CHAPITRE III
DISTRIBUTION DU GAZ
Pertes de pression dans la canalisation. — Nature de la canalisation. — Tuyaux Ghameroy. — Pose des tuyaux. — Ballons obturateurs. — Coudes et raccordements. — Branchements. — Siphons. — Drainage des conduites et des branchements. — Anneauxvannes. — Robinets d'arrêt. — Conduites montantes, — Canalisations intérieures. — Instructions pour remploi du gaz. — Evaluation du gaz ; compteurs. — Entretien des conduites. — Fuites. — Obstruction des conduites. — Pression du gaz. — V^ariations de la distribution. — Prix de revient du gaz distribué.
Pertes de pression dans la canalisation. — Le gaz, à sa sortie des usines, est lancé dans la canalisation et transporté jusqu'aux limites du périmètre de distribution. Il faut qu'en ces points, sa pression soit au moins égale à 20"/"* d'eau, minimum imposé à la Compagnie. Il est donc nécessaire, étant donnée la pression d'émission, que la perte de charge occasionnée par la canalisation ne soit pas supérieure à cette pression diminuée de 20"/".
Quand du gaz s'écoule par un tuyau horizontal, la perte de charge dépend de la vitesse d'écoulement du gaz et de la constitution de la matière qui compose le tuyau. Elle est en outre directement proportionnelle à la longueur du tuyau et inversement proportionnelle au diamètre*.
D'après ces données, M. Arson, Ingénieur à la Compagnie du Gaz, a calculé des tables qui permettent d'obtenir, sans calcul, le diamètre d'une conduite, quand on connaît son débit et qu'on se donne la perte de charge maxima à atteindre.
' La formule générale de la perte de charge est
dans laquelle L est la longueur du tuyau, D le diamètre, 3 la densité du gaz par rapport à Tair (environ 0.41), v la vitesse d'écoulement du gaz, a et I^ des coefficients numériques, variables avec la matière qui constitue le tuyau et avec D.
Nous en extrayons, pour la fonte, les chiffres suivants :
lamëlres
des Dnduites
Pertes de charge ou de pression par i.OOO mètres de conduite exprimées i
Vo
urnes de gaz écoulés par heure
, en mètres cubes
Ainsi, une conduite d'un kilomètre de longueur, débitant à Theure 680 mètres cubes et ayant un diamètre de 0",300, entraîne une perte de charge de 20 millimètres d'eau.
Une conduite de n kilomètres entraînerait une perte de charge n fois plus grande.
Enfin, comme le gaz est plus \6ger que Tair, il faut compter sur une augmentation de pression de 0"/°,8 d'eau par mètre de hauteur verticale dont on s'élève.
Les tuyaux en taie, offrant une surface intérieure plus lisse que les tuyaux en fonte, entraînent une perte de charge moins considérable que ces derniers. Dans la pratique, on admet qu'à diamètre égal elle est moitié moindre.
Il convient de faire remarquer que les diamètres donnés par les tables sont des minima. Il faut toujours se tenir au-dessus, d'abord en vue des obstructions accidentelles que produisent la naphtaline et les condensations, ensuite pour parer aux augmentations possibles de la consommation.
Nature de la canalisation. — Les systèmes de canalisation généralement employés dans l'industrie du Gaz sont :
1° Les tuyaux en fonte avec joint à emboîtement et cordon.
2° Les tuyaux en tôle et bitume, système Chameroy, à joint précis.
La Compagnie Parisienne, libre, de par son cahier des charges, de choisir sa
canalisation, n^emploie plus dans ses canalisations nouvelles que des tuyaux Chameroy. Elle leur trouve les avantages suivants : d'abord ils sont un peu plus économiques que les tuyaux en fonte ; puis, comme cela vient d'être indiqué dans le précédent paragraphe, à égalité de diamètre ils entraînent des pertes de charge moitié moindres. Enfin, ils se posent très rapidement, et ils constituent une canalisation peu oxydable, élastique et bien étanche.
Une grande élasticité des canalisations est, à Paris, d'une nécessité absolue. Le sol des rues est, en effet, généralement fort instable ; le plus souvent il a été fouillé puis remblayé ; à chaque instant de nouvelles fouilles y sont pratiquées. Le joint des tuyaux Chameroy se prête parfaitement à tous les petits mouvements qu'entraîne forcément un tel état du sol.
Avec les tuyaux en fonte, au contraire, le joint, dont Tétanchéité est surtout assurée par du plomb coulé et maté, n'a pas la moindre élasticité.
Il est vrai que l'on fait maintenant des tuyaux en fonte, avec joints en caoutchouc, qui ne présentent plus cet inconvénient. Mais, il y a peu de temps, ces tuyaux étaient encore très chers. Malgré les avantages qu'ils offrent aujourd'hui la Compagnie Parisienne s'en tient exclusivement aux tuyaux Chameroy. On conçoit d'ailleurs, qu'il n'y aitpas grande utilité à modifier un système de canalisation qui donne actuellement toute satisfaction.
Au 1" janvier 189i, la Compagnie Parisienne avait posé 2.154.654 mètres de tuyaux Chameroy. Sa canalisation se complétait par 141.840 mètres de conduites en fonte placées principalement au début de la concession, alors que l'on n'avait pas adopté franchement les tuyaux Chameroy, et par 35.608 mètres de conduites en plomb*.
Voici, d'ailleurs, la réparlition, par zones, de la canalisation.
Nature des Conduites
PARIS
Zone ancienne
PARIS
Zone annexée
Zone extérieure
ToUux
Plomb
Fonte
Tôle bilumée . . .
Totaux. . .
La classiflcation, par diamètres, est i
ndiquée dans le tableau ci-après :
Diamètres
Longueurs
Diamètres
Longueurs
Diamètres
Longueurs
Tuyaux Chameroy. — Les tuyaux Chameroy, les seuls dont nous allons nous occuper, se livrent par tronçons de 4 mètres de longueur.
Ils sont formés de feuilles de tôle préalablement plombées, puis rivées suivant une des génératrices du cylindre et soigneusement étamées. La surface extérieure est protégée par un fourreau de bitume sablé, de 6 à 15 millimètres d'épaisseur. On passe d'autre part au goudron toute la surface intérieure.
Chaque tuyau est complété à Tune de ses extrémités (bout femelle) par une bague en plomb durci par de l'antimoine ; à l'autre (bout mâle) par un cylindre, également en plomb antimonieux, dont le diamètre extérieur est égal au diamètre intérieur de la bague. Ce cylindre est en outre muni d'une rainure dans laquelle, au moment de la pose, on enroule de la corde suifée.
Figure 14.
Extrémités d*un tuyau Chameroy a tôle ; h plomb antimonieux ; c bitume ; d rainure.
Pour réunir deux tuyaux il suffit d'enfoncer le bout à rainure de l'un dans le bout à bague de l'autre, après avoir, au préalable, graissé ces deux parties avec un mélange de saindoux et de plombagine.
L'expérience journalière prouve que le joint ainsi obtenu peut se déboîter de quelques millimètres, tout en conservant son étanchéité.
Les tuyaux Chameroy employés par la Compagnie Parisienne ont des diamètres variant de 0",042 à 1 mètre. Les plus usités sont des tuyaux de 0»,054, 0"^,08i, 0",108 et 0~,162. Les tuyaux de 0",108 forment, à eux seuls, plus du tiers de la canalisation.
Pose des tuyaux. — Les tuyaux se posent dans le sol, à 1 mètre environ de profondeur.
Leur emplacement, en plan, est déterminé par l'Administration. Mais il est entendu que dans toutes les voies présentant une largeur supérieure à 14 mètres, ainsi que dans celles où le revêtement des chaussées repose sur une fondation en béton, (asphalte, pavage en bois, pavage maçonné) la Compagnie doit établir deux conduites : une sous chaque trottoir et à 1"*,40 de Talignement des maisons.
Dans les voies sans fondation, dont la largeur est inférieure à 14 mètres, on place la conduite sous l'un des trottoirs. On n'a pas ainsi à interrompre la circulation en cas de réparations à apporter à la canalisation. Quant aux branchements traversant la chaussée on les exécute en deux fois.
Pour établir une canalisation nouvelle on commence par faire une tranchée de 0°,70 de largeur et d'une profondeur suffisante, pour que la conduite une fois mise en place ait une pente minima de S millimètres par mètre. Il faut en effet pouvoir diriger les produits de la condensation vers des points bas, où ils se déversent dans des siphons. On réunit ensuite les tuyaux bout à bout comme il a été indiqué au paragraphe précédent. On accélère la pose
en munissant l'extrémité libre de chaque tuyau à poser, d'un tampon en bois sur lequel on frappe à la masse ou avec un bélier, jusqu'à emboîtement complet.
Les joints étant terminés on tamponne la conduite à ses deux extrémités et on l'essaie. A cet effet le tampon extrême est formé par un bout de tuyau Chameroy ouvert d'un seul côté et muni de deux tubulures. Par Tune on comprime de l'air avec une pompe à air ou avec un soufflet ; sur l'autre on branche un manomètre-témoin. L'autre tampon est généralement formé par une petite murette en plâtre.
On reconnaît que la canalisation fuit aux variations du manomètre.
Il faut ensuite remblayer la tranchée avec soin, en veillant à ne pas
laisser de pierres en contact avec les tuyaux. Elles pourraient, en effet,
traverser la couche protectrice de bitume et mettre à nu Tenveloppe de tôle
qui s'oxyderait très rapidement. D'autres réactions chimiques seraient éga-
Figure 15.
Tampon d'extrémité pour l'essai
des conduites.
DISTRIBUTION DU GAZ
lement à craindre. Il existe en effet beaucoup de plâtras dans les sous-sols de Paris. Or, en présence de Tacide carbonique, qui ne manque pas non plus dans les remblais, et de Feau, ils donnent de l'acide sulfhydrique, propre à former, avec la tôle des tuyaux, du sulfure de fer. Aussi, une bonne précaution consisle-l-elle à entourer les tuyaux d'une couche de sable. La Compagnie Parisienne opère toujours ainsi pour les tuyaux de grand diamètre.
Ballons obturateurs. — Quand il s'agit de prolonger une conduite en charge, il faut prendre des dispositions spéciales pour éviter toute déperdition de gaz.
A cet effet, la Compagnie emploie des ballons obturateurs en toile caoutchoutée, qui, en quelques secondes, permettent d'isoler très rapidement une conduite.
Voici comment on opère. — Soit une conduite à isoler. On commence d'abord par dégager la tôle du dernier tuyau, sur une surface de un à deux
Figure 17.
Détail d'an ballon obturateur.
Fig. 16.
Ballon obturateur.
décimètres carrés. A l'aide d'un outil spécial on découpe dans cette surface un petit cercle de métal, dont le diamètre varie avec celui des tuyaux à obturer. L'outil est combiné de telle façon qu'il permet de retirer la tôle une fois découpée, au lieu de la laisser tomber dans le tuyau.
Cette opération terminée, on glisse rapidement un ballon vide d'air par l'orifice ainsi produit. On applique le col en bois de cet appareil bien exactement contre les bords de l'orifice et, sans perdre un instant, on le gonfle soit avec une pompe à air soit, plus simplement, avec un soufflet à main. Le ballon se remplit d'air et vient s'appliquer hermétiquement contre les parois du tuyau. On le ferme, alors, à l'aide d'un robinet, et l'on vérifie, au
Si l'éclairage a paris
besoin, son étanchéité en le reliant, par une tubulure latérale, à un manomètre.
On remarquera sur la figure, une tige métallique terminée par une sphère qui facilite beaucoup Tintroductioa du ballon dans le tuyau.
Il faut aussi prendre la précaution de protéger le col du ballon par une garniture en cuir afin d'empêcher que les bords de l'entaille pratiquée dans le tuyau ne viennent couper la toile caoutchoutée.
Pour remettre la conduite en charge, on ouvre le robinet du ballon, qui se dégonfle et que l'on relire le plus vivement possible. On ferme aussitôt l'orifice pratiqué dans le tuyau par un disque de plomb découpé à l'avance, et, en attendant qu'un aide arrive avec de la soudure, on jointoie avec de la terre glaise.
On réfectionne finalement le tuyau en soudant le disque de plomb à la tôle et en recouvrant de bitume toute la partie dégarnie.
Les ballons obturateurs rendent de grands services à la Compagnie Parisienne. Grâce à eux et grâce aussi à la facilité avec laquelle s'entaillent les tuyaux Chameroy, on arrive à localiser les fuites et à isoler même des conduites de I mètre de diamètre, sans danger aucun pour le personnel et sans déperdition sensible de gaz. C'est l'outil de combat par excellence de l'armée d'ouvriers que la Compagnie prépose à la surveillance de son immense canalisation. Nous ne saurions trop insister sur le mérite de ces appareils, pourtant si simples et si maniables.
Coudes et raccordements. — Les tuyaux Chameroy étant rectilignes, il est nécessaire d'indiquer comment on réunit deux canalisations dont les directions se coupent suivant un angle.
La Compagnie Parisienne a renoncé complètement aux coudes et tuyaux obliques en tôle et bitume. Elle les remplace par des raccords en plomb qui, par leur flexibilité, se prêtent, beaucoup mieux que des pièces spéciales
rigides, à toutes les exigences du ^^ --"*'-.. ^- tracé.
Jbwy-^- --'"^Afc^ Si Tangle formé par les con-
^0^f^'^^^^^)^^^£i~£y^É ^^^^^n^ duites est obtus on procède de la ^^ —^ "^Mwil^^^^i^^^^^^ manière suivante. On commence
^^^^^^^^^^ %!^^^^^^^3 par mettre à nu, sur quelques
^^ ^*^a centimètres de longueur la car-
Figure 18. casse en tôle des deux tuyaux à
Raccordement de crosses conduites formant ^ . . , ,
un angle oblus. réunir; puis on prend un tuyau
de plomb de môme diamètre, que Ton courbn de la quantité voulue et dont on évase les doux extrémités de manière à ce qu'elles puissent recouvrir les deux bouts dénudés des tuyaux
DISTRIBUTION DU GAZ
Chameroy. On soucie ensuite le plomb et la tôle et Ton fait les raccords de bitume nécessaii*es.
Lorsque le diamètre des tuyaux dépasse O'^^lSo, au lieu d'employer des raccords en plomb que Ton évase sur place à la demande de la canalisation, on se sert de manchons en plomb préparés dans les ateliers de la Compagnie Parisienne (figure 18). Ces manchons présentent à leurs extrémités deux évasements coudés dans lesquels on engage les extrémités, préalablement dénudées, puis entourées d'une corde suifée, des tuyaux à jonctionner. Au moyen d'un outil spécial on repousse et Ton tasse la corde jusqu'au fond de Temboîtement; on bat ensuite le plomb au marteau, de manière à bien l'appliquer sur la corde, et l'on termine le joint en glissant, entre le plomb et la tôle, une rondelle en caoutchouc de 0°',007 d'épaisseur et de 0°*,02 de largeur. Un collier en fer, passé par dessus le plomb, serre hermétiquement la rondelle contre la tôle du tuyau d'une part et contre le manchon d'autre part.
S'il s'agit de réunir deux canalisations rectangulaires A et B le procédé est différent.
Figure 19.
Raccordement de deux conduiles rectangulaires.
On isole d'abord les conduites avec des ballons obturateurs, puis on scie la conduite A, à laquelle on vient se raccorder sur une longueur de 0",50. On dénude les extrémités des tuyaux et on les assemble avec un T en plomb en prenant les précautions indiquées plus haut pour les raccordements angulaires.
L'extrémité libre du T peut d'autre part se raccorder à l'aide d'un joint à brides avec un manchon en plomb de 0'",2.j de longueur soudé à la canalisation B.
Le joint à brides, outre qu'il facilite beaucoup le raccordement des canalisations, permet aussi, en cas d'accident ou pour une réparation quelconque, d'isoler rapidement les deux canalisations par la simple interposition d'une feuille pleine en plomb, dans toute l'étendue du joint.
Lorsque la conduite B à réunir à la canalisation existante est de petit diamètre, il nVst pas nécessaire d'isoler la conduite A et de la couper.
On dénude simplement cette conduite sur quelques centimètres carrés et on lui soiitlo un manchon en plomb de diamètre intérieur égal à celui de la canalisalîon B. On passe dans l'intérieur du manchon la tige d'un outil spécial qui peiDiel de découper une petite rondelle dans la tôle du tuyau A et de la
Figure 20.
Raccordement de deux conduites rectangulaires, dont Tune est de petit diamètre.
retirer» rojïération une fois terminée. On a d'autre part soudé au tuyau B un autre nianrlion en plomb du diamètre voulu ; il ne reste plus alors qu'à réunir les lieux manchons par un joint à brides préparé à l'avance. Il faut naturellement refaire ensuite avec beaucoup de soin tous les raccords de bitume \
Branchements. — Les branchements se font en plomb. Ceux qui sont ilej^Unés à alirtienter des lanternes publiques ont 0",027 de diamètre inté-
' Les brides de ces divers joints sont en fer ; on a toujours soin, une fois posées, de les cTiLourer de bitume afin de les préserver de Toxydalion.
DISTRIBUTION DU GAZ
rieur. Ce diamètre est plus que suffisant pour le débit des lanternes : mais on pare ainsi aux obstructions par la naphtaline et aux condensations.
Les branchements particuliers ont des diamètres variables selon le nombre de becs à alimenter*. Le diamètre minimum est de 0^,027.
Pour relier un branchement à la canalisation on commence par fl(^parnir de bitume la partie du tuyau sur laquelle on doit se brancher et Ton y suiule
un manchon en plomli, doni Textrémilé libre a été préparée pour un joint à brider. Le tuyau de branchemeni ayant été, lui aussi, muni rluiio bride, on engage dans Ir manchon une mèche spéciaU^ permettant de découper sur la conduite maîtresse un<; pt'tih* rondelle de tôle et de la reliior l'opération une fois terminée.
On rapproche alors vivrmont les deux brides et ron soiro.
On perd ainsi très peu dt' ^ni.
Comme précédemment ou procède aux raccords df biiiimi!
nécessaires. On a soin d'à impliquer du bitume non stndinirrU sur toutes les parties ilr \Mi\ dégarnies, mais aussi sur les brides du joint. Celles-ci, qui sont en fer, sont mises, de cette façon, à l'abri de toute oxydation.
Le joint à brides permet d'isoler provisoirement un branchement jiur rinterposition entre les brides d'une feuille de plomb pleine. S'il s'agit iFunc^ suppression de branchement définitive on coupe l'amorce du branclH'iiiont i 0'",05 de la conduite et l'on fait une soudure de tamponnage.
Les branchements sont exécutés par la Compagnie jusqu'aux faradf s doti maisons. A partir de ce point, excepté toutefois pour la pose des comï>tt'iir!^, son intervention n'est plus obligatoire. Les abonnés peuvent s'adress^T pnnr la distribution intérieure à tout appareilleur de leur choix. .
Pour isoler la canalisation intérieure de celle établie sous la voie puhliqiie la Compagnie pose dans les murs de façade des robinets d'arrôt qu'i II'' hil
Fig. 21.
Branchement.
* Nombre de becs
Diamètre des branchements.! .
Le nombre des branchements dépasse 400.000
5 à 19 20 à 39140 à 59160 à 99|10U à 299|3W n JH) 0",027 I 0",034 I 0ni,041 1 0",0o4 | O-^^OSI I 0^'%liN
entretenir par ses agents, à un prix fixé par les polices d'abonnements. Il existe également des robinets d'arrêt sur les colonnes montantes dont nous nous occuperons un peu plus loin.
Siphons. — Les conduites sont posées, ainsi que nous l'avons vu, de manière à présenter une série de pentes et de contre-pentes, grâce auxquelles on peut recueillir, en certains points, les produits de la condensation (eau, goudron, eaux ammoniacales). Les appareils qui permettent de les évacuer,
sans perte de gaz, sont des siphons.
Ils se composent :
1° d'un récipient cylindrique en fonte, d'une contenance de 10 à 25 litres suivant ses dimensions.
Ce récipient est surmonté d'un tube en fer que Ton munit d'un bouchon libre ou à vis destiné à éviter l'introduction des terres dans l'intérieur de l'appareil. La partie supérieure de ce tube débouche d'ailleurs dans un petit regard en fonte, de 0",20 de diamètre, placé au ras du sol et recouvert d'un tampon ;
2° d'un tuyau en plomb de 0™,027 ou 0"",034 recourbé en U et ayant une garde d'eau d'environ 0'",50. Ce tuyau est relié par des joints à brides d'une part, à un tuyau de plomb de même diamètre soudé à la conduite, d'autre part à un raccord en fonte faisant partie du récipient.
La vidange du récipient s'effectue à Taide d'une pompe aspirante à laquelle est adapté un tube plongeant jusqu'au fond de l'appareil. L'air extérieur pénétrant dans le récipient, celui-ci peut être vidé complètement sans que la garde d'eau du tuyau en plomb soit modifiée.
Des siphons sont nécessaires, même lorsqu'il s'agit d'égoutter de très petites canalisations. C'est ainsi qu'on en place sur les branchements des lanternes publiques et sur les branchements des particuliers toutes les fois que, par suite de la disposition des lieux, on est obligé de descendre ces
Figure 22.
Siphon.
DISTRIBUTION DU GAZ
branchements au-dessous du niveau de la canalisation. Mais, naturellement, on prend des siphons moins volumineux.
Les siphons qui sont posés sur les conduites maîtresses doivent être visités et asséchés périodiquement. A Paris, on les passe en revue tous les mois.
Drainage des conduites et des branchements. — Autrefois on ne prenait aucune précaution pour garantir les racines des plantations contre les effets destructeurs du gaz.
Mais, instruite par les événements, la Ville inséra dans le cahier des charges de 1861 la clause suivante :
Afin de garantir des effets du gaz les arbres des promenades publiques ^ la Compagnie exécutera le drainage des conduites à établir sous les voies plantées et entourera les branchements de drains en terre cuite.
Le drainage des conduites consistera à ga^mir les deux côtés et le dessus de la conduite de pierres cassées sur une épaisseur de O'^^iB à 0"^ ^30, suivant le diamètre des conduites et à couvrir cet empierrement d'une enveloppe s'opposant à l'infiltration des sables et des terres dans les interstices des pierres.
Ces drains en pierres cassées n'ont pas donné de bons résultats. Il est, en effet, bien difficile de conserver à la couche de pierres cassées la porosité nécessaire pour un écoulement rapide des fuites. On établit maintenant, à quel-
Carton httumi
Figure 23.
Drainage d'une conduite.
ques centimètres au-dessus des conduites, des tuyaux en poterie de 0^,08 de diamètre placés bout à bout et sans former joint. Tous les 50 mètres on intercale un tuyau en poterie ayant la forme d'un T renversé et dont la branche supérieure sert de cheminée de ventilation. Le T est surmonté de tuyaux
droits, soutenus par les terres et que Ton fait aboutir dans un petit regard d'évent placé au ras du sol. On prend en outre la précaution de protéger la ligne horizontale des drains par une bande de carton bitumé qui empêche le sable ou la terre de pénétrer dans les tuyaux*. De même le tuyau débouchant dans le regard est obturé partiellement par un chapeau en poterie.
Lorsqu'il s'agit d'un branchement de candélabre, on pose le tuyau en
Figure 24.
Drainage d'un branchement.
plomb dans des drains en bois de sapin injecté de sulfate de cuivre. Ces drains de 2 mètres de longueur et de forme rectangulaire sont placés bout à bout et pourvus d'un couvercle à emboîtement. Le dernier drain, posé au pied du candélabre, est mis en communication avec l'air extérieur au moyen d'un tuyau en plomb de 0",0i3 partant de Tintérieur de ce drain et aboutissant à une ventouse de 0°*,03 de diamètre ménagée dans la borne du candélabre. Le drainage d'un branchement d'abonné s'exécute de la même façon. Seulement on fait aboutir le plomb de 0",013 à une ventouse placée dans le soubassement de la maison, au-dessous du robinet d'arrêt.
Anneaux-vannes. — Les anncaux-vannos permettent d'isoler rapidement les grandes artères de la distribution. Ils sont placés de distance en distance, en des points variables, suivant la disposition des conduites secondaires.
Un cinneau-vanne se compose de deux tubulures en fonte comprenant entre elles une rainure dans laquelle on peut glisser une plaque en tôle, après
* On recourbe légèrement cette bande de carton de manière à lui faire former comme une petite voûte. On retient de cette façon le gaz qui pourrait s'échapper des tuyaux de drainage.
DISTRIBUTION DL GAZ
avoir relevé un couvercle qui, en temps ordinaire, est rabattu sur un siège
bien dressé de manière h assurer Tétanchéité de Tanneau.
L'anneau-vanne est relié à la conduite sur laquelle il est intercalé par deux manchons en plomb. Il est d'ailleurs logé dans une chambre en maçonnerie. La plaque en tôle est suspendue h la paroi afin que les ouvriers l'aient immédiatement sous la main.
Les anneaux-vannes ne sont utilisés que fort peu souvent; par exemple pendant un incendie, à la suite d'une explosion, etc..
Caufi/i^hcfrizontale euùftuillaxt
Figure 25.
Anneau-vanne.
tf
Robinets d'arrêt. — Les branchements pour particuliers, décrits plus haul, amènent le gaz jusqu'aux façades des maisons.
Nous avons dit que pour pouvoir isoler rapidement les canalisations intérieures on terminait le branchement par un robinet d'arrêt dont la pose et l'entretien étaient assurés par la Compagnie Parisienne.
Ces robinets d'arrêt sont placés dans les soubassements des maisons ou dans l'épaisseur des murs.
Aux termes de l'arrêté du 2 avril 1868, ils doivent être contenus dans un petit coffre, disposé de telle sorte que le gaz qui s'y introduirait ne puisse s'échapper qu'en dehors du bâtiment, (c Le coffre^ est-il spécifié dans l'arrêté, « sera fermé par une porte en métal dont les agents du service de r Eclairage « et la Compagnie auront seuls la clé. Cette porte sera pourvue d'un appendice « disposé de telle sorte que le consommateur ne puisse pas ouvrir le robinet pour « faire circuler le gaz sans Vactioti préalable de la Compagnie y mais de tna- « nière, cependant, qii il lui soit possible d'user du gaz à volonté ou d'en arrêter « fintroduction dès qu'il aura été mis à sa disposition par la Compagnie ; « celle-ci lui remettra une clé à cet effet,
« Un signe extérieur placé sur le coffret, indiqueray d'ailleurs y si la Com- « pagnie a livré le gaj^ venant de ses conduites, »
Nous donnons, figure 26, le dessin du robinet employé par la Compagnie Parisienne, pour un branchement de 27 millimètres.
L'ouverture a sert à la manœuvre d'un tampon de fermeture qui peut se
rabattre exactement sur rorifice d'arrivée du gaz. C'est par cette ouverture que Tabonné agit sur le robinet.
Lorsque, pour une cause quelconque, (non paiement de factures, changement de ilomicile, etc..) il convient de supprimer momentanément le gaz à
Figure 26.
Robinet d^arrét.
un abonné, les agents de la Compagnie mettent celui-ci dans Timpossibilité do se tiorvir du robinet de la manière suivante. Ils commencent d'abord par mbatlre le tampon de fermeture, puis par l'ouverture b ils introduisent uin> v\v s[irciale qui leur permet d'ouvrir la porte du coffret. Us amènent alors (h^vanl l'ijuverture a un bouton en cuivre rf porté par une tige tournant à frotlorneiit dur autour d'une vis v,
La porto étant ensuite refermée, on voit qu'il n'est plus possible à l'abonné diililisf^r ht clé qu'il a entre les mains.
<hi r» ml le gaz en procédant à une opération inverse.
Conduites montantes. — Les branchements particuliers n'amènent le
pvi i\\\v ju -qu'au soubassement des façades.
A Pur is, où les maisons contiennent généralement un très grand nombre diHagi^s, au tel système favorise peu le développement de la consommation.
Au?i«i la Compagnie Parisienne a-t-elle pris l'initiative d'établir à ses frais, g(^ntVîiI<*Tni^nt dans la cage des escaliers, des conduites montantes en plomb snr li»sqiii'IU*s peuvent se brancher les locataires.
Klb' i'vi|j^o toutefois des propriétaires l'engagement ^e conserver ces conduilL^s |it ndant dix ans; en outre elle s'assure que les installations intérieures tiii lt*i; polices d'abonnements lui garantissent une consommation suffisante.
Ch'iqiu' branchement de locataire est commandé par un robinet identique
DISTRIBUTION DU GAZ
à celui qui est placé dans les façades des maisons et dont nous avons indiqué plus haut le fonctionnement.
Les premières conduites montantes ont été posées en 1839. Leur nombre
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J ^ Q J « i4 * »* s »- * •* s I^ S^Ê â i£ *^ Ë £ S ^ £ S. ffi
Figure 27.
Graphique représentant le nombre des conduites montantes posées chaque année.
a surtout augmenté de 1871 à 1875 et de 1887 à 1889, comme l'indique le graphique ci-après. Actuellement on pose environ 2.000 conduites nouvelles chaque année.
Les 36.4ii conduites montantescxistantcs alimentent chacune, en moyenne, de 3 à 4 locataires.
Comme on compte à Paris près de 50.000 maisons susceptibles de recevoir
des conduites montantes on voit que le développement de ce genre de canalisation n'est pas près de s'arrêter.
L'encouragement à la consommation qu'apporte l'installation des conduites montantes trouve d'ailleurs un adjuvant dans les primes d'installation qu'alloue la Compagnie.
Ainsi, lorsqu'un locataire veut prendre le gaz sur une colonne montante dans un appartement qui n'a jamais été canalisé, il peut recevoir une prime de 30^ tout en conservant la propriété de ses appareils.
Dans un ordre d'idées analogues la Compagnie accorde aux appareilleurs, agréés par elle, une prime de 50^ pour toute installation nouvelle comprenant au moins deux becs.
Enfin, comme elle a un grand intérêt à augmenter la consommation de jour, elle prête gratuitement à ses abonnés un fourneau de cuisine comprenant deux brûleurs circulaires et une rampe pour grillades. Il existe actuellement 152.000 fourneaux de ce type en service.
Canalisations intérieures. — La Compagnie du Gaz n'intervient pas pour la pose des canalisations intérieures, sauf pour l'installation des compteurs, comme nous le verrons un peu plus loin.
Chaque abonné peut donc organiser son installation particulière comme il l'entend.
Toutefois l'Administration, en vertu des pouvoirs que lui ont conférés les lois de police, impose aux usagers une série de prescriptions édictées dans l'intérêt de la sécurité publique et dont elle fait vérifier l'exécution par les agents du service de Téclairage.
Il n'est pas inutile de rappeler ici les principales de ces prescriptions.
Nécessité d'une autorisation pour rétablissement et l'emploi d'appareils à gaz, (Arrêté du 2 avril 1868, art. 1".)
Nul ne pourra établir dans Paris, à l'intérieur des bâtiments et habitations, un ou plusieurs appareils destinés à l'éclairage ou au chauffage par le gaz, ni faire usage d'appareils déjà installés, en augmenter ou modifier notablement la forme ou les dimensions, sans en avoir, au préalable, demandé et obtenu l'autorisation du Préfet de la Seine. La demande, signée de la personne intéressée, devra, s'il s'agit de travaux à effectuer, indiquer le nom et la demeure de l'apparcilleur qui en sera chargé.
La permission sera délivrée au nom du signataire de la demande ; celuici devra, en cas de cession des lieux où le gaz sera employé, informer l'Administration du nom de son successeur.
Conditions de délivrance de r autorisation, (Ibid., art. 2.) Aucun appareil ne pourra être mis en service avant la délivrance d'une
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autorisation écrite du Préfet de la Seine ou de son délégué. Toutefois, si la demande ne s'applique qu'à l'usage du gaz, avec des appareils déjà installés et vérifiés, un accusé de réception de cette demande tiendra lieu d'autorisation. Dans les autres cas, lautorisation ne sera accordée qu'après la réception définitive des travaux par les agents du service municipal, après l'accomplissement des formalités qui seront énumérées ci-après.
Surveillance et réception des travaux, (Ibid., art. 3.)
L'exécution des travaux sera soumise à la surveillance des agents de l'Administration, qui donneront, s'il en est besoin, au pétitionnaire et à son appareilleur les indications nécessaires pour que les ouvrages soient mis en état de réception.
Dès que les travaux seront terminés, et trois jours au moins avant qu'il soit fait usage du gaz, le consommateur, ou son appareilleur, devra en faire parvenir l'avis au bureau de l'éclairage de l'arrondissement où ces travaux ont été entrepris, pour qu'il puisse être procédé à la réception des appareils.
Le pétitionnaire et son appareilleur seront prévenus, vingt-quatre heures au moins à l'avance, du jour et de l'heure de la visite de l'agent du service de l'éclairage chargé de la réception.
Cet agent visitera d'abord la canalisation et les appareils, afin de reconnaître s'ils sont établis conformément aux dispositions du présent arrêté ; il s'assurera ensuite qu'aucune fuite n'existe ; cette dernière vérification sera faite au moyen du compteur, sur lequel aura été adapté un manomètre, le tout aux frais de l'appareilleur.
Dans le cas où lagent aura constaté que les appareils et la canalisation satisfont aux conditions réglementaires et que le manomètre ne révèle aucune fuite, il délivrera immédiatement une permission provisoire d'éclairage, qui sera valable pour quinze jours, et il pourra être fait, sans nouveau délai, usage du gaz.
Lorsqu'il existera des fuites peu importantes, mais que les conduites et appareils, sans satisfaire cependant à toutes les conditions réglementaires, ne présenteront pas de danger pour l'emploi momentané du gaz, il pourra être délivré, par l'inspecteur principal de Téclairage, une permission de tolérance d'une durée égale à celle qui sera nécessaire pour mettre en.état les conduites et appareils. A l'expiration du délai accordé, une nouvelle visite sera faite, à la diligence du consommateur, pour procéder, s'il y a lieu, à la réception définitive.
S'il existe, enfin, des fuites importantes et des défectuosités dangereuses dans les conduites ou appareils, il sera sursis à la délivrance de toute permission, et l'agent dressera procès-verbal de sa visite.
Le consommateur et l'appareilleur seront mis en demeure de signer
ce procès-verbal et d'y ajouter les observations qu'ils jugeront à propos de présenter.
II sera statué par l'Administration, qui, le cas échéant, fera connaître au pétitionnaire les travaux qu'il devra faire exécuter, afin de rendre possible la réception des appareils installés.
Apr?îs Vachèvement des travaux requis, il sera procédé, s'il y a lieu, à la réception dans les formes ci-dessus indiquées.
Tuyaux de distribution et de consommation. (Ibid., art. 7.)
Les tuyaux de conduite et les autres appareils servant à la distribution et h la consommation du gaz doivent rester apparents, sauf les exceptions relatives à la traverse des plafonds, planchers, murs, pans de bois, cloisons, placards, cspariîs vides intérieurs quelconques.
Toutes les fois que les tuyaux sont ainsi dissimulés, ils devront être placôâ dans un manchon continu, en fer forgé ou en cuivre. Ce manchon scm ouvert à ses deux extrémités, et dépassera d'un centimètre au moins les parements des murs, cloisons, planchers, etc., dans lesquels il sera encastré. Lf* diamètre intérieur de ce manchon aura au moins un centimètre de plus que le tuyau qu'il enveloppera.
Le nianclion pourra toutefois être supprimé :
1** DtUiH les murs en pierre de taille, lorsque le tuyau ne traversera des murs ou cloisons que sur une longueur de moins de 0",20 ;
2° Derrière les glaces, panneaux, etc., pourvu qu'il existe entre les murs et les jmunraux un espace libre suffisant pour l'aération.
Si un tuyau est placé suivant son axe dans un mur, une cloison, un plafond, un parquet ou un plancher, le manchon du tuyau devra être terminé par un appaieil à cuvette, assurant la ventilation de l'espace libre entre le tuyau et sou manchon.
L'appareil de ventilation pourra comporter soit un tuyau droit enfermé dans le manchon, soit un tuyau à courbure ; mais, dans ce dernier cas, le diamètre extérieur de l'ouverture de la boîte de ventilation devra avoir au moins 0",07, et sa profondeur ne pourra dépasser les deux tiers de ce diamètre. La partie courbe du tuyau devra avoir au moins 0",10 de rayon, et le cenlrc de celte courbe devra se trouver sur le plan passant par le fond de la cuvette, panillèlement à la surface du plafond.
Le raccord soutenant l'appareil à gaz devra être vissé à la cuvette et non fondu avec elle.
Les tuyaux de conduite et de distribution devront être construits en métal de bonne qualité, autre que le zinc, et parfaitement ajustés.
Brûleurs, (Ibid., art. 8.)
Chaque brûleur devra être muni d'un robinet d'arrêt dont les canillons
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seront disposés de manière à ne pouvoir être enlevés de leurs boisseaux, même par un violent effort.
Un taquet sera placé de manière à arrêter le canillon dans une position verticale, lorsque le robinet sera fermé.
Ventilation des pièces éclairées au gaz. (Ibid., art. 9.)
La ventilation ne sera pas obligatoire dans les salons, salles à manger, salles de billard, chambres à coucher de maîtres ni dans les appartemc^nts munis de cheminées d'appel spéciales, prenant Tair à la partie supérieure des pièces à ventiler et débouchant au-dessus de la toiture. Mais cette exception ne s'étendra pas aux arrière-boutiques, soupentes, entre-sols et sous-sols en communication directe et permanente avec les boutiques, magasins, bureaux et ateliers.
Ventilation des grandes salles et ateliers. (Ibid., art. 10.)
L'Administratioiï, après avoir entendu les intéressés, déterminera dans chaque cas le mode de ventilation à adopter pour les pièces, salles ou atcli^Ts, occupant un espace de plus de 1.000 mètres cubes, en tenant compte de ia disposition des lieux, de l'importance de la consommation du gaz et dos moyens de ventilation existant déjà pour d'autres besoins que ceux de l'éclairage.
Mode de ventilation des salles lumineuses et fermées, (Ibid., art. 11.)
Les montres, placards et autres espaces fermés, contenant des brûleurs ou traversés par des conduites, et les caissons renfermant les compteurs^ lorsqu'ils sont établis, devront être ventilés par deux ouvertures de 50 centimètres carrés au moins chacune.
Ces ouvertures seront placées, Tune dans la partie haute, l'autre dans la partie basse du local à ventiler, et devront communiquer autant que possible l'une avec l'intérieur, l'autre avec l'extérieur des locaux éclairés.
Dans le cas où cette dernière disposition serait impraticable et où les deux ouvertures seraient établies à l'intérieur, la superficie de chacune devra être portée à un décimètre carré.
Visites des installations. (Ibid., art. 12.)
L'Administration fera visiter les installations de gaz par ses agents chaque fois qu'elle le jugera convenable. Dans leurs visites ces agents s'assureront du bon état de toutes les parties des appareils et des conduites et constateront, au moyen du manomètre adapté au compteur, s'il n'y a pas de fuite.
En cas de contravention et sur le vu du procès- verbal dressé par ses agents, l'Aministration fera au besoin suspendre l'emploi du gaz et prescrira
les mesures nécessaires pour arrêter les fuites et réparer les conduites ou appareils.
La recherche des fuites par le flambage est formellement interdite, même en plein air ou dans les lieux parfaitement ventilés.
Répression des contraventions. (Arrêté du 2 avril 1868, art. 14.)
Les contraventions aux dispositions du présent arrêté seront constatées par des procès-verbaux qui seront déférés aux tribunaux compétents, sans préjudice des mesures administratives auxquelles ces contraventions pourront donner lieu, notamment la suppression des branchements particuliers, lesquels, dans ce cas, ne seront rétablis que sur une nouvelle autorisation.
Les poursuites pour infraction aux dispositions précédentes seront dirigées, à défaut de la déclaration prescrite par le paragraphe 2 de Tarlicle 1*', contre ceux qui auront formé la demande ou obtenu Tautorisation exigée par le même article, nonobstant tout changement de propriétaire ou locataire.
Une copie de ces prescriptions est jointe à la lettre d'autorisation délivrée par TAdministration aux permissionnaires. Les principales précautions à prendre dans l'emploi du gaz leur sont en outre rappelées par l'instruction suivante :
Instructions relatives à l'Eclairage et au Chauffage par le Gaz ainsi qu'aux précautions à prendre dans son emploi.
Pour que l'emploi du gaz n'offre aucun inconvénient, il importe que les becs n'en laissent échapper aucune parcelle sans être brûlée.
On obtiendra ce résultat pour l'éclairage en maintenant la flamme à une hauteur modérée (8 centimètres au plus), et en la contenant dans une cheminée en verre de 20 centimètres de hauteur ; un régulateur de pression, permettant de régler automatiquement la dimension des flammes, rendra de réels services et diminuera la consommation.
Les lieux éclairés ou chauffés doivent être ventilés avec soin, même pendant l'interruption de la consommation, c'est-à-dire qu'il doit être pratiqué dans chaque pièce des ouvertures communiquant avec l'air extérieur, par lesquelles le gaz puisse s'échapper en cas de fuite ou de non-combustion.
Ces ouvertures, au nombre de deux, devront, autant que possible, être placées l'une en face de l'autre ; la première immédiatement au-dessous du plafond, et la seconde au niveau du plancher.
Sans cette précaution le gaz pourrait s'accumuler dans les appartements et occasionner de graves accidents.
Les robinets doivent être graissés intérieurement de temps à autre, afin d'en faciliter le service et d'en éviter l'oxydation.
Pour l'allumage, il est essentiel d'ouvrir d'abord le robinet principal et de
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présenter la lumière successivement à Torifice de chaque bec, au moment même de Touverture de son robinet, afin d'éviter tout écoulement de gaz non brûlé.
Pour Textinction, il convient d'abord de fermer chacun des brûleurs et ensuite le robinet principal intérieur, qu'il est indispensable d'avoir à l'entrée du gaz dans les appartements. En tenant ce robinet fermé, dès qu'on ne fait plus usage du gaz, on est à l'abri de tout accident.
Dès qu'une odeur de gaz donne lieu de penser qu'il existe une fuite, on peut, dans beaucoup de cas, déterminer le point où elle se trouve, en étendant, avec un linge ou un pinceau, un peu d'eau de savon sur les tuyaux ; là où il y a fuite, il se forme une bulle et, pour empêcher l'écoulement du gaz, il suffit de boucher le trou avec un peu de cire molle. Une réparation plus sérieuse doit, d'ailleurs, être faite le plus tôt possible.
Dans tous les cas il convient d'ouvrir les portes et les croisées pour établir un courant d'air et de fermer les robinets intérieur et extérieur ; de plus, on doit aussitôt en donner avis au Directeur des travaux, à l'appareilleur et à la Compagnie.
Le consommateur doit bien se garder de rechercher lui-même les fuites par le flambage, c'est-à-dire en approchant une flamme du lieu présumé de la fuite. Les fabricants d'appareils doivent également s'en abstenir.
Dans le cas où, soit par imprudence, soit accidentellement, une fuite de gaz aura été enflammée, il conviendra, pour l'éteindre, de fermer le robinet de prise extérieur.
Il arrive parfois que, par suite de contre-pentes dans les tuyaux de distribution, les condensations s'accumulent dans les points bas et interceptent momentanément le passage du gaz, dont l'écoulement devient intermittent ; les becs situés au delà de la portion engagée s'éteignent ; puis, si le gaz, par l'effet d'une augmentation de pression, parvient à franchir cet obstacle, il s'échappe des becs sans brûler et se répand dans les appartements, où il devient une cause de graves dangers.
Pour les prévenir, il importe d'établir à tous les points bas des moyens d'écoulement pour ces condensations.
Lorsqu'on exécute dans les rues des travaux d'égout, de pavage, de trottoirs ou de pose de conduite, les consommateurs qui habitent les maisons au-devant desquelles ces travaux s'exécutent feront bien de s'assurer que les branchements qui leur fournissent le gaz ne sont point endommagés ni déplacés par ces travaux, et, dans le cas contraire, d'en donner connaissance à la Compagnie d'éclairage et à l'Administration municipale.
Evaluation du gaz; Compteurs. — Le cahier des charges de la Compagnie l'oblige à livrer le gaz aux particuliers soit au compteur,, à raison de 0f,30 le m'ètre cube, soit au bec-heure, à un tarif convenu.
L'abonnement au bec-heure n'est employé que dans un très petit nombre de cas ; par exemple, pour des rampes d'illumination ou des foyers temporaires.
La règle générale est le compteur.
Tout compteur doit être accepté, vérifié et poinçonné par l'Administration *. Son intervention s'explique aisément : c'est d abord une garantie pour le consommateur; ensuite c'est d'après les chiffres des compteurs que s'évalue le volume du gaz à frapper d'un droit d'octroi de 0^,02 par mètre cube. Le poinçonnage des compteurs se fait chez les fabricants. La Ville perçoit, pour cette opération, une taxe proportionnelle à la capacité des compteurs. Elle est de 9 centimes par bec de 140 litres. Chaque année 40.000 compteurs environ, sont soumis au poinçonnage. L'ensemble des taxes perçues est en moyenne de 30.000 francs.
Depuis l'arrêté du 20 décembre 1871, qui a interdit les compteurs secs, on ne fait plus usage, à Paris, que de compteurs à eau. Ces appareils sont trop connus pour qu'il soit nécessaire d'en donner la description. Ils ne sont pas d'ailleurs spéciaux à Paris et sont employés dans la plupart des autres villes.
Pour que ces appareils donnent des indications exactes, il faut qu'ils soient placés bien horizontalement et que le niveau de l'eau soit invariable. Leur pose doit donc être faite avec soin, de manière que les conditions ci-dessus requises puissent être aisément obtenues. Le cahier des charges a sagement prévu que la pose et le plombage des compteurs incombemient à la Compagnie. L'opération est d'ailleurs faite à un prix convenu, variant de 7^,50 à 26^ suivant le calibre du compteur.
Beaucoup d'abonnés, au lieu d'acheter directement leurs compteurs, les louent à la Compagnie. Le prix de location est payé par mois en même temps que celui du gaz ^ Un compteur de 5 becs, qui est le type de beaucoup le plus répandu, coûte, en location, 1^50 par mois. Ce prix est élevé. Il est assurément plus avantageux de faire immédiatement l'acquisition de l'appareil.
Le gaz brûlé pour l'éclairage public est payé de deux façons : à l'heure, quand il s'agit des appareils d'éclairage de la voie publique % au compteur et
* Article 42 du traité du 7 février «870.
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