JÉSUS-GÎIRIST ^'OUS INVITE A SON ÉCOLE
mon médecin; il me suffit de me présenter à vous; ma guérison ne vous coûte qu'un mot, et vous m'appelez, vous m'attirez vers vous, pour le prononcer.
Quel autre qu'un Homme-Dieu pouvait joindre tant de puissance à tant de charité? Quel autre oserait promettre un remède prompt et efficace à tous les maux de la nature humaine? Ni vos Prophètes, ni vos Apôtres, ni aucun saint n'a été assez présomptueux pour cela. Ils étaient hommes comme nous, sujets aux mêmes misères que nous; ils succombaient comme nous sous le poids, de leur existence. Un d'entre eux s'écriait : Malheureux homme que je suis, qui me délivrera du corps de cette mort ' ? et il ajoutait aussitôt : Ce sera la grâce de Dieu par Jésus-Chrisl Notre-Seigneur ^ . Ils reconnaissaient tous tenir de vous leur guérison ; et vous n'êtes ni moins bon, ni moins puissant pour moi, que vous l'avez été pour eux.
Mais, ô mon Sauveur! permettez-moi de vous demander comment vous soulagez ceux qui viennent à vous. Leur ôtez-vous leurs peines? Les déchargez-vous de tout fardeau? Eh quoi! vos saints n'ont-ils pas souffert, et même, à proportion, plus que les autres?... En quel sens est-il donc vrai que vous les avez soulagés? J'entends dire partout que la vie chrétienne est une vie de croix et de souffrances; vous le répétez à chaque page de votre Évangile; vous-même qui êtes notre unique modèle, avez porté tous les instants de votre vie une crbix plus pesante que celle de tous les saints ensemble; comment donc, et par quel secret adoucissez-vous ces mêmes peines que vous nous faites^
1 jRoin.f VII, 2V,
2 Rom., vil, 25.
un devoir de porter? Aliî j'entrevois : il est des peines que vous nous ôter: absolument; et ce sont les plus grandes, celles que nous causent les remords d'une conscience bourrelée, et la tyrannie de nos passions. Il est un poids dont voire grâce nous décharge tout à fait; c'est celui de nos péchés, et de la vengeance terrible que votre justice doit un jour en tirer. Pour les autres peines, soit qu'elles viennent du dehors, soit que nous les causions nous-mêmes par notre imperfection, vous en écartez peu à peu la répugnance dans un cœur docile à votre grâce; vous apprenez à la volonté à s'y soumettre ; vous parvenez à les lui faire aimer ; vous les tempérez par des consolations célestes; vous les noyez, pour ainsi dire, dans des torrents de délices ineffables; et c'est ainsi qu'elles cessent d'être des peines pour une âme soumise, fortifiée, consolée, abondamment dédommagée par son amour et par le vôtre de ce qu'elle souffre pour vous. Saint Paul, cet homme de croix et de travaux, en est un sûr garant, lorsqu'il déclare qu'il goule utie surabondance de joie au milieu de ses tribulations '.
Si je n'ai pas fait jusqu'ici celte heureuse expérience; si mes peines m'ont toujours paru dures et insupportables ; si je me suis rendu plus coupable, sans pouvoir réussira me soulager, c'est ma faute, et je ne puis m'en prendre qu'à moi seul. Je veux mettre fin aujourd'hui tout à la fois à mon malheur et à mon crime. Je viens à vous encore plus chargéde péchés que d'afflictions, dans la ferme confiance de trouver auprès de vous la délivrance des uns et le soulagement des autres. Je n'ai été que trop ennemi de moi-même ; et, puisqu'un rayon de voire
ï II Cor., VII, 4.