‹ L'École de Mars, 1794Chapitre 12 sur 120 · LE REGIME DE L ÉCOLE QI · texte numérisé non relu

LE REGIME DE L ÉCOLE QI

Père de Tunivers, suprême intelligence.

Bienfaiteur ignoré des aveugles mortels, Tu révélas ton être à la reconnaissance Qui seule t'éleva des autels.

L'école du matin durait de cinq heures et demie à sept heures et demie. A neuf heures, les élèves déjeunaient. Après cette collation, les uns, au nombre de 354 (1), occupaient les postes nécessaires à la garde du camp. Les autres étaient employés à la distribution des vivres et aux travaux qu'on nommait travaux de guerre et travaux de propreté : les instructeurs avaient ordre de ne se servir en aucun cas du mot corvée^ qui rappelait l'ancien régime.

A midi, ils dînaient ou, comme on disait, mangeaient la soupe.

A une heure, ils se rendaient à la salle d'instruction dite grande baraque, destinée à l'enseignement oral.

De deux heures et demie à quatre heures, ils prenaient leur récréation.

Tous les trois jours, à cinq heures, les élèves de

(t) Chacune des trois milleries fournissait tous les jours, pour monter la garde, trois instructeurs et cent élèves; la quatrième milleric fournissait deux instructeurs et cinquantequatre élèves.

ga l'école de mars

chaque millerie allaient se baigacr dans la Seine.

L'école du soir variaselon les mois: elle durait en messidor de six heures à sept heures et demie; en thermidor, de cinq heures à sept heures;; en fructidor, de quatre heures à six heures. A cette école du soir, les élèves se rassemblaient devant leurs tentes, par centurie et par rang de taille, pour qu'on ne vit pas dans une même file un grand fusil à côté d'un petit, puis se réunissaient enmillerie parordre et numéro de centuries. A un battement de tambour qui partait du centre, les milleries étaient conduites sur le terrain où elles devaient s'exercer. Là chaque centurie se divisait en trois classes dirigées chacune par un décurion. Un roulement indiquait les repos et les reprises. Nul ne pouvait se coucher pendant les repos ni sortir du rang sans permission. Un rappel annonçait la fin de l'exercice.

Le souper avait lieu, ainsi que l'école du soir, à des heures diverses, selon la saison : à quatre heures et demie, à cinq heures, à sept heures.

A sept heures et demie, un coup de canon terminait cette laborieuse journée: on donnait le mot d'ordre, on battait la retraite, on faisait l'appel par décurie devant les tentes.

LE RÉGIME DE l'ÉGOLE qS

Des patrouilles furent organisées au commencement d'août. Elles se composaient d'un instructeur, d*un élève décurion et de douze élèves. Chaque millerie fournissait deux patrouilles, Tune qui partait aussitôt après la retraite et rentrait à dix heures, l'autre qui partait à dix heures et rentrait à minuit. Les patrouilles de la 1'® millerie parcouraient Tenceinte extérieure de rhôpitai jusqu'à la porte du magasin des armes où elles se faisaient reconnaître; celles de la 2^ millerie parcouraient l'intérieur de l'hôpital où elles s'arrêtaient plusieurs fois; celles de la 3® millerie, qui sortaient par la barrière du vieux chemin de Paris, longeaient les palissades en dehors du camp et revenaient par la barrière du côté de Neuilly. Toutes devaient, sur le terrain de leur millerie, imposer le silence aux élèves et s'assurer qu'ils étaient couchés.

Le Bulletin de la Convention était affiché dans le camp. Mais les instructeurs avaient ordre de le lire aux élèves. Ils allaient d'abord chercher eux-mêmes à la tente du général les « papiers patriotiques )) et ils lisaient le Bulletin à midi et les autres journaux le soir, après la retraite* Ces deux lectures furent bientôt réduites à une

seule. Le soir, à la fin de Texercice, — à six heures et demie au mois de fructidor — les chefs de millerie passaient sur le front de bataille et distribuaient les imprimés. Les décurions faisaient alors former le cercle et lisaient à haute voix' le Bulletin^ les gazettes et Tordre pour le lendemain.

Les représentants avaient dit, dans les pre^ miers jours, qu'ils récompenseraient ceux qui se signaleraient par leurs progrès et observeraient exactement la discipline. Us s'engageaient à les mener au spectacle, notamment dans les théâtres qui représentaient des pièces républicaines et des traits d'héroïsme comme la mort de Viala et do Bara : les élèves a en rapporteraient un amour plus ardent, s'il est possible, pour la patrie et pour la vertu ». Cette promesse ne fut pas tenue. Du moins, les représentants essayèrent de divertir les enfants de Mars dans l'intérieur de TËcoIc : la troupe du célèbre Franconi vint un jour du faubourg du Temple au camp des Sablons et y fit, selon les termes de son jprogramme, des exercices d'équitation et d'émulation, tours de manège et danses sur ses chevaux, avec plusieurs scènes et entractes amusants.

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