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GÉNÉRATEURS MAGNÉTO-ÉLECTRIQUES

Le mode de génération de l'électricité par les actions chimiques, et surtout par la combustion du zinp, est, comme on le verra plus tard, extrêmement dispendieux, et, si l'on n'avait eu que lui pour produire la lumière électrique, on aurait bien certainement renoncé définitivement à ce mode d'éclairage; mais ce moyen n'est pas le seul, et, grâce aux effets d'induction, on a pu parvenir à créer des générateurs de lumière n'exigeant que des effets de force motrice, ce qui ramenait la production de l'électricité à une combustion plus ou moins grande de charbon, la plus simple et la plus écono-

mique des réactions chimiques. Sous ce rapport les résultats obtenus ont dépassé toutes les espérances, et l'on peut dire que, si la solution du problème dépendait uni* quement de la production de l'action électrique, elle serait dès maintenant largement réalisée, car, lumière pour lumière, le prix de l'éclairage serait de cette manière infiniment plus économique; mais la question, comme on le verra, est beaucoup plus complexe, et, en attendant que nous la traitions aux différents points de vue qui doivent être pris en considération, nous allons nous occuper des générateurs basés sur les effets de l'induction.

Historique de la question. — Lorsqu'un courant voltaïque circule en spirale autour d'un noyau de fer, d'acier ou d'une substance magnétique quelconque, il l'aimante, et cette aimantation pour certains corps magnétiques doués d'une force coercitive non persistante, tels que le fer, disparaît aussitôt que le courant a cessé de circuler dans la spirale métallique qui lui a servi de conducteur. Ce phénomène, constaté pour la pre-' mière fois par MM. Ampère et Arago peu de temps après la découverte par Œrsted des réactions exercées par les courants sur l'aiguille aimantée, a été le point de départ de l'électro-magnétisme et de la plupart des applications mécaniques de l'électricité.

En raisonnant d'après le système des réciproques, on aurait pu déduire à priori de ce phénomène qu'un aimant persistant, réagissant sur un circuit fermé disposé en Spirale, devait déterminer dans ce circuit un

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courant électrique; mais ce ne fut que dix ans plus tard, c'est-à-dire vers 1830, que Tillustre physicien Anglais Faraday constata le premier ce phénomène et en détermina les différents caractères. Il est résulté en effet des expériences nombreuses que ce savant entreprit à ce sujet que, si Ton enfonce à l'intérieur d'une bobine recouverte de fil métallique isolé un barreau aimanté ou une autre bobine traversée par un courant, comme on le voit fig. 6 et 7, on provoque dans la pre-

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mière bobine un courant énergique qui peut actionner un galvanomètre ; mais, chose assez particulière et que la théorie n'aurait pu faire prévoir de prime abord, ce courant n'^st qu'éphémère et disparait aussitôt après avoir pris naissance, pour faire place à un autre courant également éphémère, qui se manifeste au moment même où Ton retire l'aimant de la bobine. Ce dernier courant est dirigé en sens inverse du premier, et^ si l'on compare la direction de ces deux courants à celle du courant magnétique ou voltaïque qui leur a donné naissance, on reconnaît qu*elle est précisément la même pour le second

et inverse pour le premier. De là le nom de courant direct donné au courant qui se manifeste secondairement» et le nom de courant inverse donné au courant qui se manifeste primitivement. Ainsi, par le fait seul qu'on approche ou qu'on éloigne un aimant persistant d'un circuit disposé en spirale, on donne naissance à deux courants contraires instantanés, qui se manifestent distinctement l'un de l'autre.

Toutefois ces courants instantanés peuvent se succéder, pour un même mouvement de l'inducteur ou de l'induit, si ce mouvement est successif, car à chaque étape de ce mouvement il se produit un courant induit différentiel, qui continue l'action du précédent, et tous ces courants, s'ajoutant les uns aux autres, peuvent fournir un courant d'une durée appréciable, qui peut être dans un sens ou dans l'autre, suivant que les mouvements se sont succédés dans le sens du rap[»rochement ou dans ; le sens de l'éloignement, mais qui est plus faible, à un moment donné, que celui résultant du mouvement total effectué d'un seul coup et avec le même chemin parcouru. Nous verrons plus tard ce qui résulte des mouvements plus ou moins prompts, par rapport à la nature des courants induits développés ; mais nous pouvons dire dès maintenant que ces mouvements plus ou moins prompts n'affectent, pour un même chemin parcouru, que la tension du courant induit.

Ces principes une fois reconnus, il ne s'agissait plus, pour obtenir yne manifestation électrique continue, que de combiner mécaniquement les divers éléments producteurs de ces courants éphémères ou d'induction, de manière à les redresser et à les faire se succéder les uns aux autres sans interruption. C'est ce que firent plusieurs mécaniciens, entre autres MM. Pixii Clarke, Page, Nollet, etc., et pour cela ils n'eurent qu'à faire tourner devant les pôles d'un aimant permanent, en fer à cheval, un électro-aimant à deux branches, enroulé d'une assez

grande quantité de fil pour permettre à Faction inductrice de se développer dans toute son énergie. Avec cette disposition, en effet, Télectro-aimant, en s'approchant des pôles de Taimant fixe, s'aimantait, et, en devenant aimant, il créait dans le fil qui l'entourait un courant inverse qui faisait place à un courant direct, aussitôt que Félectro-aimant, en s'éloignant, se désaimantait. Comme les extrémités du fil induit, c'est-à-dire du fil de l'électro-aimant, étaient en rapport avec un commutateur à renversement de pôles placé sur Taxe de rotation du système, lés deux courants traversaient le circuit toujours dans le même sens. Telles sont les machines magnéto-électriques f dont nous représentons, fîg. 8, le type primitif, et dont la disposition a, du reste, été variée d'une foule de manières. Ce sont elles qui ont donné naissance aux puissantes machines qui, dans ces derniers temps, ont étonné les physiciens eux-mêmes.

En même temps que Ton construisait les machines magnéto-électriques dont nous venons de parler, d'autres physiciens et mécaniciens en établissaient de nouveaux modèles, en mettant à contribution les effets d'induction produits par les hélices voltaïques, et qui permettaient d'obtenir des courants induits sans avoir aucun mécanisme à tourner. De pareilles hélices étant introduites à rintérieur de la bobine destinée à fournir les courants induits pouvaient jouer le rôle de barreaux aimantés, puisqu'elles constituaient, ainsi que l'a démontré Ampère, des aimants dynamiques, et pour obtenir les effets produits par l'approche et l'éloignement de l'hélice . inductrice (celle jouant le rôle d'aimant), il suffisait de disposer dans le circuit un interrupteur automatique de courant. Dès l'année 1836, M. Page, en Amérique, M. Masson, en France, et M. Callan, en Angleterre, construisaient, en effet, des machines de ce genre qui permirent d'étudier d'une manière suivie les couratits induits et d'en préciser les caractères, et Ton put acquérir bientôt

L*ÉCLA

la certitude que, nonseï une grande tension, m ils pouvaient fournir q l'électricité ^statique.

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