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GÉNÉRATEURS DE LUMIÈRE ÉLECTRIQUE

Nous avons vu que les générateurs électriques qui pouvaient être employés avantageusement pour la lumière électrique étaient les piles à acides, particulièrement les piles Bunsen, et les machines d'induction électro-magnétiques. Quelles sont les meilleures dispositions de ces générateurs?... C'est ce que nous allons étudier dans ce chapitre.

GÉNÉRATEURS VOLTâÎQUES.

La pile de Bunsen découverte par M. Grove en 1839 met, comme on le sait, à contribution deux liquides, Tacide nitrique, d'une part, et l'eau acidulée avec de l'acide sulfurique d'autre part, et pour mettre ces deux liquides en contact sans se mélanger, on verse l'un des liquides dans un vase en porcelaine demi-cuite, que Ton désigne généralement sous le nom de vase poreux, et on le plonge dans l'autre vase qui doit être en verre ou en grès vernis. Des vases en terre ou en faïence ne valent rien, en raison des détériorations qui résultent de l'action des acides et des cristallisations de sulfate de zinc qui se forment à l'intérieur des pores de ces matières.

Généralement on verse l'acide nitrique dans le vase poreux, et l'eau acidulée au dixième de son poids dans le vase de verre ; alors l'électrode positive, celle qui

donne le pôle négatif, est fournie par une lame de zinc amalgamé enroulée en cylindre, au dedans de laquelle on introfduit le vase poreux. L'électrode négative est constituée par un prisme de charbon de cornue découpé dans un de ces résidus que l'on retire des cornues des usines à gaz après la distillation. C'est un charbon très dur, très serré, et qui est relativement bon conducteur.

'iLiTiir-

FiG. 4.

Les fils de communication sont réunis à ces électrodes par deux pinces de laiton. Tune de grande dimension, qui enveloppe la partie supérieure du charbon et serre le conducteur positif contre ses parois, l'autre munie d'un trou à vis de pression où est introduit le fil négatif, et qui s'applique sur une lamelle de cuivre rivée au cylindre de zinc. La disposition de cet élément est indiquée fig 4. On peut renverser cette disposition, et l'on y gagnerait

au point de vue de la constance de la pile, car, ainsi que je l'ai démontré, les effets de la polarisation sont d'autant moindres que l'électrode négative est plus développée ; mais, comme pour la lumière électrique il se produit une grande consommation de zinc, il faut que cette matière se trouve en assez grande quantité dans l'élément, et la disposition précédente est la plus favorable à ce point de vue.

On sait que dans l'élément Bunsen l'acide nitrique agit surtout comme organe dépolarisaleur, c'est-à-dire comme organe susceptible d'empêcher le dépôt, sur le charbon, de l'hydrogène résultant de la décomposition de l'eau par le zinc. Quand ce dépôt se produit, il se développe, en effet, sur le charbon, une force électro-motrice par suite de la réaction de l'hydrogène sur le liquide, laquelle force, en se manifestant en sens contraire de celle déterminée par la pile, affaiblit celle-ci d'autant plus que le courant agit plus longtemps et que le circuit est moins résistant. Or Tacide azotique, étant très riche en oxygène et l'abandonnant facilement , permet à Thydrogène dégagé dans la pile de se combiner avec cet oxygène et de l'intercepter pour ainsi dire au passage avant qu'il ait pu produire son effet nuisible. D'un autre côté cet acide, en réagissant lui-même chimiquement sur l'eau acidulée, développe une force électro-motrice qui agit dans le même sens que celle qui est produite, par l'oxydation du zinc, et qui augmente encore l'énergie de la pile.

L'inconvénient -de cette pile est d'être dispendieuse et de fournir des émanations malsaines et suffoquantes. L'acide nitrique, en effet, en se désoxydant, passe à l'état d'acide nitrcux qui se dégage sous forme de vapeurs rutilantes brunes qui sont difficiles à supprimer.

Pour éviter l'usure trop grande du zinc et rendre l'action de la pile plus constante, on amalgame ce métal, et cette opération a surtout pour effet d'annuler les couples locaux qui sont la conséquence de l'impureté du zinc, et

qui l'usent en pure perte. Pour obtenir cette amalgamation, le moyen le plus simple est d'immerger le zinc dans un liquide composé de la manière suivante :

On fait dissoudre à chaud 200 grammes de mercure dans iOOO grammes dVau régale (acide nitrique 1, acide chlorhydrique 3). La dissolution de mercure étant terminée, on y ajoute 1000 grammes d'acide chlorhydrique. •

En laissant le zinc tremper quelques secondes dans ce liquide, on le retire tout amalgamé, et, avec un litre de ce liquide, on peut amalgamer 150 zincs.

On amalgame encore les zincs en les immergeant dans un vase rempli d*eau acidulée avec de Tacide chlorhydrique, dans laquelle on a versé du mercure, et en les frottant avec un pinceau métallique qu'on trempe dans le mercure. Mais ce qu'il y a de mieux est d'employer des zincs amalgamés dans toute leur masse. H. Dronier est parvenu à établir des zincs de cette nature en unissant le mercure au zinc pendant sa fusion en vase clos.

11 y a à considérer dans une pile deux éléments importants : sa force électro-motrice et sa résistance. Nous avons défini au commencement de ce travail ce quHl fallait entendre par ces deux expressions. Les lois des courants électriques ont été basées sur la constance de ces deux éléments, et de là le nom de constantes voltdiques qu'on leur a donné ; mais, par le fait, il n'en est pas ainsi à cause de réactions secondaires qui se manifestent et dont les effets de polarisation sont une des principales. Néanmoins, comme les valeurs de ces constantes sont nécessaires à connaître approximativement pour toutes les applications électriques, on a dû les calculer, et j'ai indiqué, dans le tome 1 de mon Exposé des applications de r électricité, celles qui ont été obtenues par les divers physiciens. Comme nous n'avons guère à considérer dans ce travail qu'une seule espèce de pile, nous dirons seulement que la force électro-motrice de l'élément Bunsen représente, en unités de force électro-motrice ou en Yolts^

de 1%888 à 1^,964?, et son rapport avec la force électromotrice de l'élément Daniell est de 1,749 à 1,820. La résistance du même élément (moyen modèle), qui se compose de celle du liquide interposé entre les électrodes polaires, de celle du vase poreux et des dépôts gazeux déterminés par l'action électrolytique et la polarisation, varie de 50 à 150 métrés de fil télégraphique, suivant la résistance du circuit extérieur. Je dis varie parce que les chiffres que l'on déduit de l'expérience semblent constater cette variation; mais, comme celle-ci résulte des effets de la polarisation des électrodes et qu'elle n'affecte la résistance du couple que parce qu'on en décharge le reste du circuit, elle peut tout aussi bien se rapporter au circuit tout entier qu'à une de ses parties. Toutefois, comme on ne peut donner au circuit métallique une autre résistance que celle qu'il possède réellement, il convient d'attribuer à celle de l'élément Bunsen la valeur de 50 mètres quand le circuit est peu résistant, et celle de 100 à 150 mètres quand il est très résistant. Les valeurs que nous venons de donner ne se rapportent qu'à une pile dont les liquides sont neufs; mais elles se modifient assez rapidement à mesure que l'acide nitrique se désoxyde et que l'eau acidulée se charge de sulfate de zinc, par suite de la corrosion de ce métal. Pour la remettre en état, il suffit souvent de verser un peu d'eau dans le liquide extérieur et d'ajouter à l'acide nitrique de l'acide sulfurique concentré qui, étant très avide d'eau, déshydrate l'acide. J'entre dans beaucoup de détails sur cette pile ainsi que sur toutes les autres dans le tome I de mon Exposé des applications de Vélectricité, ce qui me dispense d'en parler ici davantage. Cette étude poussée à fond serait tout à fait en dehors du but que nous nous proposons dans cet ouvrage ; il nous suffit de signaler la disposition de la pile précédente pour qu'on sache à quoi s'en tenir dans les applications qu'on peut en faire à l'éclairage électrique.

Pour obtenir avec une pile de Bunsen de la lumière électrique, il faut grouper ensemble un certain nombre d'éléments, et le mode de groupement de ces éléments

dépend du genre de lumière que Ton veut obtenir. Si cette lumière doit être four nie par un arc voltaïque, c'est-à-dire avec un intervalle gazeux entre les électrodes de charbon, il faut grouper ces éléments en tension c'està-dire par leurs pôles contraires, un pôle positif avec un pôle 2 négatif, comme on le ^ voit fig. 5, et il faut au moins trente éléments ; on en emploie ordinairement soixante dans la plupart des expériences que l'on fait soit au théâtre, soit pour l'éclairage des travaux de nuit, et encore ne peut-on allumer dans ces conditions qu'une seule lampe.

Quand on veut en allumer plusieurs, il faut une pile beaucoup plus forte et employer certaines lampes disposées en conséquence. Nous en parlerons plus tard.

Si la lumière doit être le résultat d'un effet d'incan-

L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRK^UE. 31

descence, la pile gagne à être disposée en quantité, c'està-dire de manière que tous les éléments soient réunis par leurs pôles semblables. Alors les effets calorifiques sont augmentés aux dépens des effets de tension, et, pour Tincandescence, il n'est besoin que d'effets calorifiques.

Enfin, si, en raison de la résistance du circuit extérieur ou des conditions dans lesquelles est placée l'expérience, le courant électrique doit avoir à la fois de la tension et de la quantité, on dispose la pile en séries^ c'est-à-dire par groupes composés chacun d'un plus ou moins grand nombre d'éléments réunis en quantité, et ces groupes sont réunis eux-mêmes en tension.

On peut donc, au moyen d'une pile composée de plusieurs éléments, obtenir les effets différents propres à des piles d'une plus ou moins grande force électro-motrice, mais il importe de toujours se rappeler qu'en réunissant plusieurs éléments en quantité, c'est-à-dire par les pôles semblables, on n augmente pas pour cela la force électromotrice du générateur : cette force électro-motrice reste toujours celle d'un simple élément, mais on en diminue la résistance proportionnellement au nombre des éléments que Von réunit , ce qui revient, en définitive, à constituer un élément de surface plus grande. D'un autre côté, il faut se pénétrer que la force électro-motrice d'une simple pile ne dépend pas de la grandeur de ses éléments^ mais de la nature de la réaction physique et chimique qui y est développée et du nombre d'éléments réunis par les pôles dissemblables. Seulement, comme en isolant ainsi l'action des éléments on augmente par le fait la résistance de la pile entière, il peut se faire, dans certaines conditions du circuit extérieur, que ce que l'on gagne de force par l'accroissement du nombre des éléments, on le perde, et même au delà, par l'accroissement de la résistance totale de la pile, et c'est pourquoi il devient nécessaire, pour fixer la disposition d'une pile, de connaître exactement les conditions du circuit sur lequel Ut pile doit

agir, conditions qui doivent être considérées principalement au point de vue de la résistance.

Le grand principe sur lequel on doit se guider est que la pile doit être disposée de telle manière que sa résistance propre soit égale à celle du circuit extérieur. Si Ton prend pour valeur de la résistance d'un élément de Bunsen le chiffre de 50 mètres de fil télégraphique que nous avons donné, et que Ton estime à 5000 ou 4000 mètres la résistance de Tare voltaïque dans les lampes ordinaires, on voit tout de suite qu'on a toujours avantage à disposer en tension les éléments d'une pile appliquée à l'éclairage électrique par l'arc voltaïque, et Ton a en même temps avantage à prendre les éléments de grande dimension, non pas pour donner à la pile une plus grande force électro-motrice, mais pour que son action dure plus longtemps et pour augmenter son pouvoir calorifique. Quand l'éclairage électrique doit être produit par l'incandescence, la résistance du circuit devient infiniment moins grande (33 mètres environ pour la partie incandescente, et l'on gagne, au contraire, à disposer la pile en quantité ou en séries, suivant le nombre des lampes qu'elle a à alimenter, et suivant l'organisation des circuits. Il est certain que, si l'on interpose dans un même circuit un certain nombre de lampes, la pile devra avoir plus de tension que quand ces lampes seront interposées sur des circuits distincts ou dérivés, et l'on sera encore fixé sur le mode de disposition qu'il faudra donner à la pile, par la résistance totale du circuit extérieur, qui sera alors celle d'un des circuits divisée par le nombre de lampes à allumer. On comprend, en effet, que, dans ce cas, l'électricité fournie par la pile se distribue en même temps dans tous les circuits, comme le ferait l'eau d'un rései'voir où aboutiraient plusieurs tuyaux d'écoulement, et que la résistance alors opposée à la propagation électrique est équivalente à celle d'un conducteur unique d'une section, autant de fois plus grande qu'il y a de

circuits dérivés. Or, comme la résistance électrique d'un conducteur est en raison inverse de sa grosseur, on voit immédiatement pourquoi, dans ce cas, la pile doit être disposée de manière à avoir sa résistance très diminuée. Il n*est pas nécessaire que les divers éléments qui composent une pile soient réunis directement les uns aux autres, ils peuvent être séparés par des conducteurs plus ou moins longs; une portion de la pile peut être, par exemple, à un bout du circuit, Tautre portion au bout opposé, et suivant que les deux conducteurs du circuit réuniront ces deux portions, parleurs pôles dissemblables ou par leurs pôles semblables, on aura une pile qui sera disposée en tension, ou en surface double. Seulement, dans le dernier cas, il arrivera que tous les fils de jonction entre les deux conducteurs transmettront le courant exactement avec la même intensité, quels que soient les points du parcours où cette réunion est effectuée , et cela se comprend aisément, si Ion considère que les fils dé jonction des deux parties de la pile constituent alors des électrodes chargées au même potentiel sur toute leur étendue, et que les pôles de la pile se trouvent alors transportés aux deux points où se trouvent fixés les fils qui doivent fournir le travail.

Si Ton connaît la résistance du circuit extérieur et celle d'un élément de la pile, on peut déterminer immédiatement et sans tâtonnement la disposition la plus convenable à donner aux différents éléments d'une pile que l'on a à sa disposition, au moyen des deux lois suivantes que j*ai longuement discutées dans mon Exposé des applications de Vélectricité (tome I, p. 145).

1* Le nombre d'éléments de chaque groupe que l'on doit disposer en quantité est donné par le nombre entier le plus rapproché du chiffre représentant la racine carrée du produit du nombre total des éléments de la pile, par la résistance d'un seul élément de cette pile, divisée par la résistance du circuit extérieur*

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34 L'ÉCLURAGE ÉLECTRIQUE.

2<> Le nombre des groupes qu'il faut réunir en tension est donné par le nombre entier le plus voisin du chiffre représentant la racine carrée du produit du nombre total des éléments de la pile, par la résistance du circuit extérieur, divisée par la résistance d'un seul élément de la pile.

Une seule de ces déterminations suffit d*ailleur», car, si on sait combien d'éléments doivent êlre réunis en quantité dans chaque groupe, le nombre total des éléments divisé par celui de chaque groupe donnera le nombre des groupes qui doivent être réunis en tension.

Pour connaître la valeur de la résistance du circuit extérieur, on emploie un appareil connu sous le nom de Rhéostat et une sorte de balance électrique qui peut être un galvanomètre différentiel ou un pont de Wheatstone. Ces appareils, et la manière de s'en servir, étant indiqués dans tous les traités de physique, et particulièrement dans notre Exposé des applications de Vélectricité, nous ne nous en occuperons pas davantage ; nous dirons seulement que, pour obtenir la résistance totale des dérivations d'un circuit, on a la relation suivante :

dans laquelle T représente la résistance totale, rf, d' d'^d"', etc., les résistances des différentes dérivations, et dont on peut tirer la valeur deT, connaissant celles de d, d\ etc., ou bien la valeur de l'une quelconque des dérivations, d, d'; etc., connaissant T.

J'aurais voulu, dans un ouvrage comme c^lui que je publie aujourd'hui, éviter de parler de ces différents calculs, mais, comme ils sont indispensables quand on veut bien connaître la question, et qu'ils sont d'ailleurs très simples, j'ai pensé que je devais tout au moins les indiquer. Du reste, il est un principe général que l'on retrouve dans presque tous les effets électriques sus-

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ceptibles de maximum, et que Ton doit avoir toujours présent à la pensée. C'est que pour être dans les meilleures conditions il faut disposer les générateurs électriques de manière que leur résistance intérieure soit égale à celle du circuit extérieur; et, si le circuit se compose de deux parties, Tune servant simplement à la transmission électrique, l'autre à la production d'un travail calorifique ou électro-magnétique, il faut que la résistance du circuit inactif , y compris celle de la pilCj soit égale à la résistance de V organe électro-magnéùqucj ou à celle du conducteur, développant l'effet calorifique.

Unité» électriques. — Pour obtenir les valeurs de la force électro-motrice et de la résistance d'une pile, aussi bien que celles des autres éléments qui sont en jeu dans un circuit électrique, il a fallu créer des unités démesure électrique, et, bien que les savants ne soient pas encore d'accord sur les unités qui doivent être adoptées, on tend cependant à prendre les unités rationnelles déterminées, après de longs travaux, par l'Association britannique. Ces unités ont reçu différents noms, qui rappellent les physiciens qui ont le plus contribué à l'avancement de la science électrique. Ainsi Tunité de résistance a reçu le nom d'Ohm, l'unité de force électro-motrice, celui de Voit, l'unité d'intensité de courant, celui de Weber, l'unité de capacité électro-statique, celui de Farad, et Ton a donné aux multiples et aux sous-multiples de ces unités des désignations analogues à celles de aotre système métrique , mais dans des conditions différentes et appropriées aux usages les plus fréquents qu'on pouvait en faire dans les applications électriques. Ces désignations sont mega et micro, qui veulent dire un million d'unités ou un millionième d'unité. C'est ainsi qu'un million d'ohms se dira un megohm, et un millionième d'ohm un microhm; toutefois, de tous ces multiples et sous-

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multiples, on n'emploie généralement [que le megohm et le microfarad.

Il s'agit maintenant de savoir ce que représentent ces unités.

Vohm représente matériellement la résistance d'une colonne de mercure purifié, de 1 millimètre carré de section et de 1,°» 0486 de longueur à 0<> centigrade. C'est environ la résistance d'un fil télégraphique en fer de 4 millimètres de diamètre et de 100 ndètres de longueur.

Le voU représente à peu près la force électro-motrice d'un élément Daniell au sulfate de cuivre et eau légèrement acidulée. Cette force électro-motrice étant 1, le volt est représenté par 0, 9268.

Le weber représente le volt divisé par l'ohm.

Le farad représente la capacité d'un condensateur électrique placé dans des conditions telles, que la quan. tité d'électricité transportée par un volt à travers une résistance d'un ohm le chargerait à une tension d'un volt. Ce genre d'unité n'est guère appliqué que dans les études des câbles sous-marins. On trouvera, du reste, tous les calculs se rapportant à ces unités dans mon Exposé des applications de Vélectricité, tome I, p. 452.

On trouve aujourd'hui des appareils mesureurs étalonnés d'après ces nouvelles unités électriques chez M. Gaiffe, constructeur à Paris, rueSaint-AndrédesArts,40. Ces appareils consistent dans des jeux plus ou moins complets de bobines de résistance disposées comme des collections de poids, et dans des rhéomètres dont les graduations sont établies en ohms et en volts; de sorte qu'on peut apprécier par une simple lecture, et sans calculs, la force électro-motrice d'une pile, sa résistance et celle du circuit extérieur. Ces indications n'ont peut-être pas une très igrande rigueur, mais elles sont bien suffisantes pour les applications ordinaires qu'on a à faire des courants électriques.

Mode de propagation de l*éleetrlcité. -^ Avant d'étudier les générateurs magnéto-électriques, qui ont résolu le problème de Téclairagc électrique, il nous a paru important de donner quelques détails sur les conditions de charge et dé décharge dans un circuit, et sur le mode de propagation d'un courant. ^

On se demande souvent dans quelles conditions se trouvent les fils isolés d*un circuit par rapport à la pile, quand le circuit n'est pas fermé, et au premier abord on serait porté à croire qu'il suffit de mettre un conducteur en rapport avec l'un ou l'autre, des pôles électri • ques pour déterminer un mouvement de charge; mais les choses ne se passent pas tout à fait ainsi.

Pour que les conducteurs se chargent, il faut que les charges négatives et positives puissent s'écouler dans les mêmes proportions. Ainsi un conducteur très long adapté au pôle positif d'une pile ne pourra se charger qu'à la condition que la charge négative pourra se transmettre à un conducteur de même longueur qui sera fixé au pôle négatif, ou que cette charge pourra s'écouler en terre. Alors la charge se transmet successivement jusqu'au bout du fil positif, et quand elle a atteint, à cette extrémité, la même tension que près de la pile, le courant qui était résulté de celte transmission cesse, et tout le conducteur est chargé au potentiel de la pile. Quand on met ce fil positif en rapport avec le sol, un nouveau mouvement électrique se produit à partir du bout du fil, et l'on obtient un courant de décharge qui, cette fois, est continu et constitue le courant proprement dit.

Il résulte de ce mode d'action que, quand im circuit est complet et qu'on le ferme près de la pile, le courant réagit d'abord à partir des deux pôles de la pile, et ne produit son effet au milieu du circuit qu'en dernier lieu ; de sorte que, au prenier moment, une moitié du circuit est parcourue par une charge positive, et la seconde moitié par une charge négative ; mais ceci n'a lieu qu'avec un

circuit complètement métallique. Quand la terre est interposée, la charge positive parcourt le fil dans toute sa longueur, car la charge négative est alors entièrement absorbée par la terre.

Pendant longtemps on a cru que la charge d'un circuit était pour ain$i dire instantanée et qu'elle n'avait pour limite de vitesse que celle de l'électricilé elle-même, vitesse qu'on croyait bien voisine de celle de la lumière; mais une étude plus approfondie du mode de propagation de rélectricitô montra qu'il était loin d'en être ainsi, et que, par le fait, il n'y avait pas à proprement parler de vitesse de Télectricité, mais bien un temps de fluctuations électriques peadanf lequel chacun des points du circuit ' change sans cesse de tension électrique. Dés lors on s'est trouvé conduit à assimiler la propagation électrique à celle de la chaleur, et c'est à partir de ce moment qu'on a pu se faire une idée bien nette des effets de la transmission électrique sur nos longues lignes télégraphiques.

C'est en 4825 que cette découverte fut faite par l'illustre Ohm, qui basa sur elle cette belle théorie qui porte son nom, et que les découvertes modernes n'ont fait que justifier de plus en plus. Toutefois celte théorie ne fut pas accueillie tout d'abord par le monde savant avec la faveur que son auteur était en droit d'altendre ; elle fut môme pour lui le sujet d'une persécution qui l'atteignit jusque dans sa position de professeur, et ce ne fut que dix ans plus tard, quand M. Pouillet parvint aux mêmes lois par l'expérimentation, qu'on commença à revenir sur le jugement qu'on avait porté.contre Ohm et à apprécier le mérite de sa découverte. Cependant, tout en adoptant les formules de l'illustre mathématicien, les physiciens, jusqu'à l'année 1860, n'avaient pas voulu admettre l'assimilation qu'Ohm avait faite du mode de propagation de l'électricité à celui de la chaleur^ et grâce à ce partipris de leur part ils étaient arrivés à des résultats tellement discordants sur la vitesse de propagation de l'élec-

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tricité, qu'il fallait admettre, ou que les expériences faites pour mesurer cette vitesse avaient été mal conduites, ou que les idées que l'on se faisait généralement sur la propagation de Télectricité étaient fausses.

Vers Tannée 1859, M. Gaugain, habile physicien, qui depuis quelque temps s'occupait de vérifier les lois d'Ohm au point de vue de la transmission à travers les corps mauvais conducteurs, rechercha les causes de ce désaccord et trouva bientôt le mot de Ténigme. Il s'assura en effet que Télectricilé, loin de se propager comme la lumière avec une intensité initiale constante dans tout son parcours, devait au contraire se transmettre, ainsi qu'Ohm l'avait admis, à la manière d'une barre métallique que Ton chauffe par un bout et que Ton maintient à l'autre bout à une température constante et inférieure. Dans ce cas, la chaleur se communique de proche en proche à partir de l'extrémité chauffée de la barre, et à mesure que ce mouvement calorifique se propage vers l'autre extrémité, les parties primitivement chauffées acquièrent une quantité de chaleur de plus en plus grande, jusqu'à ce que, le mouvement calorifique étant parvenu au bout non échauffé, les différents points de cette barre perdent, d'un côlé, autant de chaleur qu'ils en gagnent de l'autre. Alors seulement l'équilibre calorifique est établi, et la distribution de la chaleur sur toutes les parties de la barre reste toujours la même. C'est ce que les physiciens ont appelé ïétat calorifique permanent. Mais avant qu'une barre métallique arrive à cet état il faut un temps plus ou moins long suivant son degré de conductibilité calorifique, et ce temps pendant lequel chacun des points du corps chauffé change sans cesse de températurt» constitue une période variable qui, si l'assimilation de la propagation de la chaleur avec la propagation de l'électricilé était vraie, devait exister dans les premiers moments de la propagation d'un courant. Dans cette hypothèse, en effet, un courant électrique n'est que le résultat de

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l'équilibre qui' tend à s'établir d'une extrémité à Tautre du circuit entre deux états électriques différents, constitués par Faction de la pile, et représentant, par conséquent, les deux températures différentes de la barre chauffée. Sans doute cette période variable, en raison de la subtilité du fluide électrique, devra être excessivement courte, mais pour des circuits d'une grande longueur et pour des transmissions lentes à travers de mauvais conducteurs elle pourra être appréciable, et c'est en effet ce que Texpérience démontra à M. Gaugain. Dés lors il rechercha les lois de la transmission du courant pendant cette période variable, et il constata, entre autres lois, que le temps nécessaire pour qu'un courant atteigne son état permanent dans un circuit, c'est-à-dire toute l'intensité qu'il est susceptible d'acquérir, est proportionnel au carré de la longueur de ce circuit Ce résultat avait été non seulement prévu par Ohm, mais encore formulé mathématiquement par lui dans l'équation représentant les tensions des difféi^ents points d'un circuit dans la période variable de l'intensité des courants.

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