‹ L'école de J Volumes 1 and 2Chapitre 6 sur 71 · XIV . IINTRODUCTION · texte numérisé non relu

XIV . IINTRODUCTION

donne aux âmes dans {esquelles il rèr;ne sans

réserve.

Son premier ouvrage en ce genre fut la Morale tirée des conseils de saint Augustin, publie à Paris, en 1786. Il fut bientôt suivi, en 1788, des Caractères de la vraie dévotion, qui souleva l'indignation et les colères du parti janséniste. En 1789, parurent, en vers, les vingt-quatre Maximes spirituelles avec des explications , dont Feller dit que peu délivres spirituels renferment plus de vues lumineuses et profondes sur les règles de la conscience et les voies intérieures; et, pour faire suite à la Science du Crucifix du Père Marie, Jésuite, qu'il avait fait réimprimer en 1783, le Père Grou publia, la même année, la Science pratique du Crucifix dans l'usage des Sacrements de Pénitence et d' Eucharistie. En même temps, il adressait à des communautés de la capitale, avides de l'entendre et de profiter de ses lumières, des exhortations simples et pleines de cet esprit intérienr qui le pénétrait et qui était bien la vie de sa vie. Elles n'étaient point d'abord destinées à voir le jour, mais on les a publiées à diverses rej^rises dans ce siècle, et elles forment le précieux volume qui a pour titre : Manuel des âmes intérieures '. C'est aussi dans cette période de sa vie qu'il travailla, pendant quatorze ans, à recueillir

* Voir l'édition puljiice par le Père Cadres, en 1863.

IISTRODUCTION. XV

et à préparer les matériaux de son grand ouvra^je sur la religion K

Mais nous touchons à l'année terrible de 1792, si pleine de lugubres événements. La haine contre les prêtres allait grandissant chaque jour, et la révolution désormais maîtresse ne devait plus se donner de repos jusqu'à ce qu'elle fût parvenue à l'extermination des uns et l'exportation des autres. Le Père Grou ressentit douloureusement dans son cœur les nouveaux malheurs qui frappaient la France, la religion et l'Église. Cependant il formait le projet de rester au milieu du danger et de consacrer en secret aux âmes fidèles les bienfaits de son dévouement et de son ministère. La Sœur Pélagie lui écrivit de sa retraite pour l'en dissuader et l'engager, au nom de Dieu, à se retirer en Angleterre. En même temps, il recevait du Père Clinton ^ une pressante invitation à se rendre auprès de lui, au château de Lulworth ^, dans la famille Weld, dont il était chapelain, et, voyant dans cette coïncidence une indication manifeste de la Providence, il n'hésita pas et partit pour l'Angleterre, où il arriva dans le courant de décembre 1792.

La famille Weld, qui a attaché son nom à toutes les grandes infortunes, et qui ouvrait alors l'Angle-

^ Voir plus liaut : Introduction, p. i, note 1. 2 Le Père Clinton était connu Hu Père Grou, et il avait traduit plusieurs de ses ouvrages du français en ang'ais.

^ Dans le comté de Dorset, à quelque distance de Weymoutli,

Page 1