‹ L'éclairage a ParisChapitre 8 sur 109 · COMPTEUR · texte numérisé non relu

COMPTEUR

LOCATION ET d'ENTREHEN

3 becs.

If 25

60 becs.

5fO0

' Voir au chapitre suivant pour les prix de revient des appareils d'éclairage de la voie

DISTRIBUTION DU GAZ 71

à raison de 0^15 le mèire cube, dans les bâtiments inunicipaux et dans un grand nombre d^autres désignés, à cet effet, par TAdministration Préfectorale *.

Les compteurs installés dans ces bâtiments sont identiques aux compteurs d'abonnés. Le relevé en est fait tous les mois contradictoirement par les agents du service de Féclairage et ceux de la Compagnie Parisienne.

Le gaz, en traversant un compteur, est obligé de vaincre certaines résistances qui se manifestent par une légère diminution de la pression. Mais celle-ci est toujours beaucoup plus forte qu'il ne le faut pour le bon fonctionnement des brûleurs. On la diminue en agissant sur les robinets.

Comme nous le verrons plus loin, la pression du gaz dans les conduites varie assez notablement en vingt-quatre heures. Des variations analogues se font sentir dans les canalisations des abonnés. C'est ce qui explique Tidée qu'ont eue certains appareilleurs de faire commander les installations intérieures par des régulateurs, abaissant la pression à une valeur donnée et constante. On bénéficie ainsi de l'excès de pression donné par la Compagnie. Malgré l'utilité évidente de ces appareils, ils sont encore très peu répandus. Il faut dire, d'ailleurs, que le fonctionnement des modèles existants laisse un peu à désirer.

Il convient de remarquer que le compteur à gaz est bien différent du compteur électrique qui mesure généralement la quantité d'énergie consommée. Le premier accuse un certain volume de gaz, mais sans indication aucune de sa pression. Or, bien que la pression du gazait, en matière de distribution de lumière, un rôle moins important que la tension électrique, il est certain, cependant, que l'évaluation usitée du gaz distribué manque un peu de précision. On s'en rend compte surtout quand, pour obtenir le volume des fuites par la canalisation, on compare la totalité du gaz consommé au gaz fabriqué par les usines. Les compteurs d'usine débitent du gaz à la pression des gazomètres, pression sensiblement constante et égale à 150 millimètres. La pression moyenne du gaz dans les compteurs d'abonné, pression d'ailleurs inconnue, est notablement inférieure. Les deux volumes ne sont donc pas comparables.

Ces considérations ont, dans la pratique, bien moins d'importance qu'elles ne paraîtraient devoir en comporter. D'abord, en effet, on ne peut songer à modifier le compteur actuel qui existe depuis des années et qui présente de telles garanties de fonctionnement que dans certains pays on l'a assimilé à une mesure légale. Ensuite, ce qui intéresse la Compagnie, c'est moins ce qui passe par le compteur que ce qu'il accuse. Or, l'expérience acquise dans

publiqae. Le gaz brûlé dans ces appareils est tarifé, comme celui qui est mesuré dans les compteurs, à 0f,15 le mètre cube.

* Article 15 du cahier des charges.

l'industrie du gaz montre qu'une canalisation est satisfaisante lorsque le total des volumes relevés sur les compteurs, dans les conditions où ils fonctionnent y ne difîère que de 5 à 6 7o de celui qui est accusé par les compteurs d'usine. Plus la canalisation est défectueuse et plus l'écart est grand. Cet écart peut donc servir, jusqu'à un certain point, à mesurer l'état de la canalisation. Mais dire que 5 à 6 °/o du gaz fabriqué disparaissent par les fuites est inexact. En ramenant la pression du gaz distribué à celle que présente le gaz dans les compteurs d'usine on trouverait évidemment un chiffre un peu plus considérable*.

Entretien des conduites. — La canalisation doit toujours être maintenue en parfait état d'entretien. C'est une des obligations du cahier des charges (article 30). La Ville et la Compagnie ont d'ailleurs un intérêt évident à ce qu'il en soit ainsi : la Ville, parce que la canalisation lui reviendra de plein droit au 31 décembre 1905 ; la Compagnie, parce que toute fuite est une aggravation de charges pour son exploitation.

A Paris, en raison de la fréquence des fouilles ouvertes sur la voie publique, on a très souvent l'occasion de mettre à nu des conduites. L'état de ces conduites est alors noté par les agents du service de l'éclairage et reporté sur des registres statistiques tenus dans les bureaux des Ingénieurs du service municipal.

En particulier, toutes les fois que la Compagnie du Gaz fait une ouverture de fouille pour une réparation de fuites, elle en donne avis aux Ingénieurs de la Ville ; ceux-ci sont donc en mesure d'examiner les parties les plus mauvaises de la canalisation. Si l'état des conduites le nécessite, ils peuvent exiger le remplacement des parties avariées par une nouvelle canalisation.

L'entretien de la canalisation consiste surtout dans la réparation des fuites et dans le dégagement des obstructions.

Fuites. — Les fuites proviennent principalement de mauvais joints et -d'usure de conduites.

* Le calcul est facile à faire. Le gaz est, dans les compteurs d'usine, à la pression atmosphérique (iO.333 millimètres d'eau) augmentée de la pression relevée sur les mano mètres (150 millimètres). En se plaçant -dans le cas le plus défavorable (pression de 20 millimètres dans les conduites, plus également la pression atmosphérique) on voit que 1 mètre cube de gaz distribué représente dans les compteurs d'usine un volume x tel que

a?™ (10333 -M 50) = l«(10333-t-20). D'où a? = 0<987.

Par conséquent, si, pour iOOO mètres cubes de gaz fabriqué, on ne retrouve^ comme gaz consommé, que 950 mètres <;ubes, la perte réelle n'est pas égale à 5 % ^^ 8^ fabriqué mais bien à

1 000» — 950» X 0,987 = 72, soit 7,2Vo, d'où une diflérence de 2,2«/o.

Dans la pratique cette différence, déjà faible, devient à peu près insignifiante, étant donné qu€ la pression moyenne du gaz distribué est notablement supérieure à 20 millimètres.

DISTRIBUTION DU GAZ

On évalue généralement leur débit en retranchant du cube de gaz fabriqué le cube de gaz consommé, soit pour Téclairage des voies publiques (évalué à rheure), soit pour Téclairago dos maisons particulières et des bâtiments communaux (évalué au compteur). Mais il convient de remarquer que Ton fait ainsi entrer dans le volume des fuites :

1° Le gaz brûlé par la Compagnie dans ses bureaux, ses ateliers et ses usines. Le cube n'est pas négligeable, la Compagnie se servant du gaz non seulement pour son éclairage mais encore pour le chauffage et pour Talimentation de quelques moteurs.

2* Le gaz brûlé en trop dans les lanternes publiques ; généralement, en effet, les flammes sont réglées avec des dimensions un peu supérieures à celles qui correspondent aux débits prescrits par le cahier des charges. Il est à remarquer, d'ailleurs, qu'il doit en être ainsi au moment de l'allumage, car, alors, la pression du gaz dans les conduites est notablement plus élevée que pendant le reste de la nuit.

3** Le gaz consommé par les particuliers et non enregistré par les compteurs, soit par suite de fraudes, soit par suite du mauvais fonctionnement des appareils.

Ces trois éléments de consommation sont inconnus. On ne peut donc avoir exactement le cube de gaz débité par les fuites ; mais il est certain que cellesci constituent la plus grande partie, et de beaucoup, du gaz perdu par la Compagnie.

Quoi qu'il en soit, voici, depuis 1861, les différences existant entre les volumes de gaz sortis des usines et les volumes de gaz vendus par la Compagnie.

Emission et pertes depuis i86P. (Paris et communes suburbaines.)

Page 1