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CHAPITRE VIII

CANALISATIONS ÉLECTRIQUES

Prescriptions générales et syslèmes divers de canalisations^ — Câbles ntts dans des caniveauw, — Effets électrolytiques observés dans les caniveaux en poterie. — Canalisations du secteur Edison : (a) Caniveau sous trottoir ; (b) Traversée des chaussées ; (c) Coupecircuit: (d) Branchement d'abonné ; (e) Boite d'abonné. — Canalisations de la Société anonyme d'éclairage et de force : (a) Caniveau sous trottoir ; (b) Traversée des chaussées; (c) Coupe-circuit; [d) Branchement et boite d'abonné. — Câbles nus delà Compagnie parisienne de l'air comprimé. — Câbles isolés dans des caniveaux. — Canalisations de la Compagnie parisienne de l'air comprimé: (a) Cables et caniveaux; [b) Traversée des chaussées; (c) Branchement d'abonné . — Canalisations du réseau municipal : (a) Câbles et caniveaux ;* (b) Traversée des chaussées ; (c) Branchements d'abonné pour basse et haute tension. — Câbles pour haute tension de la Société anonyme d'éclairage et de force. — Canalisations du secteur de la rive gauche.

Ventilation des caniveaux .

Prescriptions générales et systèmes divers de canalisations.

— Il n'y a pas de règle absolue, à Paris, en matière de canalisations électriques*.

Le cahier des charges type des Sociétés d'électricité ne prévoit, pour les canalisations publiques, que des dispositions d'ordre général telles que : obligation de placer ces canalisations sous les trottoirs, à un mètre au moins des façades des maisons; interdiction d'emprunter les égouts; nécessité d'établir des regards, de distance en distance, pour la visite des canalisations '.

* Comme suite à une circulaire du ministre des travaux publics du !•'• septembre 1893 les préfets ont pris, dans chaque département, un arrêté réglementant les conditions d'établissement et de fonctionnement des conducteurs d'électricité sur la grande voirie nationale. Cet arrêté — qui est le même partout et dont le modéleétait joint, d'ailleurs, à la circulaire du !•' septembre 1893 — n*a pas été pris pour Paris.

^ Un arrêté du 30 juillet 1891, dont il sera parlé plus loin, a complété ces prescriptions.

CANALISATIONS ÉLECTRIQUES 277

Toutes les dispositions de détail doivent être approuvées par TAdministration. Son intervention s'explique aisément; d'abord parce qu'elle a la garde de la sécurité publique ; ensuite parce qu'il lui incombe d'assurer une répartition rationnelle du sous-sol des rues.

La réserve d'un mètre prévue le long des façades est exigée, afin de permettre l'extension du réseau électrique municipal. Gomme ce réseau est encore peu étendu et que certaines rues, à trottoirs très étroits, ne pourraient être canalisées par les secteurs, si la réserve d'un mètre était partout imposée, on a admis une certaine atténuation à la règle. On se contente, dans ces cas particuliers, de soixante centimètres.

L'obligation, pour les Compagnies d'électricité, d'établir leurs câbles souterrainement est au contraire absolue*. On en conçoit aisément les raisons. Des câbles pour distribution électrique ont un diamètre souvent considérable. Quelques-uns renferment jusqu'à 10 kilogrammes de cuivre par mètre courant. Des câbles aériens présenteraient donc un double inconvénient : d'abord ils enlaidiraient les rues et leur donneraient un aspect d'usine inacceptable à Paris ; ensuite ils exigeraient des supports très rapprochés, qu'il faudrait placer sur les trottoirs ou sur les façades des maisons et qui, dans l'un et l'autre cas, susciteraient de très vives réclamations. 11 faut considérer, en outre, que des accidents graves pourraient être occasionnés soit par le courant, soit même par la chute d'un câble sur la voie publique*.

On comprend également pourquoi les canalisations électriques ne peuvent jamais être posées en égout^ Ces ouvrages sont en effet déjà trop encombrés par des conduites de toutes natures, servant à la double distribution d'eau de source et d'eau de rivière, au passage des dépêches pneumatiques, à la

téléphonie, etc Il est à remarquer, d'ailleurs, que l'atmosphère toujours

humide des égouts ne convient guère à la bonne conservation des câbles et au maintien de leur isolement.

Les systèmes de canalisation varient avec chaque secteur. La matière première des conducteurs est cependant la même. C'est le cuivre dont la conductibilité est bien supérieure à celle des autres métaux usuels.

La résistance qu'offre le cuivre au passage du courant est pourtant loin d'être négligeable. Il suffit, pour s'en rendre compte, de jeter les yeux sur les tables que donnent tous les aide-mémoire ou formulaires d'électricité.

D'une manière générale, si R est la résistance d'un câble (évaluée en

* Le réseau Tschiéret et FtccJis dont il a été parlé Chapitre VI parait faire exception. Mais, dans Pespèce, il s^agit d'une autorisation absolument précaire et révocable.

' Des accidents de cette nature sont arrivés très fréquemment en Amérique.

' Exceptionnellement on a autorisé la pose en égoût, sur une partie de leur longueur, des câbles qui relient Tusine du Palais Royal au palais de TElysée.

ohms) et I l'intensité du courant distribué (évaluée en ampères)^ on perd dans le câble un nombre de volts égal à RI.

Cette perte de voltage en ligne, qu'il est toujours facile de calculer, complique notablement le problème de la distribution électrique. Avec le gaz nous avons rencontré une difficulté analogue mais beaucoup plus commode à surmonter. De quoi s'agissait-il, en effet? D'obtenir dans les tuyaux les plus éloignés des usines une pression au moins égale à celle prévue par le cahier des charges. Tout excès de pression ne peut que profiter au consommateur et il en est d'ailleurs facilement maître par une simple manœuvre de robinet. Avec l'électricité il faut, au contraire, que le courant livré aux abonnés ait, sur chaque réseau, une tension bien déterminée. Quelques volts

en plus ou en moins nuisent considérablement au bon fonctionnement des appareils, et l'abonné n'a généralement pas la possibilité d'y remédier. C'est pourquoi le réseau de distribution, formé

de câbles Di Ds Ds dans lesquels la perte de

tension ne peut excéder 2 à 3 volts, doit être alimenté par de nombreux feeders Fi Fs F,...., ne faisant aucun service en route et à l'extrémité desquels on maintient une tension constante /. Si T est la tension à l'usine, il faut que ces câbles aient une section telle, qu'au moment où ils débitent le plus, ils n'entraînent pas une perte de tension supérieure à T — /. On peut aussi, étant donnée la résistance des feeders, déterminer T, de manière à obtenir le résultat cherché. Cela dépend de la façon dont les installations sont combinées.

Généralement on s'organise pour que la perte en ligne ne dépasse pas 5 à 15 */o de la tension produite à l'usine. Dans ces conditions la chaleur dégagée par le passage du courant — laquelle est proportionnelle à la quantité d'énergie perdue (R X 1) X I = RI* — est trop faible pour pouvoir exercer une action fâcheuse sur les câbles ou sur leurs supports.

L'électricité est ordinairement distribuée à Paris sous le potentiel moyen de HO volts. Quant aux divers modes de distribution (2 fils, 3 fils, 5 fils, transformateurs, etc.), nous les avons indiqués pour chacun des secteurs ou réseaux dans les deux chapitres précédents.

Malgré leur diversité les systèmes de canalisation actuellement en usage, peuvent se ramener à trois types principaux :

1° Câbles nus dans des caniveaux (Secteur Edison et Société Anonyme d'Eclairage et de Force).

2* Câbles isolés dans des caniveaux (Compagnie Parisienne de l'air com-

Figure 112.

Distribution par feeders.

CANALISATIONS ÉLECTRIQUES 279

primé, Réseau municipal, Société anonyme d'Eclairage et de Force, etc...).

3** Câbles armés et isolés posés directement dans le sol (Secteur de la place Clichy, Secteur des Champs-Elysées, canalisations nouvelles du Réseau Municipal et de la Compagnie Parisienne de Tair comprimé).

Nous allons examiner successivement ces trois systèmes de canalisations.

Rappelons auparavant que quelle que soit la nature de la canalisation, un isolement parfait est indispensable. On s'exposerait, sans cela, à brûler du charbon en pure perte. En outre il est rare que, là où il y a fuite, l'électricité ne cause quelque méfait (actions électrolytiques avec les courants continus, commotions, explosions, etc...).

Câbles nus dans des caniveaux. — Les câbles nus posés dans des caniveaux sont supportés, de distance en distance, par des isolateurs en porcelaine. Ils doivent être suspendus comme des fils de ligne télégraphique et ne toucher en aucun point les parois du caniveau. Ils sont ainsi isolés, d'une part par les supports en porcelaine, d'autre part par la couche d'air remplissant le vide du caniveau.

L'eau étant bonne conductrice de l'électricité, il est nécessaire que les caniveaux soient le plus possible étanches et que leur radier soit dressé suivant un système de pentes et de contre-pentes permettant soit l'évacuation aux égouts des eaux provenant des infiltrations ou des condensations, soit leur rassemblement dans des puisards.

D'une manière générale le gros ennemi des câbles nus renfermés dans des caniveaux, c'est l'eau. Si, en effet, elle vient à s'accumuler en un point quelconque jusqu'à produire un contact avec l'un des câbles elle est aussitôt soumise à une décomposition électrolytique, se manifestant par un dégagement d'oxygène et d'hydrogène. Bien plus, comme elle établit un contact entre le câble et le caniveau, c'est-à-dire entre le câble et la terre, elle permet au courant de se propager bien au-delà du caniveau et de gagner des conduites bonnes conductrices de l'électricité telles que les tuyaux de gaz ou autres tuyaux métalliques enfouis dans le sol.

Il faut nous arrêter un peu sur ces phénomènes qui se sont produits récemment sur une grande échelle, à Paris, et qui ont obligé l'une des Compagnies d'électricité à refaire une partie notable de sa canalisation.

Théoriquement, si une canalisation était parfaitement isolée, un contact simple avec l'un des câbles ne donnerait lieu à aucune déperdition d'électricité. L'électricité ne peut s'échapper que lorsque le contact est double, c'est-àdire lorsqu'il y a une communication entre le câble d'aller et le câble de retour. Du moins il en est ainsi à Paris* où l'Administration interdit tout

* Et dans toute la France (articles du décret du 15 mai 1888 sur les installation» d'électricité).

système de distribution par câble unique, c'est-à-dire tout système dans lequel le câble d'aller et la dynamo sont reliés à la terre qui joue alors le rôle de câble de retour. Mais, une canalisation électrique n'est jamais parfaitement isolée. Dès lors un contact à la terre en un point quelconque entraîne toujours une certaine déperdition d'électricité, celle-ci suivant, pour revenir à la dynamo, le chemin qui lui offre la moindre résistance. De préférence elle gagnera donc les tuyaux métalliques qui, en raison de leur grande étendue et de leur communication forcée avec des nappes humides, constituent des terres excellentes. Les conduites d'eau étant, à Paris, logées dans les égouts, c'est aux tuyaux de gaz et principalement aux branchements, plus voisins des câbles que les conduites maîtresses, que l'électricité s'est particulièrement attaquée.

Effets d'électrolyse observés dans les caniveaux en poterie. —

Le fait a principalement été constaté dans le voisinage des caniveaux en poterie de la Société Edison, de la Société anonyme d'Eclairage et de Force et de la Compagnie Parisienne de l'air comprimé. Par suite d'un défaut d'étanchéité des joints, l'eau a envahi les caniveaux et gagné les câbles. Là où la communication a pu s'établir dans le caniveau même, entre le fil d'aller et le fil de retour. Peau a été décomposée et le cuivre rongé; là, au contraire, où l'électricité a pu se propager dans le sol et gagner les branchements de gaz, l'action électrolytique a été beaucoup plus complexe. En certains points, on a constaté dans le caniveau des dépôts de sels de soude et de potasse pouvant peser plusieurs kilogrammes. On a trouvé également de la soude, de la potasse et du plomb. Les câbles, et principalement celui de retour, ont été profondément rongés. Quant aux branchements de gaz, on les a trouvés perforés en un très grand nombre de points.

11 est assez difficile de suivre les étapes successives de cette électrolyse. Le sol contenant des sels de soude et de potasse, leur présence dans les caniveaux n'est pas extraordinaire. Mais pourquoi trouve-t-on plus de soude que ne le comporte la composition ordinaire du sol ? On a dit que le fait était dû, soit au sel (chlorure de sodium) que Ton répand dans les rues pour faire fondre la neige, soit au sel employé pour le vernissage de la poterie. C'est par le chlorure de sodium que l'on expliquerait également l'attaque des branchements en plomb. Décomposé, en effet, par l'électricité, le chlorure de sodium donnerait du chlore naissant formant avec le plomb des branchements du chlorure de plomb. Ce sel, se trouvant ensuite traversé par le courant, se décomposerait en plomb, se portant sur les câbles et se mélangeant par suite à la masse saline qui s'accumule dans les caniveaux et en chlore, rongeant le branchement de plus en plus profondément*.

* On a trouvé également, dans Tintérieur des masses salines encombrant les caniveaux,

CANALISATIONS ÉLECTRIQUES 281

Nous ne savons si ces explications sont rigoureusement exactes ; en tout cas elles paraissent vraisemblables.

Quoi qu'il en soit, il est parfaitement établi que le mal a été occasionné par rintroduction de Teau dans les caniveaux. D'où il résulte que la première qualité d'un caniveau électrique doit être une étanchéité absolue.

C'est pour cela que les caniveaux actuellement en usage sont faits avec du béton de ciment, beaucoup plus pratique pour de petites épaisseurs que de la maçonnerie ordinaire et qui otTrc d'excellentes garanties d'homogénéité et d'étanchéité.

Quant aux caniveaux en poterie, qui ont donné de si déplorables résultats, leur remplacement par des caniveaux en béton, imposé par l'Administration à la suite des accidents auxquels ils ont donné lieu, est aujourd'hui un fait accompli.

Canalisations du Secteur Edison. — (a) Caniveau sons trottoir. — Le caniveau Edison est constitué par un dalot rectangulaire en béton de ciment et de gravillons *. Le radier et les pieds-droits sont exécutés sur place. Pour soutenir les pieds-droits, en attendant que le béton ait fait prise, on se sert d'un petit coffrage en planches, maintenu par des traverses.

Les dalles, de 1 mètre de longueur, sont également en béton ; mais elles sont moulées à l'avance. On les pose sur un lit de mortier et l'on maçonne avec soin le joint existant entre deux dalles consécutives.

La Compagnie Edison a remplacé sur un certain nombre de points les dalles en béton par des dalles en ardoise sciée de 0°,0i d'épaisseur. L'ardoise est évidemment très résistante; mais elle prend beaucoup moins bien le mortier que les dalles en béton. Les joints ont été finalement reconnus inférieurs à ceux des dalles en béton moulé et, maintenant, ces dernières sont seules employées.

Les dimensions du caniveau varient suivant le nombre de câbles qu'il doit contenir. Les pieds-droits, le radier et les dalles ont de 6 à 8 centimètres d'épaisseur; la hauteur sous dalle est généralement de 35 centimètres sauf pour les petites sections où elle s'abaisse à 0",20; quant à l'espacement des pieds-droits il dépend essentiellement du nombre des isolateurs formant support pour les câbles.

Le dessus des dalles doit être à 0'",20 au moins au-dessous des trottoirs^ Dans la pratique on descend à 0°*,50 ou 0",60 pour passer au-dessous des branchements de gaz. D'ailleurs le radier n'est pas toujours parallèle à la sur-

de petits grains de potassium. La présence de ce métal s'explique par la décomposition de la potasse par le courant électrique. (Expérience de Davy).

* La composition de ce béton, en volume, est de 3 de ciment pour 4 de gravillons el 1 de sable.

face des trottoirs. II faut, avant tout, qu'il soit réglé suivant un système de pentes et de contre-pentes assurant une évacuation rapide des eaux (0",01 par mètre au minimum). Aux points bas se trouvent des regards. Beaucoup sont en communication, par des siphons, avec les égouts.

Nous avons vu que la Conïpapnie Edison employait le système de distribution flil h troi^ tilt^Hvcc frcdert? d'alimentation partant des usines. Le caniveautype ili^ dis tribut ion com[ïn?iid par suite trois câbles : un càble d'aller, un câble compensateur et un câble de retour. Le câble compensateur, dont la section

pourrait être théoriquement nulle, a pratiquement une section égale à la moitié de celle des deux autres câbles. On obtient aisément qe résultat, non pas en prenant dos câbles de sections variables, mais en constituant la canalisation par des câbles de 100 millimètres carrés de section, que Ton superpose suivant les besoins.

Nous représentons ci-contre un caniveau de distribution. Les isolateurs sont placés tous les 1",60. Ils sont vissés sur des pièces en fonte scellées dans le radier et maintenus contre ces pièces par des boulons. On remarquera que, pour diminuer la largeur du caniveau, on les a placés non pas de front, mais en triangle.

Chaque isolateur se compose d'une cloche en porcelaine recouverte d'un chapeau en fonte galvanisée ; le joint se fait au soufre. Le support est formé par une tige filetée en fer pénétrant dans la cloche à laquelle elle est réunie par un joint au soufre. Le chapeau en fonte permet la superposition de plusieurs câbles. A cet effet, il est muni de deux tenons et d'une gorge pouvant être entourés par deux étriers de serrage.

Pour l'isolateur du câble compensateur lu ^*n*^i\ n'ayunt;! &u|»pHTlri^ qu'un câble, est un peu moins profonde.

La pose d'un câbln dnns un (vtniveau se fait sans difficulté. Le câble arrive (le l'usine enroulé sur uu tunibuur. Les isolateurs étant scellés et les dalles

Figure (13.

SGcLcïir EtHsoik — Caniveau sous troUoir

pour cables «Je distribution.

Plan et Coupe,

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de couverture non encore mises en place, on approche le tambour du bord de la fouille et on Tinstalle sur deux pièces de bois formant palier. Il suffit alors de dérouler le câble à bras d*homme et de le placer bien exactement sur les isolateurs.

A Forcelnne renfetoM B Chy enfimt» gahraiiiM C T)5« fïleiM «v*e êorou

Figure 114.

Secteur Edison. — Isolateur pour câbles de distribution.

Elévation et coupe.

On réunit deux câbles placés bout à bout en les superposant sur environ un mètre de longueur et en les serrant avec des étriers à vis.

Notons un« bonne précaution prise, dans ces derniers temps, par la Compagnie Edison. C'est de n'employer que des câbles soigneusement étamés. Ils sont ainsi beaucoup moins oxydables.

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Figure H5.

Secteur Edison. — Caniveau sous trottoir pour câbles de distribution et feeders.

Plan et Coupe.

Les feeders sont logés dans des caniveaux analogues. Le plus souvent les

feeders suivent un chemin déjà emprunté par le réseau de distribution. Tous les câbles sont alors logés dans un même caniveau.

La figure 115 représente Tun de ces caniveaux. Les isolateurs se composent d'une cloche en porcelaine scellée au soufre sur une tige filetée et sur laquelle on peut loger un câble, puis une cale isolante en porcelaine, puis un second câble et ainsi de suite. Tous les câbles sont ainsi isolés les uns des autres. Le serrage se fait à Taide de tiges filetées traversant les cales et la

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Figure ii6.

Secteur Edison. — Détails de Tisolateur du caniveau pour câbles de distribution et feeders.

Vue de face et de profil.

cloche et réunies au-dessus du dernier câble par une bride plate. Un petit collier maintient contre la bride un isolateur cylindrique supportant les fils dits de voltage ou deretour. Ce sont eux qui indiquent à Tusine la tension dont on dispose à Textrémité des feeders. Nous en donnons le détail dans la figure 116.

• L'agencement des caniveaux situés sous les grands boulevards est un peu différent. Le fait tient à ce que le câble compensateur a été dédoublé. Ainsi que nous l'avons vu, il existe sous Tun des trottoirs un fil d'aller et un lil compensateur ; sous l'autre un fil compensateur et un fil de retour. On a ainsi de part et d'autre du boulevard deux ponts sur lesquels la distribution

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se fait à deux fils. On trouve pour cette raison des caniveaux à deux et à quatre cloches.

Figure H 7.

Secteur Edison. — Caniveau à quatre cloches. — Coupe transversale.

Nous donnons, figure 117, le dessin d'un caniveau à quatre cloches. Les

Figure il8.

Secteur Edison. — Isolateur pour fils de retour. — Elévation, Plan et Coupe.

isolateurs sont analogues à ceux que nous avons rencontrés dans le caniveau

à trois cloches. Les fils de voltage sont supportés par de petits isolateurs composés d'un champignon en porcelaine et d'un crochet en fer galvanisé scellé au soufre dans la porcelaine (figure 118). Tous ces isolateurs sont reliés, à l'aide de colliers, à des barres de fer encastrées dans les pieds-droits des caniveaux.

Z^fT.

[b) Traversée des chaussées,^- Bien que la canalisation doive être, d'une ma-

^. riiènî générale* ^ posée sous trottoir, on ne peut fairo autrement que de traverser les chaussées aux croisemeiils de nies.

Cette traversée se fait le plus souvent à laide de caniveaux renforcés. Ce sont des caniveaux ordinaires dont les dalles de recouvrement reposent à leurs extrémités longitudinales sur des fers a T de 00 millimîïtres de hauteur (figure 119). Seulement, comme le dessus des dalles doit

MM

Figure li9.

Secteur Edison. ^ Cfiniveau sous chaussée.

Goupe transversale.

Figure I2Û.

Secteur Edison. — Passage des câbles d'un caniveau sous trottoir dans un caniveau sous chaussée.

CANALISATIONS ÉLECTRIQUES

être alors à 1 mètre au-dessous du sol *, il faut prendre des dispositions spéciales pour descendre la canalisation à ce niveau. Elles sont indiquées par la figure 120. L'abaissement du câble est obtenu à Taide de deux groupes d'isolateurs disposés en sens inverse et boulonnés à des barres de scellement. L'ensemble est contenu dans une cheminée en maçonnerie de meulière et ciment recouverte par un tampon bitumé.

Lorsque le nombre de câbles à faire passer sous chaussée est considérable ou lorsqu'il faut descendre au-dessous d'ouvrages souterrains, tels que des égouts, on remplace le caniveau par une galerie voûtée, en ciment et meulière, analogue à une galerie d'égout. Une épaisseur de 0°,20 suffit pour la voûte et les pieds-droits. Les isolateurs sont alors vissés à des barres horizontales scellées directement dans la maçonnerie ou à des équerres boulonnées à une pièce de fer solidement ancrée dans Tun des pieds-droits.

{c) Coupe-circuit. — Les coupe-circuits se composent de lames en plomb

ElévaUo?.

Coupe et vue horiioitale suivant ABGD

Figure 121.

Secteur Edison. — Coupe-circuit sur la canalisation.

* Article 2 § 4 du cahier des charges. Les fils ou câbles ne seront établis souschaussée que pour la traversée des voies. Ces traversées se feront à une profondeur d^au moins un mètre.

qui fondent dès que le courant a atteint une intensité susceptible d'endommager la canalisation. On les place principalement aux points d'intersection des feeders et des câbles de distribution, aux croisements de rues, sur les branchcnicjïls d'abonnés, etc..

Nous donnons figure 121 le dessin d'un coupe-circuit installé sur un feedrr rilimentant deux câbles de distribution.

L*uppareil est placé dans un regard. Il est supporté par trois isolateurs. Le feiMier et les câbles sont pinces par des mâchoires en laiton que relient de^ lames en plomb serrées fortement contre lelailon. On voit que le courant peut L'irculer sans difficulté en passant par le laiton et le plomb. En dévissant les lames de plomb on dispose en outre d'un moyen commode et rapide pour intercepter le passage du courant.

Une petite amélioration a été récemment introduite. On a constaté que le sernige fréquent du plomb sur la mâchoire en laiton amenait assez rapi-

Figurel22.

Secteur Edison. ^ Plomb fusible pour coupe-circuit. (La partie ombrée représente le plomb).

dément sa rupture. Il est préférable de faire les lames de coupe-circuit en laiton t^t plomb, comme l'indique la figure 122. On ne serre ainsi que la partie vn laiton et le plomb reste toujours intact.

(f!- Branchement d'abonné. — Pour les gros consommateurs le branchenit'iil se fait dans un petit regard dont la profondeur est celle du caniveau iM qiK* l*on recouvre d'une trappe bitumée, jointoyée au ciment.

Lr câble de branchement est isolé au caoutchouc. Il est logé dans une moulure en bois demi-cylindrique, munie d'un couvercle. Cette moulure pthitUre dans le caniveau jusqu'à l'aplomb du pied-droit. Le vide existant dans crtte partie entre le câble et la moulure est soigneusement garni d'enduit Cliatterton. La prise de courant se fait à l'aide d'une soudure. Le câble est d abord dénudé puis décapé. On le retourne le long du câble de distribu-

CANALISATIONS ÉLECTRIQUES

tioii auquel on le réunit par deux étriers. On soude ensuite avec de la soudure de ferblantier.

On opère de même pour les branchements sans regard, après avoir toutefois dégagé le caniveau (figure 123).

Figure 123 Secteur Edison. — Branchement d'abonn<^. — Plan et élévation.

Depuis quelque temps la Compagnie prend la précaution de recourber les câbles d'abonnés vers le fond du caniveau. Si une goutte d*eau pénètre alors dans le caniveau, en suivant le branchement, elle tombe, avant d'atteindre la partie dénudée du câble.

{e) Boite d'abonné. — Le branchement d'abonné conduit le courant jusqu'aux façades des maisons. La communication avec la canalisation intérieure

se fait par une boîte d'abonné correspondant au robinet d'arrêt de la Compagnie Parisienne. Cette boîte est en fonte ; elle est munie d'un couvercle dont la clef est entre les mains des agents du Secteur. L'intérieur est garni par une plaque isolante en porcelaine sur laquelle sont vissées quatre bornes : deux a et è communiquent avec les deux câbles du branchement ; les deux autres c ei d commandent la canalisation. Entre a et c d'une part, entre b

Figure 124.

Secteur Edison. — Boîte d'abonné. — Vue intérieure.

et d d'autre part sont posés des plombs fusibles. Le courant arrive par a, gagne par c la canalisation et revient par c? et b. Le passage des câbles s'effectue par une ouverture ménagée dans la partie inférieure de la boîte.

Le plomb fusible a un double rôle : il protège d'abord la canalisation de l'abonné ; ensuite il sert d'interrupteur.

Canalisations de la Société anonjrme d'éclairage et de force. — (a) Caniveau sous trottoir. — Le caniveau de la Société anonyme d'éclairage et de force est, comme le caniveau du secteur Edison, en béton de ciment et de gravillons moulé dans la tranchée. Les dalles de recouvrement sont également en béton. La pente donnée au radier permet l'accumulation de Teau dans des regards d'où elle est extraite à l'aide de pompes.

CANALISATIONS ÉLECTRIQUES

Le système de distribution employé étant le système à deux fils avec feeders, nous trouvons comme caniveaux types, un caniveau à deux câbles pour le réseau de distribution et un caniveau pour câbles de distribution et feoders (figures 123 et 126).

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Figuie 126,

Société anonjrme d'éclairage et de force. — Caniveau

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ôt feeders, — Coupe transversale*

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Figure 125.

Société anonyme d'éclairage et de force. — Caniveau sous trottoir pour câbles de distribution. — Coupe transversale.

Les isolateurs en porcelaine sont montés sur une tige filetée vissée dans une pièce en fonte, encastrée dans le radier et renflée dans la partie formant

écrou. La cloche des isolateurs n'est pas surmontée par un chapeau en fonte galvanisée comme dans la canalisation Edison. Tout est en porcelaine. Le serrap:e du câhle se fait à Taide de deux étriers prenant leurs points d'appui sur des tenons en porcelaine dépendant de Tisolateur. On avait d'abord fait usage de cloches portant des oreilles percées de trous à travers lesquels passa icnt les étriers de serrage; mais cette disposition a été abandonnée comme défectueuse, en raison des cassures qui se produisaient dans la porcelaine pour peu que le serrage des boulons fût oblique.

Lorsque l'isolateur a à supporter un feeder^ il est surmonté d'un petit isûtaleur à fente inclinée, en porcelaine, vissé sur la bride de l'un des étriers. C'est sur cet isolateur que se fixe le fil dit de voltage ou de retour.

La pose des câbles dans les caniveaux se fait par déroulement, comme pour le caniveau Edison. Pour réunir deux câbles bout à bout on les scie à It'ur extrémité sur la moitié de leur épaisseur et sur environ 0™,15 de longuodr. On superpose les deux parties entaillées comme dans un assemblage de charpente à mi-bois et on serre par une ligature. Lé tout est pris dans un iiumchon en bronze formé de deux parties demi-cylindriques, que l'on boulonne et que l'on remplit de soudure.

Figure 127.

âociéU' anonyme d'éclairage el de force.

Manchon pour jonction de c&bles.

Vue en plan et en profil.

Figure 428.

Société anonyme d'éclairage et de force.

Caniveau spécial.

Plan et coupe transversale.

Sous certains trottoirs très étroits, les dispositions qui précèdent ont dû Mre modifiées. On a substitué aux câbles en fils de cuivre des barres de cuJvrT h section rectangulaire, soutenues par des isolateurs spéciaux. Les i=iolaU*ups pour fils de retour sont placés contre les pieds-droits des caniviuiiix. Ce système de canalisation a donné de bons résultats; mais il com-

CANALISATIONS ÉLECTRIQUES

porte de très nombreuses sujétions. D*abord les barres de cuivre ne peuvent pas épouser, comme des câbles, toutes les sinuosités du tracé. Ensuite, elles ne sont livrées que par tronçons de longueur très réduite. On est donc conduit à établir un très grand nombre de liaisons. C'est ce qui fait que les barres de cuivre n'ont été employées par la Société que là oii il lui a été impossible de les remplacer par des câbles.

{à) Trayersée des chaussées. — La traversée des chaussées se fait généra-

Figure 129.

Société anonyme d'éclairage et de force. — Galerie pour la traversée des chaussées.

Coupe transversale.

lement en galerie et à une profondeur qui dépend des ouvrages souterrains

existant sur le tracé de la canalisation (égouts, conduites de gaz, etc...).

Les galeries sont en maçonnerie de meulière et ciment. Les voûtes qui ont 0™, 20 d'épaisseur sont recouvertes d'une chape en ciment. Les isolateurs noni innntés sur des tiges recourbées à angle droit et scellées dans les piedsdroils et même dans la voûte lorsqu'ils sont très nombreux. A leurs deux exlr*!^niités, les galeries sont accessibles par des cheminées verticales fermées par i\vs lumpons bitumés. Les câbles montent le longdes parois et s'échappent oii5uitt% soit diagonalement, soit à angle droit par les caniveaux.

Sous les rues à faible circulation, et là où il n'est pas nécessaire de descend n* au-dessous de la profondeur de 1" prévue par le cahier des charges, la SnckHé emploie aussi des caniveaux avec dalles renforcées, analogues à ceux du Secteur Edison.

{€) Coupe-circuit. — Les coupe-circuits établis, soit à la jonction d'un câble el d'un feeder, soit sur le réseau, sont placés dans de petits regards. lls^ 8e composent de deux mâchoires en bronze supportées chacune par un

Figure 130.

Socmtë anonyme d'éclairage et de force. — Coupe-circuit sur la canalisation.

isol;il(Mir en porcelaine à tête carrée. Les câbles à réunir sont serrés forteriH*nl (>ar les mâchoires. Celles-ci communiquent par deux bornes A et B loliéc» pcir un plomb fusible.

Le* modèle ancien était un peu différent. Les deux mâchoires, au lieu de ïe|H»î?r*r î^ur des plateaux en porcelaine étaient fixées sur un tableau formé ]n\r uiitï dalle d'ardoise. L'isolement de cette dalle laissait à désirer, bien qîi*t*ne iVit supportée par des cylindres de porcelaine.

iji) Branchement et boîte d'abonné. — Les branchements d'abonnés se font h Viiii\r d'un câble isolé sous plomb protégé par une moulure en bois. La mou hirft pénètre dans lecaniveau jusqu'à affleurer le parement du pied-droit. Le fiilfle, dénudé, est relié au câble de distribution par une ligature. On lui fîiii laireune petite courbe vers le fond du caniveau, afin d'empêcher l'eau,

CANALISATIONS ÉLECTRIQUES

qui pourrait s'introduire en suivant le branchement, de gagner le câble de distribution (voir figure 125.)

Le coffret d'abonné ne présente rien de particulier. Il est naturellement muni de plombs fusibles servant à la fois pour protéger la canalisation intérieure et pour intercepter le courant.

Cftbles nus de la Compagnie Parisienne de F Air comprimé. —

Nous avons vu que, sur une partie de son réseau de distribution, la Compagnie Parisienne de TAir comprimé avait adopté des câbles nus placés dans des caniveaux en fonte.

Nous retrouverons plus loin ces caniveaux, on décrivant les canalisations formées de câbles isolés posés dans des caniveaux. Nous indiquerons seulement comment, dans le cas qui nous occupe, on obtient l'isolement des câbles.

Au fond du caniveau règne une planchette continue en sapin préalablement plongée dans de la paraffine. Tous les deux mètres environ, on fixe

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Figure 131.

Compagnie parisienne de l'air comprimé. — Caniveau en fonte pour câbles nus.

Coupes transversale et longitudinale.

sur la planchette une cale en chêne portant à sa partie supérieure deux rainures demi-cylindriques. C'est sur cette cale et par l'intermédiaire de demicoussinets isolateurs en porcelaine que reposent les câbles nus. Pour les main-

Figure 132.

Compagnie parisienne de Tair comprimé. — Isolateur pour câble nu.

Vue de profil et de face.

tenir bien en place on les coiffe par d'autres demi-coussinets isolateurs encastrés dans une cale en chêne identique à la première. On rend les deux cales solidaires en les réunissant par un boulon.

Dans les regards ou dans les galeries, chaque câble est pris entre deux traverses horizontales en bois scellées dans la maçonnerie et munies d'un coussinet isolateur.

Les branchements se font comme dans le cas des câbles isolés.

l'éclaikage a paris

Câbles isolés dans des caniveaux. — Les canalisations formées de câbles isolés placés dans des caniveaux, au moins pour le transport des courants à basse tension, sont tombées à Paris dans une certaine défaveur. La Compagnie Parisienne de l'air comprimé, qui employait surtout ce système, ne pose plus maintenant que des câbles isolés et armés, enfouis directement dans le sol. Il en est de même depuis peu, sur le réseau municipal.

Il est clair qu'une canalisation formée de câbles isolés posés dans des caniveaux est peu économique, puisqu'il faut établir les caniveaux avec autant de soin que s'ils devaient contenir des câbles nus. D'autre part, tout en dépensant beaucoup, on ne met pas les câbles à l'abri des dislocations qui peuvent se produire dans les caniveaux et qui entraînent soit la rupture immédiate de l'isolant, soit sa désagrégation lente sous l'influence de l'eau ou simplement de lair humide.

Quoique l'on paraisse décidée abandonner désormais des canalisations de ce système, nous devons cependant leur consacrer quelques pages en raison de la proportion encore importante qu'elles constituent dans le développement du réseau souterrain.

Canalisation de la Compagnie Parisienne de l'air comprimé. — (a) Câbles et caniveaux. — Le caniveau de la Compagnie Parisienne de l'air comprimé e^i formé par une série d'augets rectangulaires en fonte réunis bout à bout par un joint en caoutchouc. Chaque auget est muni d'un cou-

Fifçure «33.

Compagnie parisienne de l'air comprimé —Caniveau pour trottoir. Coupe transversale.

vercle en fonte, qui déborde sur les parois verticales de l'auget et qui se retourne verticalement afin de faciliter la confection du joint, lequel se fait avec un mastic spécial.

CANALISATIONS ÉLECTRIQUES 297

Le caniveau se subdivise lui-même en une série de petits caniveaux rectangulaires en bois formés par des planchettes en sapin paraffiné. C'est dans ces petites cases que se placent les câbles de charge et les câbles de distribution, à raison d'un câble par case. La Compagnie emploie des caniveaux à 4, 6, 8, 12 cases et au-delà. Les caniveaux sont d'ailleurs superposables. On peut, par suite, dans une même tranchée, loger à peu près autant de câbles que Ton veut.

Les caniveaux peuvent contenir à la fois des câbles de charge, des feeders et des câbles de distribution. Dans ce cas les câbles de charges sont à la partie inférieure, ce qui n'offre aucun inconvénient, puisque l'on n'a jamais à y toucher. Les câbles de distribution se mettent, au contraire, dans les deux cases supérieures, en vue de la confection des branchements pour abonné.

Généralement il existe dans tout caniveau un certain nombre de cases en attente. Elles permettent la pose de feeders supplémentaires, dès que la consommation normale augmente sur le réseau de distribution. Chaque câble s'introduit alors par tirage dans la case qui lui est destinée.

Les câbles ont une section commune, en cuivre, de 200 millimètres carrés. L'isolant est formé par des couches plus ou moins épaisses de caoutchouc suivant qu'il s'agit d'un câble de charge (3.000 volts) ou d'un câble de distribution (HO volts). Par dessus l'isolant existent une gaine de plomb et une enveloppe en jute goudronnée.

Les jonctions de câbles bout à bout sont assez rares, en raison du rapprochement des sous-stations d'accumulateurs et du peu d'étendue des divers réseaux de distribution (250 mètres). Là où elles sont nécessaires on les réalise à l'aide d'une épissure et l'on installe les câbles dans un regard en maçonnerie.

(è) Traversée des chaussées. — La traversée des chaussées se fait dans des galeries maçonnées munies à leurs extrémités de puits verticaux dans lesquels débouchent les caniveaux en fonte. Les câbles descendent verticalement dans les puits et se retournent horizontalement dans les galeries en se divisant en deux séries. L'une comprend tous les câbles positifs et occupe l'un des côtés ; l'autre se compose de tous les câbles négatifs et s'installe sur le côté qui fait face. Sur chaque côté les câbles sont maintenus par des mâchoires en bois, fixées dans la maçonnerie par des boulons à scellement. Ces mâchoires portent un grand nombre de trous ménagés dès l'origine, en vue de l'extension de la canalisation.

(c) Branchement d'abonné. — Les branchements d'abonné se fontdans des boîtes en fonte spéciales qui viennent se substituer au couvercle des caniveaux. Elles se composent de deux parties qui peuvent se réunir suivant un plan

horizontal à Taide de boulons de serrage. Une double rondelle en caoutchouc assure Tétauchéité du joint. La partie inférieure de la boîte se glisse sous les câbles de distribution et ceux-ci, légèrement soulevés, sont pris dans des ouvertures circulaires existant sur la ligne du joint. En serrant les deux parties de

/Sbn

Compagnie parisienne de Tair comprimé. — Caniveau pour branchement d'abonné.

Plan et Coupe transversale.

la boîte on serre également les câbles et, comme la double rondelle en caoutchouc fait complètement le tour de la boîte, elle forme autour des câbles une fermeture absolument hermétique.

En procédant de cette façon on isole complètement du circuit les deux parties des câbles de distribution sur lesquelles doit se faire la prise de courant pour Tabonné.

11 s'agit alors de relier les câbles du branchement à la canalisation. Ces câbles de branchements ont une constitution analogue à ceux de la distribution. Ils sont amenés dans des tuyaux en bois ou en poterie jusqu'à la boîte d'abonné dans laquelle ils pénètrent par deux ouvertures circulaires formant presse-étoupe et munies débouchons coniques en caoutchouc. Ils sont alors dénudés et pris dans des tiges en cuivre verticales qui viennent également

CANALISATIONS ÉLECTRIQUES

serrer les câbles de distribution préalablement mis à nu sur qnelques centimètres.

Figure 135.

Compagnie parisienne de Tair comprimé. — Caniveau pour branchement d'abonné. (Coupe verticale, en avant de la botte de branchement).

Avant de pénétrer chez Tabonné les câbles de branchement traversent un petit coffret scellé dans la façade et muni de plombs fusibles formant interrupteur. Ce coffret n'offre rien de particulier. Il ressemble beaucoup à ceux des autres Sociétés.

Canalisations du réseau municipal. — (a) Câbles et cjmiyeaux. — Les câbles du réseau municipal sont isolés au caoutchouc. La couche d'isolant est naturellement beaucoup plus forte pour les câbles à 2.400 volts que pour ceux à basse tension.

Voici, d'ailleurs, la spécification des câbles.

1** Basse tension.

Ame métallique en cuivre étamé,

Une couche de caoutchouc pur,

Une couche de caoutchouc mélangé, de 2 millimètres d'épaisseur.

Deux rubans en tissu de coton caoutchouté, le tout vulcanisé,

Une tresse bitumée.

300 l'éclairace a paris

2* Haute tension.

Ame métallique en cuivre étamé,

Deux couches de caoutchouc pur, de 1 millimètre d'épaisseur.

Plusieurs couches de caoutchouc vulcanisé, de 4 millimètres d'épaisseur.

Une couche de chanvre résineux de 3 millimètres d'épaisseur.

Deux rubans de tissu de coton enduit de composition bitumeuse.

Figure 136. Figure 137.

Réseau municipal. Réseau municipal.

Câble pour basse tension. GÀbles concentriques pour baute tension.

Exceptionnellement, sur quelques points où l'on avait à redouter des effets d'induction sur des circuits téléphoniques voisins, on a employé pour la haute tension des câbles concentriques. Nous citons seulement ces câbles pour mémoire, car ils ne constituent qu'une partie très faible de la canalisation.

Les caniveaux dans lesquels les câbles sont placés sont en béton de ciment de Portland. Ils sont fabriqués sur place, à la façon des caniveaux Edison. Les dalles, moulées à l'avance, sont h joints recoupés, garnis de terre glaise.

Bien qu€L toutes les précautions soient prises pour obtenir des caniveaux imperméables, il faut compter avec des rentrées accidentelles d'eau, comme il peut s'en produire après dislocation des caniveaux, à la suite d'un tassement du sol. On a aussi réglé le radier des caniveaux suivant un système de pentes et de contre-pentes permettant soit l'accumulation des eaux dans des puisards, soit leur évacuation directe à l'égout.

Il serait imprudent, malgré cela, de poser simplement les câbles sur le radier des caniveaux. Ceux à basse tension sont supportés par des crochets en fer vitrifié ou par des cales en bois enfoncées dans des cadres en chêne s'appliquant exactement sur les parois des caniveaux. Les câbles à 2.100 volts ont été par mesure de précaution logés complètement dans des moulures en bois injecté reposant par des taquets sur le fond des caniveaux.

CANALISATIONS ÉLECTRIQUES 301

Les caniveaux sont exclusivement employés pour la pose des canalisations sous trottoir. La mise en place des câbles s'effectue par déroulement comme dans le caniveau Edison. Lorqu'un tronçon de câble est posé on le réunit au suivant à l'aide d'une épissure.

Figure 138 Figure «39.

Réseau municipnl. — Caniveau sous Réseau municipal. — Caniveau sous

Irottoir pour basbe lension. <^ Coupe trottoir pour haute tension. — Coupe

transversale. transversnlo.

Les croisements de câbles se font h l'aide d'épissures. Aux points de jonction des câbles de distribution et des fceders la liaison est différente. Elle est formée par des barrettes boulonnées, montées sur des plaques en porcelaine.

{b) Traversée des chaussées. — La traversée des chaussées se fait, pour les voies peu importantes, en caniveau avec dalles renforcées par des fers à T.

Pour les autres, ou lorsqu'il faut passer sous des ouvrages souterrains, on construit des galeries maçonnées analogues à celles du secteur Edison.

(c) Branchements d'abonné pour basse et haute tension. — Les branchements d'abonnés sont constitués par des câbles isolés reliés aux câbles de la distribution par des épissures soudées. On refait ensuite à la main la gaine isolante.

Pour la basse tension, les câbles de branchement sont amenés jusque chez l'abonné sous des moulures en bois injecté au sulfate de cuivre. Ils aboutissent à un coffret muni de plombs de sûreté et logé dans la façade de l'immeuble alimenté. Au-delà se trouve un interrupteur bi-polaire, puis le compteur.

'La distribution du courant à haute tension est un peu plus compliquée. Par mesure de sécurité les câbles de branchement sont protégés non plus par une moulure en bois, mais par un caniveau maçonné qui règne sous le trottoir jusqu'à la façade. Immédiatement après avoir traversé la façade, les câbles s'engagent dans une armoire fermée par un cadenas dont les agents du service de Téclairage ont seuls la clef. C'est là que s'effectue la transformation du courant primaire (2.400 volts) en courant secondaire (100 volts). Les appareils renfermés dans cette armoire sont, par orJrc, deux coupe-cir-

cuits, un interrupteur bi-polaire, un transformateur Ferranti et un appareil de mise h la terre, système Cardew. Nous retrouverons cet appareil en étudiant la distribution du secteur des Champs-Elysées. Dans l'intérieur de Tarmoire, les coupe-circuits, l'interrupteur, et l'appareil Cardew sont

Figure 140.

Réseau municipal. — Branchement d'abonné avec transformateur.

fixés à une planchette bien isolée. Le transformateur repose de son côté sur une planche en bois isolée par des supports en porcelaine et des feuilles de caoutchouc.

Le courant ainsi abaissé à 100 volts peut être livré sans inconvénient au consommateur. Comme à l'ordinaire on trouve deux coupe-circuits, un interrupteur bi-polaire, que l'abonné peut manœuvrer selon ses convenances, puis un compteur. Les coupe-circuits secondaires remplacent le coffret d'abonné qui commande, ainsi que nous l'avons vu, les distributions de courant continu à HO volts.

Cftble pour haute tension de la Société anonyme d'Eclairage et de Force. — Il nous faut encore ajouter, comme canalisation formée de

CANALISATIONS ÉLECTRIQUES 303

câbles isolés placés dans des caniveaux, celle qui sert à la Société Anonyme d'Eclairage et de Force pour amener le courant à haute tension produit par Tusine de Saint-Ouen dans les deux usines du boulevard Barbes et du faubourg Saint-Denis.

Les câbles, qui sortent de Tusine Ménier, ont la spécification suivante : Une âme en cuivre de haute conductibilité composée de 19 fils représentant une section totale de 40 millimètres carrés,

.Aâéiffi-Ttii^ «VH<irWfUt^

Figure 141.

Société anonyme d*éclairage et de force. — Câble pour haute tension.

Deux couches de caoutchouc naturel,

Deux couches de caoutchouc vulcanisé,

Deux rubans caoutchoutés recouverts d'enduit Ménier,

Un ruban en jute goudronnée.

Les caniveaux sont identiques à ceux qui renferment les câbles nus de la même société et que nous avons décrits plus haut. Les câbles déjà isolés par les couches de caoutchouc qui les entourent sont en outre supportés par des isolateurs en porcelaine. Dans ces conditions, on obtient, pour Tensemble de la canalisation, un isolement excellent. Il est, au minimum, de 800 mégohms par kilomètre.

Canalisation du Secteur de la rive gauche. — Le petit réseau à basse tension et à courant continu qu'exploite actuellement ce secteur comporte une canalisation en câbles isolés au caoutchouc placés dans des caniveaux. Les câbles sont supportés, de distance en distance, par des barres transversales en fer scellées dans les pieds-droits des caniveaux et recouvertes d'une feuille de caoutchouc.

Les câbles qui seront employés pour la distribution du courant alternatif auront la spécification suivante :

Une âme en cuivre de haute conductibilité.

Un couche de para pur.

Deux couches de caoutchouc vulcanisé.

Deux tresses enroulées en sens inverses,

Une tresse enduite d'isolant Ménier.

La résistance d'isolement kilométrique exigée du fabricant sera de 600

mégohms pour les circuits primaires et de 300 mégohms pour les circuits secondaires.

Les câbles seront logés dans des caniveaux en béton de ciment de 0"*,20 de largeur et de Q'^.SQ de profondeur recouverts par une dalle en béton de 0"',07 d'épaisseur. Dalle et caniveau seront moulés à Tavance par tronçons d'un mètre de longueur. Le raccord des tronçons se fera au ciment. Sous chaussée le caniveau sera remplacé par une galerie.

Comme on ne pourrait, sans danger, réunir dans un même caniveau des câbles à haute et à basse tension on prévoit que là où les deux genres de canalisations suivant une direction commune, on établira un caniveau double. Le pied-droit séparatif aura, comme les pieds-droits latéraux, 0",06 d'épaisseur*.

Qu'il s'agisse de câbles à haute tension ou de câbles à basse tension ceux-ci devront être supportés par des isolateurs de manière à ne toucher en aucun point le l'adier ou les pieds-droits des caniveaux.

L'arrêté approbatif des canalisations porte, en outre, qu'il y aura des regards tous les 100 mètres soit pour permettre la visite de la canalisation, soit pour servir à la ventilation des caniveaux.

Ventilation des caniveaux et des regards. — Les caniveaux ont l'inconvénient, dès qu'ils viennent à se fissurer, de former drain, non-seulement pour les eaux du sous-sol, mais encore pour le gaz d'éclairage qui peut se dégager des conduites et branchements de gaz établis sous la voie publique. Or le gaz et l'air forment un mélange détonant redoutable. Il en est de même de l'oxygène et de l'hydrogène que produit la décomposition électrolylique de Teau. Lorsque ces divers gaz viennent à pénétrer ou à se former dans les caniveaux, ils s'y accumulent et finissent par gagner les regards où une étincelle suffit pour produire une explosion très violente.

A la suite d'accidents de cette nature, survenus sur quelques canalisations, l'Administration a décidé % comme nous le verrons plus loin, que les regards sur canalisations en caniveaux seraient toujours pourvus de tuyaux d'évent débouchant à air libre et qu'ils seraient ouverts et visités au moins une fois toutes les trois semaines.

Cette mesure, dont le temps a montré toute Tefficacité, a été complétée sur le réseau municipal par une autre qui a donné à son promoteur, M. Monmerqué, Ingénieur des Ponts et Chaussées, satisfaction complète.

* Tels sont les projets du secteur. Il n*est pas absolument sûr que la canalisation sera exécutée de cette façon. La Société aura évidemment à examiner s'il ne serait pas plus avantageux pour elle d'adopter des câbles armés et isolés.

' Arrêté préfectoral du 30 juillet 1891 . Voir chapitre XII. (La Ville de Paris et les Sociétés d'électricité).

CANALISATIONS ÉLECTIUQUES

Elle consiste à ventiler énergiqucment les caniveaux, à Taide d'une petite pompe centrifuge, que Ton installe sur les regards. De cette façon, nonseulement on enlève les gaz dangereux qui séjournent dans les caniveaux, mais on remplace aussi Tair humide, qui entoure les câbles et dont il faut toujours redouter Taction destructive, par de Tair sec et pur.

Le ventilateur employé par M. Monmerqué est représenté par les figures 142 et 143. Il se compose d'une petite turbine de 370 millimètres de diamètre montée sur une plateforme circulaire en bois dont les dimensions sont exactement celles d'un tampon de regard. Le mouvement de rotation est

Figure 142.

Ventilateur à bras pour caniveaux électriques. — Vue de Tappareii mis en place et prêt à fonctionner.

Figure i43.

Ventilateur à bras pour caniveaux électriques. — Vue de l'appareil monté sur son chariot.

produit par une manivelle à engrenage qui permet d'obtenir facilement une vitesse de 1.000 tours à la minute- A cette vitesse la turbine débite 400 mètres cubes à Tair libre et la moitié dans une conduite. Le volume d'un regard étant en moyenne égal à 1 mètre cube et le volume par mètre courant de caniveau à 1/20^^°*® de mètre cube, dix minutes suffisent pour renouveler l'air sur une longueur de 600 mètres. Dans la pratique on ne compte que sur 100 mètres, car il est bon de renouveler l'air plusieurs fois.

L'appareil entier est monté sur roues; mais, au lieu de reposer directementsur l'essieu, il est supporté pardeux fourchettes que l'on peut faire tourner autour de l'essieu, en élevant ou abaissant la flèche de traction. Grâce à cette disposition, le transport et la mise en place du ventilateur se font sans difficulté. Il ne pèse, chariot compris, que 180 kilogrammes. Un homme suffit, par suite, pour le déplacer.

Cet appareil ingénieux a été également adopté par la Compagnie Edison.

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