Sanctorii, Loco citato, p
M Aes Cornaro, De la Sobrieté, traduction nouvelle. Paris,
306 Commentaires de l'École de Salerne.
au contraire, que l'usage de boire une petite quantité d'eau frafche en se levant et au moment méme des ablutions matinales; c'est une pratique d'hygiéne des plus salutaires.
Mais l'habitude si générale, parmi les classes laborieuses, de boire à jeun de l'eau-de-vie ou quelque liqueur fermentée, est déplorable. Et cependant l'origine de ce funeste usage semble remonter à quelque précepte d'hygiéne mal interprété et dont la tradition est encore vivace dans le peuple, qui croit ainsi fuer le ver. I] tue son estomac. Rien de plus meurtrier pour ce viscère que de l'irriter, dans l'état de vacuité, par l'ingestion de liqueurs excitantes. La plupart des maladies organiques de l'estomac prennent leur origine dans cet usage de boire le petit verre ou le vin blanc le matin. Plusieurs médecins pensent que la fréquence des cancers de l'estomac va en augmentant ; il est certain que dans les hópitaux, quand se présentent ces terribles affections, presque toujours les sujets qui en sont atteints confessent cette funeste habitude matinale !. Par des raisons de police fort sages, on force les débitants de boissons à fermer leurs boutiques à une certaine heure de la nuit. Par des motifs d’hygiène trés sérieux, on pourrait les forcer à ne les ouvrir qu'à une certaine heure du matin.
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Dans l'état de santé, il est, selon l'Ecole de Salerne, indifférent de marcher ou de s'asseoir après le diner. Cependant il vaut mieux faire alors un léger exercice que de rester dans un repos qui ne manque guère d'appeler le sommeil.
1. Voy. Bergeret, De l'abus des boissons alcooliques, dangers et inconvénients pour les individus, la famille et la société. Paris, 1870.
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Page 79. — RÈGLES GÉNÉRALES POUR TOUS LES REPAS.
ll n'appartient qu'à un médecin instruit de donner de bons conseils au sujet des aliments : sur leur qualité, leur quantité, le lieu, les heures, le moment où vous devez en user; et l'on congoit d'abord que le médecin devra prendre en considération une foule de circonstances et d'objets essentiels, qui se rattachent à l'individu, comme l'âge, le tempérament, le sexe, le lieu qu'on habite, la saison de l’année, les heures du jour, l'état du sujet, ses occupations, son moral, ses habitudes surtout, etc 1.
La même quantité d'aliments, tant solides que liquides, les mêmes mets ne sauraient convenir également à tous :
Il faut qu'un enfant mange beaucoup, un adulte raisonnable ment, un vieillard peu et souvent, une femme moins qu'un homme. Un robuste habitant des champs digère, sans peine, ce qui donnerait d'horribles indigestions à un enfant, à un bourgeois, à un citadin délicat 2.
Un enfant doit faire trois ou quatre repas ou plus par jour; deux suffisent à l'homme adulte, à moins qu'il ne se lève de grand matin, qu'il ne se livre à des travaux pénibles et qu'il ne fasse une grande dépense de force musculaire. On conçoit qu'alors il aura besoin de prendre plus souvent de la nourriture ; tandis que celui qui méne une vie molle, sédentaire, reçoit toujours une alimentation trop considérable, soit relativement à la quantité ou à la qualité trop nourrissante des aliments.
Les hommes d'affaires et les riches citadins ne doivent pas se borner à un repas par jour. Un seul repas dans les vingt heures, ne peut qu'être très nuisible. Deux repas médiocres, mélés en proportions déterminées d'aliments de nature animale
1. Fonssagrives, Hygiène alimentaire des malades, des convalescents et des valétudinaires, 2* édition, Paris, 1867.
2. Voyez Donné, Hygiene des Gens du Monde, 2* édition, Paris, 1879, p. 380, Hygiène de l'estomac.
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On a dit, avec raison, que l'habitude est une seconde nature, En effet, l'habitude est, aprés la nature, le pouvoir le plus grand *t le plus durable de tous, chez l'espéce humaine. La santé et la maladie sont soumises à son empire ; tout grand changement dans le régime alimentaire est dangereux. Des aliments peu salutaires conviennent mieux lorsqu'on y est habitué que d'autres plus sains dont on n'a pas l'habitude. Ainsi, lorsqu'on est obligé de faire quelques changements considérables dans le régime, il ne faut le faire que peu à peu, et à la longue; autrement on doit craindre des résultats fàcheux.
Quant à ceux qui n'ont point encore contracté d'habitude, nous leur dirons avec Celse ! :
« Un homme robuste qui se porte bien et qui est son maitre ne doit point s'assujettir à aucun régime. 11 n'a nullement besoin de médecin. H doit mener un genre de vie fort varié : il faut qu'il soit tantôt à la campagne, tantôt à la ville, et plus souvent à la campagne. Qu'il navigue, qu'il chasse, qu'il se repose quelquefois, mais qu'il s'exerce souvent ; car le repos appesantit le corps, le travail le fortifie : l'un háte la vieillesse, l'autre prolonge la jeunesse, Qu'il ne se prive d'aucun aliment dont le peuple fait usage ; qu'il se trouve quelquefois dans les festins, que d'autres fois il les évite; qu'il mange tantôt plus qu'il ne faut, tantôt qu'il ne prenne juste que le nécessaire, Qu'il mange plutôt deux fois par jour qu'une. Cette manière de vivre et de s'exercer est autant salutaire qu'une conduite contraire serait dangereuse, car, si quelques affaires obligent d'interrompre l'ordre des exercices et des autres choses auxquelles on s'est accoutumé, le corps s'en trouve mal. »
Les habitudes des anciens, touchant le manger, se rapportent à ce qui se pratique aujourd'hui, avec cette différence que l'on déjeüne à peu prés aux heures que l'on dinait autrefois, et que l'on dine quand nos ancétres soupaient; une fois que nous avons