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INTRODUCTION

vsQU'4 ces dernières années, l'histoire de

l'École de Salerne se réduisait à de très-

vagues notions sur quelques-uns des mé- | decins qui ont pratiqué ou enseigné à 4 Salerne, pendant la première période du moyen âge, et sur le poème didactique, sorte de prose métrique, connu généralement sous le nom de Schola Salernitana (École de Salerne). Les historiens qui passent pour les plus érudits n'ont pas méme pris la peine de lire les ouvrages salernitains publiés des l'inven-

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contre celle des Césars; d'une autre part, les compilations et les éncy-clopédies qui succédèrent aux grands traités didactiques, en confondant les rangs et en mettant tous les:noms sur le méme plan, enlevèrent quelque chose au prestige de Galien, dont la prolixité ne convenait guère à des hommes pressés de vivre et pressés de s'instruire; de telle sorte que: les livres pratiques, de quelques mains qu'ils sortissent, furent d'abord traduits, et, parmi ces livres, ceux des: méthodiques tenaient le premier rang.

S'il faut en juger par la Pratique de Petrocellus (vers l'an 1035), aussi bien que par le Passionnaire de Gariopuntus (ce sont les deux plus anciens ouvrages qui nous soient parvenus), le caractére de la médecine salernitaine avant l'an 1050 ne fait pas exception à la régle : c'est une association du méthodisme par les doctrines, et du galénisme par les recettes : toutefois, pour les doctrines, on retrouve plutót le méthodisme dans les détails que dans certaines propositions générales. Ce sont les circonstances fortuites que je viens de signaler, plutót que le libre choix, qui ont mis des livres méthodiques aux mains des premiers Médecins salernitains. On pourrait dire qu'ils étaient méthodiques sans le savoir; on les surprend méme à se croire de la meilleure foi du monde les défenseurs du galénisme le plus pur, quand ils ne sont que les échos de la doctrine réprouvée.

Aussitôt que l'ordre commença. à renaître, l'in- Jluence de Galien reprit assez vite le dessus : les écrits salernitains, depuis le milieu du onzième siècle jusqu'à l'an 1220 (les traductions de Constantin sont pour

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mière période du moyen âge la grande figure de Galien était pour ainsi dire obscurcie par la multitude des traductions d'autres auteurs, tandis qu'elle apparait au premier plan et presque seule dans les ouvrages arabes. Ajoutons encore que cette première partie du moyen âge réputée si barbare est précisément l'une des plus fécondes et des plus agitées de l'histoire, tandis que la période suivante est au contraire marquée par un malaise presque universel; nous touchons-aux temps où la pensée va se laisser enchainer par les formules despotiques de l'école. Aristote régne en méme temps que Galien.

C'est, du. reste, le propre de l'esprit humain, de s'arrêter pour-revenir. en arrière, au moment où il semblait -porter en lui-même, les germes les plus vivaces "dé. son parfait et entier développement : il arrive un. instant de fatigue, où, s'épouvantant de ses progrés et de son émancipation, l'homme invoque des Jorces étrangères et. prend comme maîtres ceux qu'il devait choisir comme guides, pour achever et compléter l'éducation qu'il s'était donnée.

J'ai établi, je crois, sur des preuves décisives, que Constantin n'avait rien, ou presque, riens-écrit luiméme, que tous ses ouvrages .sónt' des traductions et des plagiats habilement déguisés; enfin qu'il.a traduit sur l'arabe et non pas sur le, grec: Gest là, si je ne me trompe, le point capital ‘dans l'histoire littéraire

1. Daremberg, Notices et extraits des manuscrits médicaux grecs, français et lati ns desprincipales bibliothéqu rope. Première partie : Mss. d'Angleterre; Paris, 185 et suiv.

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grande importance pour d'histoire de la médecine : l'un, qu'on croyait d'abord anonyme, l'opuscule Sur la manière dont le médecin doit se comporter auprès des malades, a aussi pour titre : De l'instruction du médecin, ou encore : Introduction à la pratique médicale ; l'autre est intitulé : Pratique.

L'Instruction du médecin est un ouvrage qu'on peut trés-bien rapprocher des écrits hippacratiques intitulés : La loi ! ; Du médecin ? ; Préceptes ? ; De la bienséance *, et de plusieurs passages de Galien. Même souci (un peu exagéré ou, si l'on veut, un peu puéril) pour la dignité médicale, méme sollicitude pour la guerison des malades, méme soin de prémunir le médecin contre les dangers moraux de sa profession ; de plus, on y remarque ce sentiment chrétien qui a donné naissance à la charité et qui veille au salut de l'ame comme à celui du corps. On souhaiterait cependant qu'un peu moins de charlatanisme sc mélát à tant de sages préceptes.

Que le médecin, en allant visiter ses malades, dit Archimathæus, se place sous la protection de Dieu et sous la garde de l'ange qui accompagnait Tobie. Pendant la route, il s'informera, auprès de la personne qui est venue le chercher, de l'état du patient, afin de se mettre déjà au courant de l'affection qu'il aura à soigner; de sorte que, si, après avoir examiné les

1. Hippocrate, Œuvres complètes, trad. par E. Littré. Paris, 1844, t. IV, in-8, p. 038 et suiv.

2. Hippocrate, Œuvres. Paris, 1861, t. IX, in-8, p. 204 et Suiy.

3. Ibid. Paris, 1861, t. 1X, in-8, p. 250 et suiv. + Ibid. Paris, 1861, t. IX, in-8, p. 226 et suiv.

lieu d'orobè, de sorte qu'on ne saurait er de la bonne thériaque dans tout Salerne. du reste par des-ordonnances de police du que les médecins étaient chargés à e en beaucoup d'autres villes, de l'inscar, à cette époque, la pharmacie x nettement séparée de la médecine, bien se cà et là remarquer de mutuels empiéte-

donne un grand nombre de recettes doi permettent aux malades de se soustraire tence des apothicaires. Je rapporterai les voulez-vous rendre les prunes laxatile mois de mars, au moment de la sève, entre le bois et l'écorce du prunier un viif, ou toute autre préparation laxative.

1 de la méme maniére avec de la Défiyous aurez des raisins purgatifs ; —

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mais non pas encore son importance et sa réputation.

Frédéric II donne une nouvelle impulsion aux sciences et aux lettres ; il réunit les différentes écoles en une seule université, et publie divers réglements de grande importance.

Frédéric prescrit trois ans d'études philosophiques et littéraires, avant de se présenter à l'école de médecine ; les études théoriques médicales doivent durer au moins cing ans ; il y a de plus un an de stage chez un praticien expérimenté, ce qui semblerait prouver qu'il ny avait pas de cliniques dans les hôpitaux; la chirurgie fait partie intégrante de la médecine ; mais tout médecin qui veut exercer la chirurgie consacrera un an à l'anatomie humaine et à la pratique des opérations ; nul ne peut exercer s'il n'a été recu dans la forme consacrée par les membres du collège de Salerne, et si ses lettres testimoniales n'ont été revétues de l'approbation de l'empereur ou de son délégué; des peines sévères, la confiscation des biens mobiliers, la prison même, sont édictées contre tout délinquant. Le texte des leçons faites par les maîtres sera pris dans les livres authentiques (autorisés), ceux d' Hippocrate et de Galien. Les honoraires sont tarifés pour la ville et pour les environs ; le médecin recevra un demitarenus ! par jour, s'il ne sort ni de la ville ni du cháteau ; trois tareni par jour, s'il va à la campagne et s'il est hébergé par le malade; quatre tareni, s'il n'est pas défrayé; les visites sont fixées à deux par jour et une pour la nuit, à la réquisition du malade. Les pau-

1. Le tarenus était une monnaie d'or équivalant à 20. grains où deux carlins.

Lecteur, tu désirais cette Fleur Médicale :

Que d'elle, pour toujours, un doux parfum s'exhale.

SCHOLA SALERNITANA

Hoc opus optatur quod Flos Medicine vocatur.

. (Épigraphe de l'édition princeps.)

m — - — — cr =

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