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Figure 77.
tribution et des câbles d'alimentation dits feeders, qui partent des usines et qui doivent maintenir la tension constante aux points où ils se soudent aux câbles de distribution. Aucune prise de courant n'est faite en route sur les feeders.
Sur les grands boulevards, en raison du peu d'étendue des circuits à alimenter on a pu, en outre, s'arranger de manière à mettre toutes les lampes dans la même situation électrique par rapport à l'usine. On y est arrivé en employant des conducteurs à sections variables, ainsi que l'indique la figure 78, laquelle se rapporte à la partie du réseau qui se dirige vers
Secteur Edison.
Figure 78.
Dislribution sur les Grands Boulevards.
rOpéra. La répartition de l'électricité s'effectue de la manière suivante : le câble compensateur C se dédouble et envoie le câble Ci sous le trottoir sud et le câble Ci sous le trottoir nord. Les conducteurs d aller A sont à section décroissante, résultat que l'on obtient pratiquement en plaçant sur les isolateurs un nombre décroissant de câbles. En regard, le câble compensateur Cj se retourne en boucles Bi à sections décroissantes. Sur le trottoir Nord la canalisation est symétrique. Le même système de distribution a été adopté pour la partie des boulevards qui se dirige vers la porte Saint-Denis.
Le système de distribution du Secteur Edison présente une particularité sur laquelle il faut que nous nous arrêtions un instant. C'est la mise à la terre du câble compensateur. De cette façon, lorsque, dans une installation d'abonné, des terres viennent à se produire simultanément sur le câble d'aller et sur le câble de retour, les installations voisines ne sont pas compromises. Les plombs fusibles de l'installation défectueuse sautent aussitôt et révèlent le mal.
Les Electriciens ne sont pas tous d'accord sur l'opportunité de la mise à
la terre du câble compensateur. On conçoit, en effet, que si ce système est de nature à diminuer l'importance des fuites, il facilite, en revanche, leur production, puisqu'un seul contact à la terre, sur Tun quelconque des deux câbles extrêmes, suffit pour amener une déperdition d'électricité.
Jusque dans ces derniers temps, la Compagnie Edison n avait pas été obligée de recourir à des accumulateurs. Mais, pour faciliter le service de ses usines et satisfaire à la consommation toujours croissante, elle a installé dans son usine du faubourg Montmartre une batterie de 3.000 ampères-heures. En outre, afin de relever la tension sur une partie très chargée de son réseau elle a monté, nie Saint-Georges n* 38, une batterie de 2.800 ampèresheures. Celle-ci est en réalité une station secondaire et, à ce titre, nous lui consacrerons un paragraphe spécial.
{b) Usine du faubourg Montmartre. — L^usine du faubourg Montmartre remplace, ainsi que nous venons de le dire, une ancienne usine construite, avant la concession des secteurs, par MM. Mildé, Clerc et C»' pour l'éclairage du centre de Paris.
Son emplacement est excellent, en raison de sa proximité des principaux centres de consommation ; mais il laisse certainement à désirer au point de vue des manutentions intérieures, la place faisant un peu défaut.
Les dynamos employées sont au nombre de 10. Elles sont du type Edison et débitent chacune 800 ampères à la tension de 125 volts. Elles tournent à 350 tours. Leur rendement électrique est de 96,5 7o-
Huit de ces dynamos sont mises en mouvement, par couples de deux, à l'aide de moteurs spéciaux; Cette disposition est évidemment rationnelle, puisqu'il faut mettre deux machines en série pour pouvoir effectuer la distribution du courant suivant le système à trois fils. Les quatre moteurs correspondants sont :
(a) deux moteurs Corliss horizontaux, de 300 chevaux, tournant lun à 43 tours et l'autre à 65 tours ;
(6) deux moteurs Weyher et Richemond, type pilon à triple expansion, de 300 chevaux, tournant à 135 tours.
Les deux dernières dynamos sont actionnées chacune par un moteur vertical Compound, Weyher et Richemond de 150 chevaux, tournant à 150 tours.
On voit que tous ces moti'urs tournent beaucoup moins vite que les dynamos. Des transmissions par courroies sont par suite nécessaires.
La vapeur consommée par les moteurs Corliss est fournie, à la pression de lOkilogr. par centimètre carré, par 4 chaudières Rabcock et Wilcox. Un détendeur abaisse la pression à 8 kilogr. avant son admission dans les tiroirs. Trois de ces chaudières produisent 2.600 kilogr. de vapeur à l'heure; la dernière peut donner jusqu'à 3.200 kilogr.
Les moteurs verticaux sont alimentés par 4 générateurs Belleville timbrés à 15 kilogr. et produisant chacun 1500 kiiogr. de vapeur à Theure. Un détendeur ramène la pression à 10 kilogr.
L eau nécessaire à la condensation provient de deux puits de 73 mètres do profondeur. Colle d alimentation est prise dans les conduites publiques.
Figure 79.
Usine du Faubourg Montmartre. — Dynamo Edison de 800 ampères
Le tableau de distribution comprend trois barres auxquelles sont reliés les circuits du réseau et les appareils permettant : 1** de régler la tension dans chaque circuit, de manière à ce qu'elle ne dépasse pas 110 volts chez l'abonné ; 2° de faire varier la tension dans les barres suivant les nécessités du service ; 3° de lancer dans la canalisation le courant produit parles dynamos.
On est averti que, dans les circuits de distribution, la tension devient anormale par un voltmètre-balance formé d'un fléau suspendu sur couteaux et portant, à Tune de ses extrémités, un cylindre en fer plongeant dans un solénoïde. A Taide d'un contre-poids suspendu à l'autre extrémité on règle la position du fléau de manière qu'il soit horizontal pour une tension normale. Dès que la tension se modifie le fléau s'incline ; dans son mouvement il vient toucher des contacts qui envoient un courant électrique dans une sonnerie et dans une lampe-témoin. L'attention du surveillant est alors éveillée et il règle la tension au moyen d'un rhéostat.
Le réglage de la tension dans les barres de distribution s effectue par
l'intermédiaire d'une balance-voltamétrique qui agit sur les champs magnétiques des dynamos.
Enfin l'insertion d'une dynamo sur l'un des ponts du tableau se fait à l'aide d'un verrou disposé de telle façon qu'il ne peut être manœuvré lorsque la dynamo n'est pas excitée.
On a récemment adjoint à l'usine une batterie d'accumulateurs pouvant, après une charge complète, débiter 1000 ampères à l'heure pendant 3 heures. Elle a été fournie et installée par la Société pour le Travail électrique des Métaux, Elle comprend, sur chaque pont du système à trois fils, 70 accumulateurs contenant chacun 460 kilogr. de plaque. Cette batterie est chargée en dérivation sur le réseau de distribution. Gomme chaque élément doit être poussé jusqu'à 2 volts 5 on voit que, pour charger complètement chaque batterie, il faudrait disposer d'un courant de 175 volts. Or, la tension ordinaire, à l'origine du réseau, n'est que de 115 volts. On a été amené, par suite, à diviser chaque batterie en deux parties. Une première composée de 46 accumulateurs est simplement chargée en dérivation. Les 24 accumulateurs restants sont mis alors en série par 8 sur les câbles de départ et l'on pousse les dynamos de manière à porter la tension du courant produit à 135 volts.
Il est question de modifier cette disposition et d'adopter un système analogue à celui que nous rencontrerons plus loin dans la sous-station de la rue Saint-Georges.
(c) Usine de ravenue Tmdaine. — Dispositions générales. — L'usine de l'avenue Trudaine est bien supérieure, au point de vue des dispositions générales et de l'agencement intérieur, à celle du faubourg Montmartre.
Elle a d'ailleurs été créée de toutes pièces par la Compagnie Continentale Edison qui a pu en étudier les détails de manière à faciliter la surveillance et les manutentions.
Deux grands bâtiments métalliques renferment l'un, les moteurs et les dynamos, l'autre, les condenseurs, les réservoirs d'eau et les appareils de distribution. En raison de l'instabilité du sol, il a fallu asseoir ces bâtiments sur de nombreux puits en béton descendus jusqu'au solide. Dans ces conditions, on avait un intérêt évident à placer les chaudières en déblai. On les a donc logées dans une grande excavation pratiquée en avant des bâtiments. La cheminée s'élève dans la ligne même des chaudières ; elle est en outre dans l'axe de la batterie supposée complètement terminée.
Dynamos. — Les dynamos du faubourg Montmartre tournent, ainsi que nous l'avons vu, à 350 tours. Celles de l'usine Trudaine ne tournent qu'à 130 tours. Gette amélioration a permis de les actionner directement par les moteurs. Toutefois nous trouvons cette vitesse encore bien considérable
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pour des moteurs à grande puissance. Une grande surveillance des organes s'impose alors, afin d'éviter tout échauffement. C'est là une sujétion que Ton s'éviterait assurément aujourd'hui en adoptant des dynamos à allure encore plus lente.
Les dynamos sont doubles et les induits disposés en série, ce qui se justifie par les nécessités du système de distribution à trois fils.
Chaque dynamo peut donner 800 ampères à 125 volts, soit, par groupe de deux, 800 ampères à 250 volts.
Tous les détails de ces dynamos ont été soigneusement étudiés par M. Picou. L'ancien type des machines Edison à inducteurs verticaux a été complètement abandonné. Pour obtenir la marche lente, on a créé 8 champs magnétiques intenses, répartis autour d'un induit de grand diamètre.
Quant à cet induit, il se compose d'un anneau de 1",80 de diamètre et de 0*,31 de largeur recouvert d'une seule couche de fils.
L'enroulement est disposé do telle manière, que 8 balais sont nécessaires. Voici la description qu'en a donnée M. Frank Géraldy* :
« L'enroulement n'est pas du système Gramme; il appartient au type Siemens multipolaire, et présente quelque rapport avec la disposition bien connue des machines Thury. Toutefois l'arrangement pratique est différent et ingénieux. Les fils utiles placés sur la surface extérieure de l'anneau sont de section rectangulaire. Chacun des brins doit être réuni avec le fil qui est situé sur la circonférence de l'anneau à 1/8 de la circonférence du cercle ; pour cela l'extrémité de chaque fil est liée à une lame de cuivre méplate qui descend jusqu'au droit de la face intérieure de l'anneau, en suivant une développante de cercle et aboutit au milieu de la distance entre les fils à réunir ; une deuxième lame, en développante de sens inverse, remonte jusqu'à l'extrémité du fil à réunir. De l'autre côté de l'anneau, la jonction est opérée de même entre la deuxième génératrice et celle qui avance d'un rang sur la première génératrice déjà reliée, de manière à former entre toutes un circuit continu.
On sait, et cela a déjà été appliqué, par exemple dans la machine Desroziers, que la développante du cercle se superpose à elle-même sans perte d'espace. Les lames de cuivre formées par les développantes qui relient les fils utiles sont donc équidistantes et forment un cours de lignes parallèles. Sur le côté de l'anneau, on a laissé ces lames sans revêtement, en les isolant avec des petites cales d'ébonite.
La forme même de ces développantes amène à l'intérieur de l'anneau une série de points de rebroussement formant des saillies toutes prêtes pour recevoir les liaisons avec le collecteur. Une sur deux sert à cet usage, chaque
* La Lumière électrique du 28 février 1891.
section présente ainsi quatre génératrices actives. Il y a 21 sections entre deux pôles consécutifs. »
Les 8 pôles sont obtenus à Taide d'électro-aimants de 0",23 de diamètre, et de 0°,42 de longueur, recouverts de 8 couches de fils de 4 millimètres de diamètre. Les pièces polaires sont en fonte, elles embrassent complètement Tanneau, et s'avancent légèrement en pointe dans le plan médian de cet anneau, afin de diminuer les étincelles quand les fils changent de champ magnétique.
L'excitation des électro-aimants se fait en dérivation ; elle absorbe 25 ampères, c'est-à-dire 2,S 7» ^® 1* puissance produite.
Moteurs. — Chaque couple de dynamos est actionné par un moteur pilon, à triple expansion et à trois cylindres, du type Weyher et Richemond.
Les moteurs sont tous de la force de 300 chevaux. Ils tournent à la même vitesse que les dynamos (130 tours), ce qui permet de supprimer tout emploi de courroies. La transmission se fait par un accouplement élastique, système Raffard. Dans ces conditions, on obtient une lumière excessivement régulière.
Les moteurs marchent à condensation. La vapeur arrive dans le premier cylindre à 10 kilogr., elle se détend successivement dans les deux autres.
La condensation s'effectue dans une cloche refroidie intérieurement par un jet d'eau.
Deux doubles pompes compriment l'eau dans la cloche et Tévacuent après réchauffement.
En vue de se procurer dans la nappe souterraine, la grande quantité d'eau nécessaire à la condensation, on avait creusé un puits de 40 mètres de profondeur et installé, au niveau de l'eau, des pompes de refoulement mues par un moteur électrique. Mais le débit du puits s'est affaibli très vite et maintenant on est obligé de prendre l'eau nécessaire à la condensation dans les conduites de la Ville.
Il en est de môme de l'eau d'alimentation des chaudières.
Chaicdières. — Les chaudières étant en sous-sol, ont pu être prises de 1" catégorie. Au même niveau sont établies les soutes à charbon ; elles sont voûtées et supportent le sol d'une cour dans laquelle arrivent les chargements de combustible ; les tombereaux basculent au-dessus de regards percés dans les voûtes, ce qui permet d'effectuer les approvisionnements, avec beaucoup de rapidité.
Inversement, un monte-charge élève au-dessus des voitures, les cendres et mâchefers.
Les chaudières sont du type multitubulaire Belleville, avec grille fumivore, du système Hermann et Cohen. Elles produisent à Theure 3.000 ou
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3.800 kilogr. de vapeur à la puissance de 15 kilogr. par centimètre carré. Cette pression est ramenée à 10 kilogr. par un détendeur.
La vapeur produite par les différents générateurs se rend dans un collecteur entouré d'une enveloppe mauvaise conductrice de la chaleur.
C'est dans ce collecteur que se dépose Teau entraînée par la vapeur ; on l'en extrait par des purges.
Les prises de vapeur de chaque machine se branchent sur le collecteur et s'élèvent verticalement jusqu'aux cylindres, supprimant ainsi tout entraînement d'eau.
Les générateurs sont, comme à l'ordinaire, alimentés à l'aide d'un petit cheval Belleville. On pourrait aussi, en cas d'accident, remplacer ce petit cheval par un injecteur Giffard. L'eau d'alimentation est d'ailleurs réchauffée par les purges.
Situation actuelle de l'usine. — L'Usine de l'Avenue Trudaine ne contient actuellement que 4 générateurs (dont 3 de 3.000 kilogr. et un de 3.800 kilogr.), 4 moteurs et 4 groupes de dynamos.
Elle sera complétée au fur et à mesure, des besoins. Les dispositions prévues permettront d'y loger au moins 8 groupes de 2 dynamos de 800 ampères et 125 volts. On pourra alors alimenter plus de 35.000 lampes à incandescence de 10 bougies.
Tableau de distribution, — Le tableau de distribution comprend :
!• trois barres de cuivre correspondant aux trois fils de la distribution et
Figure 82.
Usine de T Avenue Trudaine. - Tableau de distribution.
qui recueillent le courant produit par chaque groupe de dynamos, conformément au schéma représenté par la figure 82 ;
2* trois autres barres situées dans le prolongement des premières et sur lesquelles viennent se brancher les différents feeders ;
3** entre les barres extrêmes de Tun et Tautre système des ampèremètres A mesurant l'intensité du courant débité.
En avant des trois premières barres se trouvent les appareils de manœuvre des dynamos. Ce sont, pour chaque groupe, un interrupteur double pour Texcitation i, un interrupteur double pour fermer le circuit des dynamos I * et deux rhéostats R permettant de faire varier l'intensité de l'excitation . Les interrupteurs sont disposés de telle façon que Ton ne peut ouvrir le circuit tant que l'excitation n'est pas fermée. Cette précaution est indispensable pour éviter que les dynamos ne travaillent comme génératrices, dans le cas où leurs induits seraient mis fortuitement en communication avec les barres de tableau.
Voici comment se fait une mise en route. Disons d'abord que l'on opère toujours à la fois sur deux dynamos correspondant à un moteur de 300 chevaux. Cela étant, on commence par exciter les deux dynamos et Ton fait tourner la machine. Une certaine force électromotrice commence à se manifester. On agit sur les rhéostats et l'on amène la force électromotrice de chaque dynamo à être exactement celle existant sur le pont correspondant. On peut alors fenner les interrupteurs.
Pour arrêter une machine on agit sur les rhéostats d'excitation de manière à annuler le courant et, lorsque ce résultat est atteint, on ouvre l'interrupteur.
Les feeders sont reliés aux barres qui leur correspondent par des interrupteurs identiques à ceux des dynamos. On règle leur tension en leur enlevant ou en leur ajoutant des résistances. Il faut qu'aux points d'attache la différence de potentiel soit sur l'un et l'autre pont de HO volts. Des fils fins partant de ces points d'attache reviennent jusqu'à l'usine et indiquent sur des voltmètres la tension obtenue. Ils sont aussi reliés à des indicateurs optiques analogues à ceux de l'usine du faubourg Montmartre.
[d) Station secondaire de la rne Saint-Georges. — La station secondaire de la rue Saint-Georges a été créée pour soulager quelques feeders trop chargés à certaines heures de la soirée. On aurait pu s'en dispenser en posant de nouveaux feeders ; mais la Compagnie Edison a trouvé plus avantageux de demander l'électricité momentanément nécessaire à une batterie d'accumulateurs, chargée pendant la journée et dont elle déverse le débit directement dans le réseau de distribution, au moment de la grande consommation.
^ Ces interrupteurs ont été dédoublés dans la figure 82 afin de la rendre plus compréhensible.
Les accumulateurs sont chargés et déchargés en dérivation. Ils sont branc}\^s non sur des feeders mais sur le réseau de distribution. La tension dont on dispose pour les charger n*est donc que de 110 volts sur chaque pont.
Les accumulateurs ont, comme on le sait, Tinconvénient de nécessiter pour leur charge une tension un peu plus forte que celle qu'ils doivent présenter à la décharge, en régime normal. Il s'ensuit que la batterie ne peut être chargée uniquement par le courant de distribution. Nous avons vu qu'à l'usine Montmartre on mettait une partie des éléments en série sur les barres du tableau et que l'on augmentait alors, jusqu'à 135 volts, la force électromotrice des dynamos. Ce procédé ne pouvait être appliqué rue Saint-Georges puisque la batterie est branchée sur le réseau de distribution dont le potentiel doit être constamment maintenu à 110 volts pour chaque pont. On a été amené par suite à employer un survolteiir^ appareil qui permet, comme son nom l'indique, de surélever la tension de la ligne. C'est simplement une dynamo Edison de 350 ampères et 90 volts mise en mouvement par un moteur électrique. L'accouplement se fait par un plateau Raffard.
Voici, maintenant, comme on procède à la charge et à la décharge de la batterie. Cette batterie est double : on dispose, pour chaque pont, de 64 accumu^
Figure 83.
Slation secondaire de la rue Saint-Georges. — Tableau de charge
et de décharge des accumulateurs.
lateurs sur lesquels 46 peuvent être chargés complètement par le courant de dérivation. En mettant les deux batteries en série sur les deux fils extrêmes, ce
qui présente l'avantage de ne nécessiter qu'un seul survolteur, on doit finalement pourvoir, avec cet appareil, à la charge de 36 éléments. Au début de la charge le survolteur intervient peu car ce n'est que successivement que Ton amène la tension de chaque accumulateur à sa valeur maxima (2 volts 5 environ). Avec les 220 volts du réseau on charge donc une partie des 36 éléments. Peu à peu et au fur et à mesure que la force électromotrice des accumulateurs croît on insère de nouveaux éléments sur le circuit du survolteur. La manœuvre se fait aisément à l'aide de réducteurs.
Lorsque la charge est terminée chaque partie de la batterie est branchée séparément sur l'un des ponts. Mais, comme à ce moment la force électromotrice de chaque batterie est supérieure à 110 volts on isole un certain nombre d'éléments. A l'aide d'un réducteur on met ceux-ci successivement en décharge lorsque la force électromotrice de la batterie s'abaisse.
Les accumulateurs employés à la station secondaire Saint-Georges ont été fournis par la maison Tudor. Chaque accumulateur comprend 7 plaques positives et 8 plaques négatives. Ces plaques sont disposées parallèlement dans un bac en bois doublé de plomb et reposent sur des plaques de verre placées de champ et dans le même plan que les électrodes. Elles sont guidées verticalement par des rainures ménagées dans des pièces en verre et maintenues à égale distance les unes des autres par des tubes en verre. Les queues des plaques sont soudées au chalumeau à hydrogène à des barres de plomb trapézoïdales de sorte que les connexions n'offrent au passage de courant qu'une résistance absolument négligeable.
Les 36 éléments que commandent les réducteurs sont munis de barres de cuivre à forte section formant conducteurs et dont la résistance est également très faible.
Les constantes des accumulateurs sont les suivantes :
Intensité du courant de charge 420 ampères.
Intensité ( Décharge en 10 heures 280 —
du courant de < — 5 — 476 —
décharge ( — 3 — 672 —
p . ( Décharge en 10 heures 2.800 ampères-heure.
capacité ^ 2.380 -
utilisable j 3 ^.016
Poids des électrodes 464 kilogrammes.
Poids total sans acide 649 —
Eau acidulée 179 litres.
La batterie de la station secondaire Saint-Georges est fort bien installée. L'aération de la salle qui la renferme est assurée par un puissant ventilateur qui renvoie à l'extérieur, par de nombreux conduits d'évent, les vapeurs acides dégagées par les bacs. La batterie est entretenue par la Société Tudor,
à forfait, moyennant une redevance de 3,5 % du prix d'acquisition. La Société a en outre consenti une garantie de dix années.
Réseau et usine du Palais- Royal. — Dispositions générales, — L'ensemble de construction désigné sous le nom de Palais-Royal est trop connu pour qu'il soit nécessaire d'en donner la description. Rappelons seulement qu'une partie des bâtiments et que les cours et jardins appartiennent à l'Etat et que par suite c'est à l'Etat et non à la Ville de Paris qu'il incombait d'en transformer l'éclairage.
La Compagnie Continentale Edison o, tiè chargée de l'éclairage électrique du Palais-Royal et des deux théâtres qui en dépendent (Théâtre Français et théâtre du Palais-Royal) par convention du i\ mai 1888. La concession expirera le 22 février 1912. Un prix spécial, très bas, a été admis pour l'éclairage des galeries. Celles-ci étaient éclairées autrefois par des becs de gaz de 140 litres. On a simplement substitué aux becs de gaz des lampes à incandescence de 16 bougies, en conservant les anciennes lanternes qui sont très décoratives. Le prix payé par lampe et par an est de 99',455* alors qu'avec le gaz ir était de 100f,230. Un certain nombre de ces lampes (85) éclaire les galeries extérieures et quelques passages ouverts à la circulation générale. Elles sont, pour cette raison, à la charge de la Ville de Paris. Les abonnés (restaurateurs, commerçants, etc..) sont éclairés au compteur et payent 11 centimes 3/4 l'ampère-heure sous le potentiel moyen de 104 volts. Le Théâtre-Français et celui du Palais-Royal sont, au contraire, éclairés à forfait.
L'usine du Palais-Royal alimente également les lampes à arc de la place du Carrousel. Enfin elle éclaire le Palais de l'Elysée, au moment des bals et des grandes réceptions.
L'installation d'une usine dans le Palais-Royal même présentait de très sérieuses difficultés. Il fallait, en effet, respecter les perspectives et l'ordonnancement architectural des bâtiments. On a été amené, par suite, à loger l'usine en déblai, dans la cour dite Cour d'honneur, qui est la moins fréquentée du Palais. Une excavation de 32 mètres de longueur, de 20 mètres de largeur et de 6 mètres de profondeur y a été pratiquée. Les terres ont été soutenues latéralement par de puissants murs en maçonnerie et, pour empêcher les eaux d'infiltration de rentrer par le fond de la fouille, on a établi un radier général en béton. Dans la cour n'apparaît que la toiture vitrée de lusine. En-
* Le prix de 99',455 se décompose ainsi :
Fourniture du courant 89^455
Entretien des lampes et appareils .... 10^000
Total. 99',455
core est-elle entourée de plantes vivaces d'ornement qui la masquent presque complètement. Le résultat est très heureux et Ton ne se doute certainement pas que, derrière ces feuillages disposés avec goût, fonctionne une usine de près de 1.000 chevaux.
Figure 84.
Usine du Palais-Royal. — Coupe longitudinale.
L'accès de l'usine se fait par un souterrain débouchant dans les bâtiments en bordure de la rue de Valois. C'est aussi dans ces bâtiments et près de la rue que Ton a installé la cheminée de l'usine. Elle communique avec
Figure 85.
Usine du Palais-Royal. — Coupe ti^ansversale.
cette dernière par un canal souterrain dans lequel les fumées se dépouillent de la plus grande partie des matières solides qu'elles tiennent en suspension. L'arrivée des charbons se fait par la rue de Valois. Un petit chemin de fer réunit les soutes à l'usine.
L'eau nécessaire à l'alimentation des chaudières est prise dans les conduites publiques d'eau d'Ourcq. Celle qui est employée à la condensation provient d'un puits, où elle est puisée par des pompes actionnées électriquement.
Le système de distribution est celui à trois fils avec feeders déjà décrit quand nous nous sommes occupé du secteur concédé à la Compagnie Edison. Mais, au lieu de disposer sur chaque pont d'une chute de potentiel
de 110 volts on ne distribue qu'à 104 volts ^ Le fil intermédiaire est mis à la terre.
L'alimentation du Palais de l'Elysée se fait différemment. Comme il est à 2 kilomètres du Palais-Royal, il a été économique d'employer pour cet éclairage des courants alternatifs à 2.000 volts, sauf à les abaisser dans FElysée même et, à l'aide de transformateurs, à 100 volts. Le transport de ces courants se fait par des câbles concentriques isolés, protégés par une armature et posés généralement en égout.
Dynamos, — Les dynamos employées pour la production des courants continus sont des dynamos Edison analogues à celles de l'usine du Faubourg Mon [martre et pouvant débiter 800 ampères à 125 volts à la vitesse de 350 lours par minute.
lilles sont, pour le moment, au nombre de 6. Deux autres dynamos pourront être installées dès que la puissance de l'usine aura besoin d'être renforcée. Les fondations sont en attente.
Le tableau de distribution comprend trois barres pour le couplage des dynamos et trois barres pour le départ des feeders.
EsRitation
Usine du Palais-Royal. — Commulateur-inverseur.
* Nous avons dit en parlant du secteur Edison que, depuis peu, l'usine du Palais Hovai ayait été reliée au réseau du secteur. On passe de la tension de 104 volts à celle Ul' 110 volts à Taide d*un survolteur. Cet appareil est analogue à celui de la sous-station iïaiiiUGeorges.
Chaque dynamo est commandée par un commutateur-inverseur qui permet de la brancher sur l'un ou l'autre pont de la distribution. La figure 86 indique schématiquemeht le fonctionnement de cet appareil. Les barres du tableau sont représentées coupées en A, B et C. Cette dernière est la barre compensatrice. Ces barres sont reliées respectivement à des plots a, i, c disposés sur une circonférence de centre o. Le commutateur-inverseur tourne autour du point 0. Il est muni de deux contacts E et F rattachés aux balais de la dynamo. On voit, de suite, qu'en le mettant dans la position am la dynamo sera branchée sur le pont A, C. Au contraire si on le place suivant hb elle sera branchée sur le pont BC.
Il est nécessaire que cette manœuvre ne soit effectuée que lorsque la dynamo est excitée. Aussi le commutateur-inverseur ne peut-il être déplacé tant que le commutateur d'excitation i n'a pas été manœuvré. A cet effet le commutateur-inverseur fait corps avec un secteur S dans lequel on a ménagé une échancrure circulaire. D'autre part sur l'axe du commutateur d'excitation on a monté un petit disque dont la courbure est semblable à celle de Téchancrure et qui pénètre dans celle-ci. Il est clair que, dans cette situation, toute manœuvre du commutateur-inverseur est impossible. Si, au contraire, on commence par exciter la dynamo en abaissant le commutateur i une échancrure, identique à celle du secteur, vient se placer devant le commutateur-inverseur et permettre son déplacement.
La figure 87 donne une coupe d'ensemble du tableau de distribution. A la partie supérieure se trouvent le commutateur-inverseur et le commutateur d'excitation.
Quant au réglage de l'excitation il s'effectue, pour chaque dynamo, à l'aide d'une roue permettant d'insérer des résistances sur le circuit ou d'en retirer. On peut embrayer ensemble toutes les roues d'excitation des dynamos et régler ainsi simultanément l'excitation de toutes les machines en marche.
Le tableau de départ des feeders est très simple. Usine du Palais-Royal. ^, -.ii * j^ • .
— Coupe du tableau Chaque câble est commandé par un verrou-mterrup-
de distribution. teur. Il n'existe pas de rhéostats sur les feeders. Le peu
d'étendue du réseau permet en effet de se passer de réglage.
Les courants alternatifs envoyés à l'Elysée sont produits par un alternateur Zipemowski pouvant débiter 50 ampères à la tension de 2.000 volts, avec un nombre de tours de 260 à la minute. L'excitation est prise sur l'un
Figure 87.
des ponts du tableau de distribution. Elle consomme environ 30 ampères. Une seconde machine Zipemowski, d'égale puissance, sert de machine de secours.
Moteurs, — Les moteurs sont des machines verticales à triple expansion et à quatre cylindres de la maison Weyher et Richemond. Ils sont de la force de 150 chevaux et tournent à 160 tours.
La vapeur arrive dans le plus petit des cylindres à 10 kilogr., elle se détend ensuite dans le moyen cylindre et achève son expansion dans deux grands cylindres à basse pression. Le petit et le moyen cylindre sont dispo-
Figure 88.
Usine du Palais-Royal. — Vue intérieure.
ses en tandem sur les grands. L arbre moteur n'est par suite commandé que par deux manivelles ; elles sont calées à 90 degrés, disposition qui permet d'obtenir un mouvement de rotation très régulier.
Aux deux extrémités de Tarbre moteur se trouvent deux fortes poulies. L'une forme volant et contient le régulateur de vitesse ; l'autre met en mou-
vementune courroie qui s'enroule d'autre part sur la poulie d'une des dynamos. Ces poulies et la courroie sont nécessaires puisqu'il faut passer d'une vitesse de 160 tours à la minute à une vitesse de 350 tours. 11 y a 6 moteurs : un pour chaque dynamo.
Les machines Zipernowski sont commandées, le cas échéant, chacune par un de ces moteurs. On fait tomber la courroie qui réunit le moteur à la dynamo Edison correspondante et l'on passe sur la poulie une autre courroie qui fait tourner l'alternateur.
La vapeur, à sa sortie des grands cylindres des moteurs, est condensée dans une grande cloche verticale refroidie par un jet d'eau. Deux pompes à air, disposées de part et d'autre de la cloche, refoulent à Tégout l'eau réchauffée par la vapeur.
Il existe deux condenseurs, dont un de secours.
Chaudières. — Les chaudières sont des générateurs Belleville, produisant chacun 2.450 kilogr. de vapeur à l'heure à la pression de 12 kilogr. par centimètre carré. L'alimentation est assurée par de petits chevaux Belleville mus par la vapeur. Un détendeur abaisse la pression à 10 kilogr.
Les chaudières avaient été au début munies de foyers fumîvores Herman et Cohen. Ces foyers ne paraissent pas avoir donné de bons résultats car on les a fait disparaître. Il est à remarquer, d'ailleurs, qu'avec le charbon de bonne qualité, tel que celui qui est brûlé par Tusine, il ne se produit que très peu de fumée.
Il n'existe actuellement que 5 générateurs. Mais un emplacement est préparé pour en recevoir deux autres.