‹ L'éclairage électrique. Traité pratique de montage & de conduite des installations d'éclairage électriqueChapitre 96 sur 132 · EXPERIENCES SUR LES PROJECTEURS · texte numérisé non relu

EXPERIENCES SUR LES PROJECTEURS

vient d'être rendu compte étaient, pour la plupart, des types très anciens datant des débuts mêmes de l'industrie électrique. Leurs qualités no peuvent être mises en doute ; elles ressortent de ce que, aujourd'hui encore, il est pojsible d'en tirer un excellent parti pour des manœuvres. Mais en temps de guerre on aura à demander aux appareils photoélectriques une durée et une sécurité de fonctionnement que le matériel actuel ne comporte pas.

L'expérience acquise dans le maniement de l'outillage photo-électrique trace nettement la voie à suivre pour ohtenir les améliorations désirables, et les progrès de l'industrie électrique permettent d'atteindre sûrement le but à l'heure actuelle.

L'organe, signalé maintes fois comme le plus défectueux des machines en usage, est le moteur Brotherhood qui, par sa consommation exagérée de vapeur, oblige à employer des chaudières lourdes et cependant beaucoup trop poussées. De plus les conditions de fonctionnement de ce moteur exposent à de fréquents incidents.

Enfin les dispositions d'ensemble des appareils, fixées alors que leurs dispositions d'emploi n'étaient pas établies par l'expérience, ne répondent pas aux rôles bien distincts que le matériel photo-électrique doit jouer pour le service des places et pour le service en campagne.

Il n'y a pas lieu d'insister sur les petites imperfections de détail des premiers appareils ; il y a été remédié dans la plupart des cas.

En résumé, ce matériel, dans le bon élat d'entretien où il est maintenu, au Mont-Valérien, convient bien pour l'instruction. A ce point de vue, les incidents auxquels il est sujet donnent lieu k des exercices utiles, mais

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il ne présente pas les qualités aujourd'hui indispensables et parraiteiucnt réulisables pour le nialéric-1 de guerre.

Nous arrivons maintenant à Tutilisation des projecteurs aux manœuvres de Vaujours.

Elles ont permis de llxer nettement les imperfections du matériel et de constater les importants résultats qu'on pourrait obtenir.

Pendant la période de préparation, du 6 au 12 septembre 1893, les pri»jectcurs n'avaient pas d'action au point de vue de la guerre de siège. On n'aurait pu les utiliser que comme auxiliaires pour le service en campagne, dans les conditions que nous avons piécédemmint étudiées. Cette période a été employée à étudier le fonctionnement des appareils et à vérifier leur marche.

Le service photo-électrique de la défense avait à sa disposition :

Un appareil de 2 500 becs avec chaudière Trépardoux et projecteur de 0"*,75 commandé à main, provenant de la place du Alont-Valèrien.

Un appareil de 000 becs avec une chaudière Trépardoux et projecteur de 0"^G0 commandé à main, de la même provenance.

Uu appareil de 2 500 becs, constitué par une locomobilc, munie d'une chaudière Fiaid, venant de la place de Belfort, et par un projecteur de 0*",7o du type de la marine avec lampe automatique et commande électrique à dislancc du po ntage et de Toccullation. Cet appareil avait été mis à la dispo>ilion de l'artillerie pour la durée des manœuvres par la maii^on Sautlcr-Harlé.

Le personnel comprenait trois équipes, formées chacune d'un maréchal des logis, chef d'équipe, d'un chauf-

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feur mécanicien, d^on chauffeur suppléant, d'un électricien et de trois aides.

Le corps d'attaque avait à sa disposition un seul projecteur de O'^ïOO, avec commande à distance.

Le 6 septembre dès l'arrivée du personnel au fort, les deux appareils de 2 500 becs ont élé mis en position :

Le projecteur commandé à distance au Sud de la batterie Sud du fort, près de la roule qui contourne cette batterie.

Le projecteur commande à maîn,à l'observatoire Nord, au-dessus des plàtrières.

Le soir même, le projecteur commandé à distance est mis en marche ; il fonctionne d'une manière très satisfaisante et permet une observation facile de la plane et des villages de Courtry cl du Pin, malgré un tenifis pluvieux défavorable. A partir de ce jour, il a fonclionné normalement toutes les nuits, une demi-heure par heure environ.

Il en a été de même, à partir du 9 septembre, pour le grand appareil commandé à main ; la visibilité des objectifs et la surveillance des abords de la position ont toujours été satisfaisantes.

Le 10 septembre, pour parer à une opération possible du corps d'altaque, la surveillance est plus serrée ; tous les environs sont fouillés par le faisceau lumineux avec le plus grand soin. Le 12 au soir, pour compléter la surveillance, le projecteur de 000 becs ( st placé sur la traverse si'uée au milieu de Touvrage réunissant le fort cenîr.il à la ba'tjrie Su>l. On peut ainsi surveiller de plus près les ab(>rds immédiats.

Le 13, cet appareil Cbt placé dans une position reconnue plus favorable, sur le parapet. Mais comme il se

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erait exposé au Feu de l'ennemi, on l'étalilit délînicnt sur une plutc fornin, en arrière du parapet. La :lion e»l aiuiii ubtcnuc sans nuire à la facililé d'oblion.

14, le projecteur IS'orJ, de O^jTo, commandé à devant surveiller le point dit a la Couronne a, est idu dans la plaine, sur le talus de la pldlrièrc entre ite de Metz et l'observatoire où il était primitiveétabli. Attelé à six heures, il c&t installé et fonci deux heures après, en même temps que les deux i projecteurs.

apcrroit, du tùlé de Villevaudé, le faisceau du ;teur de l'attaque, mais il ne donne pas de lumière )le sur les positions de la défense.

0 heures, on voit nettement des troupes déboucher lisière des bois à l'Est du fort. Les tirailleurs de la ie se r<.'plient dans les tranchées.

) qu'ils sont abrités, te projecteur de 600 becj, insn arrière du parapet, est mis en marche et éclaire lent un détachement cnnemiqui, profitant de l'obs- , s'était formé sur la roule.

. tirailleurs de la défense ouvrent le feu sur cette ne qui, par suite de l'effet d'éblouissement, ne peut ,er et cherche h rentrer dans l'obscurité en suivant ère du bois.

faisceau lumineux suit pas à pas la colonne et la à rentrer dans le bois. Une deuxième tentative de tion en avant du bois est entravée por la lumière du :leur. Les travailleurs de l'attaque fe mettent néani à l'ouvrage pour l'esétulion de la parallèle, mais at visibles du fort comme en plein jour et peuvent isés commodément par les tirailleurs de la défense.

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Us sont obligés d'établir des gabionnnges pour se protéger le mieux possible.

Le 15 septembre, pour éclairer les travaux d*approche de l'attaque, on essaye d'installer une glace plane sur la traverse Sud de la batterie Sud, de manière à réfléchir le faisceau du projecteur commandé à distance. Cette glace, de 1"*,50 de long sur i mètre de haut, ne peut, malgré ses dimensions, réfléchir toute la lumière émise par le projecteur de O'^jTd. La lumière réfléchie est faible et n*a pas même la puissance du petit projecteur de 600 becs.

Les deux autres projecteurs donnent d'excellents résultats. Tous les terrains en avant du fort, depuis « la Couronne » jusqu'au Pin, sont bien éclairés.

Les moindres mouvements des travailleurs de l'attaque sont vihibles et il eti aisé de surveiller l'avancement de la parallèle.

Le lendemain^ on a encore pu constater l'utilité des projections dans une opération de contre-attaque exécutée par la défense.

Le projecteur Sud éclairait le Pin et la plaine environnante.

Le projecteur Nord et celui de 600 becs, du parapet, éclairaient les travaux d'approche. Grâce à Téclairement des tranchées, on a pu constater de suite que celles-ci étaient insuffisamment occupées, et qu'il était possible d'y pénétrer.

On avait eu soin de régler le mouvement des troupes de façon à les laisser dans Tombre, les positions ennemies étant seules éclairées.

La nuit suivante, on a eu l'occasion d'expérimenter l'effet produit par des occultations fréquentes et rapides

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du fai'^ceau. On a pu constater que le travail dans les tranchées élait devenu extrômcmenl péniSile, par suite de la fatigue résultant de continuelles scintillations.

Ces manœuvres, maigre le peu d'occasions qu*on a données aux projecteurs de se faire valoir, ont permis de constater les desiderata du matériel acluel et ont conduit à des conclusions analogues à celles tirée des expériences du Mont-Valéiien, dont nous avons parlé précédemment.

Les locomobiles employées, de fabrication ancienne, datant des débuts de Tindustrie électrique, ne permettent pas d'assurer un service continu. Une marche trop prolongée entraînerait, en effet, une usure et un échauffement dangereux des organes en mouvement. Au bout d'un certain temps de marche, rencrassement des grilles empêcherait de maintenir la pression convenable.

C*est pour cette raison qu'on a du limiter la marche à une durée d'une demi-heure par heure, comme nous l'avons dit plus haut.

Les élincelles qui se produisent aux balais des dynamos d'ancien type dégradent rapidement le collecteur, ce qui exige l'entretien journalier de cet organe et expose à de sérieuses avaries.

Cet inconvénient n'existe pas dans les machines modernes bien établies.

Les conditions défectueuses de fonctionnement du moteur Krolherhood, employé s-urle-^ locomubiles de l'artillerie, entraînent une usure excessive et une dépense considérable de vapeur. Le feu doit être constamment activé, ce qui dégrade les chaudières,

La Consommation des machines a été, pour colles de

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2 300 bec5, do GOO kilogrammes d'eau et 120 kilogrammes de charbon pur heure ; pour celles de 600 becs, elle a élé de 300 kilogrammes d'eau et 60 kilogrammes de charbon.

Le maléricl employé a cependant permis d'obtenir des résultais très satisfaisants au point de vue de la surveillance du terrain. Le projecteur bud permettait de voir les maisons de Villevaudé et de Alontjay, et de suivre, jusqu'à 3 000 mètres, des mouvements de troupes. A Montjay, distant de 3 000 mètres, on pouvait dii^tinguer les maisons, mais il aurait été impossible de voir du personnel. Ces diî^tances correspondent d'ailleurs à celles de vi>ibilité pendant le jour.

Les terrains éclairés par Tapparoil Nord éta'ent mieux vus par suite de la moindre distance des objeclifs. Quant à l'appareil mobile, il en a été fait usage pour diîs distanças de 800 mètres environ; dans ces conditions, les moindres mouvements du personnel sont perceptibles.

En faisant varier la position du foyer par rapport au miroir, on peut régler la divergimce du fiisceau et, par sui'e, la surface éclairée, mais il cbt ésiJent que c'est aux dépens de Tinlenhiié.

Le minimum de divergence et partant le maximum de puissance sont obtenus quand le cratère du charbon positif, qui est, comme on le sait,la vraie source lumineuse, est placé exactement au foyer du miroir.

Dans ce cas, la divergence n'est que de 1°,3 à 2\

Quant au procédé de réilexion du faisceau par une glace plane, on conçoit aisément qu'il entraîne une perte considérable de lumière.

Ce procédé peut cependant être utile dans certains cas^^ par exemple lorsque Ton veut, à Taide d'un projecteur

abrité, surveiller les travaux d'approche de Tenneml, et que la forme du terrain ne permet pas une exploration directe.

— En Allemagne, on a essayé d'utiliser des ballons captifs portant une lampe suspendue. La source d'électricité élait sur le sol et le courant arrivait par un des trois cables de retenue de l'aérostat.

La puissance lumineuse étant de 5 000 carcels, on a pu éclairer une surface de 300 mètres de diamètre d'une hauteur de 600 mètres. L'éclairement moyen du sol, dans ce cas, est de 1/60 de lux; c'esl-à-dire environ le même que celui d'une bougie placée à 8 mètres de distance.

L'emploi combiné de plusieurs huilons permettrait ainsi d'illuminer un espace considérable, où l'on pourrait manœuvrer aussi aisément qu'en plein jour.

Dans ce cas seulement il est possible que la lampe à miroir parabolique présente quelques avantages; en prenant une courte distance focale, on peut obtenir un faiscemtrès dispersé éclairant mi<is faiblement, il est vrai, uuij plus vaste étendue de terra n. Du nsie, n'importe quel miroir sphérique conviendruit également.

Chez presque toutes les autres puissances^ les appareils employés sont, pour la plupart, des projecteurs Mangin.

— Le travail très remarquable du commandant Ricardo Aranaz publié dans le Mémorial de Arlilleria (septembre 1891), renferme le compte rendu d'essais faits avec un appareil dit do 5 000 carcels (100 ampères), grâce auquel on a pu voir nettement à 400 mèlres des mannequins blancs représentant les servants d'une pièce, un soldat à cheval, un autre à pied, etc.

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A 5 000 mèires, on apercevait à la lunette tous les détails (l*une maison;

A 6 000 mètres on voyait le Palais Royal-Cuartel de la Mantora ;

Enfin, à 9 900 mètres, la tour de TËcole d*Aiguière, quoique le faisceau eût à traverser l'atmosphère de Madrid.

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