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CHAPITRE IX

CANALISATIONS ÉLECTRIQUES

{suite)

Câbles armés et isolés, — Canalisations du secteur de la place Clichy : (a) Câbles et pose des câbles sous trottoir ; (b) Jonction de deux câbles ; (c) Traversée des chaussées; (d) Boites de distribution ; (e) Branchement d'abonné ; if) Boite de branchement. — Canalisations du secteur des Champs-Elysées : (a) Câbles et pose des câbles sous trottoirs ; (b) Traversée des chaussées ; (c) Boite de dérivation ; (d) Boite pour coupe- circuit ; (e) Branchement d'abonné et transformateur. — Canalisations nouvelles de la Compagnie parisienne de Tair comprimé et du réseau municipal.

Isolement des canalisations souterraines. — Comparaison des divers systèmes de canalisations.

Câbles armés et isolés. — Les câbles armés et isolés se posent directement dans le sol. L'armature assure leur protection contre les chocs accidentels ; elle doit avoir une résistance telle qu'elle ne puisse être traversée par la pioche d'un terrassier. Elle est généralement constituée par des fils de fer enroulés en hélice ou par un ou plusieurs rubans d'acier.

L'isolement est obtenu par des matières mauvaises conductrices de l'électricité dont on entoure l'âme en cuivre du câble. L'épaisseur de la couche dépend, pour un courant d'une tension donnée, de la résistance au passage de l'électricité de la substance employée. Cependant, même avec un très bon isolant, il y a certaines limites pratiques au-dessous desquelles il serait imprudent de descendre. Il faut, en effet, que la résistance mécanique de la couche isolante soit suffisante pour que l'on n'ait pas à redouter de dégradations pendant le transport et la mise en place des câbles. Il est nécessaire, en outre, comme l'a fait remarquer M. Preece, que, si une fissure vient à se produire dans l'isolant, la petite couche d'air substituée à l'isolant, dans cette

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partie, ait une épaisseur telle que TétinceUe électrique ne puisse la traverser *.

En dehors de ces considérations, on doit regarder comme rigoureusement indispensable, surtout à Paris, de mettre soigneusement la matière isolante à Fabri de Feau. Sans cette précaution les sels divers, accumulés dans le sous-sol, détruiraient rapidement Tisolant et pénétreraient jusqu'à Tâme en cuivre.

C'est pour cette raison que, dans les câbles en usage, on trouve, par dessus la matière isolante, une enveloppe absolument étanche en plomb.

Deux autres couches, mais moins importantes que les précédentes, sont alors nécessaires ; Tune est intercalée entre l'armature et le plomb et forme un matelas qui protège ce dernier métal pendant l'enroulement de l'armature; l'autre enveloppe l'armature et la soustrait à l'action oxydante du sol. Ces deux couches se font généralement en jute goudronnée ou en chanvre.

Bien qu'une canalisation ainsi constituée soit imperméable à l'eau, il est bon de prendre certaines précautions pour empêcher la stagnation prolongée de l'eau dans les tranchées. Généralement, on remplit le fond de la tranchée avec du sable de rivière, sur une épaisseur telle que les câbles en soient complètement enveloppés. Cette couche de sable forme drain. Comme, d'ailleurs, le fond de la tranchée présente toujours une pente appréciable (celle des rues canalisées) les eaux d'infiltration suivent la couche de sable dans les endroits où le sous-sol est argileux, et s'échappent là où l'on traverse des terrains perméables, comme d'anciennes caves remblayées, des couches sablonneuses, etc.. Ce procédé présente cet autre avantage : c'est que les câbles sont placés dans une couche de composition chimique constante et que, par suite, on n'a pas à redouter les actions destructives que pourraient produire les couches si variées du sous-sol parisien *.

Nous estimons que l'on ne se préoccupe pas toujours suffisamment d'éliminer rapidement les eaux qui pénètrent dans les tranchées. Ainsi, il nous semble que le fond de ces tranchées devrait être réglé, non pas d'après la pente des rues canalisées, mais à la suite d'une étude d'ensemble, comportant un système de pentes et de contre-pentes, avec puisards d'absorption aux points bas. On établirait, au besoin, un tuyau de drainage dans les parties où l'eau aurait à parcourir un trop long chemin.

* M. Preece, électricien en chef du Briiish Post Office^ estime qu'une épaisseur de 1 millimètre est nécessaire pour des courants de 500 volts et au-dessous. Ajouter un demimillimètre par 500 volts ou fractions de 500 volts en sus.

En France, on exige pour les canalisations aériennes empruntant les routes nationales et départementales, — lorsque ces canalisations nesont pas constituées par des câbles nus — une épaisseur d'isolant minima de 2"",5.

' En parlant des tuyaux de gaz qui sont, comme nous Tavons vu, entourés de bitume, nous avons dit que sous Tinfluence de Tacide carbonique, les sous-sols chargés de plâtras pouvaient dégager de i*acide sulihydrique.

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Dans un autre ordre d'idées on pourrait chercher à entourer les câbles d'une masse toujours plus imperméable que celle du sol environnant. On y arriverait probablement, sans trop de dépenses, en arrosant le sable avec un lait de chaux hydraulique ou avec un lait de ciment. La matière, tout en ayant une imperméabilité suffisante, n'acquerrait pas une compacité gênante pour l'exécution des branchements.

Canalisations du secteur de la place Clichy. — Le Secteur de la place Clichy exploite, ainsi que nous l'avons vu, des courants continus et les distribue par une canalisation à cinq conducteurs, avec feeders d'alimentation.

{à) Câbles et pose des câbles sons trottoirs. — Les câbles pour réseau de distribution, feeders et branchements d'abonnés ont tous la même constitution. Ils sont du système Siemens et proviennent de la câblerie de la Société Alsacienne de constructions mécaniques, à Belfort.

Figure 144.

Secteur de la place Clichy. -^ Cable armé et isolé, système Siemens.

Ils présentent six couches concentriques :

1" une âme en fils de cuivre de haute conductibilité, P^xceptionnellement, lorsqu'il s agit d'un câble feeder, un de ces fils est isolé des autres, afin de pouvoir servir comme fil de retour ;

2° une couche isolante consistant en un tissu imprégné de cire minérale ;

3° une gaine de plomb étirée à froid et formant une enveloppe complètement étanche autour de l'isolant ;

4** tme couche de jute goudronnée^ intercalée entre le tuyau de plomb et l'armature, afin que celle-ci ne puisse en aucune façon détériorer le tuyau, soit pendant la fabrication, soit pendant la pose ;

5° une armature protectrice, formée de deux rubans d'acier enroulés en hélice et dont l'un chevauche sur les joints de l'autre ;

6** une couche de jute goudronnée^ qui met les rubans d'acier à l'abri de l'air et de l'humidité et qui les préserve de l'oxydation.

l'éclairage a PAhlS

Malgré leur gaine de plomb et leur armature métallique les câbles Siemensjouissent d'une grande élasticité. On les amène à pied-d'œuvre enroulés sur des tambours et on les tire à bras d'hommes pour les poser au fond de la tranchée. Celle-ci a, sous trottoir, 0",50 de largeur sur 0'°,60 de profondeur. Les câbles sont placés les uns à côté des autres, sans se loucher et

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Figure 145.

Secteur de la place Clichy. — Canalisation sous Iroltoir. — Coupe transversale.

toujours dans le même ordre de polarité. On n'est ainsi jamais embarrassé lorsqu'on a un branchement à établir. Par surcroît de précaution des bracelets en feuillard plombé, portant des marques conventionnelles, sont enfilés sur chaque câble, de mètre en mètre.

Le fond de la tranchée est rempli sur une quinzaine de centimètres de hauteur par une couche de sable de rivière dans laquelle les câbles sont complètement noyés. La partie supérieure est remblayée avec les terres du déblai, pilonnées avec soin. A 0",30 au-dessus des câbles on étale un grillage en fil de fer galvanisé, imposé par la Ville, pour que les ouvriers étrangers au Secteur, qui auraient à pratiquer des fouilles sur la voie publique, soient avertis du voisinage de la canalisation.

(b) Jonction de deux câbles. — Pour réunir deux câbles bout à bout on commence par les dénuder, en gradins, suivant leurs couches successives*. Les âmes en cuivre sont prises alors dans une forte pince en laiton qui assure la continuité du circuit. Les extrémités des deux câbles, dans toute leur

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Figure 147.

' On dénude les câbles en gradins afln de ménager, entre le cuivre et le plomb, une longueur d'isolant ah suffîsanle pour qu*il ne puisse s'établir, de l'un à Tautre métal, un courtcircuit.

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partie dénudée, et la pince sont ensuite entourées par un manchon en fonte, composé de deux coquilles pouvant s'appliquer Tune sur Tautre suivant un joint horizontal. A Taidede quatre boulons, on réunit énergiquement ces deux coquilles et on les serre à bloc sur les câbles au point où ceux-ci entrent dans . le manchon. L'isolement s'obtient en versant par un trou ménagé dans la

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Figure 146.

Secteur de la place Glichy. — Manchoifi pour jonction de câbles

coquille supérieure, un liquide isolant. Cette substance est solide à la température ordinaire ; il faut la faire fondre pour pouvoir la couler dans le manchon. Le remplissage du manchon doit se faire avec soin afin que tout l'air qu'il renferme soit complètement expulsé. L'opération une fois terminée on ferme l'ouverture du haut à l'aide d'un bouchon à vis.

Figure 148.

Secteur de la pjace Clicliy. — Canalisation sous chaussée.

Toute la série des opérations que comporte la jonction de deux câbles est faite sous une petite guérite portative, que l'on place au-dessus de la tranchée.

On prend cette précaution pour éviter, dans le cas où il viendrait à pleuvoir, toute introduction d'eau dans le manchon.

{c) Traversée des chaussées. — L'Administration n'a pas exigé que la traversée des chaussées se fît en galerie. Mais, afin que l'on n'eût pas à ouvrir de nouvelles fouilles, toujours gênantes pour la circulation, dans le cas où la canalisation aurait besoin d'être réparée, elle a prescrit que chaque câble serait enfermé dans un tuyau en fonte suffisamment long pour déboucher sous trottoir. De celte façon la dépose d'un câble et son remplacement, s'il y a lieu, par un câble neuf pourront être effectués par tirage.

Le diamètre des tuyaux dépend de celui du câble qu'ils ont à contenir. Les joints se. font simplement avec de la corde goudronnée.

(rf) Boite de distribution. — Aux points de jonction des feeders et des câbles de distribution, ainsi qu'aux points de croisement des câbles de distribution, la liaison des conducteurs de même polarité se fait dans des boites spéciales en fonte, formant regard. Nous représentons, figure 149, une boîte réunissant deux directions A et B et servant, en outre, à mettre le réseau de distribution en communication avec l'usine par deux feeders C et D.

Les cinq câbles A se prolongent dans la boîte par des barres en cuivre étamé 1, 2, 3, 4, S, isolées du fond de la boîte par des cales en ébonite. Les câbles B aboutissent également à cinq barres 1, 2, 3, 4, 5 perpendiculaires aux premières et situées à quelques centimètres au-dessus d'elles. Les liaisons se font verticalement par des cales en cuivre. On réunit ainsi la biarre 1 de la direction A à la barre 1 de la direction B, la barre 2 de la direction A à la barre 2 de la direction B et ainsi de suite. Chaque barre de la direction B repose ainsi sur l'une des barres A par une cale en cuivre. Un deuxième support est constitué par une rondelle en ébonite.

Quant aux câbles feeders ils communiquent respectivement avec les barres 1 et 5. Les fils de retour sont attachés également à ces barres.

Il faut prendre de grandes précautions pour empêcher l'introduction de l'eau dans la boîte de distribution. A cet effet, elle est munie d'un couvercle avec joint en caoutchouc qui permet d'obtenir une fermeture bien hermétique.

D'autre part, la pénétration des câbles dans la boîte se fait par l'intermédiaire de coquilles en fonte que l'on remplit complètement de matière isolante, à la manière des manchons. Prenons par exemple les câbles A. La coquille qui leur correspond est formée de deux parties pouvant se boulonner l'une sur l'autre suivant un joint horizontal. Chaque câble pénètre dans la coquille par une ouverture circulaire dont le diamètre est sensiblement égal à celui du câble. On jointoie avec de la corde goudronnée et l'on saisit l'extrémité du câble, préalablement dénudée, par un manchon en cuivre

CANALISATIONS ÉLECTRIQUES [suitè) 313

pénétrant dans la boîte de distribution et isolé d'elle par un anneau en ébo-

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Figure 149.

Secteur de la place Glichy — BoUe de distribution sur la canalisation.

nite. La jonction des manchons et des barres s'effectue par des plombs fusibles.

Les feeders pénètrent dans la boîte de distribution à Taide d'une disposition analogue. Le fil de retour sort par une petite ouverture pratiquée dans le manchon.

La boîte de distribution est surmontée par un cuvelage en fonte qui se conlimie jusqu'au Lrotloir *^tt]iii est feinu'* jnir un tampon bitumiV

Il existe des boîtes de di^^liibuiion pour iU'UX, trois et quatre directions. Celle de la figure 1 i9<^st cvllak quatre (liirctions dont deux seulement ont été utilisées. Les ouvertures correspondant aux deux autres directions sont tamponnées.

11 n'est pas utile d'insister sur ee point: c*cst que les boites de dislribution font, grâce aux plombs fusibles, l'office de véritables robinets d'arrêt. On peut, en elîet, déboulonner ces plombs avec une grande facilité et isoler tel ou tel cireuiL En onti'e, en cas de l'éparation, un n'arrête toujours It^ courant que sur une très petite partie de la canalisation.

(e) Branchement d'abonné, — La tlistribulion se fait cbc^ les abonnés à fleux. trois un cinq lil>. Mais le^ bram-hements s'exécutent loujours a trois ou à ciîiq fils. Le branchement a trois fils î^erl pour un seul circuit, le branchement H cinq fils pour deux ou quatre circuits.

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Secteur de la place GMchy. — Brancbement d'abonin^ à trois et à ci ni] fils.

Os ilîsposititins ont été ctmitiinées en vm* iréjj^alisor te nombre de lampes fittlinieiiter par chaque pont île la distribution. Celle-ci comjïorte, comme nuu^ lavons vu, quatre punis sur chacun desquels on dispose J'uncchute de

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potentiel de HO volts. Au fur et à mesure que la canalisation s'étend, on répartit bien les lampes nouvelles de manière à charger également chacun de ces quatre ponts. Mais l'équilibre est détruit, lorsque de nouveaux clients viennent se greffer sur la canalisation ou lorsque des abonnements prennent fin.

En alimentant un circuit à deux fils par un branchement à trois fils, on se réserve la possibilité de faire porter la consommation de l'abonné sur deux ponts différents et de rétablir ainsi l'équilibre.

Avec le branchement à cinq fils et deux circuits chez l'abonné on dispose d'une marge encore plus étendue.

Les câbles de branchement sont identiques, au moins comme constitution, aux câbles de la distribution. Leur jonction avec ces derniers s'effectue dans des manchons en fonte composés de deux coquilles pouvant se boulonner l'une

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Figure ISl.

Secteur de la place Clichy. — Manchons pour branchements.

sur l'autre suivant un joint horizontal. Les câbles à réunir sont dénudés dans l'intérieur de la coquille et serrés par une pince en cuivre. On remplit ensuite tout l'intérieur avec de la matière isolante, en procédant comme pour les manchons qui servent à réunir deux câbles bouta bout.

On emploie deux modèles de manchon pour branchement d abonné. Dans Tun la dérivation se fait perpendiculairement au câble de distribution. L'autre, qui tient moins de place, comporte une liaison latérale.

(/) Boite de branchement. — Les câbles de branchement passent, avant de pénétrer chez les abonnés, par des boîtes de branchement munies de plombs fusibles. Ces boîtes ont une section rectangulaire. Sur les côtésjpeuvent se

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Figure 152.

Secteur de la place Glichy. — Boite de branchement pour trois câbles.

Plan et élévation.

fixer deux doubles coquilles par lesquelles se fait l'introduction des câbles. Ceux-ci sont dénudés en gradins et l'âme en cuivre pénètre seule dans la boîte de branchement. Elle est isolée d'elle par une rondelle en ébonite. Les câbles une fois mis en place, on referme les coquilles et on les remplit de matière isolante. Les câbles de même polarité sont réunis par des lames de plomb soudées à de petites mâchoires en cuivre.

De môme que la boîte de distribution, la boîte de branchement doit être

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absolument inaccessible à Teau. Elle est, comme elle, munie d'un couvercle en fonte s'appliquant bien exactement sur un joint en caoutchouc. Pour absorber Thumidité, qui finit toujours par pénétrer dans la boîte, on abandonne, au-dessous des câbles, une petite soucoupe remplie de chlorure de calcium.

La boîte de branchement se prolonge par un eu vêlage en fonte jusqu'au

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Figure 153.

Secteur de la place Glichy. — Boite de branchement pour cinq câbles

Plan et élévation.

niveau du trottoir. Elle est finalement recouverte par un tampon arasé dans le plan du trottoir et dont les agents du secteur ont seuls la clé.

Les boîtes de branchements remplacent les coffrets d'abonnés que nous avons rencontrés en étudiant les canalisations de la Compagnie Edison et de la Société anonyme d'Eclairage et de Force. Elles ont cet avantage : c'est qu'on peut les poser sans détériorer les façades des maisons. L'interruption du courant se fait en outre avec une grande facilité. H suffit d'ouvrir la boîte

et d'enlever les plombs fusibles. Il est nécessaire pour ne pas recevoir de secousse, pendant cette opération, de se protéger les mains par des gants en caoutchouc.

De la boîte de branchement les câbles se dirigent chez Tabonné. Ils traversent le mur de façade au-dessous du sol et aboutissent à l'interrupteur qui les réunit, comme nous l'avons vu plus haut, avec tel ou tel circuit.

Canalisations du Secteur des Champs-Elysées. — Les câbles du secteur des Champs-Elysées, qui ont à distribuer des courants alternatifs à la tension de 3.000 volts, doivent être supérieurement isolés. Quelques précautions sont en outre nécessaires afin d'éviter les effets d'induction que pourraient produire les variations du courant dans les masses métalliques situées à proximité de la canalisation. On a tourné la difficulté en employant des câbles concentriques, c'est-à-dire des câbles doubles, composés d'une âme en cuivre et d'une couronne de fils de cuivre séparée de l'âme par une matière isolante. De cette façon les effets d'induction produits par l'un des conducteurs sont détruits à chaque instant par l'action inductive de l'autre conducteur.

{a) Câbles et pose des câbles sous trottoirs. — Les feeders, les câbles du réseau de distribution, les câbles pour branchement d'abonné ont tous la même constitution. Ils présentent :

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Figure 154.

Secteur des Champs-Elysées. — Câble armé et isolé, système Berthoud-Borel.

lo une âme centrale en torons de fils de cuivre ;

2° un double giiipage en tissu ;

3° une enveloppe en matière isolante, à base de résine mélangée d'huiles végétales et de brai ;

4° une gaine en plomb ;

5° un toron annulaire en cuivre, formant second conducteur, en contact direct avec le plomb ;

6** un double guipage en tissu ;

T une enveloppe isolante identique comme composition à la première ;

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8° une gaine en plomb ;

9** une couche de brai ; 10° une gaine en plomb ; 11** ww guipage de jute goudronnée ; 12® un double n/éan ^/'aa^y formant armature ;

13° un double guipage entoile goudronnée protégeant l'armature en acier contre Toxydation.

Le brevet de ces câbles appartient à la maison Berthoud-Borel, de Suisse. Mais, comme toutle matériel employé par les Sociétés d'électricité doit être de provenance française, le Secteur des Champs-Elysées a traité, pour la fabrication de ses câbles, avec la Société des anciens établissements Cail.

Dans les câbles Berthoud-Borel la matière isolante et les gaines de plomb sont coulées à chaud. Ils diffèrent, àce point de vue, des câbles Siemens du Secteur de la Place Clichy, dont l'isolant est posé à froid. Le plomb lui-même, dans ce dernier système, est façonné en forme de tuyau, uniquement par pression.

Le diamètre des câbles employés varie de 53 millimètres à 77 millimètres. Ce dernier diamètre correspond aux feeders.

Un feeder de 77 millimètres de diamètre pèse 25 kilogrammes au mètre courant.

Malgré leurs poids élevé et les couches successives qui les composent les câbles Berthoud-Borel jouissent d'une assez grande flexibilité. On peut les enrouler sur des tambours et les dérouler dans la tranchée comme ceux du Secteur de la place Clichy. Ils sont cependant un peu moins maniables que ces derniers.

Secteur des Champs-Elysées.

Figure 4 55.

Canalisation sous trottoir.

— Coupe transversale.

Les tranchées ont 0",6i de profondeur et une largeur qui s'abaisse à 0",28 lorsque la canalisation n'est formée que par un seul câble. Elle est de 0™,48

i/éclairage a paris

pour deux câbles. Le fond de la tranchée est rempli de sable, formant drain, sur une épaisseur de 0"*,20. Au-dessus des câbles, dans les terres de remblai, on place d'abord une ligne de bardeaux en terre cuite, puis un treillage métallique.

Les câbles sont amenés par tronçons de 100 à 200 mètres de longueur. La jonction, bout à bout, de deux tronçons consécutifs s'effectue dans des

Secteur des Champs-Elysées.

Figure 156.

Boite pour jonction de cables. — Coupe horizontale.

boîtes en fonte formées de deux coquilles pouvant se boulonner Tune sur Tautre suivant un joint horizontal. Les câbles à réunir sont dénudés. Les torons centraux, mis en regard, sont pris dans un manchon en laiton qui assure la continuité du circuit.

Pour le câble annulaire on commence par écarter les fils de cuivre perpendiculairement au câble ; puis on les replie en deux faisceaux que Ton

Figure 157.

Secteur des Champs-Elysées — Canalisation sous chaussée. — Coupe transversale.

serre par des pinces en laiton. Toutes ces opérations doivent être faites, bien entendu, avec un très grand soin. Les jonctions étant termineurs on boulonne

CANALISATIONS ÉLECTRIQUES [silite) 321

les coquilles et on les remplit de matière isolante à Taide de trois tubulures ménagées dans la coquille supérieure.

[b) Traversée des chaussées. — La traversée des chaussées n'est permise que dans des tuyaux en fonte, posés à un mètre sous le sol. Les tuyaux servant à abriter les feeders ont 0", 12 de diamètre intérieur et une épaisseur de 0^,07 . Lorsqu'il y a plusieurs câbles et par suite plusieurs tuyaux on pose ces derniers à 0",10 les uns des autres.

{c) Boite de dérivation- — Le croisement de deux câbles se fait dans des boîtes en fonte à trois directions formées de deux coquilles pouvant se rabattre exactement Tune sur l'autre suivant un joint horizontal. Le câble sur lequel on se branche est dénudé jusqu'à l'âme centrale, en regard de laquelle on

Figure 158.

Secteur des Champs-Elysées. — Boite de dérivation sur la canalisation. Coupe horizontale.

amène l'âme du câble à jonctionner. Un manchon en forme de T assure la liaison des deux âmes. Les fils annulaires sont au contraire écartés et réunis par des pinces en laiton. Les coquilles sont ensuite boulonnées et remplies complètement avec de la matière isolante.

[d) Boite pour coupe-circuit. — Des coupe-circuits sont installés d'abord sur les feeders, un peu avant le point où ils se soudent au réseau de distribution, ensuite sur le réseau de distribution lui-môme, là où les conducteurs changent de section pour former des ramifications secondaires.

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CVNiLïS ATiONS ÉLECTRIQUES [suitc) 323

Les coupe-circuits sont logés dans des boîtes en fonte placées elles-mêmes dans des regards en maçonnerie fermées, au niveau du trottoir, par une trappe bitumée.

Les câbles entre lesquels on doit intercaler un coupe-circuit sont dénudés. Les âmes sont prises chacune dans des tiges de cuivre formant collier et réunies par le coupe-circuit propremennt dit. C'est un cylindre en ébonite terminé par deux calottes en cuivre reliées, intérieurement au cylindre, par un plomb fusible. Deux étranglements diminuent Tiniportance de Tétincelle qui pourrait se produire dans le cas où le plomb viendrait à fond. Le coupecircuit est creux intérieurement. A Taide d'ouvertures ménagées dans la paroi supérieure on y verse autant d'huile lourde qu'il en faut pourque le fil de plomb en soit complMement entouré. La communication entre les deux âmes est établie dès que le coupe-circuit est posé sur les tigos de serrage. La fixité du coupe-circuit est assurée par des griffes élastiques en cuivre faisant corps avec les tiges et entre lesquelles les deux calottes pénètrent à frottement dur. Pour interrompre le courant, il suffit d'enlever le coupe-circuit. Il est muni à cet effet d'un manche en bois qui, bien qu'isolé puisqu'il n'est en contact qu'avec le cylindre en ébonite, ne doit être manœuvré qu'avec la main préservée par un gant en caoutchouc.

Les boîtes pour coupe-circuit sont remplies de matière isolante, jusqu'aux griffes qui retiennent le coupe-circuit. Elles sont en outre fermées par un couvercle en fonte avec joint en caoutchouc.

On voit que cet appareil n'a pas seulement pour but d'interrompre le courant au moment où son intensité devient dangereuse. Il permet aussi d'isoler, pour une réparation quelconque ou une prise de courant, telle ou telle partie du réseau.

(e) Branchement d'abonné et transformateur. — Les branchements d'abonné se font en câbles concentriques. Ils se soudent aux câblesde distribution dans dps boîtes de dérivation identiques à celles qui servent aux croisements de câbles.

Conformément aux stipulations de l'article 5 du cahier des charges-type, les transformateurs ne peuvent être établis sous la voie publique. C'est donc chez l'abonné que la tension du courant est réduite de 3.000 à 110 volts. Voici le dispositif adopté. Il s'agit d'abord de passer du câble concentrique aux deux fils de distribution. La liaison se fait dans un capot d'aboiinéy pièce en fonte, formée de deux coquilles qui se rabattent exactement l'une sur l'autre et dans laquelle on engage les deux fils qui doivent se rendre au transformateur. Avant, ils traversent un interrupteur bi-polaire et deux coupe-circuits à griffes. Ces coupe-circuits sont analogues à ceux des canalisations établies sous la voie publique.

Les transformateurs, du système Ganz, ont été construits par Tusine du Creusot. Ils sont placés sur des isolateurs en porcelaine et munis de quatre bornes : deux pour le circuit primaire à 3.000 volts et deux pour le circuit secondaire à 110 volts. La puissance des transformateurs employés varie de 1 à 25 kilowatts. Le type le plus répandu est celui de 10 kilowatts.

Figure 160..

Secteur des Champs-Elysées. — Branchement d'abonné et transformateur. A. Transformateur. — B Sommier en bois. — C Isolateurs en porcelaine. D. Tableau. primaire — Ë Bornes du circuit primaire avec plombs fusibles. — F. Plancoetle supportant les bornes secondaires. — G. Bornes et coupecircuits secondaires. — H. Interrupteur bi-polaire. — I. Compteur. — J Coupe-circuit bi-polaire. — K Appareil de mise à la terre Cardew. — L. Interruplenr bi-polaire. — M. Capot — N. Câble concentrique.

On sait que l'on reproche particulièrement aux transformateurs : 1* de travailler à vide par suite des aimantations et désaimantations successives qui se produisent dans Tarmature, sous Tinlluence des variations du courant primaire et 2° de n'avoir un bon rendement qu*à pleine charge. Les transformateurs employés par le secteur des Champs Elysécs ont cet avantage c'est que leur rendement varie peu lorsque la charge diminue, même très notablement.

Le tableau ci-après indique, d'ailleurs, les variations de leur rendement.

TUANSFORMATEURS

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