L'Ecole de Salerne
.Ami dont le savoir, fruit de vos longs travaux , Pour moi de la ciuelle Parque Vient de suspendre encor les funestes ciseaux , De ma reconnaissance acceptez cette marque. Nous sommes vous et moi disciples d’Apollon ;
Il est le Dieu des Vers et de la Médecine :
Et si de sa lumière il vous a fait un don Pour connaître quels maux troublent notre macliin'e , Et quel remède en peut relaivder la luinc,
Il m’admet quelquefois dans le sacré Vallon. C’est lui , n’endoutezpoint , c’tst lui quim’cncourago A réunir dans cet Ouvrage L’agrément et l’utilité Des rtttributs qu’en lui vanta l’antiquité.
Depuis six siècles admirée L’Ecole de Salerne , ouviage du bon sens ,
Fut par un plat * I>ourtc)n enfin déb’gurée. Pouriait-oii s’étonner rru’après pins de cent-ansv Cette inloiine copie . oiiniiee . ignorée,
N ail plus aujom rt’liui de Lecteur 1 Quel aune soit mente un pareil Traducteur îî
; Le Sieui Mabtin, iTÎ^jeciji,
Du Rimeur goguenard tèlle est la pégligence^ Qu’à moins que du Latin on n’ait l’intelligence , De son caquet énorme on tire peu de fruit. ■Souvent loin de son Lut la rime le conduit:
, Aux endroits les plus clairs sa Muse ne voit goutte.
Du Four vint après lui. Commentateur diffus , Par les vains ornemens qu’à son texte il ajoute, 11 fait de Médecine un pot-pourri confus ; Etouffe son sujet sous de froids badinages ,
Et pour rendre trois vers noircit jusqu’à dix pages.
Ce précieux trésor dans leurs mains avili , 'Tombe honteusement dans un injuste oubli.
Je voudrais , s’il se peut , en relever la gloire : Tel est mon but ; voyez si j’y frappe , et jugez Si, par quelque mot accessoire ,
>Du vrai texte les sens ne sont point trop changés :
• Et comme en l’art d’autrui souvent on balbutie , Permettez qu’à mon nom le vbtre s’associe.
Plût au Ciel , docte ami , que , sans trop me flatter, 'Sans risquer votre honneur , vous pussiez adopter Ces conseils , 0;ù je n’ai d’autre part que la. rime. jEn ce cas du Public je croirais mériter L’applaudissement unanime.