ORIENTATION PROFESSIONNELLE
L'’inspection psychologique sera encore de grande importance en ce sens qu'elle donnera des bases plus sûres à l'orientation professionnelle des enfants à la sortie de l’école. .-
Cette orientation ne peut d’ailleurs exister que sur: confrontation des avis du médecin inspecteur, du psychiatre et de l’instituteur.
Le médecin-inspecteur s’appuiera sur le carnet médical scolaire de l’enfant et sur la fiche sociale établie par l’assistante scolaire. Son rôle sera surtout important au point de vue des contre-indications, c’est ainsi qu’il déconseillera par exemple :
À un prétuberculeux, les professions s’exerçant dans un air confiné.
À un prédisposé aux maladies contagieuses — enfant qui aura fait successivement : rougeole, scarlatine, oreillons, varicelle — les agglomérations exposées à la contagion : exemple, travail dans les hôpitaux.
Il déconseillera aux sujets ayant une déviation vertébrale, les métiers accentuant celle-ci : cordonnier, couturière, menuisier, repasseuse.
Aux cardiopathes valvulaires, les métiers de force et les sports violents.
Aux grands nerveux et épileptiques il contre-indiquera abso-
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lument les métiers exigeant une maîtrise perpétuelle d’euxmêmes : couvreur, chauffeur de transport en commun, peintre en bâtiment...
Chaque défaut important des sens pourra aussi entraîner ses contre-indications. |
Dyschromates, myopes, hypermétropes : les services de traction sur les chemins de fer et sur route, de même pour les défauts de l’ouïe.
Par contre, la collaboration du laboratoire de psychotechnie et de l’instituteur donnera, elle, des idées positives, en ce sens que connaissant le caractère, le jugement, les aptitudes scolaires ou inaptitudes marquées, elle permettra d’aiguiller tel élève vers un travail de comptabilité, tel autre vers un travail d’ art, tel autre vers la poursuite d’études plus poussées dans une branche, littéraire, ou mécanique, ou mathématique.
Mais ce qu'il importera avant tout, c’est d’aiguiller l'individu vers la profession où il obtiendra le marimum de rendement social avec le minimum de fatigue et d'usure. Il est inutile d'ajouter que cette orientation tiendra part dans la plus large mesure des goûts des parents, de l'enfant et du milieu social où 1l vit.
Elle n'aura d’ailleurs de résultat effectif que si elle est en rapport étroit, comme cela se fait déjà avec les bureaux de placement et syndicats patronaux. Elle marchera de pair avec des cours professionnels qui seront sanctionnés par des certificats d'aptitude à telle ou telle profession et par une rémunération de base plus intéressante pour l° appr entiou l’ouvrier qui se sera astreint à ses cours. C'est par là que l’école aura une grande influence sociale sur la vie future de l'individu. Le carnet médical scolaire avec fiche physiologique, fiche mentale, fiche sociale, sera le point de départ de sa vie civique.
Il reste à dire quelques mots de la façon dont fonctionneront, au centre d'hygiène scolaire, les différentes consultations de spécialités.
To Au centre de prophylaxie dentaire (39)
L'inspection médicale dentaire aura surtout pour but la mise en œuvre des soins destinés à favoriser la bonne pousse des dents, à entretenir la bonne dentition, à dépister les premières lésions et à leur appliquer des soins précoces.
Cette visite dentaire aura lieu tous les trois mois au moins pour chaque écolier. Elle sera faite par un chirurgien-dentiste qui seul pourra se rendre compte très précocement des lésions. Ce dentiste pourra en outre soigner les enfants qui lui seront envoyés par l’inspecteur scolaire avec des dents gâtées et dont les familles ne seraient pas capables, faute d'argent ou par négligence, de les faire soigner par un dentiste familial.
A la consultation d’ophtalmologie
Seront examinés les écoliers signalés par l’instituteur ou.envovés par le médecin inspecteur pour troubles de la vision. Cet examen sera complété au moins une fois par an par l'examen systématque de tous les écoliers.
Beaucoup, en effet, ont une vision anormale sans s'en rendre compte eux-mêmes et sans que celle-ci occasionne sur le moment des troubles graves. C'est ainsi que certains myopes d’un seul œil prennent l'habitude, dès leur jeune âge, de ne tenir compte, au point de vue cérébral, que de la vision de l'œil normal. Ce qui les conduit d’ailleurs souvent à un strabisme qui fera finalement dépister la lésion. Le port de lunettes appliquées au bon moment empêchera ce défaut de devenir une infirmité réelle qui fait de l'individu un borgne qui s'ignore. Certaines statistiques scolaires allemandes disent d’ailleurs un aque LT
d'enfants à vue normale, alors qu'ils y a 51 % d’hypermétropes et 20 % de myopes.
Des statistiques scolaires identiques devront être établies dans ces services, qui pourront en outre fournir aux indigents des lunettes et faire exécuter aux strabiques ou aux myopes certains exercices de rééducation visuelle qui ne seraient pas faits ou mal faits dans la famille. L'ophtalmologiste éduquera aussi l’instituteur pour que celui-ci empêche les enfants de prendre l'habitude de travailler de trop près ; qu'ils soient myopes ou non ils ne devront jamais s'approcher à moins de 30 à 35 centimètres de leur livre ou cahier.
À la consultation d’oto-rhino-laryngologie
Seront examinés les enfants envoyés comme suspects de végétations adénoïdes ou de polypes nasaux, ou comme porteurs de grosses amygdales. Le diagnostic d’otite externe, moyenne ou interne, et celui de mastoïdite y seront précisés. De même pour les laryngites tuberculeuses ou non.
La décision opératoire y sera prise, mais n'y seront opérés que les enfants d’assurés sociaux indigents ou d'assistance médicale dont les parents demanderont que la décision soit exécutée dans l’endroit où elle a été prise. En principe, on n’opérera pas à cette consultation.
Tous les enfants des écoles, même bien portants en apparence, seront vus une fois par an par ce spécialiste.
Les services de la maison sociale ou du dispensaire dans leurs rapports avec l’école
Nous avons déjà vu que dans la construction de la maison sociale on se préoccupera d’une collaboration étroite avec le centre de santé scolaire soit sur le plan matériel si possible : la maison sociale étant connexe à l’école et le centre scolaire d'hygiène y étant englobé; soit, à défaut de cette solution, sur le plan subjectif, le personnel social et scolaire étant fusionné, sous la forme de l’assistante sociale polyvalente.
De tout sens il existera une consultation de médecine générale pour enfants de 2 à 14 ans, avec appareils de radiographie à la maison sociale.
A cette consultation seront envoyés les enfants dépistés par le médecin inspecteur comme suspects de tuberculose.
Le diagnostic y sera précisé par radiographie, cutiréaction et examens de laboratoire : recherche du BK.
Là aussi seront prises les décisons de placement à la campagne ou en préventorium, en école de plein air ou camp de vacances, ou encore en sanatorium.
L’attéinte d’un membre d’une famille par la tuberculose entraînera l’examen de tous les autres et leur placement si besoin est dans des institutions similaires.
Car ce service marchera naturellement en collaboration étroite avec les services de lutte antituberculeuse.
Au CENTRE DE PROPHYLAXIE ANTIVÉNÉRIENNE
Même mode de fonctionnement ; l’envoi d’un écolier hérédo-spécifique entraînera l'enquête dans la famille par l’assistante sociale et l'examen des parents qui seront traités gratuitement de même que les écoliers.
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Inutile d'ajouter que le seul mode d’action sur les parents étant la persuasion, cela demandera de la part de l’assistante sociale un tact et un respect du secret professionnel absolu.