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INTRODUCTION

À l’heure actuelle, et plus que jamais, se pose en France le problème du sauvetage de la race. Natalité moins forte que chez beaucoun de nos voisins et mortalité plus grande nous mettent en état d'infériorité numérique.

La comparaison des taux bruts de mortalité est en effet extrêmement défavorable à notre égard. 18 décès pour 1.000 et par an chez nous, alors que les Anglais annoncent 13 pour 1.000 et les Allemands 12 pour 1.000.

La population allemande augmenterait donc de 400.000 individus de plus que la nôtre par an et l’anglaise de 200.000 de plus.

Toutefois la situation est sans doute moins défavorable qu’elle ne le paraît. En effet, il existe des différences considérables dans la répartition par âge des habitants des divers pays ; par suite de notre natalité depuis longtemps inférieure et décroissante nous comptons un nombre relatif de vieillards beaucoup plus élevé que dans les autres pays.

Le moyen de rectifier ces taux est de les pondérer, en tenant compte des tables de mortalité par âge.

OrAd: après ces taux rectifiés nour la période de 1908

à 1913 d’une part, et de 1920 à 1922 d’autre part, on tte une diminution de 8 % du taux de mortalité au lieu de 4 % pour l'Espagne 6 % pour l’Allemagne, 14 % pour la Suisse 17 % pour l'Italie et 19 % pour l’Angleterre.

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Nous sommes donc dans la moyenne à ce point de vue [2].

Si d’autre part nous comparons les tables de mortalité, selon l’âge, française et anglaise par exemple, nous constatons ceci : de 0 à 1 an notre mortalité est plus forte, pour devenir plus faible de 1 à 10 ans, et de nouveau beaucoup plus forte vers 21 ans, surtout pour les hommes : 68 pour 10.000, au lieu de 36 pour 10.000 en Angleterre et 55 pour 10.000 chez les femmes au lieu de 32 pour 10.000.

On obtient des résultats comparables en tous points avec les autres pays.

C’est donc pour cette catégorie d’âge et dans les années qui précèdent directement qu'il faudra agir si l’on veut s’efforcer de réduire la mortalité de notre pays.

Et s’il existe une différence de la protection de l’individu dans les différents pays, c’est iustement au point de vue de l’enfance et de l’adolescence que nous sommes en retard.

En effet, en Allemagne, en Italie, en Russie, en Angleterre, un immense effort est tenté pour rendre les adolescents robustes et sains.

En France, malgré des efforts isolés on se rend compte qu'aucun plan d’ensemble n’a été envisagé jusqu'ici dans ce but : notamment au point de vue de l'hygiène scolaire.

Or celle-ci, en liaison avec la protection maternelle et de l’enfance doit être la base et le point de départ de la réforme.

L'école est encore et malgré tout, à l’heure actuelle, la plus grande préparatrice de la tuberculose, comme les statistiques de mortalité post-scolaire le prouvent.

Si nous prenons par exemple les tables de mortalité de Paris dans la période de 1929 à 1933 pour les enfant de 5 à 9 ans d’abord. puis de 10 à 14 ans [3].

Nous trouvons, de 5 à 9 ans :

377 enfants morts de tuberculose des méninges. 365 » » » diphtérie.

et -

179 » » » méningite simple.

164 » » » broncho-pneumonie.

106 » » » mort violente.

94 » » » maladies du système nerveux et organes des sens.

93 » » » maladies de l’appareil digestif.

83 » » » tuberculose pulmonaire.

64 » » » rougeole.

58 » » » maladies de l’appareil respiratoire.

De 10 à 14 ans :

154 enfants morts de tuberculose pulmonaire.

152 » » » tuberculose des méninges.

97 » » » maladies de cœur.

76 » » n violence et accidents.

72 » » » méningite.

62 » » » diphtérie.

62 » » » d’autres tuberculoses.

52 » » » maladies de l’appareil digestif.

35 » » » broncho-pneumonie.

L'école n’enraye donc pas la propagation de la maladie ; et cependant du fait de son obligation pour tous les enfants et de leur présence constante pendant plusieurs années, quel plus magnifique champ d'action peut-on trouver pour dépister les débiles, pour les fortifier, et pour guérir les malades au début.

Mais appliquer des remèdes ne sera pas la préoccupation principale à l’école, ce qu'il faut surtout c’est prévenir. Faire vivre les enfants dans un milieu hygiénique, développer en eux les forces vitales par une éducation qui ne se penchera plus uniquement vers l'esprit au détriment du corps. Développer et imprimer en eux l’automatisme de la propreté, de la vie au grand air, de la culture physique, de telle façon qu'une fois sortis de l’école ils restent envers et contre tout des êtres propres sains et forts.

Enfin, au point de vue de la culture de l'esprit, adapter l’enseignement à la personnalité individuelle et pour cela trier les élèves dès l’entrée pour les réunir

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non plus selon leur âge physique, mais suivant leurs qualités psychiques et leur âge mental. De plus, commencer dès l’enfance leur éducation domestique et sociale, qui jusqu'ici fut trop négligée par les programmes scolaires.

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