JESUS-CHRIST EST NOTRE SEUL MAITUE
d'un <Ie vos prophètes, le guide et le précepteur * que Dieu m'a donné en votre adorable personne. C'est pour vous mettre, en quelque sorte, au niveau de vos disciples, que vous vous êtes fait homme, et que, au péché près, vous avez daigné leur être semblable en tout le reste. Un tel Maître, si affable, si condescendant, que son amour pour nous a infiniment abaissé au-dessous de sa condition naturelle, qui ne nous montre en lui que l'homme, pour nous rapprocher plus aisément de Dieu; un tel Maître, dis-je, ne mérite-t-il pas d'être écouté, obéi et suivi? Et quel prodige d'aveuglement et de folie de le dédaigner, de le rejeter, de soumettre ses leçons à ma censure, de les interpréter à ma guise, et de n'en prendre pour ma conduite que ce que je juge à propos! C'est pourtant ce que j'ai fait jusqu'ici, ce que ma foi me reproche, et ce que ma conscience ne peut s'empêcher de condamner. Quel est l'homme qui n'est point coupable à cet égard? Et, si les plus grands saints nesesontpas crus innocents, moi pécheur, moi chrétien lâche, indévot, dissipé, qui n'ai jamais songé à étudier la doctrine de mon divin Maître, encore moins à l'écouter lui-même au fond de mon cœur, qui me suis bouché l'oreille pour ne pas l'entendre, et qui me suis fait une habitude de résister à ses inspirations; moi, à qui la nature, les sens, le monde, mon propre esprit et ma propre volonté ont tenu lieu de maître, puis-je être tranquille, et me croire exempt de tout blâme? Quelle illusion serait la mienne si je pensais ainsi !
Ah ! Seigneur! accordez-moi de vous appeler désormais mon Maître avec autant de vérité et d'effusion de cœur
que Madeleine. Inspirez-moi un ardent désir de vous écouter. Appliquez mon esprit à la méditation de votre Évangile et donnez m'en l'intelligence; tenez mon cœur dans une attention continuelle à vos leçons intérieures. Faites que je respecte les ministres de votre parole, qui m'enseignent de votre part, et que j'aie un souverain mépris pour ces docteurs profanes, qui combattent vos maximes par celles du monde que vous avez réprouvé et exclu de votre prière. Mon intention est de ne faire aucune démarche de mon chef dans l'affaire de mon salut, de vous consulter sur tout, de vous obéir en tout, et de pratiquer fidèlement toutes vos leçons, soit pour la cor rection de mes défauts, soit pour l'acquisition des vertus chrétiennes. Mais aidez ma faiblesse, ô mon Dieu! Plus ma résolution est haute, plus je me sens incapable de Taccomplir. Avec votre grâce je pourrai tout. Je tomberai encore, je m'y attends, mais moins souvent, et inoins lourdement ; je m'humilierai de mes chutes, je nî'en relèverai; ma bonne volonté du moins et mes efforts vous prouveront que je ne m'honore pas en vain de la quaUté de votre disciple.