‹ L'éclairage électrique. Traité pratique de montage & de conduite des installations d'éclairage électrique (volume 2)Chapitre 66 sur 91 · Une chaudière à 2 atmosphères · texte numérisé non relu

Une chaudière à 2 atmosphères

Une tuyauterie convenable met en communication les deux chaudières avec le cylindre, les chaudières entre elles, la chaudière 4 avec le bac à créosote, la chaudière 5 avec le bac à créosote et le condenseur.

L ECLAUtAliE KLKCTRIQUE

Voici la marche de ropération : L*eau de la chaudière 4 ayant reçu du bac la quantité voulue de créosote, on fait barboter la vapeur à ti atmosphères dans le bouilleur de la chaudière 5, et Ton fait arriver la vapeur dans le four. L'ajutage est construit comme un injecteur et la vapeur à 6 atmosphères aspire la vapeur créosotée plus lourde ; Tattaque du bois se produit aussitôt.

Les produits de condensation sont renvoyés à la chaudière 4 par le condenseur, et le bac à créosote soumis à Taction de la vapeur à 6 atmosphères continue à alimenter la chaudière 4 du produit antiseptique.

Après une demi-heure, la pression dans le four atteint 6 atmosphères; on Vy maintient pendant trois quarts d*heure, après quoi Topéralion est terminée.

En pratique, les fours sont montés par batterie de 3 ; pendant que Tun travaille, on décharge le second et on charge le troisième.

La chaudière à 6 atmosphères doit fournir à l'heure environ 250 kg de vapeur.

11 faut compter sur une dépense de o kg d^huile lourde vaporisée par heure.

Une batterie de 3 fours permet de traiter par jour 500 poteaux. Un poteau de 6,50 m exige l'emploi de 2,5 kg de créosote, et son traitement coûte entre 80 et 90 centimes.

Injection au sulfate de cuivre. — Au plus tard 10 jours après la coupe, les poteaux, après avoir été ébranchés mais non écorcés, sont sciés perpendiculairement à Taxe à quelques millimètres des extrémités ; on rafraîchit ainsi les sections.

Ils sont disposés parallèlement entre eux, et au besoin

en étages séparés par des traverses, le gros b que poteau étant plus élevé que le petit.

L'injection ayant lieu par le IronCr, on co d'une sorte de cylindre en caoutchouc fort ■ dont la base porte un fond de chêne : une c chanvre, qui ne doit porter que sur Pécorce laisse uu petit intervalle entre le fond du cj poteau.

On ferme hermétiquement celle sorte do 1 rant fortement par des cordes les parois du le poteau, et on assure la solidité du tout en le cœur de l'arbre une lige fdelée boulonnée du cylindre.

Des bacs de récupération sont placés sous Ils recueillent le liquide cuprique qui s'écou lout h côté du chantier on dresse un éch supporte un nombre convenable de bacs rei solution de sulfate de cuivre à l"/». La hau au dessus des poteaux doit être de C à 10 mi supérieure à la longueur des poteaux à injei Les bacs sont reliés par un tuyau de ca< fonds des cylindres qui coilïent les potei I effet de la pression le liquide pénètre peu et chasse des liquides organiques.

Des pompes refoulent dans les bacs sup' lution de sulfate de cuivre qu'il jieut v avo ter.

La solution de sulfate de cuivre doit co !,!>% de sulfate de fer et être exempte de i elle marque 1" Baume.

La hauteur de chute varie avec la ion teaux ; en voici la valeur dans les différen

iuo

LEGLAIKAGU ELECTRIQUE

Longueur det poteaax

Haiitear de cbaU

6 à 8 mètre»

6 à 8 mètres 8 à 10 — 10 à 12 ~

La durée de Tinjection est proportionnelle au carré de la longueur du poteau et en raison inverse de la pression. Voici quelques indications sur sa valeur moyenne:

Longueur des poteaax de sapia

Durée de Tinjevlion

; (i à 0,50 mètres

4,5 jours 5,5 — 8,5 — 12,0 -

Ce n'est que trente jours après Pinjection que les poteaux sont écorcés, planés et mis en chanlier pour le séchage.

Un mètre cube de sapin absorbe 350 litres de solution, soit 0,3 kg de sulfate de cuivre; un poteau cubant 0,100 ni' absorbe 33 litres de solution soit 0,330 kg de sulfate de cuivre et son traitement revient à 80 centimes environ.

On peut faire des poteaux en bois de 12 et même 14 mètres ; mais au delà il faut recourir à des poteaux: eu fer Nous diviserons ceux-ci en deux catégories, les poteaux proprement dits jusqu'à 26 mètres de hauteur, et les pylônes pour des hauteurs supérieures qui peuvent atteindre 30 mètres.

Poteaux de fer. — Dans certains cas on préfère em-

ployer des poteaux en fer. Ceux-ci peuvent être faits, si leur hauteur est réduite, par une bande de fer en double T ou de fer cornière ; s'ils doivent avoir plus de 4 à 5 mètres de longueur, on doit employer des poteaux d'une construction plus compliquée.

Les premiers seront bons à être scellés sur le haut d'un mur, d'une maison; les seconds pourront être employés le long des rues des villes et dans les campagnes.

La description des poteaux en ter à T découlant de la définition même de la matière employée, nous ne nous y arrêterons pas.

Quant aux seconds, leur nomenclature sortirait du cadre de cet ouvrage, et nous ne nous arrêterons qu'à quelques types intéressants. Nous prions le lecteur que la question intéresse de se reporter au traité des Lignes et Transmissions Électriques , de MM. Lazare Weiller et Vivarez.

Poteaux en fer Zorès. — Us sont faits par l'assemblage de bouts Zorès de 7 mètres de longueur: les dimensions des fers vont en décroissant de la base au sommet.

On assemble des fers Zorès deux à deux en rivant leurs plates-bandes de façon à former une sorte de tube en double V, et chaque tube est relié au suivant par un collier.

On fixe à la base du poteau une large pièce d'assise destinée à être noyée dans un massif de maçonnerie.

D'après M. Morris un poteau en fers Zorès de 10 m de hauteur pèse 160 kg et revient à 95 fr, sans compter les colliers et les bras pour recevoir les isolateurs.

Poteaux FiveS'Lille-Lazare Weiller. — M. Lazare Weiller a étudié plusieurs types de poteaux mélalli-

-rT?,-*

h ECLAIIIAGK ELKGTRIQl'K

ques dont la longueur peut au besoin être divisée en deux ou plusieurs parties.

Dans le type n° 1 (Fig. 181), le poteau pénètre dans le

sol et s'y encastre à la manière ordinaire. La base est formée d'un manchon en fonte sur lequel sont rivés les montants.

La parliedu typen« 2 (Fig. 485 gauche) destinée à être noyée dans le sol est formée d'une pièce filetée que l'cm visse dans un manchonécrou fixé dans le sol.

Le type n°3 (Fig. 185 droite) a élé étudié pour fixation sur un rocher. A cet effet on perce dans le roc quatre trous correspondant aux 4 arêtiers dii poteau et on scelle ce dernier au ciment.

Le type n*' 4 est un poteau tendeur ; plus résistant que les précédents, il est muni de haubans pour la traversée des courbes.

Ces poteaux construits en lon- ^ gueurs de 5,95 m à 6,40 m, pèsent de 70 à 135 kg et présentent une charge de rupture comprise entre 240 et 500 kg.

Poteau tubulaire Siemens, — Ce poteau comprend trois parties :

1° Une assise en tronc de pyramide faite de 4 plaques de fer rivées ensemble et dont la base supérieure porte un trou à

Fig. 184. — Poteaux-Lazare Weiller.

î^jjiy

POTEAUX DE FKR

chacun de ses quatre angles pour recevoir le boulon qui fixera le collier de la partie inférieure du socle.

2" Celui-ci est un tube de fonte légèrement conique cvaso à sa parlio supérieure ; il recevra le poteau proprement dit.

3° Le poteau formé d'un tube en fer forgé est scellé au socle par un mélange de soufre et d'oxyde de fer.

L'assise est quelquefois remplacée par un tube conique creux> en fonte, que Ton enfonce dans le sol en frappant à la masse sur un mandrin enfilé dans ce tube.

Poteaux (T exhaussement, — On comprend dans cette catégorie les poteaux d'une longueur supérieure à 10 mètres, et que Ton emploie pour franchir soit un obstacle audessus du sol soit de grandes distances, une rivière par exemple.

Les poteaux creux se prêtent très bien à la jonction d'une ligue aérienne et d'une ligne souter-

raine.

On peut placer à hauteur d'homme une boite à coupures qui permet d'isoler un fil de ligne ou de le réunira un autre fil.

Les fils de ligne descendent par ^'^' ^^^' ^ ^^^^^^'^ ^"•'** l'intérieur du poteau et aboutissent chacun à une borue isolée : une autre borne est

h KCLAIRAfiK ELKCTRIQrE

reliée au prolongement aérien ou souterrain du fil ainsi coupé, et, à Taide d'une liaison mobile entre les deux bornes, on peut couper ou fermer un circuit et faire toutes les combinaison possibless entre les fils.

Poteau Opermann, — Formé par un assemblage de fers iï T, il a la forme d'une pyramide quadrangulaire dont la base est enfoncée de 2 mètres dans le sol. Sa partie supérieure est faite par 2 fers à T adossés Tun à Tautre, qui supportent les isolateurs.

Le modèle de 18 mètres a été employé en vue de la traversée de la iMarne à Château-Thierry.

Voici des données sur les différents types créés par M. Opermann.

Poids

Prix du poteau

Frais de transport, de fouilles, de maçonnerie, de peinture, etc. .

Prix total .......

dp 8 luèties

122 kg

107,65 fr

Poteau

do 10 mètres

206 kg 134 fr

177,20 fr

de 18 mètres

1 147 kg 873,45 fr

1 352,45 fr

Pylône Fives-Li Ile-Lazare Weiller, — M. Lazare Woiller a été amené à étudier et à construire des pylônes dont la hauteur atteint quelquefois 50 mètres, et qui sont ut lises pour la traversée des grands fleuves. Ils peuvent également trouver leur emploi comme tourelles de concentration dans les villes, surtout si la ligne est parcourue par un courant de très haute tension.

La figure 186 ci-contre montre la disposition du type dit de 50 mètres.

Les pylônes sont munis d'échelles et de paliers de

Fig. 18ti. — Pylônes Laïai-e Weilier.

repos, et d'une^platc-formc de couronaement avec gale-

ti ^^jrT'^'^^.

L KOr.AIRAOK KLKCTRIQl E

Voici les données des 2 types de 23 et 50 mètres ;

Pylône de 25 mètres

Pylône de 50 mètres

Poids

Prix à l'usine . . .

Terrassements . . .

Maçonnerie ....

Montai:e

r> r)iK> kiloo:rarame8 4 50(1 francs

250 à 300 — 1800 à 2OO0 —

cm à 8S0 —

14 000 kilogrammes 10 000 francs 500 à 700 —

Haubans, — Ce sont des cordes en fil d'acier tressé qui servent à consolider un poteau soit contre l'action du vent soit contre la traction exercée par les fils de ligne.

Le hauban part généralement du sommet du poteau et il aboutit à une tige métallique terminée par une œillère et scellée dans un bloc de maçonnerie. La distance de la tige de scellement au pied du poteau varie avec la hauteur du poteau et la valeur des forces auxquelles le hauban doit faire équilibre.

L'adjonction de haubans aux poteaux placés au sommet des courbes est une mesure prudente.

Pour assurer la stabilité d'un poteau d'une grande hauteur, il est indispensable d'employer deux et quelquefois quatre haubans.

Poielet, — On désigne ainsi les

poteaux verticaux de 1 à 2 mètres de

Fig. 187. — Poteiet. hauteur soutenus par deux traverses

horizontales scellées dans un mur; le poteiet ne porte

pas directement sur le sol (Fig. 187).

JMiTBAUX DK FER

Les matières les plus diverses peuvent être utilisées à la constructioa des potelels ; le bois, les fers à T simples ou réunis deux à deux, les tubes do fer, les fers Zorès, elo., etc.

D'une façon gont^rale, le polelot est supporté par deux consoles horizontales scellées dans un mur, une façade de maison, une pilo de pont, etc. On devra fermer hermétiquement les extrémités des potelels tubulaires.

Les fils de ligne seront répartis soit d'un côté soit de part et d*autre du potelet.

PLANTATION PES POTBAUX,

HAUBANNAGK. —- JUMELAGE

Plantation des poteaux. — Cas dhin poteau isolé. — - Il y a deux points à considérer, le profil de la fosse et le mode de remplissage après mise en place du poteau.

Ouvertuî^e de la fosse. — Le terrain devra être remué le moins possible, et l'on donnera à la fosse le

./J joJ^'

Ud«i

Fig. 188. — Fosses pour poteaux.

L >;CLA1RAGE KLECTRIQUE

l les dimensions cotés d'aulre part suivantla pro- * d'enfouissement.

ç. 188 se rapporte ù une profondeur de 1,30 mètre. — — — de 2 mètres.

est une variaute de la précédente, rgeur de la fosse est uniforme pour les trois cas ; imètres suffisent amplement, lotera que le logement de rexlrémilé du poteau ;lre cylindrique.

en place du poteau. — On dresse le poteau et âge sa base dans le logement cylindrique qui lui réparé.

loleau est ensuite amené à la verticalité, ce que rifie par deux visées au iil à plomb dans des plans ;ulaires;on le soutient par des étais pendant le isago de la fosse.

de deux poteaux jumelés. — La fosse doit être

dans le plan de consolidation et présenter deux mts cylindriques pour recevoir les extrémités in- 38 des deux poteaux.

imelage se fait à terre, et, pour éviter des rup- )rs de la mise en place, on réunit les deux poteaux 5 de leur hauteur par deux traverses de bois pla- 1 croix et reliées entre elles par un tirefonds. poteaux se trouvent pris entre les branches de ■izontal formé par les traverses comme le montre ire 190.

' en place. — Le système est dressé dans la fosse, vérifie à l'aide du fil à plomb la verticalité du

support, comme dans le cas précédent, outient avec des étais pendant le remplissage. plissage de la fosse. — Oa doit éviter l'emploi de

fondations en maçonnerie dont le carbonate de chaux attaquerait le sulfate de cuivre injecté dans le poteau, mais combler avec des couches alternées de cailloux et de terre, chacune soigneusement damée.

On placera des pierres plates sous le poteau de support pour éviter qu'il s*enfonce dans le sol.

Le poteau doit, après avoir été planté, laisser subsister entre la ligne et le sol une distance suffisante pour la libre circulation.

Le tableau ci-dessous donne, pour les types en usage en France, la profondeur de la plantation et les efforts maxima que le poteau de bois peut supporter.

Longaeor

Diamètre

Diamètre

Profondeur

Effort

Effort

du

à UQ mètre

de

au

au deuxième

poteau

de la base

la tète

planlation

sommet

sommet

mètres

mètres

mètres

mètres

kilogrammes

kilogrammes

Consolidation des poteaux, — Il est souvent nécessaire de contre-balancer l'effort exercé par la ligne, effort qui tend à courber le poteau : tel est le cas pour ceux qui sont placés aux sommets des courbes.

On emploie deux moyens :

le haubannage,

le jumelage.

Haubannage. — On relie la partie faible à un point fixé au sol par une corde en fil d'acier.

Le point d'attache au sol est généralement l'extré-

ilO

L i!:4:i4AiHAaK KLECWigrE

mité bouclée d'une barre noyée dans un massif de maçonnerie,

La tension du hauban se règle avec un tendeur.

La direction de la résultante des efforts exercés sur le poteau et le hauban doivent être contenus dans un mrine plan.

11 y a souvent lieu d'appliquer deux haubans partant d'un mémo point du sol et aboutissant Tun au-dessus et Tautre au-dessous des isolateurs extrêmes. On évite aussi la courbure de la partie supérieure du poteau.

Les haubans favorisent les pertes au sol et ne sont pas fréquemment employés surtout sur les lignes à haute tension.

Jumelage.

On entend par jumelage laccouplement

do doux poteaux de mêmes dimensions.

La résistance offerte par deux poteaux jumelés est égale à 3 fois celle d'un poteau isolé.

Le jumelage peut se faire do différentes manières dont voici les plus usitées.

On pratique une entaille à hauteur convenable dans le poteau qui doit être vertical, et Ton coupe en biseau l'extrémité du second, de telle sorte que les deux surfaces entaillées se superpo-

Fig. 18U. - Poteau jumelé. ^^^^ ^^ïg, 189).

Les deux poteaux sont assemblés Tun avec Taulre

soit par des lirefonds, soit par un ou deux colliers en métal.

Le poteau de secours, au lieu d'être incliné sur le premier, peut lui être parallèle.

On utilise alors le mode de jumelage préconisé par M. Barbarat (Fig. 190 et 191) et qui consiste à réunir les deux poteaux par deux fers cornière pesant 3 kg le mètre courant et réunis en forme d'une croix de Saint-André.

Ce système est indéformable et permet d'utiliser les deux côtés du poteau pour le montage des isolateurs.

L'accouplement se fait à terre avant la plantation, et Teffort exercé par la ligne tendra à arracher l'un des poteaux et à enfoncer le second.

Frais de pose di*un poteau, — L'ouverture de la fosse et les frais de pose dû poteau reviennent environ à :

2,50 fr en terrain ordinaire ; 3,60 fr en terrain rocailleux ; S fr dans le roc.

A cette première dépense il faut ajouter :

0,20 fr pour peinture de la tête ; 0,10 fr par isolateur pour fixation.

Fig. 190. — Jumelage de deux poteaux.

Fig. 191. — Jumelage de deux poteaux.

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