MAGASINS A POUDRES
L'illumination des magasins est faite de Tcxtérieur, au moyen de lanternes renfermant une lampe à incandescence placée au foyer d'un réHeclojr en verre argenté. On obtient ainsi une lumière vive, avec une dépense peu élevée. La lanterne est construite de manière à projeter un large iaisceau lumineux à travers Touverture vitrée du magasin ; elle est fixée aux parements droits du couloir d'accès. Le faisceau est assez large pour éclairer, dans toutes ses parties, le magasin pendant que Ton y travaille. On peut, si la disposition des locaux s'y prête, éclairer de la même manière le magasin par ses deux extrémités.
Pour protéger la canalisation contre les effets de l'humidité, on a renoncé à l'emprisonner, comme on l'avait essayé, dans la maçonnerie elle-même. Les défauts, s'il s'en produit, restent ainsi tout à fait invisibles et il est impossible d'y porter remède.
MM. Sautter-Harlé ont reconnu que la plus grande cause de destruction des objets métalliques provenait de leur contact avec la maçonnerie dont la température est toujours inférieure à celle de l'air ambiant ; de là, une précipitation^ d'eau abondante sur les parties les plus iroides et une usure rapide. La canalisation, formée par un câble étamé, recouvert d'isolant ne renfermant que des substances Bxes sans caoutchouc, est supportée par des poulies en porcelaine et renfermée dans une gouttière en bois goudronné, fixée elle-même, soit à la voûte, soit à l'un des pieds droits. Une toiture en zinc protège la gouttière, dans toute sa longueur, contre les goutelettes d'eau. On peut visiter et surveiller la canalisation à toute époque. Il suffit, pour cela, d'ouvrir la gouttière.
Aucune jonction ni aucune soudure n'est faite dans la
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canalisation^ sur toute sa longueur; les deux câbles, positif et nc^gatif, pénètrent dans chacune des lanternes herniéliques renfermant les lampes à incandescence, et leurs extrémités viennent se fixer sur des bornes placées à Tinlérieur de ces lampes. De chaque lampe ressorlent deux nouveaux brins, positif et négatif, qui se prolongent jusqu'à la lampe suivante. Les orifices de sortie et d'entrée sont clos au moyen d'une substance isolante. Les lanternes hermétiques sont formées d'un globe en verre épais, maintenu par des boulons de serrage et un joint en caoutchouc contre une calotte en bronze.
Avec ce système, aucune introduction d'humidilé dans les lampes n'est possible, et il n'y a plus à craindre de mauvais contact aux jonctions, puisqu'elles sont supprimées. On conserve toutefois les avantages du montage en dérivation des lampes.
Eclairage des tourelles cuirassées.
L'éclairage des coupoles ou tourelles cuirassées est nécessaire pendant les tirs de nuit. Le tir indirect, le seul possible avec les dimensions des embrasures, est aussi efficace de nuit que de jour. C'est pendant la nuit que l'on cherchera fréquemment à empêcher l'ennemi d'amorcer ses travaux de sape et l'établissement de ses batteries.
On peut évaluer que pour l'éclairage d'une tourelle de dimensions ordinaires, 12 ou 15 lampes de 10 bougies seraient suffisantes. Sur ce nombre, 8 à 1) lampes seront placées à l'intérieur de la tourelle, dans la partie mobile, et devront la suivre dans son mouvement de pointage en direction.
Les dispositions adoptées en France consistent à faire
aboutir les deux pôles de la source sur deux bandes de prises de courant fixées à la muraille et entourant la partie mobile; deux frolteurs appuient sur ces bandes et livrent passage au courant qui se rend aux lampes.
Pour résister à rébranlemeut du tir, les lampes sont montées sur douilles à baïonnette.
Appareillage, — L'appareillage employé dans les forteresses sera le plus simple possible. Les lampes seront fixées au plafond ou à la voûte et recouvertes <i'un abatjour simple, en tôle émaillée. Dans les passages très fréquentés seulement, pour mettre les lampes à Tabri des chocs, on pourra les entourer d'un globe en verre ou d'un grillage. On placera les interrupteurs soit par groupes de lampes, soit par lampe séparément, en tenant compte de la destination des divers locaux et de la commodité du service.
Éclairage des Casernes, Magasins et BAtiments
militaires.
L'éclairage électrique des casernes et bâtiments mi-' litaires autres que ceux destinés à la défense des places, ne présente pas de grandes différences avec l'éclairage civil proprement dit. Nous devons toutefois insister sur les conditions que doit remplir une installation de ce genre.
Productio7i du courant, — Lorsque le bâtiment à éclairer se trouvera dans un secteur desservi par une C*® d'éclairage électrique, il sera quelquefois plus simple de s'adresser à cette C^® pour la fourniture de l'énergie électrique qui pourra être livrée soit au compteur, soit pour un prix à forfait.
Toutefois, s'il n'y a pas de distribution générale à laquelle on puisse relier Tinstallation du casernement ou si, pour des raisons particulières, comme la sécurité absolue en tout temps, l'indépendance complète de tout élément étranger, on désire que le courant soit produit à Tintérieur du bâtiment, T installation d'une petite station génératrice s'impose. Cette solution a été adoptée en France et dans d'autres pays ; elle a donné d'excellents résultats.
On emploiera des moteurs à vapeur et l'on distribuera par courant continu.
Bien que la place disponible soit plus large que lorsqu'il s'agit d'un Fort, il y aura presque toujours avantage à supprimer les courroies et à commander directement les dynamos.
On pourra employer des chaudières horizontales dont le rendement est meilleur, mais qui réclament plus d'emplacement.
Quant au moteur, le système pilon, compound se recommande par son faible encombrement ; si Teau est en quantité suffisante, il sera facile d'employer la condensation avec une large détente. Toutefois, il ne faut pas perdre de vue que la condensation exige 250 kilogrammes d'eau par cheval et par heure. En employant dans un moteur compound de la vapeur à 6 kilogrammes et demi, la consommation de vapeur avec échappement au condenseur, au lieu d'échappement à air libre, est de 9 kilogrammes et demi au lieu de 14 kilogrammes par cheval effectif et par heure. Ce chiffre n'est pas négligeable, mais il ne serait pas toujours suffisant pour motiver l'installation d'un condenseur avec les complications qu'il entraîne, d'autant plus que l'économie réalisée est en partie absorbée par le travail de la pompe à air.
Les chiffres précédents sont rapportés au cheval effectif, mesuré au frein, sur le moteur à vapeur.
Comme production moyenne des chaudières, on peut estimer que la vaporisation fournira 6 kilogrammes d'eau par kilogramme de charbon brûléy en supposant l'emploi d'une houille moyenne, donnant 8 000 calories au kilogramme.
Distribution de V énergie électrique, — La distribution variera avec la disposition des locaux à éclairer, leurs dimensions, les conditions du service, l'effectif des hommes ou des chevaux. S'il s'agit de magasins militaires, on tiendra compte de la nature des objets renfermés et des manipulations qu'ils exigent.
Chaque cas particulier demandera une étude pour fixer les conditions les plus économiques des conducteurs et le mode de distribution.
Appareillage et répartition de Véclairage, — L'appareillage sera aussi simple que possible ; on ne fera qu'un usage restreint des foyers à arc. L'éclairage par l'arc des cours des casernes, sauf dans les cas particu-lier, est un superflu. A l'extérieur seulement, dans les passages fréquentés, on pourra répartir quelques lampes à incandescence.
Dans l'intérieur, on placera des lampes à incandescence de 10 ou de 16 bougies suivant les locaux.
Voici les chiffres adoptés en France pour cette réparition ;
Une lampe de 10 bougies par chambre de sous-officier rengagé ou d'adjudant ;
Une lampe de 10 bougies dans les chambres de 12 hommes ou fraction de 12 hommes;
Une lampe de 10 bougies pour 10 à 13 mètres carrés
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de superficie dans les bibliothèques d*offioiers et de sousofficiers, dans les bureaux du Major, du Trésorier, dans les chambres d*otficiers, dans les hôpitaux ;
Une lampe de 10 bougies pour Ifi à 20 mètres carrés de superficie dans les salles de rapport, salles d'honneur, salles d'escrime, infirmerie, cuisines, corps-de-garde, magasins, cantines, lavabos, chambres de sous- officier, latrines, etc. ;
Deux lampes de 16 bougies dans les bureaux de compagnie ou de batterie où l'on doit faire des écritures ;
Tne lampe de 16 bougies dans les bureaux occupés par un officier ;
Une lampe de 10 bougies par 23 à 30 mètres de longueur de corridor dans les passages fréquentés ; une lampe de 10 bougies pour deux ou trois volées d'escalier.
Pour les écuries, l'éclairage durera toute la nuit, mais il sera très réduit ; il suffit de compter une lampe de 10 bougies par 2i chevaux. Cet éclairage sera supérieur à ce que Ton emploie maintenant, les écuries n'étant éclairées que par des petites lampes à huile fumeuses, ou même pas éclairée du tout.
Les lampes à incandej-cence seront suspendues au plafond ou à la voûte des locaux à éclairer et pourvues d'un abat-jour métallique émaillé. A l'extérieur, on emploiera l'abat-jour métallique simple, avec raccord élanche.
Lorsqu'il conviendra de recourir à l'arc voltaYque, il suffira de l'installation d'une potence en fer avec son contre-poids et d'un cable métallique. On fixera la potence sur un poteau en bois.
Lorsque les lampes à incandescence seront placées
dans des passages très fréquentés et que Ton devra craindre pour elles des chocs accidentels, il sera facile de les protéger par une lanterne avec globe en verre ou par un grillage. On cherchera, toutefois, à éviter cette complication.
La première caserne éclairée à l'électricité en France a été la caserne Bonnard à Ëpinal. Cette installation, faite en 1887, a fonctionné depuis cette époque, sans donner lieu à aucune observation. Une chaudière horizontale fournit la vapeur à un moteur pilon entraînant, par courroie, un dynamo compound alimentant 2')0 lampes environ. La machinerie est conduite par un seul homme de troupe, auquel on alloue une indemnité de un franc par jour. Le prix de revient calculé par lampe-heure de 10 bougies et comprenant le charbon, le graissage, le remplacement des lampes, les réparations et Tallocation au soldat mécanicien a été trouvé de 0 fr. 013, c'est-à-dire inférieur à 0 fr. 02.
La caserne Bonnard est un des exemples les plus intéressants de l'éclairage électrique des bâtiments militaires, et c'est, croyons-nous, Tun des plus anciens que l'on puisse citer.
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— PROJECTEURS 8CHUCKERT.