‹ L'école de J Volumes 1 and 2Chapitre 5 sur 71 · X INTRODUCTION · texte numérisé non relu

X INTRODUCTION

Le Père Jean-Nicolas Grou naquit à Calais, le 23 novembre 1731. Il fit ses études dans un colle'ge de la Compagnie de Jésus, probablement à Louis-le-Grand, à Paris. A peine âgé de quinze ans, il obtint la faveur d'entrer au noviciat de la Compagnie. Ce que nous savons de ^es premières années et des vertus qu'il pratiquait déjà, nous offre le modèle accompli d'un parfait étudiant de la Compagnie, ardent au travail, et prêt, par le dévouement, à toutes les éventualités de la vie de sacrifice. Ses travaux littéraires, alors qu'il n'avait pas encore achevé le cercle entier de ses études, promettaient un savant distingué et un humaniste de premier ordre. Il avait à peine accompli sa trentième année, quand il termina sa traduction de

édition, revue et corrigée par le Père Grou. — VII. Morale tirée des Confessions de saint Augustin, 2 vol. — VIH. Caractères de la vraie dévotion. — IX. Maximes spirituelles. — X. La Science pratique du crucifix dans l usage des sacrements de pénitence et d' Eucharistie. — XI. Méditations en forme de reti aite sur l'amour de Dieu. — XII. Manuel des âmes intérieures. — XIII. Le Chréliensanclifié part Oraison Dominicale. — XIV. L' [u" térieur de Jésus et de Marie, 2 vol. — XV. le Livre du jeune homme. — XVI, JJ École de Jesm- Christ, 2 vol.

Les luanuscrits encore inédits sont : I. Retraite sur ce que cest qu'un Chrétien. — II. Belraite sur le don de soi-même à Dieu. — JII. Retraite sur la connaissance et l'amour de Jésus- Christ. — IV. Quelques Lettres adressées à madame d'Adhéinar.

Le Traité du Bonheur, et le Traité de la 1 uix de l'âme, n'ont pas été retrouvés.

Le Père Grou avait de plus entrepris, sur le désir de Mgr de Beaumont, un Traité dogmatique de la vraie religion, auqu'd il avait consacré quatorze années de travail et de rtcherijhes. Les

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la Répuhlûjue de Platon, supérieure à toutes les pre'ce'dentes, qui obtint les suffrages des plus habiles connaisseurs, et qui est demeurée jusqu'à nos jours en grande estime auprès des savants. Victor Cousin, d'ailleurs si peu équitable envers la Compagnie, se déclare, pour sa traduction des œuvres du philosophe grec, redevable au Père Grou plus qu'à tout autre ; il dit et il répète qu'iï a eu sous les yeux la traduction de Grou, qu'il s'en est servi autant que possible, et qu'il l'a reproduite... comme un témoignage de sa sincère estime pour un homme bien supérieur à sa réputation.

L'année même qu'il faisait paraître la Eépuhlique, 1762, il prenait part à la défense de la Compagnie contre les attaques de la secte et de la

matériaux de cet important ouvrage furent d'abord remis, sans le consentement de l'auteur, à l'abbé Bergier, qui « les revit, les au;;menta, et publia l'ouvrage sous son nom seul >• . (OL Barbieh, Examen critique.) Le Père Plowden confirme le fait et dit qu'il le tenait du Père Grou lui-même. Le manuscrit fut ensuite rendu à son auteur, qui, en quittant la France, le confia à madame d'Adbémar. Des domestiques, ou des amis, pendant la Terreur, voyant arrêter cette dame et craignant que ce manuscrit ne fût de nature à la compromettre, le livrèrent aux flammes.

Enfin le Père Grou avait encore préparé : L La Vulcjate du Nouveau Testament, corrigée et éclaircie sur le texte grec, 2 vol. — JL Cori'cctions de tout le texte de Cicéron, « travail de quatre ans », écrivait-il au Père Simpson. — IlL Corrections de Tite- Live. — IV. Corrections de tout le texte d'Horace. — V. Cor~ reclions du texte de Platon. — VL Corrections de U Iliade et d'une partie de V Odyssée. — VIL Observations sur le style de Massillon. — VIIL La Certitude des preuves the'olofjiques, comparée à celle des démonstrations géométriques.

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fausse philosophie. Il fournissait à Ge'mtti des matériaux pour V Apologie générale de l'Institut et de la doctrine des Jésuites; il adressait deiwLettres à un conseiller au Parlement de Paris; et, dans le cours des deux années qui suivirent, il puhlia les trois volumes de la Réponse au fameux livre intitulé : Extrait des assertions dangereuses, etc., qui contribua plus que tout autre à amener la ruine de la Compagnie.

Après i'édit de 1763, qui supprimait la Compagnie en France, le Père Grou se réfugia en Lorraine. Il y fut une année dans la maison du noviciat de Nancy, et, les deux suivantes, il était appliqué à l'enseignement de la langue grecque au collège de Pont-à-Mousson. C'est là qu'il prononça ses vœux de profès. Mais il fut de nouveau expulsé l'année même où la Lorraine fut réunie à la France, 1766, et, sur la demande de Mgr de Beaumont, archevêque de Paris, il revint dans cette ville, sous le nom de Le Claire, pour y exercer quelques-unes des fonctions du saint ministère et écrire sur des matières de religion. Il y demeura peu de temps dans un galetas, rue de Sèvres^ près des Filles de Saint-Thomas de Villeneuve ', chez lesquelles il allait tous les jours dire la sainte messe. Bientôt après, il était en Hollande, continuant ses travauxsur

* Notice sur la vie du Père Groii^ par le Père Cadres,

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Platon et faisant paraître, à Amsterdam, en 1769 et en 1770, sa traduction des Lois et celle des principaux Dialogues,

Dans le courant de cette même année 1770, nous le retrouvons à Paris, et c'est de cette époque qu'il date^ ce que, dans son humilité, il appelle sa conversion. Jusque-là il s'était occupé surtout de littérature et de polémique, et il n'avait encore rien publié qui eût directement pour objet le bien et la sanctification des âmes. Une seconde phase de sa vie allait commencer. Une humble religieuse du couvent de la Visitation de la rue du Bac, fort pieuse et fort intérieure, Sœur Pélagie, que Von disait favorisée de grâces extraordinaires * , lui ouvrit la voie. Il fit, d'après son conseil ^, une retraite, dans laquelle il éprouva en son âme tout ce que la fervente religieuse lui avait prédit, et il résolut de se donner plus pleinement à Dieu. Il y reçut, dans un haut degré, avec le don d'une vie toute en Dieu parleperpétuel exercice de sa présence, une oraison surnaturelle, un abandon total à la grâce et le talent de diriger particulièrement les âmes qui aspirent à la perfection. C'est là désormais qu'il puisera, pour ses écrits, la doctrine la plus élevée et la plus pure, et cette onction, qui lui est propre, que l'on ne trouve point dans l'étude, et que le Saint-Esprit seul

* Notice, etc., p. xxii.

2 Ibid.

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