‹ L'Ecole belge de peinture, 1830-1905Chapitre 30 sur 32 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

L'art à mesure s'est affranchi de ses dernières servitudes. Les anciennes hiérarchies ont disparu : on cesse de se spécialiser dans telles catégories réputées nobles. Il n'y a plus, à proprement dire, qu'un très petit nombre de peintres d'histoire : encore ont-ils perdu la véhémence et l'accent dramatique de leurs devanciers. Le pays, de plus en plus affermi, n'incite plus à l'état d'âme spéciale qui particularise l'apparition d'un Wappers. Déjà, avec Leys, la peinture d'histoire s'était anecdotisée : elle n'est plus, avec Emile Wauters, Cluysenaar, Hennebicq, Jacques de Lalaing, Van Aise et les deux De Vriendt, qu'une tradition savante qui donne lieu à des adresses de métier et de mise en scène. Un charme léger d'enluminures, du moins, parfois prêtera aux toiles de l'un de ceux-ci, Julien, l'illusion d'un lointain rappel des grâces élyséennes de Memling.

La personnalité semble désormais la loi supérieure des artistes: on y tend par le sujet et l'exécution. Il n'y a plus d'école, mais seulement des groupes formant de petits organismes qui ont des expositions en commun. Une certaine solidarité les unit sans nulle intervention officielle : l'État, en leur prêtant une salle dans ses musées, semble leur reconnaître, en dehors de lui, le droit à la vie. Il arrive alors qu'un esprit d'indépendance parfois les ligue en des réactions qui tout à coup ressuscitent certames modalités qu'on croyait périmées. On vit de jeunes artistes, d'un métier consommé,

se liguer contre le luminisme et l'impressionisme de la jeune Renaissance naturiste. Ceux-là par l'empâtement, la touche grasse et martelée, le sens matériel du vieux tableau, visaient à restituer les maîtrises du passé. La virtuosité des deux Blieck n'eut d'égale que celle qui s'inspirait des peintres de l'école de Glascow. Ils furent des chefs d'attaque, au même titre que Bastien, dans un genre de peinture noire, violente et comme gâchée avec de la suie.

Cette fois le schisme déconcerta : on sentit bien là une force, mais pernicieuse et qui ramenait les plus mauvais moments de la peinture d'école, caractérisée par les jus et les bitumes. Il semble qu'un maître subjuguant et excessif n'ait pas été sans influence sur cet art presque plastique. Je veux parler de ce Jef Lambeaux qui fut si extraordinairement lui-même un peintre dans sa sculpture. Un tempérament violemment flamand était entré avec lui dans l'art. Le tourment des nerfs et du sang, le tumulte d'une nature irritable et aduste, avaient fait éclater en ses premières œuvres une sorte de clameur sauvage de la chair. La fontaine c[u'il exécuta pour Anvers fît de lui le maître en qui les énergies, le faste, le goût de l'ostentation, tous ces signes de la haute fortune anversoise, furent comme exaltés. Lambeaux dès ce moment devint un chef d'école dont l'action s'étendit jusqu'à l'art des peintres. On les vit qui, en des anatomies mouvementées, s'efforçaient d'accorder au goût pour la peinture épaisse et truellée le rythme des formes expansives. Tous, il est vrai, n'y persévérèrent pas : Wagemans, peintre adroit et puissant, après avoir renié d'abord le clair et luxuriant génie flamand, revint à la vérité et à la nature.

Généralement, un sens plus moderne de la manœuvre et de la notation prévalait. M®""" Marguerite Verboeckhoven donna vers ce temps ses délicates marines joai liées où passe quelque chose de l'optique affinée d'un Whistler. Un solitaire artiste, Rosier, en des

J. Delvin, Combat de taureaux

portraits délicats et des sujets aux tonalités atténuées, modulait des pâleurs fines d'atmosphère. Charles Mertens et Larock, à Anvers, signalaient les variations survenues dans le languissant génie de la race où De Braekeleer avait pu paraître isolé. D'un talent peintre et formel, le premier animait des paysages, des intérieurs ruraux, des villages qui lointainement s'apparentaient à Breughel, des chantiers où sonnait la fanfare de ce rouge aimé des vieux flamands. En d'expressifs portraits au crayon, il précisait, d'une main à la Holbein, le volume, la mentalité, les craquelures de la peau, le détail net et absolu de la vie. L'autre, ce Larock, curieux des misères de peuple, aussi attestait un don de pénétration aigu qui, dans X Idiot et X EscarbiUenr notamment, particularisait jusqu'aux ambiances en leur conférant une sorte d'àme équivoque et poignante. Ce fut là une incontestable individualité, un peu sèche et linéaire, dans cette école de peintres gras où avaient brillé les Joors, les Verhaert et les Farasyn. Par ailleurs, de Couves de Nunques dénotait, en des toiles émaillées de tons rares, une intellectualité riche, inventive et chimérisée d'irréel. On vit, signées d'un nom de femme, Julia Massin (M'"'' De Couves de Nunques) de curieuses et précises notations. Une étrange et douloureuse artiste, tourmentée d'àme et de nerfs, M'^*' Marguerite Holleman, exprimait des perceptions troubles, amères et personnelles. Ottevaere se cherchait à travers un art inquiet de la figure, de l'épisode et du paysage qui signalait une sensibilité intelligente. Hannotiau, à Bruges, vivait le rêve d'une humanité dolente et périmée. Fr. Gailliard excellait aux aspects de foules, dans le coup de soleil des rues bruxelloises.

Les Salons triennaux et les expositions de groupes abondaient en paysagistes, en peintres de figures et de portraits, en ouvriers adroits et délicats, les Coppens, les Franck, les Van Leemputten,

les Wollés, les Mayné, les Fichefet, les Cari et Francis Nys, les Horenbant, les Houyoux, les Verdussen, les Houben, les Mignot, les Richir, les Dieudonné, les Bartholomé, les Gouweloos.

Des ingéniosités curieuses parfois renouvelaient les formules connues. N'étant plus gênés par les étroites entournures antérieures, on se donnait carrière dans l'invention et la découverte. Tous n'atteignaient pas à l'extrême originalité d'un Laermans ; mais de l'ensemble naissait l'évidence d'une mentalité d'art élargie et plus fine à mesure. On vit tout ce que doit à une noble et constante tradition, à l'affirmation toujours plus nette du principe de la personnalité, une jeunesse formée à l'exemple de ces maîtres de l'art libre en qui s'attesta la haute conscience d'un art pratiqué comme un acte de foi. Des dons heureux, des facultés nouvelles, furent, chez la dernière génération, le fruit de tout l'admirable effort antérieur.

Un regret me fait consigner ici d'abord le nom du jeune et généreux Evenepoel parti dans la fleur de l'âge et du talent. Le laurier vert s'est greffé pour lui d'immortelles : il laisse de sa valeur des témoignages qui suffisent à lui assurer par de là les jours un rang dans la peinture de son temps. L Espagnol à Paris révéla une manière topique ; la crânerie de la silhouette, détachée à l'em porte-pièce sur un terre- plein couleur de limon frais, s'avivait d'une cuisine mordante tatouée de noirs à l'espagnole. La touche, l'allure, on ne sait quoi de Ribera et de Hais y étaient d'un ragoût peu banal. \J Intérieur d'atelier, la Fête des Invalides, le Portrait de l'artiste, d'un sentiment coloriste nerveux, expressif et décidé, marquèrent la plénitude d'un art en possession de soi-même et le terme même de cette brève carrière.

Chez Henry Thomas, on admira des grâces d'exécution qui n'étaient pas sans rappeler la sensibilité manuelle du plus séduisant

G. MORRILN, Jeune fille a sa toilette (Coll. (le M. K. Jiillicn, Paiis)

Glic )K(;i':.s LKi\[M]iN, L;i foului-irre l(,'oll. de M. Fr. Tuussaint, Bruxelles i

des peintres, Alfred Stevens. Il se vérifia, du même coup, que le jeune artiste n'avait pas su oublier cet autre maître irrésistible, Félicien Rops. Ils contribuèrent ainsi pour une part à la matière et au thème de ses premiers tableaux, peints d'une extrême adresse et qui avaient trait à la beauté perverse de la courtisane. On put y pressentir une curieuse promesse d'art et vraisemblablement une orientation vers une forme expressive de la modernité.

Deux peintres de grand air salin, deux paysagistes, Hens et Richard Baseleer, s'étaient mis hors pair. Leurs ciels, aux gros nuages de baryte, se micassaient de cristaux de soude brillants, aigus, prismatiques, par dessus le lourd mouvement brisé et bourru des eaux. Rarement, depuis le puissant Artan, on avait atteint à cette sûreté, à cet éclat, à cette vie générale de la lumière, de l'espace et des flots. Cependant un autre peintre, Auguste 01efi"e, vivait là bas, à Nieuport près de l'estacade. Il s'était signalé dans la peinture de l'homme des côtes : ses types de pêcheurs aux peaux corroyées s'enlevaient d'une rude silhouette réaliste. Sa peinture était brusque, expressive et claire, avec une couleur d'espace et de vent. On vit bien au portrait qu'il fit de son ami Louis Thévenet, dans la lumière violente d'un port, l'intensité de vie pittoresque et expressive qu'il savait tirer de l'accord du plein air et de la figure. La mer, le ciel, le personnage en biais, avec son étrange visage de face, concertait une mise en page à la Hais. Une maîtrise plus concentrée encore signalait le beau portrait de la mère de l'artiste. Celui-ci, par surcroit, trouvait la grâce comme dans tel portrait de femme, (l'ers le soir), aux nuances irisées et enveloppantes, exposé naguère à XArt Contemporain.

Je me plais à citer près de lui le peintre qui fut son modèle : Thévenet sut animer un genre qui par lui-même parle peu à

l'esprit. En effet donner la vie de l'art aux formes chantournées d'un fauteuil, aux nuances de la soie d'une tenture, à la symétrie d'une pièce meublée, pour en dégager la conjecture d'un temps ou de l'état d'âme d'un personnage absent, paraît malaisé. Le peintre, à force de sûreté de main, de précision et d'élégance dans les valeurs, y réussit pourtant maintes fois.

Nous sommes ici dans l'évolution la plus récente et les noms se pressent : plusieurs déjà ont conquis la notoriété. C'est ce curieux et suggestif Marten Melsen, le peintre du pays d'Eekhoud, d'une sève si grassement flamande dans ses tranches de vie rurale. On y retrouve le vieux cabaret aux solives enfumées, au carreau de sang recuit, aux tables sur lesquelles s'éboulent des figures balourdes et empotées. Les brocs n'y font plus gicler le sang comme chez Brauwer : des querelles d'intérêts seules affrontent, nez contre nez, de vieux paysans matois sous l'aigre jour hivernal filtré par la vitre. Quelquefois un petit vieux, tassé près d'un feu de tourbe, fume sa pipe en pensant aux échéances prochaines, tandis que la femme, gofle et replète, accroche à ses flasques aréoles un gromiaud goulu. Art de terreau franc et cordial, art de peintre substantiel et qui sait condimenter ses ragoûts, art aussi d'observateur malicieux, moins spécial que celui d'Eugène Laermans, moins ironique que celui de De Bruycker en qui prévaut avec éclat le rire amusé d'un humoriste réaliste et caractériste. C'était encore la verve bouffonne de la plaisante Jô dans ses types de la plage et de rue ou le sens d'observation comique de Jeanne-Henri Meunier dans ses notations paysannes. Cela constituait autant d'apports qui élargissaient et renouvelaient le fond de l'école.

Van Mieghem s'orientait vers une humanité farouche et misérable, ouvriers des docks, débardeurs, briquetiers, vagabonds, petit peuple des quartiers de bouges et d'abattoirs. A sa manière

R. WijTSMAN, Premier givre —

iJrabant

il recommençait pour Anvers, la Californie flamande, ce que le grand Meunier avait fait pour le Pays noir et Maréchal pour le pays de Liège. Victor Hageman, dans des pages fortes et stylées, disait la détresse et l'hébétement des émigrants. C'était chez tous les deux comme une répercussion du mouvement des idées sociales qui agitaient les villes. Antérieurement déjà Luyten, en une œuvre puissante, avait dramatisé pathétiquement un épisode des grèves. Charles de Groux, lui, n'avait pas dépassé le cercle des douleurs résignées : il avait peint la misère, le vice, la déchéance des opprimés et n'avait pas fait entendre le cri de la révolte. Même chez Meunier, qui fut si près du cœur sombre des plèbes et ouvrit au prolétariat les seuils de l'art, l'ouvrier, la brute physique, attelée à la meule, garde un passif et morne visage. Ni émeutes, ni barricades : le drapeau rouge de la Sociale n'est chez lui qu'un suaire qui referme ses plis sur les hécatombes du grisou. Encore bien moins le trouve-t-on chez cet enfant du Borinage, Modeste Carlier, chez Antoine Bourlard qui fut l'un des maîtres de la région et chez cette autre délicate artiste, Cécile Douard, bien que leur cœur à tous trois s'émut pour leur humble vie précaire.

Dans le paysage, une optique claire, attentive à l'air et à la lumière, dominait. Heymans, Rosseels, Claus, des premiers, avaient suggéré cette àme mobile de la terre variant selon les zones, le climat et les saisons. On peignit le pays d'où l'on était, où on avait bâti son toit, où on irait dormir un jour son éternité. L'influence du maître d'Astene surtout fut, à ce point de vue, large et bienfaisante : elle s'étendit à l'esprit, à la matière et à la manœuvre. Edmond Verstraete, en tons discrets et doux, exprimait le pays de Waes aux horizons longs, lignés de files d'arbres grêles. Heintz avec vigueur truellait les surfaces cabossées

des roches du pays de Meuse. Van Beurden aimait étendre sur la campagne anversoise la chaleur mourante des derniers rayons.

Vierin, de son côté, s'était montré luministe délicat, habile à prismatiser les toits rouges et les pignons blancs des hameaux de la Flandre. Walter Vaes campait dans un décor de village son Chant des gueux, émouvant essai de drame héroïque et rural. Jean Van den Eckhoud, lui, se rattachait au naturisme robuste d'un Verheyden ou d'un Courtens. Rien ne ressemblait moins à la manière du wallon Pirenne, expressif dans sa mélancolie un peu terne et sèche. C'était la jeune école des peintres de la terre : la plupart apportaient une vision éclaircie et se défendaient de la virtuosité.

Du côté des peintres de la figure, il y eut André Cluysenaar et Van Holder en leurs portraits de peinture saine et forte, Ch. Michel qui s'appliquait à de nerveuses intimités féminines, Gustave M. Stevens qui s'impressionnait de légendes, de symboles et d'exotisme. De la Terre-Sainte, Cambier rapportait des pages rudes et sévères. Opsomer, en ses coins d'Anvers, manifestait un esprit curieux, inquiet de ce que laisse de vie sourde dans un paysage de ville, l'efflux magnétique et sournois d'une humanité comme embusquée derrière les portes et les fenêtres. Paul Mathieu et Smeers conquéraient la mobilité de l'espace qui est l'âme des paysages. Verleman, René Janssens, Swyncop se dénonçaient des unités intéressantes. Van Zevenberghen, observateur précis et qui ne se défendait pas d'un entraînement pour la maîtrise de Stobbaerts, peignait en des intérieurs bourgeois la simple vie quotidienne. Une cérébralité dramatique et constructive s'était révélée chez Robert Picard : son art apparut personnel, inquiet et volontaire, en dehors des modes courants de la peinture. On eut, en présence de son cycle dédié à la gloire militaire de Wellington,

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L. Thévenet, Le clavecin (Coll. de M. le A. Lambotte, Anvers)

A. (Jleffe, Soir Je la vie

l'impression d'un esprit se mouvant naturellement dans les grands épisodes tragiques de l'humanité.

C'est sur ce récent et général effort que je désire terminer un travail commencé, il y a des ans, et repris avec le désir sincère de servir l'art et les artistes de mon pays. Si je me suis étendu plus longuement sur les maîtres du passé, c'est qu'ils me furent mieux connus et que ce livre, écrit avec mes souvenirs, doit être pour eux un témoignage. Quelqu'un, après moi, fera pour de plus jeunes ce que j'ai fait pour ceux de mon temps : il m'aura suffi d'être, auprès de l'avenir qui se lève ici sur leurs noms, l'annonciateur des mérites qui peut-être les promettent à la gloire.

Ayant parcouru le champ immense que comportent trois quarts de siècle de vaillance, d'héroïsme et de génie, si, le cœur gonflé de reconnaissance et d'admiration pour le geste magnifique de tous ces laboureurs et de tous ces semeurs, je suis porté à me demander quel sera l'art de demain, de toute mon âme je fais le vœu qu'il demeure fidèle au bel idéal sensible et puissant de la race. Qu'il soit la vie, la vie des êtres et des choses, la vie chaude, luxuriante, active et toutes les formes de la vie ressentie à travers des organismes sensitifs.

Plus que partout ailleurs, nos artistes sont restés près de la nature et de l'instinct; ils ont gardé l'espèce d'âme spontanée, émotive, émerveillée, en qui se renouvelle infiniment le spectacle du monde. J'ajoute qu'ainsi ils ont échappé au plus dangereux des sophismes, l'art rhéteur, phraseur et idéiste, l'art qui n'est qu'une déviation de la cérébralité nécessaire au peintre et au sculpteur.

Un tableau n'est pas une idée : il est l'expression d'une modalité des sens et de l'âme dans ses rapports avec la vie universelle. Héroïque chez Delacroix, naturiste et religieux chez Millet, passionnel chez Rops, humain chez Meunier, panthéiste

chez Heymans, chez Verwée, chez Clans, matérialiste chez Dubois, l'art n'en est pas moins, et par-dessus tout, de la belle matière sensibilisée en vue d'exciter la série réflexe des répercussions cérébrales. Partant de là, on pourrait dire que l'idéal n'est pas dans l'œuvre même, mais dans la sensation qui s'en dégage pour nous-mêmes.

Soyons donc des peintres selon le sens de la race, avec force, avec grâce, avec passion, avec bon sens. Ne nous perdons pas au labyrinthe des mythes, de l'idéologie et des fausses apparences. L'œuvre d'art est uniquement tributaire de la nature, aussi bien de celle qui en nous rêve, conjecture, vit le frisson profond de l'être, que de celle qui, en dehors de nous, est la substance éternelle de la vie des choses. Enfonçons fermement nos racines dans la terre et la coutume de chez nous et ne regardons ni trop en avant ni trop en arrière, mais exprimons avec le sentiment des hommes de notre temps la nature, l'humanité, les formes à la fois transitoires et constantes du monde qui nous entoure et de qui nous viennent les modes de notre sensibilité. Ainsi seulement les aspects renouvelés de nos intimes puissances étendront encore, en le rajeunissant, la vitalité de notre art.

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