‹ L'éclairage électrique. Traité pratique de montage & de conduite des installations d'éclairage électriqueChapitre 43 sur 132 · FORGE MOTRICE ET ELECTRICITE · texte numérisé non relu

FORGE MOTRICE ET ELECTRICITE

Le secteur de la C'® Parisienne de Tair comprimé est limité à Test par les fortifications, au sud par la Seine, à Touest par la place de la Concorde et la rue Royale, au nord par la ligne des grands boulevards jusqu'à la place de la République, puis par les rues du faubourg du Temple et de Belleville.

Au début, on avait créé plusieurs stations électriques, à moteurs à air comprimé, alimentées par les usines de la rue Saint-Fargeau et du quai de la Gare.

La double transformation du travail de Tair et la perle de charge dans les conduites ont donné des résultats fort mauvais ; le projet primitif fut remanié et Ton créa deux usines, Tune rue Saint-Fargeau, la seconde boulevard Richard Lenoir qui produisaient du courant continu à 2 400 volts pour le service de sous-stations d'accumulateurs. Les batteries de toutes les sous-stations étaient montées en série sur le circuit de charge à 2 400 volts et déchargées, chacune pour leur compte, dans le périmètre de la sous station (Fig. 103).

Chaque sous-station contenait deux batteries Tune sur le circuit de charge et l'autre sur celui des lampes ; elles alternaient entre elles.

Cette combinaison donna encore des résultats désastreux, le rendement de Tensemble ne dépassant pas 25 pour cent, dit-on.

SECTEUR DE L\ COMPAGXJE PARtSIENNE 218

Nous n'iu»isleroRS pas sur la série de transformations subie par ce secteur, aucune d'elles n'ayant donné les résultais que l'on en attendait.

Xous arriverons de suite au projet actuel de reconstitution qui s'eHectue sous les auspices de la Société du Secteur de la Place CUchy.

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Fig. 103. — Schéma de l'ai

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En principe, les usines de k rue Saint-Fargoau et du boulevard Richard Lenoir seront outillées pour produire du courant continu à 3 OOOvolls qui alimentera des rt'cep. trices placées on quatre poinis du secteur.

Chaque réceptrice commandera 4 génératrices h courant continu de 110 volts chacune, et l'on distribuera à 5 fils, A 110 volls sur chaque pont (Pig. lOi).

11 n'y aura plus comme sur le secteur de la Place

Clichy, 2 feeders à 440 volts et 4 régulatrices, mais 4 dynamos en série sur 5 ieeders.

Trois des centres de transformateurs sont déjà déterminés.

Les anciens accumulateurs ne seront pas absolument rejetés, mais ils ne seront utilisés que le moins possible.

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Fig. 104. — Schéma du mode actuel de distribution.

Chaque groupe mécanique représente 4 dynamos et la batterie régulatrice.

Une erreur du dessinateur a substitué à la distribution k 5 câbles parallèles celle à 2 fils, en boucle.

Jusqu^à nouvel ordre, on conservera trois des anciennes sous-stations d'accumulateurs, rue des Jeûneurs, cité du Retiro et à la Bourse du Commerce.

Nous allons décrire sommairement ce que vont devenir les usines de la rue Saint-Fargeau, du boulevard Richard Lenoir et la sous-station de transformateurs qui fonctionne rue Saint-Roch.

SECrEUR DE LA COMPAGNIE PARISIENNE 215

Usine du boulevard Richard Lenoir.

Deux corps de bàliments parallèles forment trois salles, l'une pour les machines à vapeur et les dynamos, la seconde en contrebas pour les chaudières et la troisième pour les condenseurs : Timmeuble est en fer et briques.

L'eau du canal Saint-Martin alimente les chaudières après avoir été épurée : elle passe dans des réchauffeurs entretenus par les gaz chauds qui sortent des foyers des chaudières.

De là, les gaz arrivent à la cheminée placée dans la salle des chaudières.

4 chaudières Babcock et Willcox et 2 chaudières Collet produisent chacune, les premières, 3 000 kilogrammes de vapeur à 12 atmosphères, et les secondes 2 500 kilogrammes de vapeur à 10 atmosphères.

4 machines à vapeur pilon, à triple expansion, de 300 chevaux à 135 tours commandent chacune 2 dynamos Desroziers.

1 machine à vapeur horizontale de 500 chevaux à 70 tours entraîne deux dynamos Desroziers.

1 machine horizontale de 120 chevaux commande les dix dynamos excitatrices.

Les 10 dynamos Desroziers sont à intensité constante, 250 ampères, 400 volls à 135 tours, et sont couplées de façon à produire les 3000 volts nécessaires.

Elles sont excitées par 10 dynamos de 100 volts,. 100 ampères à 800 tours.

Le tableau est divisé en trois parties distinctes : Tune, pour le départ de la ligne à haute tension, la seconde

pour le réglage des dynamos Desroziers et la troisième pour celui des excitatrices.

La première et la seconde partie ne présentent aucune particularité et nous n'insisterons que sur la seconde qui comprend 10 tableaux identiques pour la régulation des dynamos à haute tension ; nous décrirons un de ces soustableaux représenté (Fig. 105).

Le circuit d'excitation EE traverse un coupe circuit C un rhéostat, un ampèremètre A et les inducteurs I de la dynamo D à haute tension dont le circuit est figuré en a.b.c.d.

Le rhéostat porte un commutateur à manette qui sert à fermer et à régler le courant d'excitation, puis à mettre la ligne en court circuit si Ton place la manette en 0.

Deux interrupteurs à cheville C^ C^ permettent d'introduire la dynamo sur le circuit à haute tension ou de l'en retirer.

Si, la dynamo étant en marche, la tension vient à varier, on agit sur le rhéostat dans un sens ou dans l'autre, suivant le sens de la variation.

Pour mettre une machine en circuit, on ferme le circuit d'excitation et quand la dynamo a pris sa vitesse de régime on insère les chevilles C^ Cj.

S'il faut au contraire retirer une dynamo, par le jeu du rhéostat, on amène à son minimum le courant d'excitation, on place la manette en 0 et l'on retire

Les conducteurs ab, cd^ de chaque sous-tableau se rendent ensuite à un tableau central de distribution qui, en dehors des appareils ordinaires de mesures et de sécurité, porte, pour chaque dynamo, une balance ampè-

remétrique qui fait retentir une sonnerie dès que l'intensité tombe au dessous de 230 ampère» et un brise-

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Jlyaum àH^im fmum Fig. 105. — Schéma du tableau de dietributiun b liaule tension.

courant automatique qui fonctionne quand l'intensité arrive à 30 ampères.

Usine de la rue Saint Fargeau.

Créée pour comprimer Tair, au début, celle usine a été transformée en 1892 pour fonctionner parallèlement à l'usine du boulevard Richard Lenoir.

Elle comprend :

10 chaudières donnant 3000 kilogrammes de vapeur à 8 atmosphères ;

5 chaudières donnant 2 500 kilogrammes de vapeur ù 8 atmosphères.

Ces chaudières peuvent développer une puissance supérieure à celle dont il est besoin, mais elles existaient déjà lors de la transformation et elles ont été conservées.

Elle comprend, en outre : 5 machines à vapeur horizontales de 500 chevaux à 42 tours :

T/une commande 2 dynamos de la Société Alsacienne;

La seconde commande 1 dynamo de la Société Alsacienne et 1 dynamo Edison ;

Les trois autres commandent 3 dynamos de la Société Thury.

2 machines Willans de 30 chevaux à 550 tours entraînent les deux excitatrices.

Les dvnamos sont au nombre de 7 :

3 dynamos de la Société Alsacienne de 250 ampères, 500 volts à 180 tours ; l'induit est extérieur, mais le collecteur forme une pièce à part placée sur le côté et non plus sur la surface extérieure de Tanneau ;

1 dynamo Edison à 8 pôles de 250 ampères, 400 volts à 100 tours ;

3 dynamos Thury de 250 ampères, 1 000 volts à la vitesse de 220 tours.

Ces machines sont à excitation séparée ; le courant d'excitation est fourni par 2 dynamos Thury de 220 volts, 40 ampères à o30 tours.

Le mode de distribution est le même qu'à Tusine du boulevard Richard Lenoir, et les tableaux sont établis sur le même modèle.

Station de transformateurs de la rue Saint-Rooh.

Etablie au rez-de chaussée, elle mesure 13 mètres de large sur 22 mètres de profondeur.

Elle renferme 16 réceptrices, 16 génératrices et deux groupes chacun de o44 accumulateurs de 2 000 ampèresheure de capacité.

Le tableau occupe un panneau de 12 mètres de largeur. Au centre, sont les départs des leeders à 5 câbles ; à droite les appareils de réglage et de manœuvre des transformateurs et, à gauche ceux spéciaux aux accumulateurs.

Des 16 réceptrices :

4 de 40 kilowatts conduisent chacune une génératrice des 300 ampères, US volts ;

12 de 80 kilowatts desservent chacune une génératrice de 600 ampères, 1 15 volts.

Pour satisfaire aux conditions d'une distribution à 5 fils, réceptrices et génératrices sont manœUvrées par série de 4, et leur ensemble est divisé en 4 groupes comprenant chacun :

4 génératrices G de 300 ampères ou 4 génératrices G de 600 ampères montées comme Tindique la Figure 106.

Les machines G sont couplées en série, et il en est de même des machines G,. Les génératrices G jouent simultanément le rôle de productrices et de régulatrices du courant.

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Fig. 106. — Plan de la station Saint-Roch.

Tableau des traiis formateurs. — Le tableau porte 6 barres : 5 en haut pour le groupement des génératrices et leur mise en circuit, et une en bas qui fait partie de la ligne à 3 000 volts de l'usine du boulevard Richard Lenoir, par exemple {Planche XIV).

Les réceptrices sont excitées en série sur la barre h, 3 000 volts, et Ton règle le champ par la manœuvre d'un rhéostat r en dérivation sur les inducteurs.

Les chevilles G Ci permettent d'ouvrir et de fermer le circuit d'excitation.

Si Ton enlève la cheville G^ le courant de haute tension traverse les réceptrices qui se mettent à tourner et entraînent les génératrices G^. Quand la différence de potentiel entre les bornes extrêmes du groupe est égal à

4 10 volts, on ferme le circuit des généi-atrices qui débitent dès lors sur les barres extrêmes de distribution. Enlevant ensuite la cheville C, on met en mouvement

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Fig. 107. — Groupement des transformateurs.

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Fig. 108. — Groupement des accumulateurs.

les réceptrices et les génératrices G ; mais ces dernières sont chacune montées sur un pont et on les met successivement en circuit, au fur et à mesure que leur tension devient égale à celle du pont correspondant.

Un rhéostat r permet de régler la différence de potentiel sur le groupe G, ; sur le second groupe G il y a un rhéostat par génératrice.

Le tableau comporte bien entendu des coupe-circuits c, ampèremètres, voltmètres et interrupteurs i.

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Pour arrêter on fait les manœuvres inverses. Tableau des accumulateurs. — Chaque batterie est répartie comme suit : 260 éléments sur les fils extrêmes, 67 sur les deux ponts du milieu et 75 sur les deux autres ponts.

Les batteries alternent entre elles, de telle sorte que l'une est en charge quand l'autre est en décharge.

Le courant de charge est celui de la ligne à 3 000 volts. Les 2 batteries sont montées sur le lableau comme l'indique la Fig. 108 ; chaque groupe d'accumulateurs et muni d'un réducteur R.

Pour charger Tune des batteries, on amène les réducteurs à bout de course de façon à n'avoir en circuit que quelques éléments seulement et Ton ferme les interrupteurs i\ i\ après avoir ouvert les interrupteurs Fj F, du groupe de 260 éléments [Planche XIV).

A l'aide des réducteurs on met successivement en circuit tous les éléments du groupe, puis on enlève la cheville C .

Ou opère ensuite les mêmes manœuvres pour les quatre autres groupes d'accumulateurs, après quoi Ton enlève la cheville C'^.

— La mise en circuit de la batterie sur les barres de distribution, s'obtient en fermant les interrupteurs I, I^ I, I^ l'j etc. en n'insérant, à l'aide des réducteurs, que le nombre d'éléments nécessaires à l'obtention sur chaque pont de la tension voulue de 110 volts. Quand une batterie marche sur le circuit d'éclairage, elle est isolée de la ligne de charge.

Los réducteurs ne sont pas montés sur le tableau dedistribulion proprement dit en raison du grand nombre de cables qui les réunit aux batteries ; ils sont placés à côté

de chaque groupe, et mis en mouvement à distance h l'aide de moteurs électriques.

Tableau des feeders. — Les cinq câbles dp chaque groupe de feeders sont montés chacun sur une des barres supérieures du tableau.

Pour plus de clarté^ nous avons supprimé sur la Planche XIV len appareils de sécurité et de contrôle ; on trouve sur le tableau des transformateurs pour chaque circuit de machine, ampèremètre, voltmètre, coupecircuit fusible et, sur celui des accumulateurs, en outre des appareils précédents, des conjoncteurs disjoncteurs.

Les feeders portent chacun un ampèremètre, un coupe circuit fusible, un interrupteur. Ta voltmètre indicateur de tension est monté sur chaque groupe de 2 feeders.

Canalisation à haute tension, — La ligne parcourue par le courant de 230 ampères <ï 3 000 volts pour l'alimentation des stations de transformateurs est faite de câbles Siemens armés, posés à mrme dans le sol.

L'isolant est fait de plusieurs couches de caoutchouc vulcanisé avec, ruban caoutchouté ; par dessus, se trouvent une gaine de plomb, une chemise de jute et une enveloppe extérieure en jute.

Canalisation à basse tension. — On trouve sur ce secteur deux systèmes de canalisation : Tun de câbles mis dans des caniveaux en fonte et l'autre de cables isolés enfouis dans le sol.

Canalisation par câbles mis» — Le caniveau est formé d'une boite de fonte rectangulaire munie d'un couvercle ; Les bouts sont assemblés entre eux par des joints de caoutchouc (Fig. 109).

Une planche en bois paraffiné garnit le fonds du caniveau, et supporte une série de cales en bois verticales

LECLAIRAGJi: KLECTIIIQUE

AB, dislHiiti;s de 2 iiièircs les unes des autres. Chiique plumhelte porte à su partie supént;ure dt^ux échancrured demi- circulaires et dans chaque échancrure repose un

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demi cylindre en porcelaine i évîdé suivant l'axe. Le cdl)le XX repose sur cet isolateur, dans te canal creusé suivant son axe (Fig. 110).

Chaque cale AB est recouverte d'une autre cale semblable EFGH munie aussi de deux demicylindres évidés en por-

Le cilble est a'nsi Fig. tio. — holateui-. soutenu, tous les deux

mètres, par un isolateur tubulaire en porcelaine.

Canalisation par câbles isolés. — Les câbles fortement isolés et armés sont enfouis dans le sol. Nous avons décrit ce système précédemment.

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