PAR L'ELECTRICITE
Le secteur est limité au Nord par les fortifications, ù TEst par le quai Jemmapes et la rue d'Allemagne, à l*Ouest par les boulevards Ornano, Barbes, Magenta, la rue du faubourg Saint-Denis; au Sud par différenles rues qui le laissent s'avancer dans celui de la Compagnie Parisienyie de VAir Comprimé jusqu'à Tinterseclion des rues Turbigo et Etienne Marcel.
Dès le début, une usine établie 70, rue de Bondy, se chargea de l'éclairage des théâtres de la Renaissance, de la Porte Saint-Martin, de l'Ambigu Comique, et, pour le service du secteur proprement dit, l'on construisit à Saint-Ouen une usine qui devait produire toute l'énergie nécessaire, mais à haute tension ; des sous-stalions devaient ramener la tension du courant à sa valeur normale et débiter sur les circuits d'éclairage.
L KCLAIRAGE KLECTRIQUE
9fêtk r
Comme on le verra plus loin, la seconde partie de ce programme n'a été réalisée qu'en partie.
En raison des zones cTabonnés^ le secteur est alimenté par 6 usines et sous-stations :
L'usine à haute tension de Saint-Ouen qui dessert par
rintermédiaire des Siaiicn. sous-stations éta-
blies 11, boulevard Barbes, et 183, faubourg Saint- Denis.
L'usine sise 'lO, rue de Bondy, celle ■ située 13, rue des Filles-Dieu, et enfin celle du 1, quai de ; la Loire : ces dernières marchent exclusivement à la vapeur.
Ces usines distribuent par courant continu et d'après le système à deux fils par feeders à
Fig. 60. — Schéma du mode de distribution j jq yg^g sur le secteur de la So ciélé d'Éclairage e ' i i j i
, „ ,«. L ensemble du ré-
de Force.
seau du secteur forme un tout continu que les diverses usines alimentent simultanément, s'entr'aidant ainsi mutuellement.
Dès le début, la Société a fait usage d'accumulateurs en tant que régulateurs et réservoirs d'énergie. Le mode d'emploi de ces appareils est le même dans toutes les
SECTEUR d'éclairage ET DE FORCE 123
stations ; aussi le décrirons-nous d*abord et une fois pour toutes.
La batterie est montée en dérivation entre les barres du tableau de distribution des dynamos ; ces barres sont au nombre de 13, dont 12 positives Pi à P,^ et une négative N.
Il y a 67 accumulateurs entre la barre P. 12 -f- et la barre —
Quand les accumulateurs sont seuls en circuit, les dynamos étant arrêtées, les 1'^ ^irres -h sont chacune à une tension différente, ce qui permet de distribuer sur les différents feeders à la tension qui correspond aux besoins de la consommation, ainsi qu'on le verra plus loin {Planche Xlil).
Supposons que la station comprenne 2 dynamos shunt Ma.Mp, et un groupe de batteries représentant 67 éléments en tension.
Négligeant Tappareillage habituel du circuit d'excitation, on trouvera sur le circuit principal de chaque dynamo un interrupteur et un coupe-circuit bipolaires 1, C« — Ip — Cp.
Le câble -h de chaque dynamo est relié à une barre qu'un curseur peut mettre en communication avec Tune quelconque des 12 barres positives Pj — P^^.
Dans la Planche XIII, les barres de jonction sont X«X« et XpXp et les curseurs p p^.
Les câbles négatifs traversent chacun un con joncteur disjoncteur Dal)3 et un ampèremètre A«Ap ; ils aboutissent ^ Tunique barre négative NN.
La barre NN est divisée en 2 tronçons par Tinterrup-» leur I ; elle porte deux ampèremètres A. A,,
Le pôle — de la batterie d'accumulateurs est relié à la barre NN et le pôle -i- à la barre P,^.
Le 66® élément à la barre P,,, le 65 à la barre P,o et ainsi de suite.
Ces liaisons sont indiquées sur la gauche de la fîgure.
Les barres positives portent transversalement des barres yy — y,y, en nombre égal à celui des feeders à desservir et munies ehacune d'un curseur m. m, pouvant prendre contact avec l'une des barres positives. Chacune des barres y est reliée à Fun des câbles du groupe correspondant de feeders.
Dans le cas de la Planche XIII, il y a 2 groupes fj^ de feeders ; dans chaque groupe, l'un des câbles est lelié à la barre négative du tableau et l'autre à la barre du curseur correspondant.
Chaque groupe de feeders est muni de son appareillage ordinaire: coupe-circuit, interrupteur ampèremètre, lampe témoin.
Un voltmètre indicateur de tension VI alimenté par les fils pilotes, un indicateur de terre SL et un voltmètre pour les dynamos complètent le tableau.
Si l'on veut alimenter les feeders directement par les dynamos, on place les curseurs m. m^. p. p^ sur P, ; on ouvre i et Ton ferme I^.
Si, au contraire, les accumulateurs doivent marcher seuls, on ouvre I, et l'on ferme i. On place ensuite le curseur m. sur la barre qui donne la tension voulue à l'extrémité des feeders 1, et l'on lait de même pour m^ et les feeders 2.
Si la tension vient à baisser sur les feeders 1, par suite
SECTEUR d'Éclairage et de forge 12o
d*uae variation de la consommation, on fait glisser m sur la barre aw dessus de celle qu'il c^ccupait. On ferait la manœuvre inverse si la tension était devenue trop élevée.
Plus la consommation augmente, plus, par consé quent, on doit relever les curseurs, et quand ceux-ci sont sur la barre P, il devient nécessaire de mettre en route une, puis deux dynamos.
Deux cas se présentent :
Quand la machine débite plus que les feoders, il se fait sur la barre Pj un partage du courant entre les feeders et les accumulateurs qui se rechargent ; si Ton doit abaisser les curseurs des feeders, il faut agir de môme sur ceux des dynamos afin que le courant puisse arriver aux feeders sans passer par les accumulateurs.
Quand au contraire la dynamo débite moins que les feeders, le courant des accumulateurs vient renforcer son débit.
Si la tension vient à baisser, il faut mettre une seconde machine en route.
Usine de Saint-Ouen. — Elle a pour objet Talimentation des sous-stations du boulevard Barbes et du faubourg Saint-Denis, comme nous l'avons dit, par courant continu à 2 400 volts. En outre, elle éclaire par transformateurs à courant continu Asnières et Saint-Denis, et par un réseau à deux fils, à courant continu, des établissements voisins.
Elle possède donc deux séries de dynamos, les unes à haute et les autres à basse tension.
On V trouve :
8 chaudières Roser donnant chacune 2 000 kg de vapeur à l'heure à 12 atmosphères. Un détendeur ramène la pression à 6 kg.
12(> LECLAIRAGK KLECTRIQUE
8 machines horizontales de 150 chevaux à 70 toui*s admettant la vapeur à fi kg.
8 Gondensears montés en tandem.
Les dynamos à haute tension sont du système Marcel Deprez à double anneau ; elles sont au nombre de 8«
Elles donnent à tiOO tours, 28 ampères et 2 500 volts.
4 dynamos de 250 ampères 120 volts assurent le ser* vice à basse tension.
Une batterie d'accumulateurs-régulateurs est adjointe à ces dernières.
Les dynamos forment 4 groupes comprenant chacun 2 dynamos à haute tension et 1 dynamo à basse tension.
Chaque groupe est commandé par 2 machines à vap( ur qui actionnent un arbre de transmission spécial.
Cette disposition permet d'employer les dynamos à basse tension à Texcitation des machines à haute tension.
Le tableau de distribution est formé de 4 parties semblables, une pour chaque machine Deprez ; nous en examinerons une.
Elle porte 4 barres collectrices, deux xx. yy, pour le courant à haute tension et les deux autres x^Xiy^y^ pour le courant d*excitation fourni par les dynamos à basse tension.
Le circuit inducteur porte, comme d'habitude, un interrupteur I, un rhéostat R, un ampèremètre A. Cet interrupteur est relié par une bielle à celui Ii du circuit à haute tension, de telle sorte que Ton ne peut en manœuvrer un sans agir sur le second.
Le circuit à haute tension issu des balais de la dynamo al)outit aux barres xx yy. Sur Tun des câbles on trouve un coupe-circuit C et un ampèremètre A, ; sur le second \n\ rhéostat à liquide Ri.
SECTEUR D KCLAIRAOE ET DK FORGK
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Le coupe-circuit C comprend un plomb fusible et un voltamètre monté en dérivation sur les bornes du fil de plomb : de la sorte, si le plomb vient à fondre, le courant continue à passer, mais faiblement, par le voltamètre. On évite ainsi des coups de seli-induction et des accidents.
Le rhéostat R^ est formé d'un bac en bois doublé de gutta et rempli d'un électrolyte. Il contient deux électrodes, Tune fixe et
l'autre mobile ; celte dernière peut être à volonté éloignée ou approchée de la première et Ton peut, en la manœuvrant, réduire ou augmenter Tintensité du courant.
Le tableau des dynamos à basse tension ne présente aucune particularité.
Usine de la rue de Bondij. — Elle contient 4 machines à vapeur commandant chacune une dynamo ^^9* ^^* ~~ Usine de Saiofc-Ouen. Tableau de j i^A « distribulion à haute tension.
de loO ampères
165 volts : la vapeur est fournie par 4 chaudières. Une
'Ti
batterie d'accumulateurs de 11000 ampères-heure complète rinstadatioQ.
La Société procède on ce moment à sa transformation par les soins des maisons Farcot et Breguet.
Cette usine va posséder deux groupes de 600 chevaux chacun, renforcés d'un groupe de secours de 300 chevaux conduit par une turbine de Laval. Ainsi donc, dans le même espace, 1500 chevauxvont tenir là où, il y a six ans à peine, on n'en pouvait loger que 700.
Chaque groupe de 600 chevaux est constitué par une machine Farcot, tournant à 70 tours par minute, et portant sur l'extrémité même de son arbre, sans l'intermédiaire d'aucun accouplement, l'induit d'une gigantesque machine Desroziers de 4 mètres de diamètre. Cette disposition très originale, et que la Société a déjà expérimentée avec succès dans son usine des Abattoirs sur des groupes de 130 chevaux, a l'avantage de supprimer tout palier à la dynamo. La légèreté des induits Desroziers rend le problème assez facile à résoudre.
La flasque arrière de la dynamo se loge entre le volant de la machine et Tinduit; la flasque avant entre celui-ci et le collecteur, de sorte que le collecteur se présente tout à fait dégagé, tournant librement dans l'espace. Le porte-balais est fixé à un support venu de fonte avec la flasque.
L'ensemble de la dynamo pèse 36 tonnes. C'est la plus puissante machine électrique construite jusqu'ici en France. A sa vitesse de régime (car à 70 tours, elle n'a qu'une vitesse circonférencielle de 14 mètres par seconde, c'est-à-dire moitié des vitesses normales des machines Desroziers), elle pourrait développer une puissance de 800 kilowatts, soit 6 000 ampères sous 132
SECTEUR d'Éclairage et de force 129
volts. L'ensemble du groupe est tout entier monté sur des fondations élastiques Anthoni.
La transformation de l'usine de la rue de Bondy devant se faire sans interrompre son fonctionnement, la Société d'Eclairage et de Force va donc procéder progressivement. Elle n'installera cette année qu'un groupe de 600 chevaux et un groupe de secours, en supprimant deux anciennes machines de 150 chevaux. Elle complétera la transformation Tannée prochaine.
Pour que le service de la station centrale ne souiTrit aucune interruption durant ces travaux, elle a disposé, à côté, une petite usine provisoire contenant un groupe de 80 chevaux qu'elle possédait déjà et deux turbines dynamo de Laval de 100 chevaux chacune.
La turbine Laval de 300 chevaux a un disque de 70 centimètres de diamètre tournant à la vitesse de 9 000 tours par minute, ce qui correspond à une vitesse périphérique de 373 mètres par seconde ; mais par le rapport des engrenages, cette vitesse est réduite à 720 tours par minute pour la dynamo. Celle-ci est à deux induits débitant chacun 100 kilowatts. La consommation de vapeur garantie par la maison Breguet par kilowatt^ heure doit être, avec de la vapeur à 10 kg de pression par centimètres carrés, inférieure à 12 kg.
Usine du faubourg SainUDenis, — Elle est alimentée partie par l'usine de Saint-Ouen et partie par des moiteurs à vapeur.
3 réceptrices Marcel Deprez à double anneau commandent chacune 2 dynamos Edison de 250 ampères 125 volts.
3 dynamos Desroziers de 730 ampères 163 volts sont conduites chacune par un moteur h vapeur tournant à
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SECTEUR d'éclairage ET DE FORGE 131
160 tours. Ces moteurs, de 150 chevaux, à triple expansion et condensation sont alimenlés par 2 chaudières donnant chacune i 500 kg de vapeur h l'heure, à 15 atmosphères qu'un détendeur ramène à 10 atmosphères. Un condenseur actionné par une pompe à vapeur termine cette installation représentée Fig. 62.
Une batterie d'accumulateurs de 9 100 ampères-heure de capacité fonctionne avec les machines à basse ten* sion, comme nous Tavons indiqué, par un tableau à 13 barres.
2 tableaux distincts, Fun pour les courants à basse tension et l'autre pour ceux à haute tension sont installés sur l'une des faces de l'usine.
Le tableau à haute tension est subdivisé en trois parties identiques entre elles, affectées chacune aune réceptrice. Ces sous-tableaux sont semblables au modèle du tableau de haute tension de l'usine de Saint-Ouen.
Les inducteurs des réceptrices sont excités par le courant à basse tension.
Usine du quai de la Loire, — La force motrice est fournie par deux machines verticales de 150 chevaux qu'alimentent deux chaudières donnant chacune 1500 kg de vapeur à l'heure.
2 dynamos de 750 ampères, 165 volts et une batterie d'accumulateurs de 6 000 ampères-heure de capacité produisent l'énergie électrique.
Usine du Boulevard Barbes. — Cette usine ne contient comme agents de force motrice que des réceptric es électriques; aussi a-t-elle pu être logée dans un sous-sul.
Elle cpalient 4 réoeplrices Marcel Depruz de 70 kilowatts et 8 dynamos k courant continu de 250 ampères, 165 volts.
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Le tableau est analogue à celui de Tusine du faubourg Saint-Denis.
Usine de la me des Filles-Dieu, — Elle contient : 4 machines à vapeur à triple expansion et condensation actionnant chacune unedynamo de 750 ampères, 165 volts à 160 tours.
La vapeur est fournie par 4 chaudières donnant chacune 1500 kg de vapeur à l'heure à la pression de 15 atmosphères.
La batterie d'accumulateurs a une capacité de 10 670 ampères-heure.
Canalisation à haute tension. — Le circuit à haute tension qui relie l'usine de Saint-Ouen à celles du boulevard Barbes et du faubourg Saint-Denis est aérien hors Paris et souterrain ensuite. Les câbles, très fortement isolés, sont supportés par les poteaux télégraphiques qui suivent les voies de la Conrtpagnie du Nord, puis, dans Paris, sont logés dans des caniveaux où ils reposent sur des isolateurs.
Canalisation à basse tension. — Le mode de distribution est celui à deux fils avec feeders. Les câbles distributeurs forment un réseau dont les mailles sont reliées entre elles, de telle sorte que les différentes usines peuvent s'entr'aider mutuellement et que même on peut en arrêter une complètement sans nuire au service de l'éclairage.
Le nombre des feeders, leurs sections et leurs points d'attache sont déterminés de telle sorte qu'entre un feeder et le suivant la variation de tension sur le câble distributeur soit inférieure à 1,5 volt.
Les feeders et les câbles sont nus et ils reposent sur des isolateurs en porcelaine fixés dans des caniveaux en béton de ciment moulé dans la fouille.
SECTEUR d'Éclairage et de force 133
Celte disposition permet au caniveau de prendre facilement les courbures imposées parles obstacles que l'on rencootre si souvent sous les trottoirs des graades villes. Des dalles en béton de ciment moulé recouvrent les caniveaux .
Les feeders sont munis chacun d'un fil de retour qui repose sur une cloche fixée à l'étrier de l'isolateur principal. Cette disposition est indiquée surlaFig. 63.
Un caniveau peut conlenir simultanément des feeders et des câbles de distribution.
Il est arrivé, dans certaines rues, que le caniveau devait renfermer un grand nombre de câbles tout en ne présentant qu'une largeur très réduite.
Pour concilier ces deu:t conditions, on a substitué aux câbles ù
Fig. C4. — Caniveau avec c&bles en bande (coupe
torons des bandes de cuivre reliées entre elles comme nous l'avons indiqué Tome I, et aux isolateurs ù cloche, des supports en porcelaine dont la tête porte une ouverture rectangulaire et profonde (Fifï- (il).
j:ctrique
us le long des parois du
Sur ce secteur, les poses sous chaussée forment galeries maçonnées de orme générale des égouts, is de dimensions propormellesau nombre de càlàconduire. Ceux-ci sont portés par d''s isolateurs mrceiiiine sci'Ilés dans les BIS de la galerie (Fig. 63).
taccord des feeders au ■au. — La jonction d'un 1er au réseau est faite par coupe-circuit & plomb fue {Fig. 66).
àble a et feeder b sont pris
cun dans une borne et les
X bornes sont réunies par
ame de plomb fusible ce',
e à une plaque en porce-
Liine supportée par
une tige métallique