‹ L'école de la médisance: comédie en cinq actesChapitre 24 sur 43 · francs de notre monnaie · texte numérisé non relu

francs de notre monnaie

SG. i] l'école de la médisance. T9

Mais parlez-moi toujours ainsi et, sur ma foi, il n'y a rien que je ne vous aodorde. Voue allez les avoir.,» {Illuidonne la somme en biUet9.) Seu* lement, signez^moi un bon de remboursement.

Lady TiAZLB. —Oh I non... Voilà.., (Lui of* frant la main.) Ma main vaut bien un reçu.

SiR Peter. — Et vous ne me reprocherez plus désormais que je ne vous fasse pas une situation indépendante. Je vous ménage prochainement une surprise... Mais vivrons-nous toujours ainsi, dites-moi?

Lady Teazle." — Si vous le voulez. Vraiment, je ne doute pas que nos querelles ne prennent biçn vite fin, pourvu que vous vouliez convenir que vous j avez renoncé le premier.

SirPetbr. — Eh bien! oui... Maintenant, si nous nous disputons jamais, que ce soit à qui sera le plus aimable.

Lady Teazls. — Je vous assure, sir Peter, que l'amabilité vous sied à merveille... Vous voilà maintenant comme vous étiez avant notre mariage, quand, dans nos promenades habituelles sous les ormeaux, vous me contiez les exploits galants de votre jeunesse, en me passant la main sous le menton ; et vous me demandiez si je pensais pouvoir aimer un vieux garçon, qui ne saurait rien me refuser... N'est-ce pas cela?

Sm Peter. '— Oui, oui, et autant vous étiez aimable et remplie d'attentions...

Lady Teazle. — Oui, en effet, et je voulais toujours prendre votre défense, quand mes amies se mettaient à vous plaisanter et à vous tourner en ridicule.

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SiR Peter. — Vraiment !

Lady Teazlb. — Oui, et, comme ma cousine Sophy vous avait traité de vieux garçon revéche, hargneux^ et s'était moquée de moi, qui prenais un mari capable d'être mon père, je vous défendis jusqu'au bout, et je dis que je ne vous trouvais pas du tout si laid. ,

Sir Peter. — Je vous remercie.

Lady Teazle. — Et j'ajoutai même que vous feriez une excellente pâte de mari.

Sir Peter, -r- Et vous prophétisiez juste; nous allons être dorénavant le plus heureux couple...

Lady Teazle. — Et ne plus jamais être en désaccord?

SiR Peter.— Non, jamais!... quoiqu'en vérité, pour vous le dire en passant, ma chère lady Teazle, vous devriez surveiller très-sérieusement votre caractère ; car, dans toutes nos petites querelles, ma chérie, si vous vous le rappelez, mon amour, c'est toujours vous qui commenciez.

Lady Teazle. — Je vous demande pardon, mon cher sir Peter : en vérité, c'est toujours vous qui me provoquiez.

Sir Peter. — Voyez donc, mon ange ! prenez garde... Contredire n'est pas le moyen de rester amis.

Lady Teazle. — N'est-ce pas vous qui avez commencé, mon amour ?

Sir Peter. — Là, bon! vous... vous continuez. Vous ne vous apercevez pas, mon trésor,

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que vous êtes justement en train de faire ce que vous savez m'irriter toujours le plus.

Lady Teazle. — Non, n^ais vous savez, si vous avez envie de vous fâcher sans aucun motif, mon cher...

Sir Peter. — Là ! voilà que vous me cherchez encore querelle.

Lady Teazle. — Non, certainement... mais s'il vous plaît d'être si hargneux...

SiR Peter. — Là, cette fois ! qui a commencé le premier?

Lady Tbazlb. — Mais c'est vous, incontestablement. Je n'ai rien dit... sinon que voua avez un caractère insupportable.

Sir Peter. — Non, non, madame, c'est au vôtre qu'il faut s'en prendre.

Lady Teazle. — Oui, vous voilà .bien comme ma cousine Sophy me l'avait prédit.

Sir Peter. — Votre cousine Sophy est une effrontée et impertinente drôlesse!

Lady Teazle. — Vous êtes un grand ours, ma foi, d'insulter mes parents !

Sir Peter. — A présent, que se déchaînent sur moi tous les fléaux du mariage, si jamais j'essaye désormais de me réconcilier avec vous!

Lady Teazle. — Tant mieux.

Sir Peter. — Non, non, madame : il est clair que vous ne vous êtes jamais plus souciée de moi que d'une épingle, et j'étais fou quand je vous épousai... une éhontée coquette de village, dont n'avaient pas voulu la moitié des honnêtes propriétaires des environs.

Lady Teazle. — Et moi j'ai été certainement

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bien bête de me marier avec vous... un vieux coureur de filles, célibataire à cinquante ans, par Tunique raison qu'il n'avait jamais pu en rencontrer une seule qui voulût de lui. {EllepasseS)

Sir Peter. — Oui, oui, madame ; mais vous étiez assez heureuse de m'écouter: vous û'âviez jamais reçu avant pareille demande.

Lady Teazle. — Non? n'avai^-je pas refusé sir Tivj Terrier*, qui, au dire de tout le monde, eût été un meilleur parti? Il avait tout autant de fortune que vous, et il s'est cassé le cou depuis notre mariage. {Elle passe,)

Sir Peter. — Brisons là, madame! Vous êtes • une sans-cœur, une ingrate... mais il j a une fin à tout. Je vous crois capable de la dernière des méchancetés... Oui, madame, je crois maintenant que les bruits qui courent sur vous et Charles, madame... Oui, madame, vous et Charles êtes... non sans motifs. . .

Lady Teazle. — Prenez garde, sir Peter! vous auriez mieux fait de ne pas lancer une insinuation^de cette nature ! Je ne me laisserai pas injustement soupçonner, je vous le promets.

SiR Peter. — A merveille, madame, à merveille! Une séparation de corps aussi tôt qu'il vous plaira. Oui, madame, ou un divorce!... Je veux servir d'exemple profitable à tous les vieux garçons.

Lady Teazle. — J'y consens! j'y consens!...

Et maintenant, mon cher sir Peter, nous voilà d'accord une fois de plus ; nous pouvons être le

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