'induit.

Les bobines sont au nombre de 20 ; elles sont couplées par 10 en tension et peuvent donner chacune 240 volts.

L'inducteur comprend deux couronnes d'électro-aimants se faisant face. On peut le séparer en deux parties suivant un diamètre vertical et, en retirant colles-ci, dégager complètement l'induit, ce qui facilite beaucoup le nettoyage et les réparations.

Le tableau de distribution est peu compliqué. Nous avons vu que l'on avait

SECTEURS ÉLECTRIQUES ET STATIONS CENTRALES [suite) 259

trois circuits à desservir. Le tableau permet d'alimenter Tun quelconque des circuits par Tune quelconque des trois dynamos*. Les coupe-circuits sont formés par de longs fils de platinoïde très fins, placés dans un tuyau en poterie présentant une série d'étranglements. On diminue ainsi l'importance de Tétincelle lorsque, sous l'influence d'un courant exagéré, les fils viennent à fondre. Il faut naturellement un coupe-circuit par câble en raison des alternances du courant. On trouve également sur le tableau trois rhéostats à manette dont l'office est de régler le courant des dynamos excitatrices.

Moteurs, — Les moteurs au nombre de 6 se divisent en deux groupes. Trois machines verticales à triple expansion de 140 chevaux, tournant à 160 tours par minute, actionnent chacune, par courroies, deux des dynamos Edison. Trois machines horizontales Corliss de 170 chevaux, tournante 180 tours par minute, mettent en mouveinent les 3 dynamos Ferranti et les quatre Desroziers*.

Les machines à triple expansion nécessitent la condensation de la vapeur, à sa sortie des cylindres. Celle-ci s'efl^ectue dans une cloche à injection d'eau. L'eau réchauffée est refoulée fi l'égout par une pompe à vapeur. On a récemment installé un condenseur de rechange. Les machines Corliss peuvent marcher à condensation ou à échappement libre. Mais, comme l'eau ne manque pas aux Halles, la condensation est seule employée. Chaque machine a son condenseur propre, monté en tandem.

L'admission de la vapeur se fait à 10 kilogr. dans les moteurs verticaux et à 7 kilogr. seulement dans les machines Corliss.

Chaudières, — Les chaudières, au nombre de 6, sont toutes du genre Belleville. Elles peuvent produire chacune l.oOO kilogr. de vapeur à l'heure à la pression de 15 kilogr. par centimètre carré. La consommation garantie est de 1 kilogr. de charbon par 8 kilogr. de vapeur.

La pression de la vapeur est abaissée à 10 kilogr. par un premier détendeur. Celle qui alimente les machines Corliss passe encore dans un nouveau détendeur d'où elle sort à 7 kilogr. seulement.

L'eau d'alimentation des chaudières provient des conduites publiques.

Une grande cheminée de 45 mètres de hauteur empêche la fumée de se rabattre vers le sol.

Accumulateurs. — La batterie d'accumulateurs comprend deux groupes de 67 bacs montés en dérivation pour la décharge sur l'un et l'autre pont du tableau de distribution du courant à basse tension. La charge

* Les dynamos Ferranti de Tusine des Halles ne se couplent pas en quantité. ' Les moteurs verticaux sortent des ateliers Weyher et Richemond, à Pantin. Les machines Corliss ont été construites par MM. Lecouteux et Garnier.

s'effectue par les dynamos Desroziers à Taide d'un tableau spécial. Un disjoncteur automatique protège les dynamos.

La capacité delà batterie est de 1.900 ampères-heure. Elle peut débiter en régime normal 280 ampères pendant 7 heures, et, en régime forcé, 700 ampères pendant 1 heure 1/4.

La batterie n'est pas encore reçue, le rendement de 70 «/o en watts, promis par les constructeurs, n'ayant pas été atteint.

Dépenses d'installation, — Les dépenses d'installation, moins celles des dynamos Desroziers et des accumulateurs qui ne sont pas complètement liquidées, ont été les suivantes :

(A). Installation commune aux deux sortes de courant

Générateurs Belleville y compris les pompes

d'alimentation 76.000^

Tuyauterie. Réservoir d'eau 22.000

Carneaux de fumée 18.000

Cheminée (hauteur 45". Diamètre intérieur

moyen 2™,33) 30.000

Tuyauterie de vapeur et détendeur . . , . . 5.000

Total 151.000f.

(B). Courant continu a basse tension

6 dynamos Edison (240 kilowatts) .... 44.000^

Transmissions 4.000

Tableau de distribution 8.000

Rhéostats 5.000

3 moteurs verticaux de 150 chevaux .... 105.000

Total lee.ooof.

(C). Courant alternatif a haute tension 3 dynamos Ferranti (330 kilowatts) .... 99.000^

Transmissions 3.000

Tableau de distribution 4.000

3 moteurs horizontaux de 170 chevaux . . . 90.000

Total 196.000f.

(D). Installations intérieures de l'usine

Bureaux, magasin 28.000^

Laboratoire 9.000

Lampes et suspensions 8.000

Travaux divers d'aménagement 58.000

Total 103.000.

Total général .... 616.000.

SECTEURS ÉLECTRIQUES ET STATIONS CENTRALES [suits) 261

En décomposant les dépenses par sortes de courant et répartissant les dépenses communes proportionnellement aux dépenses propres à chaque courant on trouve, pour prix du kilowatt installé, les chiffres ci-après :

Dépense totale Prix du kilowatt installé.

Courant continu à basse tension 282.000^ 1.175^

Courant alternatif à haute tension . . , . 334.000 1.012

Totaux généraux et moyennes . . . 616. 000^ 1.080^

Prix de revient de rélectiicitô dans les usines. — Le prix de revient de Télectricité dans les usines ne peut être encore déterminé d'une façon bien précise. Lorsque nous avons calculé le prix de revient du gaz nous nous sommes servi d'éléments présentant un caractère d'authenticité absolue et nous avons pu établir des moyennes résumant un très grand nombre d'années. La difficulté est beaucoup plus grande avec l'électricité. D'abord les Sociétés donnent peu de détails sur leurs comptes d'exploitation, ensuite, pour quelques-unes, la période d'installation n'est même pas terminée.

De plus, tandis que la fabrication du gaz est arrivée à un état de perfection tel qu'il n'est plus de progrès bien notable à espérer, la production de l'électricité fait, pour ainsi dire, chaque jour, de nouveaux progrès.

L'exploitation d'une usine électrique est beaucoup moins simple que ne pourrait le faire supposer le fonctionnement des appareils producteurs employés. Le difficile est d'utiliser toujours ces appareils dans des conditions où leur rendement soit maximum. Cette obligation est tellement impérieuse, que, dans certaines usines, on s*est décidé, comme nous l'avons vu, à charger des accumulateurs, aux heures de faible consommation, malgré la perte d'énergie que ces intermédiaires entraînent.

Môme en supposant la difficulté relative au rendement résolue, il est clair que le prix de revient varie d'une usine à l'autre suivant les qualités respectives du matériel employé. Ici, l'on s'est décidé pour des moteurs verticaux tournant à grande vitesse et l'on a à faire face à des dépenses considérables de graissage et d'usure de matériel. Ailleurs on a à regretter l'adoption de moteurs beaucoup trop faibles. Le prix du charbon rendu à pied d'œuvre a aussi une influence considérable. 11 en est de môme de la dépense d'eau nécessitée par la condensation de la vapeur.

On ne peut donc songer à établir un prix ferme. Tout au plus est-il permis de donner certaines limites entre lesquelles la production doit varier, selon qu'il s'agit d'une usine ancienne ou d'une usine récente, comme celle du Secteur des Champs-Elysées.

Ces limites paraissent ôtre, pour Thecto watt-heure, 1 centime 3/4 (ou 1 centime 1/2 si l'usine est hors Paris) et 3 centimes.

Il s'agit ici de la fabrication proprement dite, comprenant les frais de com-

bustible, d'eau, de graissage, de personnel des usines et de menu entretien.

Il s'agit encore des grandes usines analogues à celles qui alimentent les secteurs et de la période d'hiver, pendant laquelle les usines marchent dans les conditions les plus avantageuses. Telle usine en effet qui produit de l'électricité à 2 centimes l'hectowatt-heure, en hiver, ne l'obtient plus qu'à 4 centimes en été. Mais il convient de remarquer que la grosse consommation se fait surtout en hiver et que par suite ce sont les prix d'hiver qui ont la plus grande influence pour la fixation de la moyenne annuelle.

Si, pour les usines des secteurs, des renseignements absolument précis font défaut, on connaît en revanche très exactement les prix de fabrication obtenus à l'usine municipale des Halles qui, par son importance, est tout à fait comparable aux usines des secteurs.

Le prix de l'hectowatt-heure qui atteignait 5 centimes 9 en 1890 est descendu à 3 centimes 9 en 1891, également à 3 centimes 9 en 1892 et à 2 centimes 8 en 1893.

Ces prix, malgré leur grande amélioration, sont encore un peu élevés. Ils tiennent à ce que l'usine a légèrement vieilli. Il faut se rappeler aussi qu'en raison de sa situation dans un sous-sol l'usine est d'une exploitation des plus pénibles et que la diversité intentionnellement apportée dans le choix des engins (haute et basse tension, machines horizontales et verticales) est forcément incompatible avec un très bon rendement. On espère toutefois, en améliorant successivement les conditions de fonctionnement de Tusine, descendre encore au-dessous du dernier chiffre indiqué.

A THôtel-de- Ville le prix de revient est plus élevé. Il atteint en effet 5 centimes 5. Mais il s'agit là d'un cas tout à fait spécial, puisque le matériel complet de l'usine ne sert que pendant les fêtes, c'est-à-dire trois ou quatre fois au plus chaque année.

Dans les grandes gares la possibilité d'amener le charbon en wagon jusque devant les chaudières a une influence évidemment heureuse sur le prix de revient. Tel est le cas de la gare d'Orléans où Ton obtient l'hectowattheure à 2 centimes 1 .

Enfin, si l'on veut avoir le prix de revient dans une installation plus modeste on peut prendre comme exemple l'usine du parc des Buttes-Chaumont où l'hectowatt-heure est produit à raison de 4 centimes *.

* L'éclairage de rHôtei-de- Ville, de la gare d'Orléans et du parc des Buttes Chaumont sera étudié plus loin.

ANN EXES

Tableau récapitulatif et statistique des secteurs électriques

et stations centrales.

(Se reporter, pour la limite des secteurs et les emplacements des stations centrales^ à la carte précédemment donnée^ figure 66.)

t/éclairage a paris

SECTEUR ou

RÉSEAU

Secteor de la LSoeiété anonyme d*éelairageetdeforee.

Id.

Id.

EMPLACEMENT

SYSTÈME

de

de

L*CSINR

DISTRIBUTION

S^-Ouen

L'usine envoie

Quai de Seim

par 3 feeders du

no 4.

courant à haute

tension (2400 volts)

aux usines du fau-

bourg St-Denis et

du Boulevard Bar-

bes.

DYNAMOS

Bue du Faubourg S^-Denix

Boulevard Barbés, n'> ii.

Id.

Réseau de distri bution à 2 Ûls et \ 110 volts alimenté par des fee ders.

Réglage par une batterie d'îiccu mu la leurs.

8 dynamos Marcel Deprez, à deux anneaux en tension et à courant continu, de 28 ampères et a.500 volts, tournant h 600 tours par minute.

4 dynamos Hillairet, à courant continu, de 250 ampères et 120 volt'*.

6 dynamos Edison de 250 ampères et 165 volts.

2 dynamos Desroziers de 750 ampères et 165 volts, tournant à 160 tours par minute.

Id.

Bue des Filles- Dieu, tr 13.

Id.

MOTEURS

Id.

Bue de Bondy n« 70.

Id.

4 dynamos Edison de 250 ampères et 165 volts.

4 dynamos Bréguet de 250 ampères et 165 volts.

4 dynamos Desroziers de 750 ampères et 165 volts, tournant à 160 tours par minute.

4 dynamos Desroziers de 750 ampères et 165 volts, tournant à 260 tours par minute.

8 machines horizontales type Cor hss de 150 chevaux avec condenseii en tandem, tournant à 70 tours p.i minute et accouplées par 2 sur m même volant. Les 4 volants coni mandent par courroies une truDs mis.sion spéciale qui actionne égale ment par courroies 2 dynamo Marcel Deprez et 1 dynamo Hillairet L'eau de condensation provient d la Seine.

3 réceptrices Marcel Deprez de 3 ampères et 2.400 volts, tournant 600 et 700 tours par minute et af tionnant chacune, par plateau M fard, deux dynamos Edison.

2 machines à vapeur verticalà triple expansion (Weyher et Richt mond) de 150 chevaux, tournant 160 tours par minute et actionnât chacune, par plateau Raffard, m dynamo Desroziers. 1 condenses avec sa pompe.

4 réceptrices Marcel Deprez de ampères et 2.400 volts tournant 600 et 700 tours par minute et a< tionnant chacune, par plateau Ra fard, deux dynamos.

4 machines à vapeur verticales triple expansion, de 150 cbevai (Weyher et Richemond), tournant 160 tours par minute et actionna chacune, par plateau Raffard, ui dynamo Desroziers.

1 condenseur avec sa pompe.

4 machines à vapeur verticales triple expansion de 150 chevai (Weyher et Richemond), tournant 160 tours par minute et actionna chacune, par courroies, une dynan Desroziers.

1 condenseur avec sa pompe.

CENTRALES (suite) 265

CHAUDIÈRES

CANALISATIONS

ACCUMULATEURS

OBSERVATIONS

8 chaudières tubulaires Roser

Câbles nus et aériens,

Petite batterie ser-

L'usine est reliée par une voie

produisant chacune 2.000 kilogr. de

suivant les voies du

vant à régler le cou-

ferrée aux lignes de la Compagnie

vapeur par heure k la pression de 12

Nord.

rant h basse tension.

du Nord.

kilogr. par centimètre carré.

De la rue Ordener

Le courant à basse tension est{|

Un détendeur ramène la pression

à l'usine du Boulevard

consommé à Saint-Ouen même (So

à 6 kilogr.

Barbes, câbles isolés

ciété pour le travail électrique des

L'eau d'alimentation provient de

dans des caniveaux en

métaux, v^ragons-lits, etc.).

la Seine. Elle est au préalable décan-

béton Supports en

Une partie du courant de haute

tée et épurée.

porcelaine.

tension dessert les communes d'Asnières et de S^-Denis.

2 chaudières Belleville pouvant

Câbles nus dans des

Une batterie de 9100

L'excitation des réceptrices est

produire chacune 1.500 kilogr. de

caniveaux en béton.

ampères-heure (67 ac-

prise sur le tableau de la basse ten-

vapeur h Theure h la pression de

Supports en porcc

cumulateurs de la So-

sion.

15 kilogr. par centimètre carré.

laine.

ciété pour le travail

Un détendeur ramène la pression

électriquedes riiétaux)

h 10 kilogr.

Néant.

Id.

Une batterie de 3300 ampères-heure (67 ac-

Id.

cumulateurs de la So-

ciété pour le Travail

électrique des métaux )

4 chaudières Belleville pouvant

Id.

Une batterie de 10670

produire chacune 1.500 kilogr. de

ampères-heure (67 ac-

vapeur à l'heure à la pression de

cumulateurs de la So-

15 kilogr. par centimètre carré.

ciété pour le travail

Un détendeur ramène la pression

électriquedes métaux)

à 10 kUogr.

4 chaudières Belleville pouvant

Id.

Une batteriede 11000

produire chacune 1.500 kilogr. de

ampères-heure (67 ac-

vapeur à Theure à la pression de

cumulateurs de la So-

15 kilogr. par centimètre carré.

ciété pour le travail

Un détendeur ramène la pression

électrique dçs métaux)

à 10 kilogr.

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