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fournissant 123 chevaux à 83 tours et d'une dynamo double pouvant donner 80 kilowatts à 420 tours, type Sautler, Harlé et C*®. Chaque induit pouvant débiter 160 ampères sous 230 à 270 volts.
» Condensation. — Ne disposant que de Teau de la ville, au prix de 0 fr. 10 le mètre cube, la Compagnie avait admis que les machines à vapeur fonctionneraient A échappement libre. Mais, en employant un réfrigérant Chaligny, on a pu adopter la condensation et bénéficier, de ce chef, d'une importante économie de combustible.
» La consommation d*eau se réduit à celle entraînée par l'air à l'état de vapeur ; elle est d'environ 8 kilogrammes par cheval et par heure, quantité bien inférieure à celle que les machines consomment lorsqu'elles fonctionnent à échappement libre.
» L'air refoulé par le ventilateur et entraînant l'eau vaporisée sort par une cheminée surmontant la caisse du réfrigérant.
)> Tableaux de Vusine. — Chaque dynamo double comporte deux induits, affectés respectivement à chacun des ponts du trois-fils. Les induits desservant un môme pont et appartenant à des groupes de machines différents peuvent se grouper en parallèle sur ce même pont.
» Le tableau de l'usine est muni des appareils nécessaires pour effectuer en sûreté ces groupements ; il porte, en outre, les appareils de distribution et de réglage des trois artères principales. Ce tableau est divisé en deux parties qui sont montées sur dos panneaux d'ardoise contigus, mais constituent des groupes bien distincts ; l'un, affecté au réglage et à la mise en circuit des dynamoSy constitue le tableau de connexion des machines ;
L ECLAIRAGE ELEGTÎIIQUE
l'autre, dessei-vant les artères, est le tableau de distribution,
» Ces deux tableaux, comme les tableaux secondaires de distribution des gares, portent trois barres correspondant respectivement aux trois (ils de la distribution. A la partie supérieure des tableaux se trouve la barre de compensation ; à leur partie inférieure se trouvent les barres extrêmes -h et — .
» Tableau de connexion, — Le tableau de connexion des dynamos porte pour chaque induit un ampèremètre indiquant l'intensité du courant et un interrupteur à enclenchement électromagnétique. Cet appareil sert à mettre en circuit Tinduit qui lui correspond. 11 est disposé de manière à rendre impossible cette mise en circuit, si la différence de potentiel aux bornes de Tinduit n'est pas égale à celle qui existe entre les barres du tableau sur lequel il doit être couplé ; d'autre part, si, le couplage une fois tait, le courant de la machine vient à s'abaisser jusqu'à zéro, pour une cause quelconque, un ralentissement par exemple, l'appareil se déclenche automatiquement et isole la machine du tableau.
» On voit donc que l'appareil a la double fonction d'éviter un couplage inopportun des dynamos entre elles et qu'il pare automatiquement aux inconvénients résultant d'une différence de marche venant à se produire entre deux dynamos couplées en parallèle.
» L'appareil se compose essentiellement d'un levier pouvant fermer le circuit par son contact entre deux màclioires. Un système do bobines agissant sur une armature enclenchant le levier par sa partie inférieure empr^che la fermeture du circuit, tant que l'armature est attirée. Cette armature est soumise à Taction de deux t^é-
ries de bobines enroulées en sens inverse ; une des séries est en dérivation aux barres du tableau, l'autre série est en dérivation aux bornes de la dynamo. Pour que l'action de ces bobines s'annule et, par suite, que Tarmature abandonne le levier, il faut que les forces électromotrices aux bornes de la dynamo et aux barres du tableau soient égales.
» L'appareil porte à sa partie supérieure deux bobines traversées par le courant principal de la machine. Ces bobines agissent sur un pendule polarisé par un solénoïde monté en dérivation entre les barres du tableau ; ce pendule peut établir, par son extrémité, un contact faisant passer le courant dans un groupe de bobines agissant sur une armature compiandant le levier principal de l'interrupteur qui est soumis à l'action permanente de forts ressorts tendant à l'écarter de manière à couper le circuit de la machine. Pendant la marche normale, ces électros ne sont pas excités ; leur armature est libre et retient, par un appendice dont elle est munie, le levier dans sa position de fermeture du circuit. Aussitôt que le courant est envoyé dans les bobines, l'armature est appelée, le levier se trouve dégagé et il est vivement chassé en avant sous Timpulsion des ressorts. Le courant du circuit est alors interrompu. C'est ce qui a lieu sous l'action du contact établi par le pendule polarisé lorsque l'intensité du courant de la machine vient à s'annuler.
» Le tifbleau de connexion. porte, en outre, deux voltmètres restant constamment en circuit, indiquant la différence de potentiel sur chaque pont et un voltmètre apériodique avec commutateur pour mesurer avec le même appareil la différence de potentiel entre les barres
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du tableau et les induits des dynamos. Le tableau porte également deux ampèremètres enregistreurs et un compteur général.
)) Au bas de ce tableau sont placés les rhéostats de réglage des champs magnétiques des dynamos. Ils peuvent être commandés isolément par le moyen de manettes actionnant les vis dentrainement des contacts mobiles ou simultanément par deux transmissions agis« sant respectivement sur les rhéostats de chacun des deux ponts : cela suivant qu'il s'agit de régler une machine isolément ou de faire varier la différence de potentiel aux bornes de toutes les machines à la fois. )) Le fonctionnement de ce tableau est des plus simples. » Pour mettre en circuit une dynamo, on l'amène à sa vitesse de régime, et au moyen du voltmètre apériodique, on vérifie Tégalilé des différences de potentiel à ses bornes et aux barres du Tableau ; lorsque l'égalité est obtenue, la palette qui verrouillait le commutateur à enclenchement électromagnétique tombe d'elle-même ; il suffit alors de fermer le levier et la machine est en circuit. On règle le débit de cette machine en agissant sur sa résistance de réglage du champ.
» Pour mettre une dynamo hors circuit, on opère à l'inverse en ramenant son débit à zéro par l'action des rhéostats de champ.
» Lorsque l'intensité s'annule, l'interrupteur coupe automatiquement le circuit.
» Tableau de distribution, — Le tableau de distribution porte sur le fil -h et sur le fil — de chaque artère un ampèremètre, un interrupteur, ainsi qu'un coupecircuit. Sur chacun de ces fils est intercalé, en outre, un rhéostat d'artère placé au bas du tableau.
» A la partie supérieure se trouvent des indicateurs de tension avec signaux optiques et acoustiques avertis* sant le surveillant de l'usine électrique dès que la diiïérence de potentiel à l'un des tableaux de distribution des gares n'est plus à sa valeur normale, par suite d'extinction ou d'allumage des lampes. Ces appareils sont à double enroulement, ce qui évite l'emploi du fil pilote ; ils comportent un enroulement en dérivation entre les barres du tableau et un enroulement en série sur Tartère qui produit sur l'appareil un eiTet correspondant à la perte de charge dans cette artère.
» Accumulateurs. — Comme nous l'avons vu dans ce qui précède, l'usine électrique renferme une batterie d'accumulateurs ; cette batterie, formée de 122 éléments Tudor d'une capacité de 240 ampères-heure, est desservie par un tableau de distribution spécial. Ce tableau porte, pour la charge et pour la décharge, deux ampèremètres et deux commutateurs réducteurs permettant de régler le nombre des éléments en circuit. Un voltmètre apériodique peut être mis, au moyen d'un commutateur, en relation avec les barres du tableau ou la batterie. EnGn, un commutateur à deux directions met la batterie en communication, soit directement avec les barres du tableau, soit avec le survolteur donnant l'appoint nécessaire pour la charge. Ce survolteur est un transformateur à courant continu dont les deux enroulements sont montés sur la même bobine et dans le même champ magnétique. On règle la force électromotrice additionnelle du circuit de la batterie au moyen d'un rhéostat monté en série sur le circuit primaire.
» Le courant de cette batterie alimente l'éclairage de
ââ6 L^EGLAlRAGE ELECTAlQUË
Tusine, les deux ascenseurs de la gare Denfert et le ponU tournant du dépôt de Montrouge.
» Tableau de distribution de la gare Denfert. — Le tableau de distribution de cette gare porte les commu-' tateurs d^allumage et d'extinction des différents circuits d'arcs et d'incandescence ; il porte, en outre, des coupecircuits de sûreté. Les commutateurs sont disposés de manière que dans l'une des positions qu'ils peuvent occuper, le courant du circuit correspondant traverse un ampèrt' mètre; dans une deuxième position, le courant passe directement sans traverser l'ampèremètre ; la troisième position correspond à l'extinction,
» Sur ce tableau se trouvent des voltmètres toujours en circuit pour indiquer aux agents la différence de potentiel existant entre les barres.
» Ce tableau dessert 40 lampes à arc de 6 et 10 ampères, et 240 lampes à incandescence.
M Tableau de distribution de la gare de Port-RoyaL -^ La gare de Port-Royal possède un tableau tout à fait analogue desservant 24 lampes à arc de 6 ampères et 60 lampes à incandescence.
Eclairage. — L'éclairage de la gare du Luxembourg est obtenu par 32 arcs de 10 ampères et 200 lampes à incandescence.
1» Canalisation, — L'ensemble des canalisations desservant l'éclairage et les appareils de transmission de force est constitué par des câbles et (ils en cuivre nu portés sur des isolateurs à double cloche sur toute l'étendue des souterrains.
» Elles sont abritées par une gaine en bois fermée par des couvercles faciles à démonter pour la visite.
» Au passage des gares, les cables sont fortement iso«-
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iés au caoutchouc : ils sont, en outre, montés sur pou-» lies isolantes en porcelaine.
» On a profité de la surélévation des trottoirs et de leur disposition en saillie pour placer en dessous les ca'* nalisations principales ; elles sont ainsi très bien proté« gées et très aisées à surveiller.
» Une série de coupe-circuits de sûreté protège les diverses parties de la canalisation et permet de la sectionner pour en vérifier Tisolation.
» Exploitation. — Le service exigé des divers appa* relis que nous venons de décrire est très chargé, l'exploitation de la ligne ne comportant qu'une interruption de quatre heures, de 1 heure à 5 heures du matin. Pendant toute cette durée, l'éclairage des parties souterraines du réseau doit être assuré d*une manière cod« tinue.
» Pour répondre à cette condition, les lampes à arc donnent aisément vingt heures d'éclairage sans changement des crayons.
]» En outre, les lampes sont munies d'un commutateur permettant de les mettre en court circuit, de telle sorte que, lors du changement des crayons d'une lampe^ les trois autres, montées en série avec elle, continuent à fonctionner.
» Les manœuvres des ascenseurs sont très répétées ; ils fonctionnent, en moyenne, 12 fois par heure.
» Les plaques tournantes ont également un service très chargé ; l'une d'elles fait 80 manœuvres par jour.
» La demi-rotation de la plaque chargée d'une locomotive de 50 tonnes s'effectue en moins de 30 secondes.
» La rapidité de ces mouvements a une très grande importance à la gare du Luxembourg qui ne comporte
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que deux voies de garage en prolongement des voies principales.
» L'allumage et rextinction des lampes, ainsi que la manœuvre de tous les appareils actionnés électriquement, sont confiés aux agents ordinaires de l'exploitation. La présence continue d'un électricien est seulement nécessaire à l'usine, et encore cet électricien est-il remplacé, pendant les heures de repas, par le mécanicien. La conduite de Tinstallation, comme on le voit, est des plus aisées et le personnel très restreint.
» Cette exploitation 1res simple est aussi fort économique. En tenant compte du rendement de tous les organes de la distribution, on arrive à une production de 596 watts, utilisables sur le réseau , par kilogramme de houille brûlé aux chaudières.